L'opinion N°516
du 29 août au 04 septembre 2007

Nation

Tirailleurs sénégalais


La mémoire collective contre l'oubli

Le jeudi 23 août 2007 constitue le jour d'honneur des anciens combattants du Burkina et ceux d'Afrique afin de rendre hommage aux "tirailleurs sénégalais" qui luttent pour la revalorisation de leurs droits pécuniaires cristallisés par la "métropole française".
Une journée aux multiples charges historiques et émotionnelles.

L’intendant Mamadou SANFO, président de l’association unique des anciens combattants

Tirailleurs sénégalais, ce sobriquet né au 19e siècle, désigne les soldats noirs recrutés sous l'égide du gouverneur général de l'Afrique occidentale française (L'AOF) basé alors à Dakar, pour le besoin de la colonisation et l'œuvre de conquête et de pacification de l'hinterland afin de constituer "l'empire français", un appendice de la "mère patrie", la France.
Ces soldats africains utilisés aux fins de boucliers humains, vont s'illustrer d'abord à la Guerre Franco-Allemande en 1870 en prélude à la Première Guerre Mondiale (1914-1918) qui finit par mettre au goût du jour l'intérêt de la France pour ces tirailleurs qui étaient en tous temps et en tous lieux des acteurs fidèles de la victoire de la France-patrie contre ses ennemis. Plus de 181 000 combattants dont 28700 morts, 6500 disparus et des milliers de blessés et de mutilés à verser au compte de la 1ère Guerre Mondiale.
Ces hommes se sont dévoués pour la cause de la France. Combattre aux côtés de la Métropole est plus qu'un honneur pour la sauver des eaux troubles du Nazisme, des Russes et surtout contre tous les foyers de batailles. Ainsi ont-ils servi en Haiti, en Indochine, en Algérie, au Viet-Nam, en Italie, en Sardaigne, en France même. Ces braves hommes n'ont jamais regretté leur participation à la libération du monde de la domination nazie et autres systèmes fascistes pour un monde plus juste et libre.
Cependant, force est de reconnaître que ces Africains sont ceux-là mêmes qui sont victimes d'une injustice relative au non-paiement de leurs pensions de guerre versées par la France. En rappel, en 1959, le Parlement français votait la cristallisation de la pension des tirailleurs sénégalais entendons par là un blocage de la valeur des points de pension. Un long combat s'engage avec le soutien des autorités et chefs d'Etat africains. On se souviendra encore des interventions des présidents Abdoulaye WADE du Sénégal, Blaise COMPAORE du Burkina Faso, Mathieu KEREKOU du Bénin pour appeler une justice dans les traitements pécuniaires de ces derniers. C'est finalement en 2006, notamment le 15 octobre, que la situation se régularise avec la revalorisation des pensions de ses vaillants soldats dans le cadre du budget 2007 des anciens combattants. Cela est estimé à 1,5 milliard d'euros d'arriérés et 300 et 400 millions pour les échéances annuelles de paiement au profit de 84 000 anciens combattants et ayants droit des 23 nationalités.
Cependant cette revalorisation connaît un blocage pour cause ? la manne prévue est partiellement disponible. Ce qui fait l'objet d'un combat de l'Association unique des anciens combattants, anciens militaires, veuves, orphelins et victimes de guerres du Burkina. Le ministre de la Défense, M. Yéro BOLY qui a présidé cette journée mémorable a procédé à un dépôt symbolique de gerbes en leur mémoire. "Ceci pour valoriser la mémoire collective et faire barrage à l'ignorance et à l'intolérance ainsi que contribuer au plaidoyer de la décristallisation intégrale des pensions dues aux anciens combattants", a laissé entendre le lieutenant-colonel Moussa CISSE. Et pour devoir de mémoire, il a été organisé la 1ère Semaine du Cinéma contre l'oubli (SEMCO) qui s'est déroulée du 23 au 26 août par des projections de films sur les anciens combattants, tels "Tasuma" de Baniel Kollo SANOU, "Indigènes" de Rachide Bouchareb, "Camp de Thiaroye" de Sambène OUSMANE, etc. dans les salles du CENASA et du Neerwaya.

