La
SOFITEX accueille l’ambassadeur de France au Burkina
Le lundi 29 janvier 2007, la SOFITEX a été
honorée par la visite de Monsieur François
GOLDBLATT, ambassadeur de France au Burkina Faso.
L'Ambassadeur
en compagnie des premiers responsables de la Sofitex et
des producteurs
La visite débute par Boni où l’ambassadeur
en provenance de Ouagadougou a été accueilli
par le Directeur général de la SOFITEX et
ses collaborateurs. On notait également la présence
du secrétaire général de la province
du Tuy et du maire de la commune de Houndé, Monsieur
Boué YAZON.
A Boni, la SOFITEX est représentée par la
ferme semencière et d’expérimentation. Là-bas,
on y teste la culture du coton dans un milieu contrôlé.
Selon Monsieur DAKUO, un chercheur de l’INERA détaché
à la SOFITEX, les résultats sont encourageants
avec plus de 47% d’amélioration de la production.
Photo
de famille après la visite guidée de la Sofitex
L’expérience en cours dure depuis 4 ans avec le
coton BT. Pour les trois premières années,
les tests se faisaient avec des variétés américaines.
Ce n’est qu’à partir de cette année qu’on
a commencé à tester une variété
burkinabè. Il existe trois zones phytosanitaires
avec trois types de coton (le coton, conventionnel, le coton
biologique et le coton transgénique).
Après 5 années de test, la culture des variétés
commence sa vulgarisation avec des paysans pilotes. Après
Boni, cap sur Houndé situé à une quinzaine
de kilomètres. Là, Son Excellence François
GOLDBLATT a visité brièvement l’usine d’égrenage.
La mobilisation était nette mais le programme de
l’hôte du jour était très chargé.
Les
travailleurs de la SOFITEX Houndé sont donc restés
sur leur faim. Le cortège reprend la route, direction
Bobo-Dioulasso, avec un arrêt à Koumbia où
le diplomate français a rencontré les producteurs
de coton du groupement Tégawendé. Il s’est
imprégné de la gestion d’un marché
auto-géré par les producteurs eux-mêmes.
Dans ces marchés, la SOFITEX n’intervient pas dans
la prise des poids. Tout est à la charge des producteurs
même le conditionnement. Les bascules utilisées
appartiennent aux producteurs et sont agréées
par l’Etat à travers un service du ministère
du Commerce. L’ambassadeur aidé par le Directeur
général de la SOFITEX et surtout par le président
de l’UNPCB, a constaté la transparence avec laquelle
ce marché auto-géré est tenu. De Koumbia,
la délégation a atteint Bobo-Dioulasso pour
un repos bien mérité.
A la reprise dans l’après midi, c’est le plus bel
joyau de la SOFITEX qui a accueilli l’ambassadeur GOLDBLATT.
Il s’agit de l’usine Bobo III. Tout commence par le laboratoire
de semence. On explique à Son Excellence le schéma
de multiplication et de certification de semences du coton
au Burkina. La sélection variétale qui dure
6 ans, se fait selon des critères basés sur
la productivité des paysans, le rendement industriel
et la caractéristique technologique de la fibre (longueur,
ténacité, micronaire, nep).
La SOFITEX leader en Afrique en terme de qualité
Après le laboratoire de semences, la délégation
s’est rendue à l’usine d’égrenage Bobo III
qui a une capacité de mille balles de coton par jour
soit 50 balles à l’heure.
C’est par le service de classement que la visite de l’ambassadeur
s’est achevée. Là-bas, il a été
émerveillé par le travail d’orfèvre
réalisée par les techniciens pour atteindre
une qualité supérieure. On savait déjà
le Burkina Faso leader en terme de quantité au niveau
du continent africain. Le Directeur général
de la SOFITEX, Célestin TIENDREBEOGO et le responsable
du service classement Joël KY ont rassuré que
sur le plan de la qualité aussi, notre pays n’avait
aucun complexe en Afrique. La rigueur du service classement
de la SOFITEX, unique pour l’ensemble de la filière
cotonnière burkinabè, force l’admiration des
spécialistes du coton qui le place en 4e position
dans le monde en terme de qualité après les
Etats-Unis, l’Australie et le Pakistan. C’est d’ailleurs
par sa qualité que le coton burkinabè s’impose
sur le marché international et arrive à contenir
un tant soit peu les secousses causées par la crise
persistante du coton. Selon Célestin TIENDREBEOGO,
le patron de la SOFITEX, notre pays commercialise généralement
sa production cotonnière à l’extérieur
avec un taux de 80% de qualité de tête. Cette
saison avec une pluviométrie exagérée,
la qualité de la tête commercialisée
est passée à 60%.
A l’issue de cette visite guidée, l’ambassadeur de
France au Burkina a rencontré les autorités
de la région cotonnière.
Par Drissa KONE /Bobo-Dsso
Son Excellence François
GOLDBLATT
«Le
but de ma visite en tout premier lieu c’est d’arriver à
savoir ce dont on parle. La filière coton est cruciale
dans l’économie du pays. C’est une grande partie
de mon activité à l’ambassade à Ouagadougou
que de suivre l’évolution de cette filière
et d’essayer de surmonter la crise que nous connaissons
tous. Il était absolument indispensable pour moi
de venir voir sur le terrain comment les choses s’organisent
et comment est monté le processus de récoltes,
de production, de transport et aussi de rencontrer les acteurs,
les parties prenantes, que ce soit les producteurs, les
groupements de producteurs, les sociétés cotonnières
ou les autorités. C’est pour mieux comprendre les
enjeux, les tenants et les aboutissants que j’ai fait le
déplacement. A Ouagadougou nous sommes en contact
à l’ambassade avec toutes les parties prenantes,
tous les décideurs qu’ils s’agissent des autorités
politiques, des producteurs et des sociétés
cotonnières.
Nous avons vu de près la façon dont les choses
sont organisées, quelles sont les contraintes qui
pèsent sur les uns et sur les autres. Sur ce plan
nous avons appris un certain nombre de choses très
intéressantes. Ce qui m’a surtout impressionné,
c’est le côté méthodique dans l’organisation
de cette production ; c’est cadencé, c’est une mécanique
d’horlogerie. D’ailleurs, je crois que je sors d’un laboratoire
qui fait beaucoup penser à un laboratoire d’orfèvrerie.
C’est assez étonnant, on ne se doute pas qu’il y
a toute cette méthodologie derrière l’exploitation
et la production du coton».