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Ainsi
donc, le Comité des Droits de l’Homme des Nations unies
s’est prononcé ; l’Etat burkinabè a réagi
avec promptitude en devançant même sur certaines
procédures administratives et réglementaires
; il reste la veuve SANKARA et ses enfants. Vont-ils rejeter
tout cela d’un revers de la main comme le leur commandent
certains avis pour le moins intéressés, resteront-ils
prisonniers et instruments de tous ceux qui rôdent autour
de cette affaire pour des raisons bien diverses dont la plupart
son inavouables ne serait-ce que par simple pudeur ? On attend
de voir et on jugera sur pièces.
Que vont-ils maintenant faire, les Sankaristes
et tous les autres qui se font du beurre sur la mort de Thomas
SANKARA ou l’utilisent, à l’occasion, pour alimenter
leurs rhétoriques contre le pouvoir ? La question vaut
bien son pesant d’or du fait des suites favorables que le
Burkina Faso vient de donner en temps et en heure et point
par point aux «constatations» du Comité
des Droits de l’Homme des Nations unies, recours suprême
vers lequel ils s’étaient tournés pour se voir,
disaient-ils, dire le droit dans toute sa plénitude.
Feront-ils leur la maxime «Dura lex sed lex»,
même si les «décisions» du Comité
n’ont pas valeur de la chose jugée, en prenant ce qui
leur est offert au lieu de continuer à courir derrière
des fantômes en refusant la culotte d’aujourd’hui pour
l’hypothétique pantalon de demain. Rien n’est moins
sûr pour ne pas dire carrément qu’ils continueront
à faire dans le dilatoire et le feront toujours tant
qu’ils penseront en tirer des dividendes.
Pourtant tout est si clair, la volonté du Comité
des Droits de l’Homme des Nations unies étant manifestement
de voir cette affaire close au plus tôt dans le strict
respect des intérêts réels tant de la
famille de l’illustre disparu que de l’Etat burkinabè.
En effet, en lisant le document du Comité d’un bout
à l’autre, en suivant la logique qui a sous-tendu sa
réflexion et en faisant l’effort de dépouiller
le texte de toutes les interprétations qu’il autorise
pour s’en tenir à son esprit et à sa lettre,
il apparaît qu’il a voulu placer les principaux protagonistes
de cette affaire face à leurs responsabilités
historiques. Il les place devant leurs destins personnels
et celui de la nation burkinabè voire même du
continent tout entier en leur indiquant la voie de l’avenir.
L’avenir de la famille de Thomas SANKARA, celui de sa femme
et surtout de ses enfants qui ont leur place à occuper
dans le présent et le futur de la nation burkinabè
au lieu de rester cloîtrés dans le passé
en s’enfermant dans des récriminations sans fin. L’avenir
du Burkina Faso qui pourra ainsi parachever son travail de
deuil entamé au prix d’immenses sacrifices et se tourner
résolument vers les efforts devant proscrire à
jamais le recours à la violence en politique.
Ce message-là nous semble-t-il est clair, sinon rien,
absolument rien n’obligeait le Comité à faire
des recommandations express dans le sens d’une solution non
contentieuse. Cela devrait interpeller les uns et les autres,
et le gouvernement en s’y conformant en faisant fi de toutes
les considérations protocolaires et de certains préalables
administratifs montre qu’il a compris la portée historique
de l’appel du Comité à la raison et à
la capacité de dépassement de soi pour s’approprier
la quête profonde des peuples de la paix. Il ne pouvait
en être autrement puisqu’il y travaille depuis bien
longtemps.
Ainsi donc, le Comité des Droits de l’Homme des Nations
unies s’est prononcé ; l’Etat burkinabè a réagi
avec promptitude en devançant même sur certaines
procédures administratives et réglementaires
; il reste la veuve SANKARA et ses enfants. Vont-ils rejeter
tout cela d’un revers de la main comme le leur commandent
certains avis pour le moins intéressés, resteront-ils
prisonniers et instruments de tous ceux qui rôdent autour
de cette affaire pour des raisons bien diverses dont la plupart
son inavouables ne serait-ce que par simple pudeur ? On attend
de voir et on jugera sur pièces. Pour le moment les
actes de l’Etat burkinabè sont là et expriment
à la fois sa bonne foi dans la recherche d’une véritable
réconciliation nationale en résolvant au mieux
tous les problèmes qui se dressent sur le chemin et
sa détermination à conduire le processus sans
se laisser distraire. C’est sans aucun doute ce qui explique
qu’il ait anticipé sur certaines procédures
notamment en mettant fin à la polémique sur
la confection du certificat de décès de Thomas
SANKARA en en établissant un sans attendre les démarches
que la famille aurait dû entreprendre ; la liquidation
de la pension militaire de Thomas SANKARA qui, si on respectait
les règles, devait obéir à une procédure
engagée par la famille avec une flopée de paperasserie
; l’indemnisation de la famille sans tenir compte des démarches
qu’elle aurait dû au préalable engager. Ce n’est
pas mince pour ne pas dire que c’est du concret. A cette liste
on peut ajouter des actes antérieurement posés
dans le sens d’une réconciliation nationale et qui
concernent directement Thomas SANKARA.
En effet, Thomas SANKARA a été fait «héro
national», il bénéficiera d’un mausolée
et une des rues les plus fréquentées dans la
capitale (celle qui passe devant le plus grand établissement
secondaire du pays, le lycée Philippe Zinda KABORE)
porte son nom. Ce sont-là des actes forts qui ne trompent
pas et il faut vraiment être particulièrement
sceptique pour ne pas croire en sa bonne foi et en sa volonté
de trouver à cette affaire une issue honorable pour
tous. On peut même ajouter les mots de compassion que
Blaise COMPAORE a prononcés à l’endroit de Thomas
SANKARA dans sa première adresse à la nation
le 19 octobre 1987 quelques jours après les évènements
dramatiques du 15 octobre alors même que dans le plus
pur style du langage révolutionnaire qui avait cours
à l’époque celui-ci était accusé
de tous les maux. C’est dire que non seulement le Burkina
Faso n’a attendu aucune injonction pour reconnaître
ses responsabilités et les assumer mais qu’il travaille
depuis des années à récoler les morceaux
de son histoire. Les prédispositions sont donc réelles
et les actes posés récemment ne tombent donc
pas du ciel et ne sont pas par conséquent des manœuvres
politiciennes. C’est vrai qu’on ne peut obliger quelqu’un
qui ne veut pas voir à voir mais devant certaines évidences
on ne peut pas faire autrement que de les reconnaître.
Le Burkina Faso pouvait parfaitement faire comme la plupart
des Etats interpellés par le Comité, ne donner
aucune suite à ses «constatations» et décisions.
Tout au contraire il a même anticipé sur certaines
mesures. Tout cela ne peut pas être passé entre
pertes et profits et le peuple burkinabè saura certainement
apprécier.
Par Cheick AHMED
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