L'opinion N°516
du 29 août au 04 septembre 2007

Sport

Championnat du monde d'athlétisme


Répétition générale avant Beijing 2008

Les 11èmes championnats du monde d'athlétisme ont débuté dans la nuit de vendredi à samedi dernier ; Pendant une semaine (du samedi 25 août au dimanche 2 septembre 2007), les meilleurs athlètes du monde vont s'étalonner un an avant le grand rendez-vous des jeux olympiques, Beijing 2008 (Chine Populaire).

Après Helsinki 1983 (Finlande), Rome 1987 (Italie), Tokyo 1991 (Japon), Stutgart 1993 (Allemagne), Gôteborg 1995 (Suède), Athènes 1997 (Grèce), Seville 1999 (Espagne), Edmonton 2001 (Canada), Paris 2003 (France), Helsinki 2005 (Finlande), voilà commencé samedi dernier Osaka 2007 (Japon). Des championnats du monde d'athlétisme, l'athlétisme la discipline des jeux olympiques, qui arrivent à un peu moins d'une année de l'ouverture des olympiades chinoises, attendues comme un tournant dans l'histoire de l'olympisme.
En effet, Beijing 2008 débutera exactement le 8 août dans un pays en passe de devenir la première puissance économique du monde. Et pour marquer son ascension fulgurante et irrésistible, la Chine a fait les choses en grand. Déjà, à un an des jeux, le pays de MAO est entré dans l'histoire en étant fin prêt quand à la même période, aucune des nations ayant abrité les jeux n'était à jour des infrastructures d'accueil.
Mieux, la Chine a construit un stade futuriste, (celui qui va, du reste, accueillir les épreuves d'athlétisme) à l'architecture avant-gardiste, emportant l'enthousiasme de tous ses visiteurs. Les autres sites du village olympique aux plans d'eau des disciplines de navigation sont autant marqués du sceau de l'innovation technologique.
Mais encore, la Chine qui s'y prépare à ces jeux depuis quatre ans entend contester les suprématies établies, dont celles des Etats-Unis (la valeur étalon) en athlétisme et en natation. C'est pourquoi, Osaka 2007 est le théâtre pour avoir une idée de ce que sera la discipline qui focalise encore l'attention des spectateurs et des téléspectateurs des olympiades.
Ouvert comme d'habitude par le marathon, Osaka 2007 a ramené au sommet une nation jadis référence dans le fond, mais en perdition depuis quelques années. Le Kenya, pour ne pas le nommer a retrouvé une partie de son crédit, en s'offrant la victoire dans le marathon masculin, grâce à Lake KIBET en 2 h 15'59''. Et pour prouver la performance de ce gardien de prison, illustre inconnu, le Kenya n'avait plus remporté de marathon des mondiaux depuis Rome 1987, soit exactement 20 ans.

Nouveau roi et grande dame
L'épreuve reine de l'athlétisme, c'est incontestablement le 100 mètres hommes et cela sans faire injure aux dames. Mais cette fois, nous opterons d'attribuer l'honneur aux dames et pour cause. La seigneure de cette première journée de samedi 25 août est bel et bien, l'Ethiopienne Tirunesh DIBABA. Triple championne du monde du 10 000 mètres en 2003 et du 10000 et 5000 mètres en 2005, DIBABA, la cadette a mystifié tout le stade d'Osaka en cette matinée écrasée par une chaleur de plomb.
Retardée peu après la mi-course par une chute collective à l'arrière du peloton, DIBABA a rendu à celui-ci près d'une quarantaine de mètres. Avec la chaleur et des maux de ventre en sus, les spectateurs ont assisté à un retour impossible, certainement pas pour DIBABA, et surtout à un dernier tour qui a laissé sur place toutes les autres concurrentes.
Et de trois pour celle qui est en passe à seulement 23 ans de devenir un véritable mythe vivant de la course de fond, elle dont le palmarès est déjà riche de tous les titres. Ce n'est, semble-t-il pas encore fini pour cette frêle et gracile surdouée, car elle entend s'aligner sur le 5000 mètres.
Avec sa compatriote Mesereth DEFAR (recordwoman de la distance), ce moment disent les spécialistes sera le temps fort de Osaka 2007. Un duel au couteau qui renvoie au rang de jeu d'enfants, la confrontation dans le 100 mètres masculin entre l'Américain Tyson GAY et le Jamaïcan Asafa POWELL.
Autre moment fort, ce duel a eu lieu dimanche devant un stade débout. Entre les deux meilleurs et de loin de cette ligne droite de piste, la confrontation faisait saliver depuis le printemps dernier. Chacun de son côté et à distance respectable l'un et l'autre a montré qu'il avait le talent et la pointe de vitesse nécessaire à figurer au panthéon des grands sprinters, tels Carl LEWIS, Ben Johson, Maurice GREENE, Lindfoord CHRISTIE et Justin GATLIN (même si ce dernier à 24 ans est suspendu pour 8 ans pour dopage).
Au terme de cette confrontation, c’est l’Américain Tyson GRAY qui s’impose par K.O en 9’95’’ puisque Asaja POWELL ne finit que 3ème en 9’96’’, la médaille d’argent revenant au Behamien Derrick Atkins en 9’91’’. Pourtant jusqu’aux 60 mètres, Tyon GRAY était devancé par POWELL, mais au prix d’une accélération progressive, qui est le point fort de cet athlète longiligne, le natif de l’Arkansas a succédé à ses compatriotes GREENE vainqueur en 1997, 1999 et 2001 et GATLIN, couronné en 2005.
Comme en 2004 aux J.O d’Athènes, en 2005 aux Mondiaux à Helsinki, POWELL pourtant annoncé comme un phénomène n’a pas résisté à la pression. Il paie peut-être la faiblesse de l’opposition en Jamaïque contrairement aux Etats-Unis où la densité des sprinters impose une féroce compétition lors des trials pour désigner les trois représentants du pays par épreuves aux différentes compétitions mondiales. Formés dans ce monde impitoyable, les Américains arrivent dans les J.O et les mondiaux sûrs de leurs forces et de la certitude que le sprint, notamment le 100, le 200, le 400, le 110 haies et le 400m haies, est leur affaire.
Outre la consécration de ces deux athlètes émérites, il y a eu le concours du poids hommes, autre chasse gardée des Yankees. En 11 championnats du monde, avec celui d’Osaka, les Américains se sont imposés à deux reprises et ils détiennent le record du monde par Randy BARNES avec un jet de 23,12 mètres.
Dimanche, les Yankee ont fini aux deux premières, Riise HOFFA avec un jet de 22,04 terminant devant le champion du monde sortant Adam NELSON.
Enfin, comment ne pas pour cette entrée en matière du week-end saluer une autre reine, celle de l’hespathlon. La Suédoise de 24 ans Carolina KLUFT est tout simplement invaincue dans ce combat d’hercule des femmes qui a lieu sur deux jours avec sept épreuves dont le 100m haies, la hauteur, le poids, le 200 mètres, le javelot, la longueur et le 800 mètres.
Avec 7032 points, record d’Europe battu, KLUFT remporte ses 3èmes mondiaux de suite après Paris 2003 et Helsinki 2005, non sans avoir remporté entre les deux les jeux Olympiques de 2004 à Athènes. Elle en est à 16 heptathlons d’affilée victorieux, ce qui à, son âge, est tout simplement stupéfiant.

