L'opinion N°484
du 17 au 23 janvier 2007

Dossier

Procès François Compaoré contre l’Evénement


Laissez les morts reposer en paix

Rocambolesque ! Tel est le qualificatif que l’on est tenté de donner à cette affaire judiciaire aux allures de fiction, concernant une plainte introuvable qui serait, selon notre confrère l’Indépendant, portée contre monsieur François COMPAORE. Dans sa livraison N° 265 du 29 septembre dernier, notre confrère titrait à la une et en grand : François COMPAORE inculpé ; et d’affirmer sans fioriture qu’une citation à comparaître devant le juge d’instruction a été établie le 24 septembre 1998 à son intention. On n’attendrait que son retour d’un voyage en France pour lui notifier. Au passage l’Opinion, qui n’est pas nommément cité, reçoit ne volée de bois vert pour avoir dénoncé la cabale dans laquelle on se lançait sur le dos d’un citoyen dont on était loin d’avoir prouvé la culpabilité. Devant la gravité des récents propos nous avons cherché à comprendre et très vite nous nous sommes trouvés en face d’une véritable fiction judiciaire, visiblement initiée et soutenue par un club politico-maffieux ayant quelque tentacule dans notre appareil judiciaire.

Moïse Ouédraogo, le cousin de avid Ouédraogo

Le premier constat est que toute cette affaire, depuis de début, semble fonctionner sur des fuites dont seul l’Indépendant à la primeur. C’est par une «fuite» que la presse a été informée du vol chez François COMPAORE. C’est une «fuite» qui a indiqué à la presse le montant réel de la somme globale initialement visée par le vol. C’est encore une «fuite» qu serait exploitée aujourd’hui pour indexer François COMPAORE. Cette dernière donnée à réfléchir et inquiète d’autant plus qu’elle semble provenir d’une institution déjà sur la sellette et que le fait est formellement interdit par la loi. Un juge qui prendrait sur lui la responsabilité de violer la loi, il y a fort à parier que ce ne soit pas sur un simple coup de tête. Les mobiles du for-fait doivent être recherchés dans la volonté de nuire d’abord et avant tout. Pour la recherche de la vérité on verra après. Et nous voilà embarqués dans le scénario d’une véritable fiction judiciaire. Tenez !
Nos vérifications établissent en effet, d’une part, que monsieur François COMPAORE est présent et disponible à Ouagadougou, y compris durant tout le mois de septembre, et d’autre part qu’il n’a jamais été informé par qui que se soit concernant une plainte portée contre sa personne. En outre, et chose fort curieuse, la famille de feu OUEDRAOGO David au nom de laquelle on tisse ces intrigues judiciaires, nie avoir déposé une quelconque plainte ! ( voir fac-similé d’une lettre de la famille adressée à notre confrère l’Indépendant sue le sujet). Et cependant nos vérifications établissent par ailleurs qu’il y a bel et bien un dossier, dans les arcanes de la justice, constitué sur la base d’une plainte constitution de partie civile. Alors questions : puisqu’il n’y a pas plainte de la part des ayant-droits, qui n’a eu aucun scrupule à l’initier en leurs lieu et place au mépris de toutes les règles du droit ? Nous croyons savoir que le code pénal en son article 86 établit que l’assistance de l’avocat défenseur n’intervient qu’à compter de la constitution de la partie civile par les plaignants. C’est plus troublant lorsqu’on considère que de telles distorsions graves se passent allègrement dans notre appareil judiciaire. Comment peut-on inculper quelqu’un qui n’est pas en fuite sans l’avoir entendu ? Quelle est cette justice qui, Sur la foi d’une plainte et sans vérifier quoi que ce soit, délivrerait mandat de dépôt contre un citoyen ? La présomption d’innocence serait-elle pour ailleurs et pas au Burkina Faso ? Est-ce à dire qu’il suffit, chez nous au Faso, de voir un juge, se plaindre de quelqu’un pour qu’automatiquement la culpabilité de celui-ci soit établie et qu’il soit sur le champ inculpé ?
Concernant la procédure, la loi nous apprend que la plainte avec constitution de servir de faire-valoir à une telle procédure, il reste évident que monsieur François COMPAORE ne saurait en aucun cas être inculpé sans qu’aucune audition, ni information, de quelque nature qu’elles soient n’aient été jamais tentées à son endroit alors même qu’il était présent. C’est bien e que stipule l’article 103 du code pénal. Et monsieur François COMPAORE est catégorique : il n’a jamais été entendu par qui que ce soit, ni même été informé de quoi que ce soit concernant cette plainte fictive que notre confrère affirme avoir abouti à son inculpation !
Et l’on est d’autant surpris que la prétendue plainte indexe nomment Monsieur François COMPAORE sans être ni motivée, ni justifiée par des pièces crédibles, alors que l’article 87 du Code Pénal en son 2e alinéa établit l’obligation de preuves préalables !
Ce qui est par ailleurs curieux dans cette affaire c’est la duplication de dossier. En effet, selon nos informations, le dossier initiale (celui relatif au vol) serait aux mains d’un juge d’instruction et suivrait son cours normal sur la base d’une plainte de Mme COMPAORE qui a été entendue par la gendarmerie et la justice comme tous ceux qui y sont impliqués. Le deuxième dossier qui ignore royalement le premier semble avoir été monté de toute pièce et précipitamment, tant il cumule les erreurs et vices de formes pour aboutir à une inculpation aussi fantaisiste qu’infondée.
Du reste comment notre confrère, peut-il avoir été informé de la procédure de l’instruction alors qu’il est expressé que cette procédure est secrète ? Et même si elle ne l’était plus, quelle intention se cache derrière le choix du seul journal l’Indépendant, à l’exclusion de tous les autres organes, particulièrement les quotidiens.
Assurément, l’Opinion publique semble être la cible que d’aucuns voudraient manipuler pour la préparer à cautionner les desseins maléfiques d’obscurs individus. L ‘imbroglio est tellement inextricable que l’on est en droit de se demander si le coupable réel n’est pas à rechercher dans les rangs de ce fameux réseau. Et dire que cette scène se déroule au moment même où tout le 3e pouvoir est en branle-bas pour tenter de se refaire une crédibilité à travers le Forum national sur la justice ! Vivement qu’il en profite pour se faire au moins l’obligation de respecter ses propres textes et d’établir un nouveau contrat d’impartialité et de probité avec les citoyens, car l’indépendance qu’il ne cesse de clamer ne saurait être une indépendance vis à vis de la loi.

