L'opinion N°483
du 10 au 16 janvier 2007

Actualité

Procès François COMPAORE / L’Evènement
Rendez-vous le 22 janvier

Le procès en diffamation qui oppose le journal L’Evénement à François COMPAORE a débuté le lundi 08 janvier 2007. Mais pour des raisons de procédure, le procès a été ajourné et reporté pour le 22 janvier. Aperçu sur un après-midi de procès.

François COMPAORE
Newton A. BARRY
et Germain B. NAMA
Le tribunal de Grande Instance de Ouagadougou regorgeait particulièrement de nombreux hommes de la presse.

La raison était toute simple. C’est ce lundi 08 janvier qu’avait lieu le procès en diffamation de François COMPAORE contre L’Evènement. Les journalistes étaient donc là, qui pour apporter leur soutien aux confrères, qui pour faire un simple reportage.
En rappel, les faits remontent à un article paru dans L’Evénement n° 102 du 25 octobre 2006 dans lequel était titré « ainsi donc, c’est lui ! » Illustré par la photo du sieur François COMPAORE. Et l’article avait trait à l’affaire Norbert ZONGO suite à la requête de RSF qui voulait la réouverture du dossier après le non-lieu prononcé pour Marcel KAFANDO.
Le sieur François COMPAORE qui s’est senti diffamé dans cet article, a posé plainte contre le journal L’Evénement.
C’est donc pour trancher cette affaire que les deux parties ont été présentées au juge du tribunal correctionnel ce lundi.
D’une part L’Evénement est représenté par Germain NAMA et Newton Ahmed BARRY respectivement directeur de publication et rédacteur en chef. D’autre part il y avait François COMPAORE conseiller à la présidence du Faso demandeur au procès.
Les sieurs Germain NAMA et Newton Ahmed BARRY ont répondu présents à la barre, défendus à l’occasion par les avocats Bénéwindé SANKARA, Prosper FARAMA et Julien LALOGO. Le sieur François COMPAORE qui s’est constitué partie civile était absent mais représenté par les avocats Abdoul OUEDRAOGO et Mamadou OUATTARA.
Avant l’ouverture des débats, le parquet a fait les observations et a demandé le report du procès. Ainsi le ministère public a souhaité que soit joint au dossier l’original du journal dans lequel est paru l’article diffamatoire parce que le présent dossier ne comportait que des photo- copies.
De leur côté, les avocats des prévenus ont soulevé le cas d’une lettre qui avait été adressée par eux au président de la Chambre correctionnelle. Cette lettre demandait que le sieur François COMPAORE soit physiquement présent à l’audience.
Les avocats de la partie civile ont tout de suite réagi à cette requête en se fondant sur l’argument selon lequel en tant que partie civile le sieur François COMPAORE n’est pas tenu d’être présent, il peut se faire représenter, chose qu’il a faite. Dans tous les cas le juge a répondu que le tribunal avisera.
Le juge a répondu favorablement à la requête du ministère public (parquet) sur le report parce qu’effectivement certaines copies du journal étaient illisibles par certains endroits. Alors la date qui a été retenue est celle du 22 janvier à 15 heures. En attendant le dénouement de cette affaire il faut avoir le courage de le dire, cette affaire va encore faire couler beaucoup d’encre et de salive vu la qualité des parties.
En effet, nous avons d’une part les journalistes et d’autre part le frère cadet du président du Faso. Mais en réalité, avant tout, ce sont des citoyens burkinabè et à ce titre toute personne peut demander aux tribunaux réparation de tout préjudice qui que se soit si elle s’estime lésée.
Donc quelle que soit l’issue de ce procès, il pourra servir de référence jurisprudentielle dans la mesure où il consacre l’Etat de droit qui veut que les lois soient faites pour tout le monde sans exception.

Par Daouda SAWADOGO

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