L'opinion N°516
du 29 août au 04 septembre 2007

Les nouvelles du grin

Le marabout, «l’Américain» et la cantatrice

 

L’ancien maire de l’Arrondissement de Konsa, Basile PITROIPA n’est plus. Il était malade et couché chez lui depuis plus de deux mois.
Dans l’après-midi du lundi 20 août dernier, il est transporté d’urgence à l’hôpital Sourou Sanou de Bobo sous une pluie parce que son état s’empirait. Il était au plus mal… Mais trop tard, il rendit son dernier souffle. Les médecins n’ont même pas eu le temps de l’examiner. Il a quitté le monde des vivants, et comme un homme politique ne peut avoir une fin ordinaire, plusieurs versions ont été données par les uns et les autres. Au grin, les gens ont préféré se mettre au-dessus de ces versions par respect de la mémoire de l’illustre disparu. Malgré tout ce qu’on peut dire de lui, tous les Bobolais sont unanimes à reconnaître qu’il a été un bon viveur et n’avait pas le moindre problème avec ses semblables. «Mort où est donc ta victoire ?»
Le lendemain mardi 21 août, il fut inhumé à son domicile au secteur 20 (Lafiabougou) en présence d’une grande foule parmi laquelle on peut citer le gouverneur des Haut-Bassins, le maire de la commune, les maires d’arrondissement et presque tout le gotha politique de la ville de Sya.
La mort c’est la mort ; elle est unique en son genre. Lorsqu’elle survient, elle rassemble tout le monde. Elle amène les gens à réfléchir. En réfléchissant sur la mort d’autrui, on songe à sa propre mort qui est incontournable. «Toute âme gouttera aux sévices de la mort», tel que promis par Dieu. Aucun docteur, aucun homme, aucun hasard ne peut donner à l’homme la vie ni la lui ôter. Seul Dieu peut le faire.
Depuis que le monde est monde, on n’a jamais vu un homme, aussi athée qu’il soit, qui ne croit pas à la mort. Même ceux qui ne croient pas à l’existence de Dieu, croient au moins à la mort. Elle est évidente même si on ignore le moment.
Au grin, les gens ont salué la grande solidarité des hommes politiques de Bobo qui se sont unis pour accompagner le disparu à sa dernière demeure. Le maire Salia SANOU qui venait d’arriver de l’Italie a appris la nouvelle lorsqu’il était à Ouaga. Il a alors précipité son voyage sur Bobo pour venir enterrer son vieux compagnon des heures chaudes de la Révolution. Tous les deux, Salia et Basile étaient des CDR bien connus à Bobo.
Ils ont par la suite milité ensemble à l’ODP/MT qui deviendra CDP, avant de se séparer à l’approche des élections municipales dernières. Basile PITROIPA, Souleymane SANOU et Célestin KOUSSOUBE ont claqué la porte du CDP et se sont retrouvés à l’ADF/RDA. Mais à l’annonce du décès de l’ancien maire de KONSA, les politiciens de tous les bords se sont mobilisés pour réconforter sa veuve et ses enfants attristés. La mort ne connaît pas les partis politiques. Que tu sois du CDP, de l’ADF/RDA, de l’UPR ou de l’UPS, la mort t’attend. C’est pourquoi, les politiciens de Bobo ont mis de côté, les divergences de vue et se sont accordés les violons pour l’inhumation.
Les gens du grin se disent particulièrement touchés par le comportement du maire Salia SANOU qui vient ainsi de démontrer que la politique ce n’est pas la guerre. Son geste a été apprécié dans la plupart des grins de Sya surtout si on s’en tient au langage qu’il tenait lors de la campagne municipale concernant les démissionnaires du CDP pour l’ADF/RDA. La politique est un art ; elle ne doit pas nous faire perdre de vue que nous sommes après tout des frères et sœurs.
Nous sommes à Dieu et à lui, nous retournons. Paix à l’âme de l’illustre disparu et que la terre sacrée de Bobo lui soit légère.

