“Notre
souhait c'est l'union sacrée autour de la chose commune”
Lacina
TRAORE, élu du Congrès pour la démocratie
et le progrès (CDP), est officiellement installé
dans ses fonctions de maire de la commune rurale de Samoroghan
dans le Kénédougou, région des Hauts-Bassins,
le 28 juillet 2006. Il est fonctionnaire du ministère
des Finances, plus précisément de la Douane.
Les défis qui se présentent à son conseil
municipal sont nombreux. En effet, cette région à
potentialité agricole immense souffre d'un manque
d'infrastructures routières, socio-sanitaire, éducatif,
etc.
Ainsi pour mieux faire connaissance au nouveau bungmestre
nous l'avons rendu visite afin qu'il nous parle de ses projets
et comment il compte s'y prendre pour améliorer le
bien-être des Samogho.
En votre qualité de premier maire de la
commune rurale que vous inspire la communalisation intégrale
?
Lacina TRAORE (L.T) : A mon sens la communalisation
intégrale est une bonne chose et si elle n'existait
pas il fallait la créer parce qu'elle permet aux
communes rurales nouvellement créées de s'auto-gérer.
C'est un processus qui permet d'amorcer un développement
concerté à la base.
Vous donnez un top départ, c'est-à-dire
que vous rentrez dans l'histoire du processus de la décentralisation
comme un acteur de premier ordre. Comment vous sentez-vous
?
L.T : C'est un sentiment de joie qui nous anime
par le fait de me sentir soutenu par la population de la
commune qui a porté son choix sur ma modeste personne.
Par ce choix, je me sens impliqué aux problèmes
de développement qui est un souci commun.
Votre commune compte combien de conseillers ?
L.T : Notre commune compte 33 conseillers dont
30 du CDP et 3 du PAI (Parti africain de l'Indépendance).
C'est un nouveau processus et une nouvelle expérience,
quels sont les besoins prioritaires de vos populations ?
L.T : Tout est prioritaire. Mais nous allons nous
atteler au plus pressant par l'amélioration du taux
de couverture en eau potable de la santé et l'offre
éducative. La zone regorge beaucoup de potentialité,
agricole, forestière et l'élevage n'est pas
en reste, donc s'il n'y a pas de route, il va s'en dire
que l'évacuation des produits poserait un énorme
problème. C'est au vue de cela que nous engageons
le secteur routier dans nos priorités et avec l'Etat
et les partenaires les mesures seront dégagées
pour son accomplissement.
Quels sont vos projets immédiats ?
L.T : Comme primordial, c'est d'arriver à
satisfaire les besoins de la population en eau potable.
Ensuite il faudra appuyer fortement le secteur de l'éducation
qui est laissé à lui-même. Pour cela
il nous faut booster énergiquement pour donner au
secteur éducatif son éclat d'antan.
Quels fonds disposez-vous pour entamer ce vaste
sentier dont vous parlez. Avez-vous des partenaires ?
L.T: Les partenaires nous les chercherons, mais
pour l'instant et comme toutes les autres communes du Burkina
nous comptons d'abord sur les ressources locales nécessaires,
ensuite les contributions. Nous comptons surtout énormément
sur l'Etat qui est notre premier partenaire.
Vous êtes douanier de profession comment
allez-vous y prendre ?
L.T : Je profite de l'occasion pour remercier mes
supérieurs hiérarchiques qui n'ont ménagé
aucun effort et qui m'ont plutôt encouragé
dans ce sens. Pour ce faire, je pense qu'il n'y aura pas
de problème, cela n'entamera en rien ma fonction
de douanier.
Quelles sont vos difficultés ?
L.T : Les difficultés ne manqueront pas.
Notre souhait c'est l'union sacrée autour de la chose
commune. Nous sollicitons auprès de nos ressortissants,
nos frères résidents au Burkina Faso ou à
l'extérieur, leur soutien afin de réussir
la mission à nous confiée.
Pouvez-vous nous dire en quelques mots les principales
préoccupations e votre conseil ?
L.T: Oui, c'est l'incompréhension de certains
frères. Mais cela ne tardera pas à rentrer
dans l'ordre. C'est dû tout simplement à un
déficit de communication. Et pour cela nous allons
faire de la communication notre cheval de bataille afin
d'unir les fils et filles de Samoroghan. J'allais ajouter
qu'il existe aussi un certain déficit de civisme
au niveau des localités rurales et pour y remédier
nous allons mener des séances de sensibilisation
afin d'éradiquer l'incivisme et renforcer le patriotisme
au niveau de la commune.
Avez-vous un mot à lancer à ceux
qui ont placé leur confiance en vous ?
L.T : Je remercie le journal L'Opinion, les autorités
de mon administration qui m'ont soutenu depuis le début
jusqu'à mon installation à la tête de
la commune. Je lance un appel pressant aux filles et fils
de la commune rurale de Samoroghan de se donner la main,
d'être unis afin qu'ensemble on puisse relever le
défi du développement pour qu'à la
fin du quinquennat on se rende compte qu'il y a eu beaucoup
d'amélioration et de changement dans la vie quotidienne
des Samogho..o
Propos recueillis par Issoufou MAIGA( stagiaire)