L'opinion N°473
du 1er au 07 Novembre 2006

Editorial

NAMA n’a pas tout dit…


Personne ne se fait d’illusion sur ce fait, surtout pas les membres de la CEI dont certains trouvent qu’il en fait un peu trop avec sa fournée de faux témoins au moment de leurs enquêtes et son implication dans la présente campagne qui porte atteinte à leur intégrité. Que dire alors de Halidou OUEDRAOGO, président du Collectif auquel il reproche le fait d’être l’avocat de Oumarou KANAZOE qu’il présente comme un commanditaire du crime.
Assurément NAMA a beaucoup de choses à dire… sur ses mensonges, ses actions dans le dossier. Il a aussi du souci à se faire. Plus que jamais cet homme doit parler !

Ainsi donc, ce ne serait qu’une vulgaire opération de propagande avec pour support un véritable poker-menteur sur fond de déliquescence du Collectif de Halidou OUEDRAOGO, de fin de règne et de luttes de succession qui promettent des étincelles. Une pitoyable et minable mise en scène sur le dos de feu Norbert ZONGO, et qui aura fait long feu en dépit du peu de scrupules que ses géniteurs auront eu sur les méthodes et les moyens comme pour dire avec l’autre «qu’importe le flacon, pourvu qu’il y’ait ivresse».
En vérité, avec à la baguette d’illustres personnages spécialistes en entourloupes tels que Robert MENARD et Germain B. NAMA dont les états de services dans le dossier Norbert ZONGO sont pour le moins éloquents, il pouvait difficilement en être autrement même si on pensait néanmoins qu’il y avait une limite à tout. On aura eu droit à une fin de semaine des plus cauchemardesques, qui, partie des espoirs fous nés des promesses d’éléments nouveaux a abouti à une vaste escroquerie après que ceux-ci se sont révélés n’être qu’une vaste manipulation. S’il`est acquis de tous actuellement en commençant par les amis de ceux qui ont orchestré cette action de pure propagande qu’il n’y a aucun élément nouveau susceptible de faire réouvrir le dossier Norbert ZONGO, de nombreuses interrogations sont sans réponse quant à leurs motivations et sur les éventuelles conséquences de cette action sur l’avenir de cette affaire. Beaucoup de choses restent donc à découvrir sur les fondements secrets de cette manœuvre tant il est évident que ceux-ci sont plus déterminants que ses objectifs avoués.
Pour les plus sceptiques il ne serait pas de trop de faire observer que c’est Germain B. NAMA, lui-même, qui dans les colonnes de son journal «L’Evènement» (édition n°102 du 25 octobre 2006) évente l’arnaque qu’il a tentée avec MENARD en dévoilant les stratagèmes mis en place. Excès de confiance ou excès de zèle… ? Peut-être les deux à la fois. En page 13, monsieur n’y va pas par quatre chemins : «La redoutable machine de propagande s’était mise en branle dès le dépôt de la requête de RSF…». Les contacts avec Catherine NINA de RFI, les communiqués rédigés en diverses langues et envoyés dans toutes les «rédactions du monde…» etc, puis de raconter par le détail tout le mécanisme de l’opération avant de s’attacher à exécuter sa part de boulot tout en écrivant noir sur blanc à propos des «nouveaux éléments» de Robert MENARD qu’ils «se trouvent dans les procès verbaux d’audition qui eux sont en possession du juge d’instruction…». Donc rien de nouveau en toute bonne conséquence, surtout pas de faits nouveaux dont le juge d’instruction n’aurait pas eu connaissance. Alors à quoi rime tout le ramdam orchestré ? Un simple moyen de faire de l’agitation et de l’intoxication à peu de frais.
Ainsi on apprend sous sa plume que le fait de faire des déclarations contradictoires est une preuve de mensonge et suffit pour se faire inculper et que c’est à l’inculpé qu’il «appartient de lever les soupçons qui pèsent sur lui».