L’avenir du sport burkinabè passe par Bobo
Le mardi 21 août dernier, le gouverneur de la région des Haut-Bassins, M. Bébrigda Mathieu OUEDRAOGO a reçu à la salle de conférences du gouvernorat les meilleurs sportifs de la région venus lui présenter les trophées et médailles qu’ils ont obtenus. Il s’agit bien sûr du Racing club de Bobo, récent vainqueur de la coupe du Faso dotée de la somme de 5 millions de nos francs et 24 médailles ; l’équipe de Volley-ball senior dame de la LONAB-Bobo qui a enlevé la super coupe du parc animalier de Ziniaré, doté de 300 mille francs et 12 médailles d’or ; 7 des 10 médailles du Burkina au dernier CAJA viennent de Bobo et quelques Etalons cadets médaillés d’argent au tournoi de l’Assomption d’Abidjan.
Les Etalons cadets sont tombés en finale devant la Gambie. Avec tous ces résultats engrangés sur le plan national et international, Bobo-Dioulasso vient ainsi de confirmer son étiquette de creuset du sport burkinabè.
Au grin les gens pensent que ces lauriers remportés par les sportifs bobolais malgré le manque de moyens sont révélateurs. La ville de Sya et l’Ouest en général constituent à n’en point douter le berceau et le réservoir du sport de notre pays.
Mais le hic c’est que le sport bobolais a du mal à s’organiser et s’adapter aux nouvelles mutations. Aujourd’hui, personne ne croit vraiment que les sportifs puissent être compétitifs au haut niveau sans une certaine forme de soutien financier.
Désormais, on ne peut plus séparer le sport et le monde des affaires. Les clubs sont gérés comme de véritables entreprises. La tendance est tournée maintenant vers le professionnalisme qui se définit aussi bien en termes monétaires qu’en termes d’entraînement. A Bobo, le sport est toujours resté au stade du bénévolat. Le semi-professionnalisme qui s’est amorcé du côté de la capitale Ouagadougou a été royalement ignoré à Bobo.
Concernant justement cet aspect, des membres du grin pensent que les dirigeants sportifs de Bobo devraient songer à changer le fusil d’épaule. Ils trouvent que c’est très facile de mettre en avant le problème de manque de moyens.
Pour eux, il faut qu’ils aillent chercher les moyens là où ils se trouvent. Sinon ce qui se passe dans le milieu du sport à Bobo ne peut pas permettre l’épanouissement des athlètes. La plupat des sportifs bobolais n’ont même pas suffisamment de soutien financier pour couvrir toutes les dépenses. Ils doivent déjà faire assez de sacrifices pour trouver un équilibre dans leur vie entre le travail, les études et quelques séances d’entraînement.
En tout cas la gestion d’une équipe sportive n’est pas une chose aisée. Il faut que nos dirigeants fassent des efforts pour se départir eux-mêmes du bénévolat derrière lequel ils se réfugient.
On a l’habitude d’entendre certains responsables de clubs de Bobo dire qu’ils sont là de façon bénévole et que contrairement à ce que les gens pensent, ils ne gagnent absolument rien si ce ne sont que des problèmes. On a déjà même entendu que certains se sont vus obligés de vendre leurs parcelles pour subvenir aux besoins du club.
Au grin, les gens pensent que ce genre de pratiques prouvent que les responsables en question naviguent à vue. Ils se battent seulement pour sauver leur face mais pas celui du club.
Il faut une nouvelle race de dirigeants à Bobo qui va rompre avec l’ancien ordre. Un président doit élaborer un programme qu’il doit exécuter pendant son mandat. Si à la fin le résultat n’est pas fameux, qu’il ait l’honnêteté intellectuelle de démissionner pour laisser la place à un autre plus compétent.
Mais une autre catégorie de personnes dans le grin pense que le problème vient du gouvernement qui devrait soutenir activement le sport bobolais.
Mais tout se passe comme si la ville de sport par excellence dans notre pays est carrément ignorée. L’attitude du gouvernement doit aider à influencer énormément le développement du sport dans la ville de Sya.
Il faut des installations de qualité pour un bon entraînement ; si celles-ci manquent, il est évident que les sportifs auront du mal à se surpasser. En tuant le sport bobolais, c’est tout le sport burkinabè qui meurt. Le gouvernement doit appuyer d’une façon générale la pratique du sport parce que cela favorise les progrès éducatifs, le développement personnel des sportifs.
