A la place ce qu'il appelle médiacrature,
Monsieur OUEDRAOGO semble vouloir porter aux pinacles la
«médiocrature» c’est-à-dire une
sorte de nivellement par le bas qui voudrait un journalisme
au rabais s’autorisant certaines libertés avec les
principes fondamentaux de la profession.
Trois pages de L’Observateur paalga ;
trois pages et pas une de moins ; voilà ce dont M.
Marcellin OUEDRAOGO a usé pour nous descendre en
flammes et faire la peau, à l’occasion à 4
autres confrères (L’Evènement, Bendré,
L’Indépendance et L’Hebdo) tous accusés
comme nous d’abuser de la liberté de presse et de
prendre ainsi toute l’opinion publique nationale en otage
avec l’affaire Norbert ZONGO.
En tous les cas, chacun en a eu pour son grade, tant il
en avait gros sur le cœur et s’est offert toutes les libertés
au point de dire une chose dans une phrase et de faire tout
à fait le contraire dans la phrase qui suivait.
Un véritable procès en inquisition dans lequel
Monsieur OUEDRAOGO jouera tour à tour le rôle
de procureur, d’avocat, de juge et de régisseur de
prison si ce n’est du bourreau, le tout les doigts dans
les marines au point de paraître quelquefois faire
exprès de s’en mêler les pinceaux comme l’autre…Pour
un spécialiste des embrouilles, il serait difficile
d’en trouver mieux car si Monsieur semble fort bien renseigné
sur des faits apparemment cachés et qui se murmurent
sous les manteaux comme les raisons profondes de l’acharnement
de “L’Evènement” contre François
COMPAORE, Paramanga Ernest YONLI et Issaka KORGO, il ignore
parfaitement certains qui sont pourtant de notoriété
publique. C’est le cas lorsqu’il lie la naissance de “L’Opinion”
à l’Affaire Norbert ZONGO, alors que nous existons
depuis 1997, soit plus d’une année avant sa survenue.
Le fait est-il anodin ou réellement symptomatique
de l’état d’esprit de Monsieur OUEDRAOGO ? A chacun
sa lecture des faits.
Sur le fond des questions soulevées, il y a tant
à dire que nous nous contenterons de relever juste
quelques faits, même si l’envie nous prend de ne rien
lui céder. D’abord il faut dire, et avec force, que
Monsieur OUEDRAOGO a parfaitement le droit d’avoir les opinions
qu’il a et surtout de les exprimer dans le ton qui est le
sien. Il n’est donc pas question de lui disputer ce droit
même si lui ne se prive pas de s’essayer à
cet exercice sur lequel d’autres se sont cassés les
dents ; car jamais nous ne laisserons quiconque nous dicter
nos opinions.
D’ailleurs sur de nombreux points nos points de vues se
rejoignent même si par une alchimie intellectuelle
très discutable, il finit toujours dans un mouvement
d’équilibrisme incroyable à déboucher
sur des conclusions bancales. C’est à croire qu’il
est tenu en lesse quelque part et qu’il n’est pas totalement
maître de lui-même.
Ainsi comment peut-il reconnaître que “L’Evènement”
a pris des libertés avec la déontologie
et l’éthique du métier et dans le même
temps nous accuser d’«anti-confraternité»
parce que nous refusons de cautionner ces fautes. Quelqu’un
l’a dit et avec la bénédiction des mêmes
confrères : la solidarité dans le métier
ne doit pas être une solidarité de franc-maçon.
D’ailleurs nulle part nous ne nous sommes réjouis
de leur condamnation, notre propos étant de critiquer,
comme il le fait lui-même, la manière cavalière
de braconner dans l’honneur et la dignité d’autres
citoyens, accusés sans preuve, sans aucun égard.
De même Monsieur OUEDRAOGO nous fait tomber des nues
lorsqu’il reconnaît qu’aucun fait n’étaie les
accusations portées contre François COMPAORE
alors qu’il présente certains faits comme des «certitudes
connues de tous». C’est à croire qu’il ne sait
pas ce qu’il veut à moins que de peur de se faire
taxer de parti pris, il ne prenne justement le parti de
raser les murs en se coulant dans les affirmations gratuites
et convenues imposées par la «Médiacratie»
qu’il dénonce par ailleurs. C’est vrai que c’est
plus commode de montrer ainsi patte blanche que d’oser aller
jusqu’au bout du raisonnement. N’est pas honnête qui
veut, mais qui peut, comme il le laisse entendre, car dans
le manichéisme ambiant très peu de place est
faite à ceux qui n’ont pas le courage de leurs opinions.