Une manière bien curieuse d’instruire à charge et à décharge et surtout de mettre en œuvre la présomption d’innocence. Si ce n’est pas de l’inquisition, ça y ressemble. A ce qu’on sache, toute personne soupçonnée dans un délit est considérée innocente jusqu’à ce qu’on réunisse suffisamment de preuves pour établir sa culpabilité. Ce n’est pas le contraire. C’est-à-dire qu’on n’accuse pas quelqu’un pour lui dire de prouver son innocence faute de quoi il sera condamné. Or c’est exactement ce que la CEI a fait ! Elle a soupçonné des personnes et leur a demandé de prouver leur innocence d’autant qu’elle n’arrivait pas à réunir suffisamment d’éléments pour`étayer ses accusations. Il appartient à l’accusateur d’apporter les preuves de ses accusations. En la matière, c’était à la CEI de réunir tous les éléments pouvant conforter ses opinions et non à ceux qu’elle a accusé de rechercher et produire les preuves de leur innocence. Or c’est ainsi qu’elle a fonctionné devant son incapacité à prouver la culpabilité de ceux qu’elle a donnés à la vindicte publique. Une conception bien curieuse de l’instruction judiciaire.
Elle l’est d’autant plus que la CEI choisit délibérément et arbitrairement qui elle veut dans le lot de tous ceux dont les déclarations lui paraissent contradictoires. Si ce n’était pas le cas notre «grand journaliste d’investigation», Monsieur Germain Bittiou NAMA lui-même aurait dû aussi figurer sur la liste des suspects pour avoir menti plus d’une fois dans ce dossier. N’est-ce pas lui qui avait affirmé, photo à l’appui, que les assassins avaient utilisé une AK 47, ce qui s’est avéré inexact par la suite ; n’est-ce pas lui qui a découvert la 4x4 bleue utilisée par les tueurs alors que c’était faux ; n’est-ce pas monsieur NAMA qui approvisionnait la CEI en faux témoins oculaires ; n’est-ce pas lui qui… En contre-vérités et en faits insolites dans ce dossier, on peut difficilement faire mieux que lui. Il devrait donc en toute logique, sa logique à lui, être sommé de s’expliquer, faute de quoi il devrait être inculpé. Il le devrait d’autant qu’on peut lui trouver plein de raisons. Si «devant le juge, le mensonge entraîne l’inculpation…» Monsieur NAMA devrait être inculpé pour avoir menti devant le juge Wens auquel il n’a pas donné les preuves formelles qu’il disait détenir. «Last but not the least», pourquoi Monsieur NAMA ment-il en disant que les élucubrations de son ami MENARD sont des faits nouveaux, alors qu’il reconnaît dans le même temps qu’ils étaient connus du juge ?
Pour le reste, Monsieur NAMA est plus à plaindre qu’autre chose. En effet, affirmer comme il le fait que François COMPAORE est «le véritable cerveau du commando de tueurs» n’est ni plus ni moins qu’un manquement grave aux principes déontologiques élémentaires du métier de journaliste et il s’expose par conséquent à des poursuites judiciaires pour diffamation. Peut-être ne se sent-il pas concerné par ces règles dans la mesure où il participe au fonctionnement de «la redoutable machine de propagande mise en branle dès le dépôt de la requête de RSF». Personne ne se fait d’illusion sur ce fait, surtout pas les membres de la CEI dont certains trouvent qu’il en fait un peu trop avec sa fournée de faux témoins au moment de leurs enquêtes et son implication dans la présente campagne qui porte atteinte à leur intégrité. Que dire alors de Halidou OUEDRAOGO, président du Collectif auquel il reproche le fait d’être l’avocat de Oumarou KANAZOE qu’il présente comme un commanditaire du crime.
Assurément Nama a beaucoup de choses à dire… sur ses mensonges, ses actions dans le dossier. Il a aussi du souci à se faire. Plus que jamais cet homme doit parler !
Par Cheick AHMED

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