 Par Issoufou MAIGA

 

Bonne gouvernance
Les grands axes de la politique nationale

En 1998 le gouvernement adoptait le "Plan national de bonne gouvernance pour la période 1998-2003" dont l'évaluation en mars 2003, lui a permis de réaffirmer sa volonté de promouvoir la bonne gouvernance, gage d'un bon fonctionnement des institutions, de la stabilité sociale, donc du développement. Cette volonté se traduira par l'adoption de la"Politique nationale de Bonne gouvernance (PNBG)" pour la période 2005-2015 prenant en compte les acquis et les insuffisances constatés.

Seydou BOUDA, ministre de la Fonction publique et de la Réforme de l’Etat

La bonne gouvernance peut être comprise comme l'exercice de l'autorité politique, économique et administrative garantissant la participation populaire, la stabilité politique, le développement institutionnel et le respect des droits de l'homme. De ce fait sa mise en œuvre obéit à des principes dont entre autres, la participation des citoyens à la prise de décisions, la primauté du droit, la transparence dans la gestion, le respect des engagements internationaux, l'équité qui exige l'aménagement d'un environnement politique, économique et social permettant d'améliorer ou, à tout le moins, de préserver les conditions de vie des citoyens.

Les orientations politiques de la PNBG
Il est à retenir que la bonne gouvernance constitue le 4e axe spécifique du Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (CSLP).
La PNBG constitue donc un cadre général de référence, d'intégration et de synthèse en matière de bonne gouvernance. Elle concerne de ce fait tous les plans d'actions sectoriels, projets, programmes, stratégies ou activités dont la réalisation traduit ces préoccupations ou concourt à l'atteinte des objectifs de bonne gouvernance quels que soient leurs formes ou leurs secteurs. La mise en œuvre de la PNBG implique donc la définition des rôles des acteurs-clés que sont l'Etat, le secteur privé et la société civile dans l'approfondissement de la bonne gouvernance. Une bonne gouvernance qui prend en compte la gouvernance politique (séparation des pouvoirs, consolidation du rôle de l'Etat, la protection des groupes vulnérables…), la gouvernance administrative (consolidation des institutions et des administrations de l'Etat, bonne gestion des affaires publiques…), la gouvernance économique (promotion du secteur privé, lutte contre la corruption et les crimes économiques…) et la gouvernance locale (renforcement des capacités des acteurs de la gouvernance au niveau local, fonctionnement efficace des collectivités territoriales, prévention des conflits…). Comme stratégies à mettre en œuvre pour la réalisation des objectifs fixés dans le cadre de cette politique on peut retenir :
- la participation effective de l'Etat ;
- l'amélioration du dialogue entre l'Etat et les autres acteurs ;
- le renforcement des capacités au niveau de tous les acteurs (société civile, Etat, secteur privé) ;
- la participation de la femme au processus de développement et à la gouvernance démocratique ;
- la promotion et la protection des droits humains.
En général, quand on parle de bonne gouvernance, celle politique est plus mise en exergue. Cela peut s'expliquer par le fait qu'elle peut être la locomotive qui doit tirer les autres, c'est-à-dire la gouvernance administrative, locale, et économique. En effet, de la bonne gouvernance politique dépend la consolidation du processus démocratique qui est la principale garantie de la paix, condition pour l'exercice des activités économiques, administratives, locales et sociales.
En somme, la bonne gouvernance exigée par les citoyens n'est pas seulement une "affaire" des autorités et de l'Etat. Elle doit impliquer tout le monde depuis la cellule familiale jusqu'au sommet de l'Etat, d'où sa quête permanente au regard des risques qui peuvent freiner la dynamique.

Source : PNBG (2005-2015)

Par Ben Alex Béogo

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