Par Cheick Ahmed

La lettre en question

Ouagadougou, le 5/10/98


A

Monsieur le Directeur de
Publication du Journal l’Indépendant

Monsieur le Directeur,

Nous avons été désagréablement surpris et étonnés par l’article paru dans votre Journal du 29 septembre 1998 à propos de la plainte posée par la famille de David OUEDRAOGO notre frère.

En effet nous n’avons jamais pensé un jour ou un instant à déposer plainte contre qui que ce soit au sujet de la disparition de notre grand frère.

Cet article ne peut que provenir d’un individu mal intentionné qui veut utiliser la mort de notre grand-frère pour parvenir à des fins lucratives. De ce fait, les fréquentes parutions dans les colonnes de votre journal à propos de la disparition de notre grand-frère ne font qu’éveiller les peines des membres de la famille. Nous nous démarquons de tout ce qui pourrait paraître à l’avenir dans les colonnes d’une quelconque presse au nom de notre famille qui avait définitivement tourné la page à cette histoire.
Nous insistons sur le fait qu’aucune plainte n’a été déposée provenant de toute la famille en particulier de ses frères et à plus forte raison de sa mère qui ignore complètement ce terme.
Nous souhaitons que cet écrit serve de démenti à l’article paru dans votre journal l’Indépendant du 29 septembre 1998.

Ont signé:

OUEDRAOGO Moïse
SOBGO Dieudonné

Ampliation à M. François COMPAORE

- in L’Opinion N° 55 du 07/10 au 13/10/1998

Diversion de maîtres

Dans le procès en diffamation qui oppose M. François COMPAORE au journal l’événement, les parties ont comparu pour la première fois le mardi 9 janvier dernier. La suite on l’a connaît les parties ont été convoquées le 22 janvier prochain pour cette fois on l’espère statuer au fond. Au cours de cette première comparution, les avocats des prévenus ont souhaité la présence physique su Sieur François COMPAORE. Mais qu’en est-il de cette requête ?

Me Bénéwendé S. Sankara avocat de l'Evènement, n'ignore pas que la partie civile n'est pas tenue dêtre présente au procès . Malgré tout, lui et ses collègues n'ont pas manqué de déposer une requette dans ce sens.

