L'opinion N°484
du 17 au 23 janvier 2007

Sport

CAN Juniors


Etalons Juniors- AS FNIS du Niger : 1-0

Dimanche au stade du 4-Août, les Etalons Juniors en partance pour la phase finale de la CAN de la catégorie prévue du 20 janvier au 4 février 2007 au Congo ont livré leur dernier galop d’essai face au club champion du Niger, l’AS- FNIS. La victoire 1-0 a montré deux choses qu’on savait déjà de nos Juniors. Une défense solide pour une attaque indigente.

Les Etalons juniors en liesse. Souhaitons les de réditer l'exploit

L’ambition avait dit le secrétaire général de la Fédération burkinabé de football n’est ni moins que le succès final au Congo Brazzaville. Oui, la FBF peut se permettre de viser haut parce qu’il y a de la qualité dans ce groupe avec un homme fort dans chaque ligne. Derrière un Bakary KONE qui s’affirme de jour en jour comme un très grand central, au milieu un Charles KABORE à la technique en mouvement ciselée et devant, un Youssouf SANOU, insolent de culot et de vista.
Autour de ces garçons leaders, il y a les autres qui sont loin d’être manchots. Des locaux dont Adama GUIRA aux professionnels tels Salif DIANDA ou Aboubacar KEBE, les talents existent faisant que le Burkina au Congo n’a à faire aucun complexe.
Mais faut-il à l’aune de ce match contre des Seniors, le champion du Niger de savoir et de se convaincre que pour gagner, le talent à lui seul ne saurait suffire. Le caractère et pour tout résumer, l’envie de s’imposer fait le plus souvent la différence, surtout, lorsqu’on évolue en terrain inconnu.
Face à une formation teigneuse nigérienne, qui à un moment de la partie, sentait comme une humiliation de perdre face à des Juniors a durci le jeu. Les tacles limites voire les agressions volaient bas. Le tout jeune Amara KONATE a dû même renoncer, quelques minutes seulement après son entrée en jeu à la place de Drissa DABRE.
Autant l’admettre, même si peut-être KONATE ne sera pas de la partie, ce match rugueux a contribué à donner à chaque partant à cette phase finale de savoir que le haut niveau a ses exigences. Notamment pouvoir répondre présent à chaque football et à chaque situation de match, adaptabilité et personnalité étant les traits principaux des grands sportifs.
D’entrée de jeu, maître du terrain et s’employant à trouver la bonne carburation, l’équipe mise en place par le duo-Sidiki-DIARRA. Gualbert KABORE semblait partie pour une démonstration. Mais l’AS FNIS n’est pas pour rien championne du Niger, elle saurait assez vite rééquilibrer le jeu et obliger les Juniors à fournir beaucoup plus d’efforts que ne le laissait présager l’entame toute en sa faveur. Malgré le but, un auto goal sur une action bien conduit par Aboubacar KEBE, le Jeu ne va jamais quitter une sorte de combat de tranchée confiné dans les lignes médianes. C’est là où la présence d’un Adama GUIRA, combattant des temps modernes va s’avérer précieux. Ajoutée à la présence athlétique d’une défense centrale, sécurisée par le calme et l’assurance de Baky KONE vont donner à l’équipe une sorte de verrou imprenable.
Si la défense a montré sa sollidité, l’attaque elle continue à ne pas trouver le bon tempo. Le décalage a un mal fou à se réaliser et lorsqu’il est fait, la précipitation et le manque de discernement font désespérer de ne jamais voir avec cette génération, une attaque qui pète le feu.
Aussi, on espère que l’arrivée de KEBE et l’intronisation de Karles KABORE et Salif DIANDA, absents tous les deux de ce match amical vont permettre d’amener sur les offensives le surnombre nécessaire. On attend aussi de voir un autre Yobie BASSAOULE que celui, transparent et peu inspiré entrevu face aux Nigériens. Il en a le potentiel, puisqu’il ne peut être, sans de solides arguments, le capitaine de la réserve de la grande Juventus de Turin.
Il faudra aussi que des garçons aux réels potentiels tels : Jean Noël LINGANI et Dramane NIKIEMA, de se faire un peu violence pour le premier et de dépouiller son jeu d’un excès d’individualisme pour le second. Celui-ci notamment n’a pas son pareil quand il s’agit de créer le surnombre, mais derrière on attendra en vain, la transmission spontanée et intelligente amenant ce décalage si cher aux entraîneurs parce que permettant de faire la différence.
Lorsqu’il est question d’intelligence, on pense tout de suite aux choix de jeu en situation d’attaque surtout et de première relance déterminant tout le reste. A ce niveau, le football national souffre d’un vrai retard. Rarement, des joueurs optent pour la solution logique ou avantageuse, en tout cas celle vue depuis le haut des tribunes par les connaisseurs. Si cette équipe là, pouvait corriger un peu ce manque, aucun doute là dessus, elle sera parmi les sérieux prétendants à Brazzaville. Ce n’est pas faire preuve d’un trop grand optimisme, mais c’est reconnaître le potentiel présent. Mais à cinq jours du coup d’envoi, on ne sait pas si … Alors, il faudra compenser par la confiance en soi et l’envie.

Par Idriss SEMDE

A défaut du trophée une qualification au du mondial
Les Etalons juniors séjournent depuis hier à Brazzaville. Samedi, ils vont livrer leur premier match contre la Gambie dans le cadre de la phase finale de la 15ème Coupe d’Afrique juniorsdu 20 janvier au 4 février 2007. Avant de partir, les joueurs ont reçu la visite du ministre des Sports et des Loisirs ,Monsieur Jean-Pierre PALM.

« Soyez unis comme les doigts de la main. » ont été les propos d’entrée du ministre PALM dans son adresse aux Etalons. Ce message d’unité sera d’une grande utilité pour les Etalons dans la lourde tâche qui les attend en terre congolaise. La coupe d’Afrique des nations juniors pour certains observateurs est encore plus difficile que l’édition des Seniors à cause de la jeunesse des acteurs et leur engagement sur la pelouse. Pour s’en sortir, il faut être à 100% de sa forme à chaque sortie. Le Burkina qui revient dans la compétition après une absence au Bénin 2005 veut prouver que la quatrième place obtenue à domicile en 2003 n’était pas le fait du hasard.
Le ministre PALM qui sait que le football est du domaine de l’impondérable recadre les débats. « Nous voulons la coupe mais pas à tout prix » a-t-il dit. Une qualification pour la coupe du monde au Canada serait déjà une bonne performance. Ce qui implique une qualification pour le second tour. C’est du reste l’objectif assigné par le comité exécutif de la fédération à l’encadrement technique.
Les Etalons juniors que le ministre Palm dit porter dans son cœur sont attendus dans cette compétition pour avoir barré la route au Ghana, un des poids lourds de la catégorie.
Ils ont les moyens de se faire respecter avec des joueurs de talent comme Yobié BASSAOULE (Juventus de Turin), Alain Sibiri TRAORE (Auxerre), Drissa DABRE (Atalanta Bergame), Salif DIANDA (Hellione Verone), Amara KONATE (Marseille) pour ne parler que des expatriés. Mais la vérité en football reste celui du terrain.

Par Ahmed Nazé

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