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Quand un épiphénomène
prend une allure de scandale !
La composition de la Commission électorale
indépendante d’arrondissement (CEIA) de Boulmiougou
dans la commune de Ouagadougou a fait l’objet de chaudes empoignades
entre responsables de la CENI et de l’Opposition. Tactique
de déstabilisation ou manque de vision politique ?
M.
Moussa Michel TAPSOBA, président de la CENI
« La CENI ne respecte pas l’Opposition
», « le président de la CENI doit démissionner
». Tous ces commentaires ont été entendus
après le refus du président de la CENI de recevoir
des représentants de l’Opposition au sujet de la composition
de la CEIA de Boulmiougou dans la commune de Ouagadougou.
Le débat démocratique est le domaine par excellence
des empoignades ; mais il est de bon ton que celles-ci se
fondent sur des sujets essentiels qui permettent son approfondissement.
A quelques mois des élections législatives,
les Burkinabè veulent que les acteurs de la scène
politique réfléchissent et proposent des solutions
pour les moins idoines aux problèmes de santé,
d’éducation, de développement, etc. qu’ils vivent.
Le mandat que la plupart veut solliciter auprès du
peuple va durer cinq ans et on ne choisit pas son représentant
pour une si longue durée sans mettre des garde-fous.
Cela devait être le souci des politiciens eux-mêmes
qui doivent élaborer des projets fiables et les expliquer
aux électeurs. C’est ce chemin vertueux qui peut vous
ancrer dans une circonscription et vous faire réélire
chaque fois que de besoin. Dans les grandes démocraties
comme les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne pour ne
citer que les plus vieilles, on trouve des représentants
du peuple qui siègent de façon continue depuis
plusieurs décennies. Les élections sont pourtant
régulièrement organisées. C’est la confiance
placée en eux à travers les actions qu’ils mènent
qui permet cet état de fait. Les Burkinabè doivent
s’en inspirer.
Ne pas se tromper de combat
Au lieu d’ameuter la cité pour un
problème qui n’en est pas un, il faut plutôt
convaincre les populations que son choix est le meilleur.
La CENI en tant qu’organe joue un rôle de mise en œuvre
dans la tenue des élections. Sa partition est très
importante mais ne saurait empêcher l’élection
d’un candidat pour une question de deux représentants
dans un démembrement.
L’équilibre dans la composition de la CENI est tel
qu’il faut lui faire un minimum de confiance et se consacrer
à l’essentiel. « Le temps est tout ce qui nous
manque », disait un Général sur-le-champ
de bataille. En se préoccupant de la vie de la CENI,
l’Opposition risque encore de se laisser surprendre. Après
Boulmiougou où elle pourrait ne rien obtenir au vu
de la détermination du président de la CENI,
Moussa Michel TAPSOBA, elle est capable d’allumer un autre
incendie quelque part pour moins que ça. Et c’est comme
ça que la date du 6 mai 2007 prévue pour les
élections va la surprendre. Elle va se réveiller
avec une écrasante majorité CDP à l’Assemblée
nationale et n’aura que ses yeux pour pleurer. D’ailleurs
son état de division actuel ne permet pas d’envisager
sa victoire mais elle peut pour le moins limiter les dégâts
en améliorant son score de 2002.
Le peuple est mûr
Les « polontichiens » pour les
appeler comme au village doivent savoir que le peuple a mûri
et ne choisit plus le premier venu comme représentant.
Si théoriquement les élections sont fondées
sur des programmes, elles sont devenues de plus en plus des
rendez-vous entre un homme et son peuple. La personnalité
et la proximité du candidat avec les électeurs
sont maintenant des éléments fondamentaux. On
sait que la plupart de ceux qui s’agitent devant les micros
et les caméras à Ouagadougou vont se présenter
dans leur village où ils font jouer la fibre familiale
et l’appartenance communautaire. Mais ils se « cassent
aussi la pipe » chez eux parce que les populations savent
faire la différence entre le hâbleur venu de
Ouagadougou qui n’a besoin d’elles que le temps d’un vote
et celui qui se préoccupera de leur situation après
la proclamation des résultats. C’est pourquoi la bataille
actuelle pour la CENI et ses démembrements apparaît
secondaire. Le 6 mai, c’est déjà demain. Même
si personne ne s’est encore déclaré candidat,
on connaît les intentions de chacun.
Quoi qu’on dise le CDP, le parti majoritaire sortant est une
grosse machine électorale ! Son occupation permanente
du terrain lui donne une longueur d’avance sur ses adversaires.
Elle n’a plus besoin d’un long temps d’explication pour convaincre
son électorat. Ce qui n’est pas le cas de son opposition
dont la majorité des composantes n’a même pas
encore fait un travail préalable d’implantation dans
certaines provinces. Avec un tel retard, il va falloir mettre
le turbo pour rattraper l’adversaire.
Ce qui n’est malheureusement pas le cas, si des représentations
dans les démembrements de la CENI sont encore des plats
de résistance du débat politique.
Par Ahmed Nazé
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