La question aurait été passée sous silence si elle avait été soulevée par un profane du droit, mais vu la qualité de ses auteurs elle mérite qu’on s’y attarde et qu’on en recherche les motifs et mobiles exacts. Rappelons qu’il s’agit en fait de l’obligation de préséance ou non à un procès pénal avec constitution de partie civile de la victime. En effet le Sieur François COMAPORE qui s’est senti diffamé par les écrits parus dans une édition du journal l’événement a posé plainte en se constituant partie civile comme dommages intérêts en réparation préjudice subit le Sieur François COMPAORE n’a demandé que le franc symbolique.
Sur le principal, c’est à dire sur la faculté de se constituer partie civile à un procès pénal, il n’y a pas débat dans la mesure où cette faculté est une disposition légale. En effet le code de procédure pénale en son article 84 autorisé toute personne qui s’estime lever par un crime ou débit peut poser plainte et se constituer partie civile.
En termes clairs, cela signifie que celui qui porte plainte engage à la fois deux actions : L’action publique et l’action civile. Ainsi le ministère publique conduit l’action publique ce qui explique que dans certaines situations le désistement de la victime n’étaient pas pour autant l’action publique. Quant à l’action civile, elle vise la réparation du dommage causé par l’infraction. On dit souvent que l’action civile a une nature indemnitaire. Lorsque la victime se constitue donc partie civile à un procès pénal, l’article 86 du code suscité lui autorise à se faire assister par un avocat Défenseur.
Cet avocat défenseur peut alors recevoir le mandat de la victime pour représenter et défendre ses intérêts. En fonction donc de l’étendu victime. Il n’existe nul part dans le code de procédure pénale une disposition qui fait obligation à la victime d’être présente au procès. Cette absence physique de la victime constituée partie civile ne saurait donc être en rien une entrave ou une condition à la tenue du procès. Cela est d’autant plus juste que des procès avec constitution de partie absente même quand la victime partie civile est décédée par exemple. Toutefois, le juge pourrait demander à la victime de se présenter au procès pour peut-être apporter certains éclaircis en ce qui concerne l’infraction. Mais là encore l’avocat défenseur pourrait les apporter et la victime partie civile et périls. Dans ce cas le juge pourrait statuer en fonction de sa compréhension des faits. Il ressort donc de ce qui précède qu’en l’absence de toute disposition légale, il est difficile que le juge oblige la partie civile de se présenter au procès. Le juge devrait donc sauf situation exceptionnelle ignorer la demande des avocats des prévenus de voir le Sieur François COMPAORE être Physiquement les avocats des prévenus devraient avoir connaissance, de ces petites notions de procédures eux qui passent pour être les plus en vogue du moment ?

Dilatoire inutile

Des avocats de la trempe de ceux qui défendent les prévenus de l’événement il serait de ces notions. Il y aurait alors d’autre motif à cette volonté de soulever des questions de procédure et de droit dans ce procès. Connaissant les hommes en question on est pas sorti de l’auberge, tous les moyens seront utilisés pour gagner du temps. Ces attitudes pourraient laisser voir une manière de justifier « le gombo ». Tous les moyens sont bons pour berner ceux qui voient le droit comme un lointain idéal réserver à une certaine classe. Mais cette vision de l’avocat qui passe pour être celui qui sait tout et peut faire avaler n’importe quoi aux gens est dépassée. C’est pourquoi les observateurs ont appris a lire entre les lignes enfin de pouvoir déceler l’arrière pensée des acteurs de la vie publique, surtout illustrées à plusieurs reprises. La demande des avocats des prévenus viserait en fait deux objectifs. Le premier consiste à se faire passer pour les victimes éternelles d’un système politico- judiciaire conçu contre eux. En effet on imagine déjà les déclarations après le procès si leur clients venaient a être condamnés. Des déclarations du genre « le juge a refusé de recevoir les preuves que nous voulions établir avec la présence de M. François COMPAORE ». Cette décision traduit le manque d’indépendance de la justice Burkinabé, « le peuple burkinabé devrait s’injuger contre cette justice » etc… en réalité ils devraient portant savoir du moins avoir une idée sur l’attitude des juges en pareils cas.
Mais hélas ! c’est part être là le prix a payer pour consolider leur position d’avocat des causes perdues. Le deuxième qui pourrait expliquer cette tentative de diversion des avocats des prévenus est en effet de profiter d’une limite de la loi pour pouvoir enfin voir venir le Sieur François COMPAORE au tribunal. L’avoir ainsi face à eux enfin de pouvoir lui jeter à la face certaines allégations surtout en ce qui concerne les affaires David OUEDRAOGO et Norbert ZONGO.Allégations qui auront pour seuls buts de tenir sa réputation.
Il appartient alors eu juge de ne pas se laisser abuser par ce caractère sophiste qu’on reconnaît à ces avocats. Le juge devra percevoir les intentions inavouées des requérants et de leur donner la suite convenable. Le motif premier de la victime en portant plainte est de laver les entaches qu’ont pu causer ces affabulations sur sa personnalité et sa dignité. Ce motif suffira au juge pour ne pas permettre à ces mêmes personnes de continuer leur œuvre en souhaitant la présence de François COMPAORE au Procès.
Enfin il faut dire que ce procès en diffamation va véritablement être révélateur de beaucoup de choses. Parce qu’il va montrer la valeur i..… de ses acteurs. Si pour un simple procès en diffamation, il faut utiliser autant de diversion, alors il faudra vraiment remettre doute la véracité des propos qui ont engendré ce procès. Parce que si ces auteurs étaient convaincus de leur sollicité on aurait pas eu besoin de brandir des arguments comme la menace de la boite de pandore.

