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Pour une renaissance
Seydou
ZAGRE, maire de Koudougou
Ces dernières années, à
analyser tout se qui se passe à Koudougou, on a bien
de la peine à démentir celui qui disait : "les
politiciens sont là pour résoudre les problèmes
que l'on n'aurait pas s'il n'y avait pas de politiciens".
En effet, la commune de Koudougou est divisée par la
politique et par les politiciens. Pourtant jadis, malgré
la politisation à outrance de la commune du fait qu'elle
a donné au pays son premier président, ses fils
savaient au moins s'accorder sur un dénominateur commun
qui reste le développement de la ville. La donne aujourd'hui
a changé, beaucoup changé. Rien ne prime si
ce n'est pas la politique pour ne pas dire en politicaillerie
d'autant qu'elle est menée de la mauvaise manière.
Dans un tel contexte, les initiatives de développement
si elles ne sont contestées sont simplement combattues,
chacun voulant tirer la couverture de son côté
pour qu'on dise simplement que c'est tel ou tel parti qui
est à la base de tel ou tel projet dans la ville. Des
règlements de compte bien nuisibles qui donnent raison
à ceux qui "taxent" Koudougou de ville difficile
et frondeuse. A son installation le 8 juillet dernier comme
maire de Koudougou, Seydou K. ZAGRE disait bien à propos
que : "…Les règlements de compte sur fond de rivalités
économiques, les pillages, les actes de vandalisme,
les incendies et les saccages de domiciles et de biens publics
et privés ont donné de Koudougou une réputation
de ville difficile et frondeuse… Les violences du début
des années 2000 ont contraint nombre de nos grands
commerçants prospères à délocaliser
leurs activités principalement sur Bobo-Dioulasso et
Ouagadougou…". Simple constat d'un maire qui imagine
sans doute l'immensité de la tâche qui l'attend.
Comment ne pas taxer Koudougou de ville frondeuse et difficile
si par la faute des politiciens certains acquis sont saccagés
lors des manifestations de rue ? Comment ne pas taxer Koudougou
de ville difficile si par la faute des politiciens, un adversaire
politique est perçu comme un ennemi qu'il faut abattre
à la moindre occasion. Comment la commune peut-elle
se développer quand certains projets ou initiatives
de développement sont simplement "étouffés
dans l'œuf" parce que l'initiateur est de tel ou tel
parti ? On ne fera pas l'injure aux responsables d'une telle
situation qu'ils ne savent pas qu'une ville a besoin de quiétude,
de sécurité pour non seulement son développement
endogène mais aussi pour intéresser les investisseurs.
Les politiciens de Koudougou, doivent donc faire leur méaculpa
et reconnaître qu'ils ont plus fait du tort à
la commune que de bien. Nous citons une fois de plus le maire
de Koudougou qui a bien peint la donne à son installation
le 8 juillet dernier : "…Si à Koudougou ça
piétine tandis que ça marche ailleurs, une des
raisons majeures me semble t-il réside dans le fait
qu'ailleurs, entre deux campagnes électorales, alors
que les leaders politiques et leurs militants taisent leurs
divergences pour se soutenir mutuellement dans l'intérêt
de leurs villes et de leurs populations, ici à Koudougou,
on est en campagne politique en permanence, du 1er janvier
au 31 décembre, avec pour conséquences toutes
les entraves à une construction paisible et concertée
de la ville et de la région…".
Face donc à un constat aussi triste, le nouveau maire
pense que : "Dans l'intérêt de Koudougou,
la politique ne doit pas nous diviser. Elle doit plutôt
nous révéler les uns aux autres afin que nous
apprenions à apprécier nos différences
comme autant de signes de richesses pour mieux construire
Koudougou, notre Koudougou, l'éternelle Koudougou,
qui ne sera jamais la paternité d'aucun parti, d'aucun
homme, d'aucune femme, d'aucun clan, d'aucune famille. Koudougou
restera à jamais l'affaire de nous tous ou ne sera
rien. Si nous sommes conscients, donnons-nous la main, dans
un esprit ouvert et un cœur pur pour regarder dans la même
direction et offrir le meilleur de nous-mêmes à
cette ville pendant que Dieu nous garde encore en vie et nous
en donne la force, la santé et la possibilité".
Ce cri de cœur du nouveau maire de Koudougou ne devrait en
principe laisser aucun ressortissant de Koudougou indifférent.
Et si on organisait les états généraux
du Boulkiemdé ?
Sans le dire ouvertement, nous pensons que le cri de cœur,
l'interpellation du nouveau maire, s'adresse avant tout aux
têtes de proue de la politique au Boulkiemdé.
Des têtes de proue que sont entre autres, Hubert YAMEOGO
(CDP), Juliette BONKOUNGOU (CDP), Hermann YAMEOGO (UNDD),
Salvador YAMEOGO (RDF)…
On ne peut certainement pas faire référence
à la situation peu enviable de Koudougou actuellement
sans être tenté de pointer un doigt accusateur
sur ces personnalités politiques de la province qui,
d'une manière ou d'une autre, sont tous responsables
de la situation. Face donc au constat, il est important qu'on
se dise la vérité pour le même objectif.
Et dans cette perspective, il ne serait pas inutile d'organiser
les états généraux de la province du
Boulkiemdé. Occasion pour fédérer les
énergies, taire les divergences pour une renaissance
de la province. Le linge sale se lave en famille. Cette rencontre
si elle a lieu sera une chance inouie pour tous les fils et
filles de la province. Elle ne sera pas une occasion pour
parler politique. Chaque participant devra laisser à
la porte sa chapelle politique et revertir une tunique sociale
et économique. Les questions fondamentales devront
être : comment remettre Koudougou sur les rails ? Quelle
pierre chacun peut apporter pour sa renaissance ?
Au regard de tout ce qui précède, nous pensons
qu'il est temps pour les fils et filles de la province, de
redonner à Koudougou son lustre d'antan par l'unité
et le travail.
"Je souhaite que notre credo, selon lequel la fraternité
entre enfants de Koudougou doit transcender nos appartenances
politiques, inspire fortement l'action quotidienne de chacune
et de chacun des conseillers municipaux et que les populations
en fassent également leur cri de ralliement sur les
chantiers de développement de notre cité commune".
Paroles de Seydou K. ZAGRE.
Si chaque camp politique a pour souci le développement
de la province voire de la région, il ne devrait, en
principe pas avoir de problèmes à ce que, dans
un cadre de concertation, on puisse se regarder en face, se
dire la vérité pour repartir sur de nouvelles
bases. Personne ne viendra développer la province à
la place de ses fils et filles. L'action gouvernementale ne
venant qu'en appoint. D'ailleurs avec la communalisation intégrale
du pays, faut-il continuer à attendre tout du gouvernement
qui semble être dépassé par la demande
? Le nouveau maire ZAGRE a toutes les chances de réussir.
Il suffit qu'il se mette au-dessus de la mêlée
et travaille à rassembler tout le monde. Une fois élu,
on ne devrait plus être maire de tel ou tel parti, mais
de la commune tout court. Il est temps, vraiment temps que
Koudougou retrouve sa place. Et ce ne serait que justice pour
une ville qui a tant souffert de l'insconstance voire de l'inconscience
de fils et filles politiques.
Par Ben Alex Béogo
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