L'opinion N°487
du 07 au 13 Féfrier 2007

Actualité

Organismes génétiquement modifiés (OGM)


Faut-il y aller sans crainte ?

Le mardi 23 janvier 2007, « Burkina Biotech Association » a tenu une conférence de presse à Ouagadougou sur la situation des cultures transgéniques commercialisées dans le monde en 2006. Au menu, la question à controverse des OGM et les plaidoyers pour leur adoption au Burkina Faso.

«Burkina Biotech Association» (BBA) est une organisation de la société civile composée d’éminents chercheurs burkinabé dont la raison d’être est de promouvoir la biotechnologie et la bio-sécurité. Les conférenciers du jour, plus que jamais convaincus de la nécessité de cultiver les plantes transgéniques non seulement pour des raisons commerciales mais aussi pour l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire ont par la voix du professeur Alassane SERE, président de la BBA, clamé que le Burkina n’a que trop traîné les pas dans ce domaine. Ainsi, faisant le point sur l’état mondial des plantes biotechnologiques commercialisées en 2006 depuis leur mise en culture il y a onze ans, le professeur SERE soutient qu’il y a « dix millions de fermiers qui ont adopté les cultures trangéniques dans le monde en 2006 sur 12 millions d’hectares dont 23 millions sont des petits propriétaires des pays en voie de développement ». Dans le même ordre d’idée et pour la même période parmi les 22 pays cultivant des plantes biotechnologiques, 11 se trouvaient dans les pays du Tiers-monde en Afrique. C’est l’Afrique du Sud qui a franchi le pas en triplant sa superficie avec 1,4 millions d’hectares dont « l’augmentation provenant du maïs blanc pour l’alimentation ». Pour les adeptes des OGM, au Burkina l’hésitation n’est plus permise car cette option contribuera à résoudre les questions de subventions dont souffre notre coton. Aussi faut-il retenir que tous les pays qui sont allés au OGM sont autosuffisants au plan de la consommation intérieure et ont une rentabilité au niveau de l’exportation. Le Docteur Gérémy OUEDRAOGO a dans son intervention appuyé sa thèse par des données chiffrées dans la phase d’expérimentation concernant le coton BT. Ainsi, il ressort qu’à l’hectare la production est évaluée à 6 mille tonnes.
Pour lui, en une saison, l’Inde a passé le cap de l’autosuffisance alimentaire. Le président des BBA n’est pas allé du dos de la cueillière en reprochant aux intellectuels burkinabé d’être trop renfermés au progrès et leur apathie déconcertante. Quant à la question du risque de cette nouvelle technologie, Dr. OUEDRAOGO rétorquera que le Burkina Faso a ouvert le débat depuis 1995 en s’attaquant d’abord à la biosécurité avant d’entamer le biotechnologie , débat sanctionné par l’adoption de règles nationales en matière de biosécurité depuis 2002 par l’Assemblée nationale. Et pour lui, le Burkina Faso a assez de chercheurs qui lui permettent d’aller aux OGM sans crainte. Le professeur Alassane SERE revient à la charge pour signifier que la révolution verte au Burkina Faso s’est faite par le maïs Hybride. Il a tenu à saluer le Pr. Basile GUISSOU, délégué général à la Recherche scientifique et technologique, pour son engagement en faveur de son pays en matière de recherche. L’hommage lui a été rendu pour la sagesse de la vision sans laquelle les essais de coton transgénique n’auraient pu se faire au Burkina Faso.
Au professeur GUISSOU d’entériner que la machine des OGM est enclenchée et pour lui le mouvement de l’histoire a toujours traîné l’Africain dans les wagons de la locomotive des Occidentaux. Cette fois-ci le Burkina n’entend pas jouer le rôle de spectateur. Et tous les moyens sont mis en œuvre pour parer à tout risque. En attendant, le Dr. ZANGRE a tenu à rassurer la presse que le rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a stipulé en 2005 que tous les produits alimentaires OGM ne sont pas dangereux pour la santé. Notons que la BBA est appuyée par l’ISAAA ( International service for the Acquisition of Agri-biotech Application) basée aux Philippines. Selon leur rapport d’étude, les Etats-Unis d’Amérique occupent la première place de la recherche dans le monde avec 53% de la superficie des plantes biotechnologiques. Il s’est avéré que les plantes les plus cultivées sont le soja, le maïs, le colza, la courge, la papaye et luzerne. Plus rien ne pourra entraver la marche pour ne pus dire la course à l’organisme génétiquement modifié. Ne dit-on pas que «qui ne risque rien n’a rien ?» Néanmoins, il serait intéressant d’y aller avec beaucoup de précaution surtout que reste posée la question de la dépendance vis-à-vis des firmes productrices de semences.

Par Issoufou MAIGA

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