Par Daouda Sawadogo

La presse au dessus de tout soupçon ?

Aussitôt la mort de notre confrère Norbert ZONGO connue, que le « phénomène » le plus marquant aura été sa sur-médiatisation au point que de la légitime colère qui animait ses confrères est devenue chez certains d’entre eux obsessionnelle avec la perte de raison que ce sentiment entraîne forcément. Pour parler trivialement, « le bon sens a foutu le camp » dans certains écrits et il y a nécessité de vite recadrer le tir.

Newton Barry et Germain B. Nama, respectivement rédacteur en Chef et directeur de Publication de l'Evènement.

Dans le traitement journalistique de l’affaire Norbert ZONGO, il apparaît clairement que certains se sont fait une religion sur la base de simples allégations pour ne pas dire de rumeurs dont le moins qu’on puisse dire est qu’elles sont farfelues. Ne voilà t-il pas en effet une affaire dans laquelle on a trouvé des « sérieux suspects » ( une notion qui ne recouvre aucune valeur juridique) qu’on a jeté en pâture à l’opinion publique au seul motif qu’ils n’avaient pas une « perception claire » de leur emploi du temps le jour, de la commission du crime à savoir le 13 novembre 1998. Et, comme la mayonnaise a semblé prendre, l’on a poussé l’audace un peu plus loin en mettant dans le panier des éventuels assassins de Norbert ZONGO, des citoyens que rien ne prédisposait à la commission dudit crime. Sont de ceux -là François COMPAORE, décrété « commanditaire » de cet acte odieux « parce que Norbert ZONGO enquêtait sur la mort de son chauffeur David OUEDRAOGO » et que, cela avait l’heur de lui déplaire énormément. Or donc, Norbert ZONGO enquêtait sur ledit homicide depuis une année (son premier écrit sur l’affaire David OUEDRAOGO date de janvier 1998) et l’opinion publique en connaissait déjà tous les contours. Il n’y avait donc plus aucun intérêt à le faire taire, l’affaire David OUEDRAOGO étant en passe d’être enrôlée et jugée. « Pas d’intérêt, pas d’action » comme disent les juristes et, François COMPAORE était moins enclin à commanditer l’assassinat de Norbert ZONGO que le climat politique paisible n’incitait pas à « foutre la merde ». Et, si d’aventure aucun de ces arguments ne prospéraient il restait à trouver des indices graves et concordants à même d’impliquer le « petit président » dans cette tragédie. Ceux-ci n’existant pas, voilà qui nous rapproche du procès d’intention dans le cadre du traitement journalistique de cette affaire par certains plumitifs. Afficher à la Une d’un canard la photo d’un citoyen et l’accuser de la commission d’un crime si grave sur la base des élucubrations d’un Robert MENARD, passé maître dans l’art de l’esbroufe ne peut être qualifiée autrement. MENARD qui était un membre influent de la Commission d’enquête indépendante (CEI) commise à la tâche d’investiguer sur le crime et qui a remis en cause les conclusions de ladite commission après sept longues années est-il crédible ? La réponse coule de source si tant est que ce monsieur s’est illustré dans une défense à géométrie variable de la liberté de presse dont il se veut un intrépide et infaillible défenseur. On l’a vu muet comme une carpes lorsque des journalistes sont trucidés dans des conditions troubles et complexes en Occident et bondissant et offensif lorsque les mêmes cas de figure se reproduisaient sous nos tropiques. Que des confrères « bondissent » sur ses propos pour « mousser » l’affaire ZONGO laisse songeur et amène à s’interroger sur l’existence d’une « connexion douteuse » dont certains avaient fait cas dès le début de l’affaire Norbert ZONGO. Une opinion justifiée avec la pression exercée sur la justice pour dire le droit dans un sens alors qu’elle ne disposait pas d’éléments matériels pour ce faire. Laisser cette galaxie continuer impunément son travail de sape des institutions républicaines avec la complicité d’une certaine presse ne pouvait que s’apparenter à de la faiblesse voire à de la démission. Ne cultivant à notre connaissance aucune de ses « vertus », François COMPAORE a donc demandé à la justice de laver son honneur bafoué et rien que. Il ne faut rien voir d’autre dans le procès qui l’oppose à « l’Evènement » qui est loin d’être un acharnement contre la presse.
Nul et surtout pas les journalistes « éducateurs » du peuple par excellence, n’est au-dessus de la loi. Laquelle devra être dite dans toute sa rigueur pour éviter des dérapages encore plus grands. Prévenir vaut mieux que guérir surtout lorsque c’est la survie de la République qui est en jeu.

