L'opinion N°516
du 29 août au 04 septembre 2007

Dossier

Curage des caniveaux à Ouagadougou

Les riverains bouchent, le maire débouche

La saison hivernale est là avec son cortège de moustiques, de maladies et d’inondations. Pour résoudre un tant soit peu ces problèmes récurrents, chaque année, la mairie déploie d’énormes efforts pour curer les caniveaux de la ville. Pour éviter cet éternel recommencement les citoyens doivent changer de comportements pour aider la mairie à les aider.

Sachets de toutes sortes, pneus usés (débarrassés de parties utilisées à d'autres fins), eaux usées de vaisselles, de lessives ou d'autres activités plus salissantes, détritus composés d’ordures ménagères (balayages des concessions, boutiques, kiosques…) ou issues d’ateliers de mécanique, de menuiserie, de couture, etc. Ce sont, entre autres, les déchets qui obstruent les caniveaux de la ville de Ouagadougou. A tout cela s'il faut ajouter ces produits des toilettes directement déversés dans les caniveaux par certains habitants, ces autres excréta dont Dieu seul connaît la composition, il faut dire que "Simonville" est assise sur un cocktail dont on n'imagine pas la dangerosité. Mais par endroits, on ne le dira pas à ces citadins qui disputent leur environnement d'avec les moustiques, les mouches et autres "habitants" d'égouts que sont ces rats et musaraignes sans compter les odeurs pestilentielles qui envahissent tout leur espace. Les microbes, est-il encore besoin d'en parler puisqu'ils sont omniprésents et choyés du fait des conditions ambiantes propices.
Si Ouagadougou était un être vivant, un humain, on dirait que ses veines et artères sont colonisées, bouchées par ce mauvais cholestérol que sont ces déchets de tous genres dans ses caniveaux. C'est dire que point n'est besoin de lui conseiller une thérapie de choc. Les caniveaux de la ville doivent être débouchés; il leur faut un curetage pardon… un curage énergique. Sinon l'embolie est vite arrivée et ce ne sont pas ces quartiers constamment les pieds dans l'eau pendant les saisons pluvieuses qui vous diront le contraire bien qu'ils soient pourvus de caniveaux construits avec du ciment et bien coffrés depuis le temps qu'on dit qu'il y avait "à boire et à manger".
Fort heureusement, "la mairie travaille pour vous", Ouagavilois. Ce n'est pas qu'un simple slogan d'autant que seulement dans le domaine du curage des caniveaux, 60 à 70 millions de nos francs sont annuellement décaissés. Cette cagnotte, ils sont nombreux, ces jeunes à vendre leurs forces de travail qui en bénéficient. C'est vrai, tels Jean-Baptiste, Abdoulaye, Pascal et d'autres que nous avons vus à l'œuvre, ils sont éboueurs, bravant les obstacles et souvent la pluie pour curer ces caniveaux devenus par la force des choses leur gagne-pain et pour certains, le pourvoyeur d'argent pour leurs frais de scolarité car beaucoup sont des scolaires en vacances. Voici maintenant des semaines qu'ils sont contractuels d'entreprise payés à la journée pour affronter ces immondices que chaque Ouagalais a contribué de quelque manière que ce soit à entasser dans les caniveaux. La mairie par l'entremise de trois (03) entreprises que sont EBTE, SOMES/BAT et EOLE offre donc à ces jeunes l'opportunité de donner aux caniveaux de Ouaga une cure de jouvence en s'en mettant aussi dans la poche. Mais il faut dire que ce n'est pas facile pour eux car, comme on dit en football, il leur faut mouiller le maillot.