En outre, le sport encourage les jeunes à se lancer dans des activités sociales saines et participe à promouvoir la santé.
Malgré le manque de ressources, les sportifs de Bobo font des efforts pour remporter des lauriers. C’est le cas de Félicité TRAORE qui s’est entraînée durement sur le terrain nu et caillouteux du Lycée Ouézzin COULIBALY avant d’aller ravir la médaille d’or au 100m haies au 8e CAJA de Ouaga devant les athlètes des grands pays comme l’Egypte et l’Afrique du Sud.
Le sage du grin pense qu’un sportif doit travailler personnellement pour mériter sa place. Il ne doit pas attendre que tout lui tombe du ciel.
Une performance exceptionnelle peut lui apporter richesse et célébrité. Le sport doit être un tremplin pour la jeunesse de Bobo pour s’assumer et s’épanouir. Tout est possible. Il suffit d’y croire.
Le marabout, «l’Américain» et la cantatrice
Depuis un certain temps, Mah KOUYATE la cantatrice malienne vit à Bobo-Dioulasso au secteur 10 (Yéguéré) avec son nouveau mari. Cette information est bien connue de tous les Bobolais donc personne n’est surpris. Mais là où la surprise intervient, c’est au niveau du nouveau mari en question.
Lorsque la célèbre et charmante chanteuse malienne était au Mali avec lui Fimani, tout le monde savait que son tuteur à Bobo était le jeune professeur Mahomed FOFANA qu’on appelle ici «Woulakadjan». Son mari Fimani était d’ailleurs très jaloux de voir sa dulcinée se confier à ce marabout dont le nom a traversé les frontières du Burkina.
Mais cela n’a pas pu empêcher Mah KOUYATE de toujours présenter le marabout comme son tuteur.
Entre temps, les choses ont commencé à se gâter dans le foyer de l’artiste. Elle ne s’entendait plus avec son mari Fimani et ce qui devait arriver, arriva. La rupture est consommée et malgré les tentatives des uns et des autres pour les rapprocher, le couple finit par se disloquer. Mah KOUYATE ainsi libre prend la direction de Bobo où en présence de son grand frère, elle donne un concert inoubliable au théâtre de l’Amitié.
Concert au cours duquel le marabout Woulakadjan s’est illustré par un «travaillement» fou sur la cantatrice. Il a inondé la piste du théâtre de l’amitié de billets craquants de banque, le tout accompagné d’un bouquet de fleurs. A l’époque, beaucoup ont vu en ce geste de Woulakadjan, une demande en mariage. Orpheline de père et mère, c’est le grand frère de Mah KOUYATE qui représente ses parents. Son divorce avec Fimani ayant fait couler beaucoup de salive, son grand frère était là pour la protéger des rumeurs faisant état de ce que son ex-mari manigancerait un coup tordu pour se venger d’elle.
Le concert s’est bien passé et après la cantatrice est rentrée au Mali. Fimani ne s’avoue pas vaincu.
Il tente le tout pour le tout. Un concert est même spécialement organisé au Mali où Fimani demande publiquement pardon à Mah KOUYATE sa bien aimée. Rien n’y fit, la cantatrice est restée sur sa position. En ce moment la rumeur du probable mariage de Mah KOUYATE avec Woulakadjan a pris de l’ampleur.
Tout le monde à Bobo croyait que tout était sur la bonne voie. Mais contre toute attente, les Bobolais ont été surpris de savoir que celui que Mah KOUYATE a choisi comme époux n’est pas Woulakadjan. L’élu est un Bobolais du nom de Ali KONATE. Mah KOUYATE est désormais Madame KONATE. Son nouveau mari est un homme d’affaires qui voyage beaucoup vers les Etats-Unis.
Il exporte dans ce pays des objets d’art.
Son père Gaoussou KONATE est le président de la communauté malienne de Bobo. C’est un membre de la confrérie des dozos. Selon une source proche de la famille KONATE, Ali et Mah KOUYATE se connaissent depuis leur jeunesse.
Profondément touché par le départ de sa femme, Fimani n’a plus la force de vivre. Il est entre temps décédé.
Naturellement après s’être mariée avec Ali KONATE Mah KOUYATE ne peut plus considérer Woulakadjan comme son tuteur. Entre eux c’est aussi la rupture. Le marabout déclare à qui veut l’entendre que c’est le Bon Dieu qui lui a sauvé la face.