Par Alpha Yaya

Force doit toujours rester à la loi

A compter du 03 février prochain, le Collectif des organisations démocratiques de masses et de partis politiques compte organiser des meetings - marches sur toute l’étendue du territoire national « pour exiger la réouverture du dossier Norbert ZONGO et pour la satisfaction de la plate-forme d’action réactualisée du Collectif ». Une action qui, loin d’être « citoyenne » illustre une fois encore, les tendances putschistes dudit Collectif.

La marche du 3 février prochain vise d'autres objectifs que celui de la recherche de la vérité dans l'affaire Norbert ZONGO

Au plus fort de sa lutte pour « la vérité et la justice » pour Norbert ZONGO le Collectif se signalait par des slogans du genre « à bas la IVe République », « l’armée au pouvoir ». Cependant que certains de ses dirigeants indiquaient que « les bruits de bottes se rapprochaient du Burkina-Faso ». Des slogans qui, il faut en convenir, étaient loin de cette Justice et de cette vérité que l’on exigeait pour notre défunt confrère au point que certains en étaient arrivés à s’interroger sur le bien-fondé de cette lutte. Ce d’autant que dans sa lutte, le Collectif en était venu à s’en prendre au symbole le plus représentatif de la démocratie à savoir la Justice. On est mémoratif de cette « pression » exercée sur le temple de Thémis avec saccage et destructions des biens publics au motif que la Justice « tardait » à rendre son verdict dans une affaire « claire comme de l’eau de roche ».
Or, en fait de clarté, on se trouvait en face d’allégations mensongères mettant en cause d’honorables personnalités. Une duperie qui ne pouvait prospérer sur la durée et qui avait entraîné une désaffection monstre dans les rangs du Collectif. Ainsi, à la forte mobilisation des premiers instants avait succédé une vaguelette de militants ce qui avait eu le don d’installer un spleen profond au sein du Collectif. Le peuple burkinabè qui « ne boit pas l’eau par les narines » avait compris qu’on le menait en bateau et préférait vaquer dorénavant à des occupations plus saines. A la faveur du non-lieu prononcé dans l’affaire Norbert ZONGO, le Collectif veut donc rebondir, convaincu que c’est sa lutte « qui a contraint le pouvoir de la IVe république à des concessions et à des réformes politiques importantes ». Une autosatisfaction béate qui illustre la suffisance qui caractérise les membres de ce bric-à-brac, putschistes invétérés qui n’ont pas abandonné leur funeste dessein. Plus que le non-lieu, c’est la « mutinerie » des 20 et 21 décembre 2006 qui donne des « idées » au Collectif dont les membres ont individuellement démontré qu’il fallait une « refondation politique » au Burkina-Faso. Laquelle dans leur entendement passe par un changement de régime fusse au prix d’un coup d’Etat. Après tous les dégâts matériels, moraux et logistiques que leur action passée a entraîné, il convient de leur opposer pour ce coup-ci, une riposte appropriée afin de leur montrer que force doit rester à la loi. Dans cette optique tous ceux qui sont indexés dans cette « lutte contre l’impunité » devront rejoindre ces vandales sur leur terrain de prédilection à savoir la rue. Personne n’a le monopole de celle-ci et les militants du Collectif devront le sentir si d’aventure il venait à l’investir. L’impunité tue la démocratie comme ils le disent si bien et, par une mobilisation citoyenne effective on devra le faire comprendre à ces tartufes. La Justice n’a pas « démissionné » dans l’affaire Norbert ZONGO. Elle attend au contraire des éléments nouveaux susceptibles de la faire rebondir, car, elle est la première victime du non-traîtement de ce dossier.
Qu’on arrête donc de nous faire prendre des vessies pour des lanternes.

