Dans cette lignée,
comment peut-on nous obliger à rester de marbre lorsqu’on
veut nous faire avaler la couleuvre, disons plutôt le
boa, selon lequel des «témoins» capitaux
refuseraient par peur pour leur sécurité de
déposer devant le juge d’instruction alors qu’ils auraient
le courage de s’ouvrir à des journalistes. Au clair
c’est insulter notre intelligence et ce n’est pas sérieux
! Ce n’est pas sérieux d’autant que lesdits témoins
auxquels lesdits journalistes apporteraient sécurité
et confiance, sont déjà passés et repassés
devant la CEI et cela n’a pas permis d’avancer. Dans une affaire
de la teneur de l’Affaire Norbert ZONGO il nous paraît
très peu vraisemblable que des témoins puissent
se taire aussi longtemps sous le prétexte que leur
sécurité serait menacée.
J’ai lu, et même plus d’une fois, avec un plaisir
chaque fois renouvelé, la passe d’armes qui a opposé
la semaine dernière dans les colonnes de Sidwaya
le Directeur Général dudit journal, Michel
OUEDRAOGO et le Rédacteur en chef de l’Evènement,
Newton Ahmed BARRY. Si de tels débats avaient eu
lieu au plus fort de la crise, peut-être que nous
n’en serions pas toujours là dans l’Affaire Norbert
ZONGO.
Peut-être que les assassins et / ou leurs commanditaires
seraient sous les verrous, ou à tout le moins identifiés.
Mais voilà, certains confrères dont les rédactions
avaient été squattées, par des aventuriers
et des mercenaires de la plume qui n’avaient rien à
y faire, avaient choisi de ne rien voir, de ne rien entendre
et de ne rien dire d’autre que ce que tant de pression leur
laissait le droit de voir, d’entendre et de dire. Le ver
était dans le fruit comme il était dans le
Collectif. Depuis peu, certains tentent de s’émanciper
et se surprennent à répliquer à des
articles mettant en pièces leurs échafaudages
bancales fondés sur des rumeurs, des «témoignages»
bidons s’ils ne sont le fruit de leur propre imagination
et qui sont justes bons pour entretenir la «ferveur
combattante» d’individus qui ont décidé
d’abdiquer devant leurs responsabilités et de se
laisser conduire comme des moutons de Panurge. Un tel débat
qui nous a déjà opposé à L’Indépendant
est donc à encourager, l’essentiel étant qu’il
se déroule dans les règles de l’art et s’élève
au-dessus des lieux communs, des rhétoriques de cabarets
qui font la part belle aux rumeurs et aux petits secrets
échangés sous les manteaux et des incantations
et autres «cris sauvages». C’est vrai que ce
n’est pas évident mais contrairement à ce
que soutient Newton Ahmed BARRY (Sidwaya N°5671 du 09/08/06),
ce n’est pas «une bataille de chiffonniers»
même s’il est vrai que certains arguments volent très
bas, pour ne pas dire plus.
Même dans ces cas, l’intérêt, c’est qu’on
peut les relever ce qui ne se peut lorsque d’autres choisissent
la rue pour se fondre dans l’anonymat de gens cagoulés
qui n’entendent même pas leurs propres cris. Sortez
donc du bois et confrontons les résultats de nos
investigations ; Norbert ZONGO le mérite bien.
Un journaliste qui refuse la critique, la confrontation
des idées et des opinions ou la réplique n’en
est pas un ou plutôt ne mérite pas de se réclamer
comme tel. Ce n’est heureusement pas le cas ni pour l’un,
ni pour l’autre dans l’exemple qui nous occupe, le premier
Michel OUEDRAOGO en en faisant la preuve dans sa conduite
de Sidwaya qui n’a jamais été aussi pluriel
et le second Newton Ahmed BARRY par sa participation active
et appréciable à l’émission «Le
débat» de la télévision privée
Canal 3, montrant ainsi son ouverture d’esprit. Où
est donc l’os ? Peut-être dans le sujet ? Or pour
avoir été sortie du prétoire, l’Affaire
Norbert ZONGO est devenue une affaire sur laquelle il faut
bien accepter de débattre à moins de vouloir
s’enfermer et obliger les autres à en faire autant
dans un ostracisme sans nom.
Voilà pourquoi je m’invite, sans leur demander leur
avis, dans leur débat et je le fais le cœur léger
d’autant que je crois y reconnaître des allusions
directement adressées à L’Opinion comme cette
invite faite par M. BARRY dans ces propos sans équivoques
«Certains confrères et pas des moindres, ont
vu la léthargie du dossier dans la trop forte implication
du Collectif, un regroupement trop politisé à
leur goût. Maintenant que le Collectif est affaibli,
j’exhorterais ces confrères à occuper rapidement
la place laissée vacante…».
C’est une lapalissade que d’affirmer que L’Opinion est un
des journaux qui imputent en partie le fiasco que rencontre
jusque-là le dossier Norbert ZONGO au Collectif.
D’ailleurs il semble que la majorité des Burkinabè
le pensent aussi parce que c’est une évidence qu’il
est trop politisé, que certains y ont fait de cette
affaire leur «plantation de café», que
la pression sur la justice a empêché celle-ci
de travailler avec sérénité, que sa
CEI n’a pas abouti aux résultats escomptés
faisant perdre ainsi 4 mois à l’enquête, que
sa CEI a brouillé les cartes en compilant des «témoignages»
très souvent farfelus et aussi contradictoires les
uns que les autres etc.
