L'opinion N°487
du 07 au 13 Féfrier 2007

Actualité

Culture Cotonnière

La SOFITEX accueille l’ambassadeur de France au Burkina

Le lundi 29 janvier 2007, la SOFITEX a été honorée par la visite de Monsieur François GOLDBLATT, ambassadeur de France au Burkina Faso.

L'Ambassadeur en compagnie des premiers responsables de la Sofitex et des producteurs

La visite débute par Boni où l’ambassadeur en provenance de Ouagadougou a été accueilli par le Directeur général de la SOFITEX et ses collaborateurs. On notait également la présence du secrétaire général de la province du Tuy et du maire de la commune de Houndé, Monsieur Boué YAZON.
A Boni, la SOFITEX est représentée par la ferme semencière et d’expérimentation. Là-bas, on y teste la culture du coton dans un milieu contrôlé. Selon Monsieur DAKUO, un chercheur de l’INERA détaché à la SOFITEX, les résultats sont encourageants avec plus de 47% d’amélioration de la production.
Photo de famille après la visite guidée de la Sofitex

L’expérience en cours dure depuis 4 ans avec le coton BT. Pour les trois premières années, les tests se faisaient avec des variétés américaines. Ce n’est qu’à partir de cette année qu’on a commencé à tester une variété burkinabè. Il existe trois zones phytosanitaires avec trois types de coton (le coton, conventionnel, le coton biologique et le coton transgénique).
Après 5 années de test, la culture des variétés commence sa vulgarisation avec des paysans pilotes. Après Boni, cap sur Houndé situé à une quinzaine de kilomètres. Là, Son Excellence François GOLDBLATT a visité brièvement l’usine d’égrenage. La mobilisation était nette mais le programme de l’hôte du jour était très chargé.
Les travailleurs de la SOFITEX Houndé sont donc restés sur leur faim. Le cortège reprend la route, direction Bobo-Dioulasso, avec un arrêt à Koumbia où le diplomate français a rencontré les producteurs de coton du groupement Tégawendé. Il s’est imprégné de la gestion d’un marché auto-géré par les producteurs eux-mêmes. Dans ces marchés, la SOFITEX n’intervient pas dans la prise des poids. Tout est à la charge des producteurs même le conditionnement. Les bascules utilisées appartiennent aux producteurs et sont agréées par l’Etat à travers un service du ministère du Commerce. L’ambassadeur aidé par le Directeur général de la SOFITEX et surtout par le président de l’UNPCB, a constaté la transparence avec laquelle ce marché auto-géré est tenu. De Koumbia, la délégation a atteint Bobo-Dioulasso pour un repos bien mérité.
A la reprise dans l’après midi, c’est le plus bel joyau de la SOFITEX qui a accueilli l’ambassadeur GOLDBLATT. Il s’agit de l’usine Bobo III. Tout commence par le laboratoire de semence. On explique à Son Excellence le schéma de multiplication et de certification de semences du coton au Burkina. La sélection variétale qui dure 6 ans, se fait selon des critères basés sur la productivité des paysans, le rendement industriel et la caractéristique technologique de la fibre (longueur, ténacité, micronaire, nep).

La SOFITEX leader en Afrique en terme de qualité
Après le laboratoire de semences, la délégation s’est rendue à l’usine d’égrenage Bobo III qui a une capacité de mille balles de coton par jour soit 50 balles à l’heure.
C’est par le service de classement que la visite de l’ambassadeur s’est achevée. Là-bas, il a été émerveillé par le travail d’orfèvre réalisée par les techniciens pour atteindre une qualité supérieure. On savait déjà le Burkina Faso leader en terme de quantité au niveau du continent africain. Le Directeur général de la SOFITEX, Célestin TIENDREBEOGO et le responsable du service classement Joël KY ont rassuré que sur le plan de la qualité aussi, notre pays n’avait aucun complexe en Afrique. La rigueur du service classement de la SOFITEX, unique pour l’ensemble de la filière cotonnière burkinabè, force l’admiration des spécialistes du coton qui le place en 4e position dans le monde en terme de qualité après les Etats-Unis, l’Australie et le Pakistan. C’est d’ailleurs par sa qualité que le coton burkinabè s’impose sur le marché international et arrive à contenir un tant soit peu les secousses causées par la crise persistante du coton. Selon Célestin TIENDREBEOGO, le patron de la SOFITEX, notre pays commercialise généralement sa production cotonnière à l’extérieur avec un taux de 80% de qualité de tête. Cette saison avec une pluviométrie exagérée, la qualité de la tête commercialisée est passée à 60%.
A l’issue de cette visite guidée, l’ambassadeur de France au Burkina a rencontré les autorités de la région cotonnière.

Par Drissa KONE /Bobo-Dsso

Son Excellence François GOLDBLATT

«Le but de ma visite en tout premier lieu c’est d’arriver à savoir ce dont on parle. La filière coton est cruciale dans l’économie du pays. C’est une grande partie de mon activité à l’ambassade à Ouagadougou que de suivre l’évolution de cette filière et d’essayer de surmonter la crise que nous connaissons tous. Il était absolument indispensable pour moi de venir voir sur le terrain comment les choses s’organisent et comment est monté le processus de récoltes, de production, de transport et aussi de rencontrer les acteurs, les parties prenantes, que ce soit les producteurs, les groupements de producteurs, les sociétés cotonnières ou les autorités. C’est pour mieux comprendre les enjeux, les tenants et les aboutissants que j’ai fait le déplacement. A Ouagadougou nous sommes en contact à l’ambassade avec toutes les parties prenantes, tous les décideurs qu’ils s’agissent des autorités politiques, des producteurs et des sociétés cotonnières.
Nous avons vu de près la façon dont les choses sont organisées, quelles sont les contraintes qui pèsent sur les uns et sur les autres. Sur ce plan nous avons appris un certain nombre de choses très intéressantes. Ce qui m’a surtout impressionné, c’est le côté méthodique dans l’organisation de cette production ; c’est cadencé, c’est une mécanique d’horlogerie. D’ailleurs, je crois que je sors d’un laboratoire qui fait beaucoup penser à un laboratoire d’orfèvrerie. C’est assez étonnant, on ne se doute pas qu’il y a toute cette méthodologie derrière l’exploitation et la production du coton».

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