L'opinion N°483
du 10 au 16 janvier 2007

Culture

Théâtre
“L’os de Mor Lam” au CITO
Sidiki YOUGBARE (Mor Lam) et Flore ILBOUDO (Awa) dans une des scènes de la pièce.
Issaka SAWADOGO,
metteur en scène de la pièce.

Le Carrefour international de théâtre de Ouagadougou (CITO) propose aux férus des planches, sa 9e création majeure intitulée l’os de Mor Lam. A partir du 12 janvier prochain et ce jusqu’au 22 février, la pièce sera proposée au public. La mise en scène de la pièce a été assurée par Issaka SAWADOGO. Dans la distribution, on retrouve des acteurs comme Abdoulaye KOMBOUDRI, qui revient sur les planches après plus de 15 ans d’absence, Flora ILBOUDO, Dicko Fils, Sidiki YOUGBARE, Ousmane BAMOGO, etc. L’histoire de Mor Lam, nombre de gens la connaissent.
Une histoire qui nous rappelle l’égoïsme de l’homme, sa cupidité à s’accaparer et à jouir seul des biens. Ce texte de Birago Diop que l’on retrouve dans le livre de lecture «Langage et texte» de la classe de 5e dépeint le mauvais ménage entre individualisme et tradition africaine. Mais le metteur en scène a voulu aller plus loin que ça.
Face à ce monde fait de guerre et de réfugiés, Issaka SAWADOGO a poussé loin la réflexion pour intégrer l’histoire de Mor Lam dans un camp de réfugiés. Histoire de nous rappeler toutes que les bêtises de ce bas monde que sont les guerres, les maladies, la misère, la pauvreté, etc. sont les faits et agissements de l’homme. Un double challenge donc que le metteur en scène a voulu relever et montrer à la face du monde par le théâtre que c’est l’égoïsme, et la cupidité de l’homme qui rendent aujourd’hui le monde invivable. Tantôt satirique, tantôt tragique, la pièce vous transporte dans le quotidien de l’homme fait d’égoïsme, de trahison, d’individualisme.

Par Frédéric ILBOUDO


Danse contemporaine
Emmanuel TOE revient sur scène

Après un long silence et une absence très remarquée des scènes nationales et internationales, le « grand » danseur Samo refait surface lentement mais sûrement. Le dimanche 7 janvier 2007 au CITO Emmanuel TOE a donné un bout de ce qui sera son spectacle « un corps étranger ». Pour quelqu’un qui sort de l’ombre après plus de 2 ans d’absence, l’on peut dire que c’était plutôt bien réussi. Surtout le thème qui est abordé dans son spectacle. Un thème qu’il a inspiré de sa propre situation.

« Corps étranger » est un spectacle qui interpelle sur la condition de la personne handicapée. Une condition faite de perpétuel remise en cause, de complexe, d’amertume, une condition qui est difficilement vécue, surtout que cela est arrivé de suite d’un accident. En effet, le 28 février 2004 à OSLO dans la capitale norvégienne, l’artiste a été victime d’un accident qui l’éloignera de la scène du fait de son handicap qui aura duré plus de 2 ans. Pour ceux qui ne le connaissent pas, il est le président de la compagnie Lawazi. Compagnie qui a donné au Burkina Faso la médaille d’or aux jeux de la Francophonie. La dernière apparition d’Emmanuel date des premiers moments de la pièce théâtrale « les sans adieu » en 2003 mise en scène par Irène LECOMTE sous la coupe du CITO. Tel un phénix qui renaît de ses cendres, il revient d’une longue traversée du désert et a besoin du soutien et de l’appui de tous. « Corps étranger » est un spectacle mise en scène par Ildever Méda et chorégraphié par Emmanuel lui-même. Bon vent donc à Phénix SAMO.

Par Frédéric ILBOUDO


Musique
“Green Stone” pour apporter l’espoir

Le paysage musical burkinabè vient de s’agrandir avec la naissance d’une infrastructure. En effet, c’est le vendredi 5 janvier 2007 que Yolsé BANDAOGO a choisi pour inaugurer son studio d’enregistrement dénommé « Green Stone Records ». Green pour la couleur verte donc couleur de l’espoir, Stone pour pierre une façon pour Yolsé d’apporter sa pierre à l’édification et au développement du Burkina. Il faut dire que le jeune Yolsé BANDAOGO est un fin connaisseur du milieu de la musique.

Yolsé BANDAOGO
promoteur du studio "Green Stone"
L’homme qui a mis à la disposition des artistes burkinabè un studio d’enregistrement de grande qualité est très connu dans le milieu musical

américain et français. En effet, Yolsé est propriétaire d’un studio aux Etats Unis où ont enregistré pas mal d’artistes américains.
En France, l’homme est plus connu en tant qu’organisateur de spectacles. Comme perspective après l’étape du studio, il s’agira pour Yolsé et son équipe de travailler dans un futur proche dans la réalisation de clip et au montage vidéo. La seule fausse note à cette cérémonie d’ouverture aura été l’absence très remarquée des artistes musiciens burkinabè.
Ont-ils boudé la cérémonie ? Une chose est sûre c’est pour eux que le jeune Yolsé est venu investir au pays. Néanmoins, la présence de l’Etalon de la musique burkinabè Zèdess a rehaussé l’éclat de la cérémonie et démontre du même coup ce que vaut «Green Stone Record» qui promet d’ailleurs des tarifs promotionnels pour aider les artistes.

Par Frédéric ILBOUDO

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