Oui le Collectif a sérieusement nui à la manifestation
de la vérité comme si certains de ses mentors
agissaient consciemment dans ce sens. Dans cette affaire,
allez-y savoir ! A plus d’un titre, certains d’entre eux
devraient figurer en bonne place sur les listes des «sérieux
suspects» si on devait en dresser. Mais toutefois
tout n’a pas été négatif avec le Collectif,
car pour preuve qu’il était politique il a permis
d’engranger des avancées réelles sur le terrain
politique notamment : en matière de démocratie,
de liberté et des droits humains avec les réformes
politiques et une certaine prise de conscience de l’opinion
publique. Ce n’est pas rien mais ce n’était pas son
objet fondamental à moins que l’assassinat de Norbert
ZONGO et la mise en scène de cet assassinat ne soit
qu’un prétexte.
Pour ce qui est d’occuper une quelconque place que le Collectif
aurait laissée vacante, cela relève de la
pure provocation car nous n’avons pas attendu le collectif
pour être sur la brèche et avons toujours été
actifs et force est de dire que M. BARRY fait semblant de
se tromper de genre. En effet, nous demander de jouer le
même rôle que le Collectif est une tentative
de manipulation ni plus ni moins. D’une part, nous n’avons
jamais cessé de contester au Collectif la monopolisation
de la parole qu’il voulait et la dictature de la pensée
unique dont il est porteur et qu’il rêve d’imposer
et d’autre part c’est peu dire que d’affirmer que nous ne
fonctionnons pas de la même manière. En effet,
pendant que le Collectif et ses partisans sont pour une
pression soutenue sur le système judiciaire, pour
notre part, il faudrait plutôt créer les conditions
d’une véritable sérénité pour
lui permettre d’investiguer pleinement afin de faire échec
aux plans des coupables.
Laissons donc le Collectif à son travail et que chacun
fasse le sien. Nous, nous sommes journalistes et nous espérons
pouvoir de ce poste d’observation et d’action aider à
la manifestation de la vérité : c’est ce que
nous faisons depuis que le crime de Sapouy a été
connu et même que nous nous intéresserons à
tout propos digne d’intérêt dans cette affaire.
Dans cette lignée, comment peut-on nous obliger à
rester de marbre lorsqu’on veut nous faire avaler la couleuvre,
disons plutôt le boa, selon lequel des «témoins»
capitaux refuseraient par peur pour leur sécurité
de déposer devant le juge d’instruction alors qu’ils
auraient le courage de s’ouvrir à des journalistes.
Au clair c’est insulter notre intelligence et ce n’est pas
sérieux ! Ce n’est pas sérieux d’autant que
lesdits témoins auxquels lesdits journalistes apporteraient
sécurité et confiance, sont déjà
passés et repassés devant la CEI et cela n’a
pas permis d’avancer. Dans une affaire de la teneur de l’Affaire
Norbert ZONGO il nous paraît très peu vraisemblable
que des témoins puissent se taire aussi longtemps
sous le prétexte que leur sécurité
serait menacée. Et puis pendant qu’il y est, notre
confrère devrait nous dire ce que le juge Wenceslas
lui a répondu lorsqu’il a posé le problème
de la sécurité des témoins, au lieu
de n’en rien dire de manière formelle tout en insinuant
que celui-ci lui aurait fait part d’une certaine impuissance.
Norbert ZONGO mérite bien plus que ce petit jeu de
cache-cache. Nos confrères qui sont dans les confidences
de ces témoins capitaux se sont-ils seulement interrogés
sur la crédibilité de leurs témoignages,
sur la réalité des problèmes de sécurité
qu’ils posent,sur leur personnalité. N’ont-ils pas
à faire à de vulgaires truands ou à
des mégalomanes qui veulent faire les intéressants
? Pourquoi ont-ils confiance en eux journalistes, leurs
témoignages peuvent-ils effectivement leur coûter
la vie ; ont-ils eux-mêmes recherché des solutions
pour la sécurité de leurs fameux témoins
… ? Après avoir fait le tour de toutes ces questions
il saute aux yeux que si des témoins ont peur du
juge Wens, c’est parce qu’ils se reprochent quelque chose
ou qu’ils n’ont rien de sérieux à débiter
devant lui. Le laisser abuser par de tels individus est
faire preuve d’un certain amateurisme.
Il en est de même de tout le discours qui est tenu
à propos de la rencontre qu’il y aurait eu entre
François COMPAORE et Babou NAON et de ce qui y aurait
été dit. Trop de bruits pour rien ? Non pour
cacher une faute professionnelle lourde. Mais qu’à
cela ne tienne ; dans cet épisode de l’affaire c’est
la parole de l’un contre celle de l’autre puisque François
COMPAORE dit ne pas se souvenir d’une telle rencontre. Sans
jouer à l’avocat de Michel OUEDRAOGO, dire qu’il
affirme que ladite rencontre a eu lieu à partir des
citations de NAON est un raccourci trop heureux pour être
honnête, tout comme cette affirmation péremptoire
qui fait de cette affaire Norbert ZONGO, l’affaire de la
seule «famille du chef de l’Etat, le président
Blaise COMPAORE». Nous croyions qu’elle concernait
tout le peuple burkinabè et singulièrement
celui du «Pays réel». S’en laver les
mains aujourd’hui et de cette manière est symptomatique
de la victoire de la théorie du complot chez certains
confrères qui partent de leurs convictions scrypto-personnelles
pour transformer des soupçons et des faits limités
voire dérisoires en preuves de culpabilité.
On comprend dès lors pourquoi ils refusent qu’on
en débatte.