A la place ce qu'il appelle médiacrature, Monsieur
OUEDRAOGO semble vouloir porter aux pinacles la «médiocrature»
c’est-à-dire une sorte de nivellement par le bas
qui voudrait un journalisme au rabais s’autorisant certaines
libertés avec les principes fondamentaux de la profession.
En effet, on comprend difficilement ce qu’il veut réellement,
car à lire et à relire son propos on ne voit
nulle part de grief d’ordre professionnel à notre
encontre. Alors qu’il ne relève contre nous que des
faits qu’il estime porter atteinte à la confraternité,
tandis que, faits à l’appui, il accuse “L’Evénement”,
de violations flagrantes de la déontologie il ne
se gêne pourtant pas d’écrire «que
“L’Evénement” n’est pas le seul
à être faillible. Contrairement à ce
dont ils peuvent être convaincus, “L’hebdo”
et “L’Opinion” sont tout aussi
si non plus reprochables…».
Dans le même sens c’est un véritable procès
d’opinion qu’il nous fait en nous accusant de décider
«de l’impertinence des arguments de certains témoins
avant même que la justice n’en pipe mot…». N’est-ce
pas nous refuser la liberté d’opinion alors même
qu’il accepte que ceux qui présentent ces arguments
les déclarent «faits nouveaux devant entraîner
la réouverture du dossier». A tout le moins
Monsieur veut «s’amuser» avec les gens comme
on dirait trivialement à moins qu’il n’ait perdu
le sens des réalités. Qui a interviewé
Moïse OUEDRAOGO ; qui a écrit qu’il s’agissait
de faits nouveaux ; qui a écrit qu’il accuse François
COMPAORE… Tous ces faits ne sont-ils pas des prises de positions
? Pourquoi “L’Opinion” ne devrait-il pas pouvoir s’exprimer
sur le sujet ? Si ce n’est pas une volonté d’ostracisme,
c’est que je suis le Pape. On pourrait multiplier les exemples
du genre par «n» pour montrer qu’en réalité
Monsieur OUEDRAOGO ne peut rien nous reprocher sur le plan
professionnel. Ni même sur le plan de la confraternité
puisque comme l’écrit si bien un internaute dont
nous publions l’écrit «la confraternité
entre journalistes n’est pas synonyme d’unanimisme et de
formatage des opinions…». Lui qui aime si bien les
références historiques devait avoir à
l’esprit le célèbre «J’accuse»
de l’écrivain-journaliste Emile ZOLA, qui avec une
petite poignée de personnes s’était élevé
contre l’opinion publique et les «intellectuels honnêtes»
qui condamnaient «unanimement» le capitaine
Dreyfus. Malgré la pression des «honnêtes»
du moment ils ont tenu bon et l’histoire a fini par leur
donner raison. Contre Dreyfus, il y avait aussi les «certitudes
connues de tous» qu’évoquent aujourd’hui Monsieur
OUEDRAOGO ; et pourtant...
En plus de se satisfaire de lieux communs pour nous nier
le droit d’avoir nos opinions et de les défendre,
Monsieur OUEDRAOGO n’a pas trouvé mieux que de se
laisser aller à des injures gratuites qui expriment
en définitive la profondeur de son mal-être.
Nous accuser de xénophobie parce que nous interpellons
un confrère en rapport avec les expériences
malheureuses de son pays d’origine est pour le moins faire
preuve d’un nanisme intellectuel et moral avéré.
A moins que ce ne soit une mauvaise foi crasse ou les deux
à la fois. Dans cette veine comment devrait-on le
considérer, lui, qui, demande aux uns et aux autres
de tirer «leçons de l’expérience
révolutionnaire». Dans tous les cas, nous
prenons bonne note de l’avertissement et serons attentifs
à son évolution, car pour avoir lâché
ce mot il doit certainement avoir des idées derrière
la tête. En effet comme le dit l’adage «il
n’y a pas de mauvais propos, il n’y a que de mauvaises interprétations».
Comme s’il n’avait rien à dire Monsieur OUEDRAOGO
nous accuse aussi de couardise parce que nous n’aurions
pas le courage de signer nos articles de nos vraies identités.
Lui qui semble être tombé sous les charmes
du courage des autres s’accommode pourtant des noms de plumes
et des pseudonymes qui pullulent dans leurs journaux. Sait-il
seulement qu’il ne trouvera nulle part dans L’Indépendant
un article signé du nom de Norbert ZONGO et que celui-ci
a toujours signé d’un nom de plume? A force de vouloir
frapper comme un sourd, Monsieur se sera donc plus d’une
fois écrasé les orteils. Tant pis pour lui…
Par Cheick Ahmed