|
Faut-il y aller sans
crainte ?
Le mardi 23 janvier 2007, «
Burkina Biotech Association » a tenu une conférence
de presse à Ouagadougou sur la situation des cultures
transgéniques commercialisées dans le monde
en 2006. Au menu, la question à controverse des OGM
et les plaidoyers pour leur adoption au Burkina Faso.
«Burkina
Biotech Association» (BBA) est une organisation de la
société civile composée d’éminents
chercheurs burkinabé dont la raison d’être est
de promouvoir la biotechnologie et la bio-sécurité.
Les conférenciers du jour, plus que jamais convaincus
de la nécessité de cultiver les plantes transgéniques
non seulement pour des raisons commerciales mais aussi pour
l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire ont par la voix
du professeur Alassane SERE, président de la BBA, clamé
que le Burkina n’a que trop traîné les pas dans
ce domaine. Ainsi, faisant le point sur l’état mondial
des plantes biotechnologiques commercialisées en 2006
depuis leur mise en culture il y a onze ans, le professeur
SERE soutient qu’il y a « dix millions de fermiers qui
ont adopté les cultures trangéniques dans le
monde en 2006 sur 12 millions d’hectares dont 23 millions
sont des petits propriétaires des pays en voie de développement
». Dans le même ordre d’idée et pour la
même période parmi les 22 pays cultivant des
plantes biotechnologiques, 11 se trouvaient dans les pays
du Tiers-monde en Afrique. C’est l’Afrique du Sud qui a franchi
le pas en triplant sa superficie avec 1,4 millions d’hectares
dont « l’augmentation provenant du maïs blanc pour
l’alimentation ». Pour les adeptes des OGM, au Burkina
l’hésitation n’est plus permise car cette option contribuera
à résoudre les questions de subventions dont
souffre notre coton. Aussi faut-il retenir que tous les pays
qui sont allés au OGM sont autosuffisants au plan de
la consommation intérieure et ont une rentabilité
au niveau de l’exportation. Le Docteur Gérémy
OUEDRAOGO a dans son intervention appuyé sa thèse
par des données chiffrées dans la phase d’expérimentation
concernant le coton BT. Ainsi, il ressort qu’à l’hectare
la production est évaluée à 6 mille tonnes.
Pour lui, en une saison, l’Inde a passé le cap de l’autosuffisance
alimentaire. Le président des BBA n’est pas allé
du dos de la cueillière en reprochant aux intellectuels
burkinabé d’être trop renfermés au progrès
et leur apathie déconcertante. Quant à la question
du risque de cette nouvelle technologie, Dr. OUEDRAOGO rétorquera
que le Burkina Faso a ouvert le débat depuis 1995 en
s’attaquant d’abord à la biosécurité
avant d’entamer le biotechnologie , débat sanctionné
par l’adoption de règles nationales en matière
de biosécurité depuis 2002 par l’Assemblée
nationale. Et pour lui, le Burkina Faso a assez de chercheurs
qui lui permettent d’aller aux OGM sans crainte. Le professeur
Alassane SERE revient à la charge pour signifier que
la révolution verte au Burkina Faso s’est faite par
le maïs Hybride. Il a tenu à saluer le Pr. Basile
GUISSOU, délégué général
à la Recherche scientifique et technologique, pour
son engagement en faveur de son pays en matière de
recherche. L’hommage lui a été rendu pour la
sagesse de la vision sans laquelle les essais de coton transgénique
n’auraient pu se faire au Burkina Faso.
Au professeur GUISSOU d’entériner que la machine des
OGM est enclenchée et pour lui le mouvement de l’histoire
a toujours traîné l’Africain dans les wagons
de la locomotive des Occidentaux. Cette fois-ci le Burkina
n’entend pas jouer le rôle de spectateur. Et tous les
moyens sont mis en œuvre pour parer à tout risque.
En attendant, le Dr. ZANGRE a tenu à rassurer la presse
que le rapport de l’Organisation mondiale de la santé
(OMS) a stipulé en 2005 que tous les produits alimentaires
OGM ne sont pas dangereux pour la santé. Notons que
la BBA est appuyée par l’ISAAA ( International service
for the Acquisition of Agri-biotech Application) basée
aux Philippines. Selon leur rapport d’étude, les Etats-Unis
d’Amérique occupent la première place de la
recherche dans le monde avec 53% de la superficie des plantes
biotechnologiques. Il s’est avéré que les plantes
les plus cultivées sont le soja, le maïs, le colza,
la courge, la papaye et luzerne. Plus rien ne pourra entraver
la marche pour ne pus dire la course à l’organisme
génétiquement modifié. Ne dit-on pas
que «qui ne risque rien n’a rien ?» Néanmoins,
il serait intéressant d’y aller avec beaucoup de précaution
surtout que reste posée la question de la dépendance
vis-à-vis des firmes productrices de semences.
Par Issoufou MAIGA
Retour au sommaire
|