Pour lui, s’il avait épousé cette femme on lui aurait collé la mort de Fimani. Il remercie Allah de lui avoir protégé de cette histoire d’amour digne d’un film hollywoodien. Aujourd’hui l’histoire se poursuit mais sous une autre forme.
Le marabout et l’Américain ont fait naître deux camps à Bobo. Ils ont tous les deux les moyens de leur politique. Woulakadjan n’est pas n’importe quel marabout. C’est le fils de son père Sinikadjan que toute la ville de Sya et même au-delà a connu. A la mort du père, c’est le fils qui a pris la relève. Il s’est montré aussi puissant que son géniteur. Il a un goût prononcé pour les voitures de luxe. C’est aussi un grand bâtisseur de villas.
En tout cas il est loin d’être démuni. C’est un vrai privilégié à Bobo. C’est un marabout qui joue à la star en inscrivant son nom en grand caractère sur la plaque numérologique de sa «Jaguar» dernier cri. Au grin, certains pensent que de plus en plus, le jeune marabout est en train de s’afficher partout dans la ville, histoire certainement de dire à son rival Ali que deux hippopotames ne peuvent pas entrer dans un même trou. Mah KOUYATE et son mari Ali KONATE viennent d’aménager dans une nouvelle maison à Yéguéré. Les partisans d’Ali le présentent comme un Américain «dolar-man».
Il posséderait une boutique d’objet d’art à New-York. Ceux de Woulakadjan pensent tout le contraire. Pour eux il n’est ni plus ni moins qu’un simple vendeur de statuettes qui souvent se retrouve également dans le commerce de véhicules de luxe qu’il fait venir des Etats-Unis. Ils sont convaincus que ce monsieur ne peut pas gérer Mah KOUYATE comme elle le mérite et par conséquent le mariage ne fera pas long feu.
En tout cas, dans le camp de Woulakadjan, les gens sont sereins. Cette histoire met un peu mal à l’aise la cantatrice. Les gens se demandent si elle ne va pas quitter Bobo pour avoir la paix.
Au grin les gens ont assimilé cette histoire aux caprices d’une artiste. La vie de foyer et la musique vont difficilement ensemble et certains d’affirmer que si Mah KOUYATE n’a pas pu vivre avec Fimani qui était un artiste comme elle (son guitariste), ce n’est pas avec un homme d’affaires qu’elle va s’en sortir. Présentement elle se trouverait du côté de Paris et son mari resté à Bobo est en train de faire la promotion du nouvel album de sa femme. Il est constamment en contact avec les animateurs en Dioula des différentes stations radio de la place.
Woulakadjan s’est mis dans la danse en sabotant son plan de promotion. L’un des animateurs phares de Bobo en Dioula a reçu des mains du marabout une moto «Jakarta». Officiellement Woulakadjan ne lui dit pas de ne pas jouer la cassette de Mah KOUYATE à ses heures d’animation, mais puisqu’il sait ce qui se passe, il saura rester très subtil.
A Bobo-Dioulasso, Mah KOUAYATE et son mariage sont au cœur des débats. Elle est critiquée par certaines personnes qui pensent qu’en tant qu’étrangère, elle ne devait pas se marier dans une ville où elle est convoitée par deux hommes.
Elle a déjà reçu une voiture de marque BMW des mains de Woulakadjan. Ali aussi a fait ce qu’il peut pour elle. A ce rythme, on se demande si cette situation ne va pas peser sur sa carrière. Mais les autres pensent que l’amour a des raisons que la raison elle-même ignore. Si Mah KOUYATE a choisi Ali KONATE c’est que c’est lui qu’elle aime. On ne peut pas forcer en amour. C’est plutôt la manière de faire qui est mal vue.
Pendant ce temps, c’est Adjaratou DIABATE qui récolte les dividendes de cette guerre des clans. Le vendredi 24 août dernier, elle était en concert au théâtre de l’Amitié sous le parrainage du professeur Woulakadjan qui, à l’occasion, lui a promis publiquement une villa construite. Elle avait auparavant bénéficié d’une voiture de lui Adjaratou DIABATE qui vient de mettre son 2e opus sur le marché du disque est une artiste griotte de Bobo. Grâce à Woulakadjan, elle a un statut de grande vedette internationale.
Comme on le dit généralement, le malheur des uns fait le bonheur des autres.
L’histoire se poursuit entre le marabout Woulakadjan, l’Américain Ali et la Star Mah KOUYATE…

"Le petit fâkir, toujours dispo"

 

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