L'opinion N°457
du 12 au 18 juillet 2006

Actualité

Commune de Koudougou


Seydou K. Zagré officiellement installé

A événement exceptionnel, mobilisation exceptionnelle. Ce 8 juin 2006, la capitale du Boulkiemdé était en fête et la joie se lisait sur tous les visages. La raison ? Seydou K. ZAGRE, maire élu à l’issue des municipales du 23 avril dernier devait officiellement s’installer pour conduire les cinq années à venir les destinées de la ville. Koudougou, on le sait n’est pas n’importe quelle ville et son nouveau maire n’est pas un inconnu . Il est le directeur de cabinet du président de l’Assemblée nationale, Roch Marc Christian KABORE. L’un dans l’autre, l’évènement ne pouvait ressembler aux autres.

Après l’écharpe, le Haut-commissaire a remis au nouveau maire la clé de la ville (Ph. P. Piga)

Pour les uns, il y a bien longtemps que Koudougou n’avait pas réuni autant de sommités du monde politique, économique et social burkinabé. Pour les autres, ce n’est vraiment pas étonnant dans la mesure où le nouveau maire est un homme de consensus qui a toujours aimé l’efficacité dans la discrétion. Enfin, certains avancent que Koudougou étant devenu le berceau de l’alternance au niveau communal, la mobilisation ne pouvait être qu’exemplaire, signe de l’engagement des populations pour la démocratie et la gouvernance locale. Dans tous les cas, Koudougou n’oubliera pas de si tôt l’événement qui a consacré l’arrivée du nouveau maire, Seydou K. ZAGRE. Membres du gouvernement, opérateurs économiques de la région, amis politiques, collègues avec à leur tête, le premier vice- président de l’Assemblée nationale, représentant le président Roch Marc Christian KABORE et une population résolument engagée pour relever les défis du quinquennat, ont longuement ovationné Seydou ZAGRE appelé à recevoir des mains du haut-commissaire, Jean Ernest I. OUEDRAOGO l’écharpe et la clé de la ville de Koudougou. C’est un nouveau maire, ému mais imperturbable et conscient des défis à relever qui a reçu ces symboles qui sont aussi des fardeaux à porter pendant cinq ans. Dans tous les cas, comme l’a relevé quelqu’un , Seydou ZAGRE le maire ne sera pas seul à les porter. Il a une équipe engagée, le conseil municipal et une population déterminée à l’accompagner dans sa mission. Il y a aussi un conseil régional, présidé par M. Jean Hubert YAMEOGO. Après l’installation du maire, de son conseil municipal et celle du conseil régional, le M. ZAGRE s’est adressé à la population. Il ne terminera pas son discours, parce qu’une pluie bienfaisante s’est invitée à la cérémonie, preuve à Koudougou et dans le Boulkiemdé qu’il commence son mandat sous de bons auspices.

Finie l’ère de : «Koudougou ville difficile et frondeuse»

La cérémonie d’installation a été réhaussée par présence du 1er vice-président de l’Assemblée nationale représentant le président Roch Marc Christian KABORE et des membres du gouvernement.(Ph. P. Piga)