Dur dur de curer un caniveau
Une journée bien remplie chez Jean-Baptiste et les autres par exemple commence soit par l’ouverture des dalots pour avoir une idée de l’envergure du travail qui les attend, soit par le curage direct des caniveaux qui sont sans dalots. Une fois les dalots renversés, on tâte un peu la croûte formée par les détritus pour voir si elle est solide ou plus ou moins liquide. «Moi je préfère quand c’est du solide, donc composé de sable, de terre, et d’autres détritus. Là il y a moins d’odeurs et moins de risques parce que l’on sait où l’on met les pieds», nous confie Jean-Baptiste TAPSOBA, élève de la classe de 3ème qui vient de décrocher fraîchement le BEPC et dont la rentrée scolaire s’annonce hypothétique. En clair, il s’est jeté dans cette aventure pour assurer sa scolarité. "Là encore je ne suis pas sûr d’avoir ce qu’il faut pour la scolarité de la classe de seconde et en plus de ça, il y a les fournitures, les habits, etc.», ajoute-t-il car payé à 1500F la journée, c’est dans ce salaire journalier qu’il lui faut se nourrir, et économiser pour assurer l’avenir. Ils sont nombreux comme lui, élèves, comptant sur cet argent pour la rentrée scolaire ; mais on compte aussi des pères de familles qui ont refusé l’appât du gain facile et qui ont préféré monnayer la force de leurs muscles à travers les coups de pelle dans les ordures pour subvenir aux besoins de la maisonnée avec honneur et dignité.
Les difficultés ne manquent pas dans ce genre de boulot. Certains endroits sont inaccessibles. Il s’agit notamment des ponts sous lesquels il est difficile de curer. «Nous utilisons des râteaux de 4 à 5m pour essayer, je dis bien essayer de faire sortir les ordures mais je vous avoue que ce n’est pas facile et c’est souvent ces endroits qui nous font perdre du temps», laisse entendre Abdoulaye NIAMPA, chef de la section opérant sur l’avenue Houari BOUMEDIENE. A ces difficultés, il faut ajouter les potentielles affections liées aux odeurs. «Depuis les deux semaines que je cure les caniveaux, j’ai régulièrement des ballonnements de ventre, je fais beaucoup de gaz et on m’a conseillé de boire de la potasse. Franchement, ça m’inquiète», dit Moussa OUEDRAOGO. Quoi de plus normal quand on sait que ces ouvriers se lavent à peine les mains pour boire, voire manger quelque chose soit dans le caniveau-même ou à côté. Malgré ces bobos, les «éboueurs» sont fiers de leur travail parce qu’ils ont la reconnaissance des populations. «Notre travail est très bien apprécié des riverains et nous n’avons pas de problèmes particuliers avec eux. Ils savent que ce que nous faisons, c’est d’abord pour eux. Dès que nous débouchons les caniveaux, il y a moins d’odeurs, moins de moustiques, ce qui fait qu’ils sont contents du travail», affirme Salif NANA.
Une fois les ordures sorties du caniveau, elles sont entassées au bas côté de la route attendant les camions pour le chargement. Ils convoient les détritus vers le centre d’enfouissement de la mairie pour traitement. Selon le cahier de charges, les détritus sortis des caniveaux ne devraient pas faire plus de 24 heures sans être enlevés. Mais force est de remarquer qu’à certains endroits les ordures peuvent rester 72, voire 96 heures. Si les pénalités prévues en cas de non-respect du cahier de charges par les entreprises, employeurs de Jean-Baptiste et consorts, sont effectivement appliquées, il y a certainement à craindre pour la bourse de ces braves éboueurs car l'expérience a toujours montré que nos employeurs ont de l'urticaire quand doit être rognée leur marge bénéficiaire ; aussi n'hésitent-ils pas à faire supporter le manque à gagner par les travailleurs s'ils n'opèrent pas purement et simplement une compression de personnel.