Alpha YAYA

Partis sankariste
L’UPS, une autre tentative ?

Le samedi 13janvier 2007, une Assemblée générale a consacré la mise en place de l’Union des partis Sankaristes à la Salle de conférence Mathias SANOU du stade du 4 août à Ouagadougou. Qu’est ce qui a motivité une telle volonté de rassemblement ? Pourquoi seulement quand il s’agit d’élection ? Tenterons-nous de nous demander.

M. Ernest Nongma OUEDRAOGO, premier président du l'UPS

On a nullement besoin d’avoir des aptitudes politiques pour conobrer l’adage selon lequel l’union fait la Force- Aussi force est de savoir que la force est de savoir que la force d’une union tire son nectar d’une réelle conviction idéologique pérenner au delà des intérêts partisans et individuels de quelques leaders en manque d’assise politique dont les motivation premières sont de s’octroyer le meilleur positionnement possible sur les listes électifs. Nul doute que des Unions naissent et meurent avant terme laissant les militants désorientés et sans repères et du même coup entament la crédibilité de ceux qu’on croyait pouvoir s’identifier. Espérons que cette fois sera la bonne. En effet diagnostic étant fait des différents échecs d’unité des Sankaristes, la création de l’UPS renvoi à un constat que Hubert BAZIE de la convergence de l’Espoir co-président de l’UPS a rappelé en ces termes : « c’est fatigué des querelles intestines et las des insuccès du Mouvement Sankariste que la plupart des organisations Sankaristes ont décidé de bannir leurs tares pour proposer une option définitive mettant fin au calvaire de notre peuple ». Cette option dite définitive est l’œuvre de cinq partis d’où les participants sont issus de la convention Panafricaine Sankariste (CPS), la convergence de l’Espoir (l’Espoir), le Front des Forces sociales (FFS), le Parti pour l’Unité Nationale et le Développement (PUND) et les mouvements Sankaristes Divers (MSD). Ainsi est née L’UPS. Qui s’inspirerait des idéaux révolutionnaires et des enseignements du Feu Camarade Thomas Sankara. Les organisations des Sankaristes se résument- elles aux cinq partis ? L’absence de l’UNIR/MS à cette Assemblée dont la participation aurait pu être d’un apport de taille en dit long sur les convictions réelles des « rassembleurs ».
Interpellé sur cette question Nestor B. Bassère du FFS a rassuré que des responsables du parti de M.BENEWENDE Sankara ont été touchés pour la cause. Pourrons-nous comprendre que M Sankara et les siens ont discrètement rejeté l’offre d’un parent idéologique ? Le ver n’est-il pas déjà dans le fruit ? Les mannes des ancêtres veilleront-ils à ce qu’il ne pourrisse pas ? Rien n’est moins sûr. Quand à Ernest Nongma OUEDRAOGO de CPS et Président du nouveau né, l’UPS, l’espoir est permis car « pour la première fois, des partis et mouvements Sankaristes, dans leur majorité, ont appliqué collectivement la règle de la critique et de l’autocritique, ont tiré les leçons de leur errance, de leurs insuffisances de leurs erreurs sinon de leurs fautes, et se sont donnés les moyens d’assainir leur réflexion, de fortifier leur solidarité pour garantir l’efficacité et le succès de leurs action » pour les élections législatives très prochaines. Pour l’UPS l’ère des socialistes est ouvert. C’est ainsi que par référence, elle a salué et félicité le camarade HUGO Chavez du Venezuela et Daniel ORTGA du Nicaragna pour leur « brillante victoire sur l’impérialisme international et allié »
A prendre HUGO S&avez, l’homme du « socialisme du 21e siècle » comme exemple de réussite politique, laisse tout simplement pantoise quand on sait que des institutions ont été liquidées des opposants muselés et une chaîne de télévision qui verra ses émissions suspendues lui ouvrant ainsi le boulevard de toutes les déviations autocratiques et dictatoriales dont le monde n’en a pus besoin. UPS à chacun de faire sa propre opinion !

Par Issoufou Maïga

Retour au sommaire




 

Liberté d'opinion....liberté d'informer

©Copyrigth : Opinion 2005 - 2006