L’exploitation sans
limitet
Jamais
dans l’histoire de notre pays, un dossier judiciaire n’a
été autant exploité à seule
fin d’assouvir des desseins bassement politiques et mercantiles.
Aux heures chaudes de la crise (années1999 -2000-
2001), un Tibault NANA, membre du collectif contre l’impunité
pour lequel son talent de mobilisateur maniant avec dextérité
la langue des descendants de Yennega (le mooré) attirait
foule, avait, au vu des trafics qui s’y déroulaient,
claqué la porte , prononçant cette fameuse
phrase dénudant ses compagnons d’hier : «l’Affaire
Norbert ZONGO est devenue un champ de café pour certains».
Une phrase à apprécier à sa juste valeur
car dit-on, quand le crapaud sort de l’eau et dit que le
caïman a les yeux rouges peut-on le contredire ?
A l’époque, M. NANA savait de quoi il parlait. C’est
dire que l’occurrence du drame de Sapouy était du
pain béni pour certains qui, sous le couvert de la
lutte contre l’impunité et pour la vérité
dans le dossier Norbert ZONGO, ramaient fort pour des intérêts
personnels inavoués et inavouables. En effet des
gens à l’intérieur du pays comme à
l’extérieur étaient convaincus qu’avec la
crise «le pouvoir était dans la rue »,
et n’ont pas hésité à délier
le cordon de la bourse pour «intensifier la pression
sur un pouvoir de la IV République aux abois».
Mais c’était sans compter avec la clairvoyance alliée
à une tempérance hors du commun des autorités
gouvernementales qui n’ont pas cédé au chantage
et se sont refusées à suivre leurs pourfendeurs
dans l’aventure guerrière qu’ils voulaient susciter.
Et le temps , comme on dit, a fait son effet. Le peuple
infantilisé que l’on faisait descendre dans la rue
a fini par véritablement s’interroger sur les motivations
réelles d’une telle façon de mener un combat
qui s’apparentait à lutter contre des moulins à
vents invisibles sous la houlette de personnages aussi atypiques
que pleins de contradictions. Ainsi la houle de passion
va s’estomper et « les bailleurs de la pression
» vont devoir revoir leurs financements occultes
à la baisse s’ils ne l’arrêtent pas purement
et simplement d’autant que les résultats sont en-delà
des attentes. D’où la diminution puis l’arrêt
des manifestations de rue et autres actes de vandalisme.
D’ailleurs, certains responsables du collectif à
l’époque, ont été obligés d’avouer
que « l’organisation des marches coûte chère»,
comme pour dire que les caisses étaient devenues
vides. On ne pouvait plus, c’était un secret de Polichinelle,
motiver les meneurs surtout dans les lycées et collèges
qui avaient des enveloppes consistantes pour faire sortir
les élèves des classes et les jeter dans les
rues.
L’autre aspect de l’exploitation du dossier Norbert ZONGO
est sans conteste la floraison des associations et autres
organisations supposées lutter pour la vérité
et la justice (flambeau Norbert ZONGO, COFANZO, collectif
d’avocats, femmes en noir, etc….). A l’intérieur
comme à l’extérieur du pays ces associations
se signalent. Et comme il s’agit d’une affaire de droit
de l’homme, les financements ne manquent pas. En effet ;
comme pour se donner bonne conscience, certaines chancelleries
au pays occidentaux qui oeuvrent sous le couvert d’organisations
diverses sont prêts à inonder d’argent ces
gens outre Atlantique qui peuvent les aider à lustrer
leur image au prétexte de la défense des droit
humains. Quand on sait que chez eux et à leur barbe
ces droits sont constamment bafoués, ce ne sont pas
lesdits marginaux ou autres altermondialistes qui diront
le contraire, il n’y a plus question de se demander si l’on
n’assiste pas à une aide très intéressée.
Mais si cela peut contribuer à lutter contre la pauvreté
de ceux qui misent sur ce filon et à apporter des
devises à nos pays appauvris doit-on s’en plaindre
?
En tout cas dans cette logique de « prends, mange
et occupe-toi de tes oignons afin que je dorme tranquille
», certains au Faso ont su tirer les marrons
du feu car de toute évidence, le constat Norbert
ZONGO qui aujourd’hui est qu’avec cette affaire ils son
nombreux à voir leur patrimoine croître et
leur train de vie avoisiner celui de nababs quoiqu’on ne
leur connaisse aucun héritage ou un changement de
statut au plan socioéconomique, professionnel où
même politique qui serait à même de «
booster » leurs affaires. La preuve est ainsi faite
que l’affaire Norbert ZONGO dans cette galaxie nourrit son
homme. Alors, pourquoi voudrait-on que tout s’arrête
du jour au lendemain ? Pour eux, pourvu que ça dure
!
En définitive, si côté finance, certains
dans l’exploitation du dossier Norbert ZONGO, se sont tirés
d’affaire, côté politique, ils ont compris
que « le pouvoir n’est pas dans la rue », mais
dans les urnes. Le Burkina revient de loin. Pouvait-il en
être autrement quand la sagesse et le pardon guident
l’action de ses dirigeants?
Par Ben Alex Béogo