Curer, salir… sanctionner : une trilogie ?
Si de façon générale les travaux de curages sont très bien appréciés par les populations, certains ont des reproches à l’endroit de la mairie. Pour M. Tasséré, riverain, il comprend difficilement l’action de la mairie. Pour lui, l’idée de curer les caniveaux en pleine saison hivernale et pire encore, au mois d’août n’est pas du tout judicieuse. Et l'homme de continuer l'air dépité : «Je me demande à quoi cela sert. Chaque année on cure et ça ne change pas. Je vous dis que depuis des années qu’ils curent, je n’ai jamais vu un seul agent de la commune venir contrôler. Pourquoi ? Je me demande à la fin si ce n’est pas une façon pour certains de se faire des sous sur le dos de la commune". Ce riverain ne croit pas si bien dire car il met le doigt sur une réalité : "chaque année on cure et ça ne change pas" ! Mais on pourrait lui rétorquer par la question : A qui la faute ? Il rejettera certainement la responsabilité aux autres oubliant que le fait qu'il voie jeter n'importe quoi dans les caniveaux tous les jours non loin de chez lui et qu'il ne dise rien l'inscrit dans le lot des responsables d'une telle situation.
Si rien ne change malgré les efforts des uns et des autres et surtout les moyens mis en œuvre par la mairie, ne faudrait-il pas se résoudre à montrer le bâton à ceux des citoyens qui refusent d'adopter un comportement écocitoyen en n'importunant pas les autres avec leurs ordures ? Quand on sait que depuis un certain temps existe dans la ville une multitude de "ramasseurs professionnels" d'ordures moyennant des sommes pas très élevées (en moyenne 1000F CFA mensuellement), rien ne peut justifier le dépôt des ordures dans les caniveaux. Sanctionner les "récalcitrants" ne serait donc que logique et c'est cette citadine Mme Rosalie SAWADOGO qui nous en donne le fin mot : «Il faut sévir. Le temps de la sensibilisation est terminé. C’est parce que la mairie laisse faire les gens. Ce qu’ils ne vont jamais faire dans leur propre cour c’est ce qu’ils font dehors. Alors si la mairie peut sanctionner ça sera une bonne chose». Gageons donc que cette requête n’est pas tombée dans l’oreille de sourd et que des actions seront entreprises pour coincer les citoyens malveillants qui n’ont d’autres dépotoirs que les caniveaux.

Par Frédéric ILBOUDO

Quid des services de contrôle ?

M. Hamado PARCOUDA, DG de EBTE, son entreprise a une longue et riche expérience dans le domaine de l’enlèvement des ordures

Trois entreprises ont été adjudicataires du marché de curage des caniveaux. Il s’agit des entreprises EBTE, SOMES/BAT, et EOLE. Sur le terrain, M. Hamado PARCOUDA de l’entreprise EBTE (Entreprise burkinabé des Travaux d’Équipements) que nous avons pu rencontrer affirme : «Nous avons des équipes de contrôle qui sillonnent permanemment les sites dont nous avons la charge pour que le travail soit fait dans les règles de l’art parce que ça y va de la crédibilité de notre entreprise. Sur ce plan, je peux vous assurer que le travail est fait avec professionnalisme, parce que nous travaillons régulièrement avec la mairie de Ouagadougou. Et comme vous savez le maire Simon COMPAORE est très exigent quant à la qualité du travail c’est vous dire qu’on ne peut donc pas s’amuser avec ça». M. PARCOUDA déplore que, malgré les efforts qu’il a consentis pour mettre ses ouvriers dans les conditions adéquates de travail, certains ne mettent pas les masques encore moins les bottes et les gants pour travailler. Au niveau de la Direction de la propreté, des équipes ont été mises en place pour également surveiller les travaux. Pourtant certains riverains soutiennent qu’aucun contrôle n’est fait sur le terrain. Si le contrôle est important pour le suivi de la qualité du travail, le plus important reste le changement de comportements chez les citadins. Les peaux de bananes que l’on jette, les sachets d’eau, les paquets de cigarettes vides, sont autant de petits déchets qui contribuent à obstruer non seulement les caniveaux, mais aussi et surtout salissent la ville. L’activité de curage en plus d’assainir la ville, crée de l’emploi pour des centaines de Ouagalais. Ce n’est pas M. Hamado PARCOUDA qui nous dira le contraire lui qui, à travers ce marché de la mairie, aide de nombreux jeunes à se sortir d’affaire pendant ces vacances. Evidemment pour ceux qui veulent travailler.

Frédéric ILBOUDO

Mahamadou S. CISSE, DG de la propreté de la ville de Ouagadougou
«Ce qui bouche les caniveaux, c’est
l’incivisme des Ouagalais…»

 

Nous avons rencontré le Directeur de la propreté de la ville de Ouagadougou pour comprendre les tenants et les aboutissants des opérations de curages. Dans cette interview, M. CISSE nous présente la jeune direction qu’il dirige, situe les responsabilités des uns et des autres face à cette opération et interpelle chaque citoyen à prendre ses responsabilités dans la gestion de la propreté de la ville, car ça y va de l’intérêt de tous.