« La troisième législature du conseil municipal de Koudougou consacre de nouveau l’alternance dans la gestion de la capitale du textile burkinabé qu’est notre cité. Ce fait à lui seul, tout en témoignant de l’ancrage et de la vitalité de la démocratie locale au Burkina Faso, suffit à convaincre de la maturité politique des Koudoulaises et Koudoulais et met en exergue leur désir de participer pleinement à l’essor de leur commune… » , a déclaré le nouveau maire Seydou K. ZAGRE. Pour lui beaucoup d’espoirs sont placés sur la présente équipe municipale, d’où l’immensité de la tâche une tâche, qui consistera à œuvrer pour le développement communal afin de hisser la ville au rang d’une cité républicaine, moderne, hospitalière et prospère.
Koudougou, il faut le dire, n’avait pas bonne presse. Et une rupture d’avec un passé sombre s’impose . Et le nouveau bourgmestre en est conscient : «Les dernières année,s les difficultés économiques liées notamment à la fermeture de Faso Fani, les règlements de comptes sur fond de rivalités politico-économiques, les pillages, les actes de vandalisme, les incendies et les saccages de domiciles, de biens publics et privés ont donné de Koudougou une réputation de ville difficile et frondeuse. De ce fait, depuis quelques temps, dans certains milieux des fonctionnaires, recevoir une affection à Koudougou est une punition. De même les violences du début octobre 2000 ont contraint nombre de nos grands commerçants à délocaliser leurs activités principalement sur Ouagadougou et Bobo- Dioualasso.. ; » Mais, le nouveau maire reste convaincu que Koudougou saura renaître de ses cendres et pour cause : « Avec l’ouverture de l’université de Koudougou, la ville est désormais une ville universitaire, un temple du savoir et du foisonnement des idées. Avec l’ouverture de FASOTEX, poumon économique de la ville et de la région, Koudougou est plus que jamais la capitale du textile au Burkina Faso...Koudougou recommence à rêver d’écrire de belles pages de sa renaissance, parce que la ville du premier président de Haute-Volta indépendante, doit demeurer dans le peloton de tête des villes burkinabé et africaines modernes… » Tout un programme qui nécessite l’adhésion de tous les fils et de toutes les filles de Koudougou. M. ZAGRE qui place son mandat sous le signe du prolongement des acquis des deux mandats précédents, a rendu un hommage à tous les anciens maires de la ville. « Tout en reconnaissant leurs mérites, notre souhait est de faire mieux », a t-il déclaré tout en invitant les uns et les autres à des larges consultations et d’échanges pour aboutir à des grandes orientations qui serviront à guider les actions du conseil municipal pour les 5 ans à venir. L’intégration des 15 villages dans la gestion de l’espace urbain, la viabilisation des zones loties des secteurs de la commune, le respect des compétences transférées aux communes, la recherche des ressources destinées à la mise en œuvre des actions programmées, telles sont entre autres les priorités du conseil municipal.
« Moderniser la vie municipale et promouvoir une citoyenneté participative plus active. Les citoyens de Koudougou doivent se comporter en tout point, comme les vrais citoyens respectueux de la légalité et vivant dans une cité urbaine avec les commodités et hélas avec aussi des contraintes qui s’y attachent.. »
Parole du maire ZAGRE !
Pour le bourgmestre, la gestion qui convient à Koudougou doit rimer avec la légalité, l’efficacité, la transparence, la rigueur et participation populaire. « Dans l’intérêt de Koudougou, la politique ne doit pas nous diviser, elle doit plutôt nous révéler les uns aux autres afin que nous apprenions à apprécier nos différences comme étant des signes de richesses pour mieux construire Koudougou, notre Koudougou, l’éternelle Koudougou, qui ne sera jamais la paternité d’aucun parti politique, d’aucun homme, d’aucune femme, d’aucun clan, d’aucune famille. Koudougou restera à jamais l’affaire de nous tous ou ne sera rien si nous en sommes conscients, donnons-nous la main, dans un esprit ouvert et un cœur pur pour regarder dans la même direction et offrir le meilleur de nous mêmes à cette ville pendant que Dieu nous garde encore en vie et nous en donne la force, la santé et la possibilité.. »
Avant de terminer son discours d’installation, le maire Seydou ZAGRE a rendu un hommage au président du Faso, au président de l’Assemblée nationale et à toutes les autorités qui ont fait le déplacement à Koudougou.
Avec cette cérémonie on peut dire que le plus dur commence pour le maire ZAGRE et son équipe : « ensemble, envisageons désormais l’avenir de Koudougou avec sérénité, car c’est la main dans la main que nous ferons de Koudougou, la cité de nos rêves… » Mission difficile mais pas impossible. Le défilé de plusieurs dizaine d’associations pendant la cérémonie prouve que le maire a avec lui une population engagée pour relever le défi du développement.
Par Ben Alex Béogo

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