Pouvez-vous nous présenter la direction de la propreté dont vous avez la charge ?
Merci, la Direction de la propreté est une jeune direction que la commune a mise en place pour travailler à donner un cadre de vie sain aux populations. Cinq principales missions ont été assignées à notre direction, il s’agit du nettoiement et la collecte des déchets de la ville ; du transport de ces déchets vers le centre de traitement ; du traitement et la valorisation des déchets qui sont convoyés au centre ; de la prévention des pollutions et des nuisances, et enfin, c’est à notre direction que revient la charge du curage des ouvrages hydrauliques, entendez par là, les caniveaux et les canaux de la ville.

Pourquoi la mairie cure-t-elle les caniveaux de la ville ?
En instituant le curage des caniveaux de la ville, le conseil municipal avec à sa tête le maire, vise trois principaux objectifs. Il s’agit de prévenir les catastrophes liées aux fortes précipitations qui peuvent entraîner des inondations ; d’améliorer le cadre de vie des populations et de créer des emplois et lutter contre la pauvreté parce que, avec le curage la ville emploie au bas mot 60 manœuvres par jour. L'activité commence dès le mois de janvier et s’étend sur toute l’année. C’est vous dire que chaque jour que Dieu fait, des jeunes sont employés par la mairie.

Quels sont les secteurs concernés ?
C’est toute la ville qui est concernée par ce chantier. Par exemple, si on constate dans un secteur qu’il y a des caniveaux qui sont bouchés et que pendant l’hivernage des concessions riveraines peuvent être susceptibles d’inondation, immédiatement on recrute les jeunes et on les déploie sur le site en question. Mais je rappelle quand même que ce sont les secteurs centraux de la ville qui bénéficient des ouvrages hydrauliques et par conséquent sont concernés par les actions de curage afin de faciliter, comme vous le savez, le drainage des eaux pluviales. Pourquoi cette précision ? Parce que l’on constate qu’il y a un certain nombre de ménages qui se sont connectés directement à ces caniveaux pour drainer leurs eaux usées. Que ce soit les eaux issues de la lessive ou de la vaisselle, elles sont évacuées par ces caniveaux et malheureusement il y a souvent aussi des gens qui évacuent même les eaux de la douche et pire, il y en a qui profitent drainer leurs excrétas, toute chose qui complique le curage des caniveaux. Au niveau des quartiers périphériques il y a moins de caniveaux, mais le peu qu’il y a, si le besoin se fait sentir, nous menons des actions également dans ce sens. Mais on a la chance parce qu’il y a le projet d’aménagement des quartiers périphériques financé par l’A F D (Agence française de développement), qui va bientôt commencer et qui va permettre la réalisation d’ouvrages hydrauliques dans ces secteurs.

Pourquoi attendre les saisons hivernales pour curer les caniveaux ?
Non, rien ne justifie cela et nous nous sommes d'ailleurs rendus compte que ce n’était pas judicieux de curer les caniveaux en cette période-là surtout au mois d’août où il pleut presque tous les jours. Nous sommes en train de rectifier le tir et à partir de 2008, les caniveaux seront curés avant la saison hivernale. Je viens de vous parler du projet d’aménagement des quartiers périphériques ; il y a énormément de chantiers qui seront ouverts dans la ville et tout cela a compliqué la tâche au niveau des marchés publics. Le choix de l’entreprise se fait à la suite d’un appel d’offres ce qui a un peu retardé le lancement des travaux cette année. Mais à partir de 2008, nous avons l’assurance selon la direction des marchés publics, que les choses seront faites rapidement pour que les caniveaux soient totalement curés avant fin avril.

Combien cette opération de curage a coûté à la commune ?
Le curage à l’entreprise nous coûte environ 50 millions de francs annuellement, et le curage en régie 20 millions. Ce qui nous fait un total de 70millions que la mairie alloue annuellement pour le curage des caniveaux. Je parle ici des curages exclusifs des caniveaux. Parce que pour curer un canal il faut au bas mot 60 à 70 millions de francs. Compte tenu de la modestie des moyens de la commune, il nous est difficile de curer les canaux chaque année. Les derniers curages des canaux remontent à 2005, pour le canal de Paspenga, et en 2003 pour le canal du Moro Naaba.

Pourquoi faut-il, monsieur le Directeur, que la mairie cure chaque année les caniveaux ?
Votre question est très pertinente et va me permettre de donner les raisons qui nous amènent chaque année à faire ces opérations. Nous n’allons pas avoir peur des mots, il s’agit premièrement de l’incivisme des populations. Il y a des habitants de la ville qui ont transformé un certain nombre de nos caniveaux en dépotoirs d’ordures. Tous les produits des nettoyages des concessions, des devantures, des intérieurs des boutiques et des kiosques sont immédiatement déversés dans les caniveaux. Il y a ceux également qui jettent des déchets collectés auprès des ménages. Il y a un certain nombre d’associations qui procèdent à la collecte des déchets solides de la ville et qui malgré la disponibilité et l’existence des centres de collectes aménagés par la commune pour recevoir ces déchets, déversent le produit des collectes dans les caniveaux. Pire il y a certains qui le font non seulement pour les déchets solides, mais également les liquides dont je viens de parler avec les eaux usées, etc. Il y a des gens qui vont même jusqu'à construire des boutiques, des hangars, des kiosques, etc. sur les caniveaux.

N’y a-t-il pas lieu de sévir sur ce genre d’incivisme ?
Oui, il faut obligatoirement sévir. C’est vrai qu’il faut sensibiliser, continuer à conscientiser les populations, mais je pense que de temps à autre il faut réprimer pour dissuader ceux qui vont à l’encontre des textes. C’est pourquoi, très souvent je fais appelle à la Police municipale pour intervenir.

Certains ouvrages notamment les ponts empêchent les agents cureurs de faire correctement leur travail. Qu’est-ce que votre direction fait dans ce sens pour leur permettre d’accomplir leur travail ?
Je crois que vous soulevez là un réel problème. C’est vrai, il est difficile pour ceux qui sont sur le terrain de pouvoir travailler efficacement surtout sous les ponts. C’est dû à une erreur de conception de ces ouvrages car on devrait tenir compte de l’entretien éventuel de ces caniveaux. Si on aménage un petit pont et la-dessus encore on met du bitume pendant les travaux de curage ça devient extrêmement compliquer car très souvent la hauteur ne dépasse pas les 60 cm ou tout au plus 1,50m. Il est souvent arrivé qu’on soit obligé de détruire complètement le pont. Si les services techniques de la municipalité qui ont la charge de réparer ces ouvrages n’ont pas les moyens de le faire immédiatement, nous évitons même de les toucher parce que cela peut gêner la circulation.

Y a-t-il un contrôle qui est fait sur les entreprises qui font le travail sur le terrain ?
Oui! Un contrôle est fait sur le travail des entreprises. Nous avons mis en place trois équipes coiffées chacune par un superviseur accompagné de quatre agents surveillants qui sont chargés de suivre et de contrôler les travaux de curage par entreprises. Le cahier de charges doit être respecté à la lettre et d’ailleurs, il est prévu des pénalités. Par exemple, si le produit des curages font 24 h sans être ramassés, les entreprises sont taxées et quelque chose est retenu sur le paiement dû.

Un appel à l’endroit des populations ?
Je demande aux Ouagalais et Ouagalaises de cultiver l’éco-citoyennété. Il faut avoir de bons réflexes, de bons comportements vis-à-vis de l’environnement et de notre cadre de vie commun qu’est Ouagadougou. On ne le dira jamais assez, c’est la santé qui conditionne tout chez l’homme et tant que notre espace vital sera pollué par nos propres faits, ce n’est pas sain. Chaque jour que Dieu fait, chacun doit dire que la propreté de la ville de Ouagadougou lui incombe également. La commune ne dispose pas assez de ressources pour procéder au quotidien au nettoiement de la ville, il faut donc la contribution de chacun et de tous car c’est main dans la main que nous allons arriver à rendre davantage notre cité plus propre et plus saine.o

Par Frédéric ILBOUDO

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