Programme des mondiaux

Mercredi 29 août
Hommes
- Longueur : qualifications
- 110m haies : séries
- hauteur : finale
- 400m : demi-finales
- 1500 m : finale
- 200 m : demi finales

Femmes
- 1500 m : séries
- javelots : qualifications
- 200 m : séries et quarts de finale
- triple saut : qualifications
- disque : finale
- 5000 m : séries
- 100m haies : finale
- 400 m : finale

Jeudi 30 août
Hommes
- Perche : qualifications
- 800 m : Séries
- Longueur : finale
- 5000 m : séries
- 110m haies : demi-finales
- 200 m : finale

femmes
- Marteau – finale
- 400 m haies : finales
- 200m : demi-finales

Vendredi 31 août
Hommes
- Javelot : qualifications
- Décathlon : 100m, longueur, poids
hauteur, 400m
- 800 m : demi-finales
- 4x100m : séries
- 400m : finale
- 110m haies : finale

Femmes
- 20 km marche : finale
- Hauteur : qualifications
- 1500m : demi-finales
- Triple saut : finale
- Javelot : finale
- 200 m : finale

Samedi
Hommes
- 50 km marche : finale
- décathlon : 110 m haies, disque
perche, javelot, 1500m
- Perche : finale
- 4x400 m – séries
- 4x100m : finale

Femmes
- 4 x 100 – séries et finale
- 4 x 400 m : séries
- 5 000m : finale

Dimanche 2 septembre
Hommes
- 500 m : finale
- javelot : finale
- 800 m : finale
- 4 x 400m : finale

Femmes
- Marathon : finale
- Hauteur : finale
- 4 x400 m : finale
- 1500 m : finale.

Par Idriss SIEMDE

 

Planète champion international
La clé définitivement sous le paillasson !

Survivra, ne survivra pas ? L'agonie de ce fleuron du football national qu'est le centre de formation Planète champion international (CPI) a été longue et malheureusement aucun secours ne s'est pointé pour éviter l'irréparable. Ainsi, le mercredi 22 août dernier, le fondateur, M. Philippe EZRI, a tenu une conférence de presse dans ses locaux à Dassasgho pour négocier "l'euthanasie". Autrement dit, il met la clé sous le paillasson.

"La plus belle femme ne peut donner que ce qu'elle a", dit-on. M. Philippe EZRI, fondateur du centre de formation CPI, estime qu'il a donné ce qu'il a pour la formation de jeunes footballeurs qui ont fait la fierté du Burkina Faso à un moment donné. Ce qui, à n'en pas douter, a fini par grandir la notoriété de ce qu'il était convenu d'appeler la pépinière du football burkinabè.
En 10 ans de fonctionnement, deux générations de planétaires se sont succédé au CPI. Les jeunes sont recrutés à l'âge de 12-13 ans pour une formation de 5 ans. Ainsi, une première génération de 20 pensionnaires a séjourné de 1998 à 2003 et une deuxième de 2003 à 2007. Soit 10 ans de parcours, de vie humaine et sociale selon le fondateur. Pour M. EZRI, la première génération fut une merveille. Plus de la moitié ont participé à la CAN cadets en Guinée en 1999 et aux Seychelles en 2001, puis à la CAN juniors au Burkina Faso en 2003. Mieux, les pensionnaires de ce centre ont fourni le noyau des Etalons cadets pour la coupe du Monde des moins de 17 ans, en Nouvelle-Zélande en 1999 et à Trinidad et Tobago en 2001, où le Burkina s'en est tiré avec la 3e place.
C'était tout simplement sensationnel et l’espoir désormais permis pour asseoir une véritable génération de talents vue la prestation que Wilfried SANOU, Aziz NIKIEMA, Enoch CONOMBO, Mady PANENTIGUIRI et autres nous ont servie. Rien ne présageait que cette aventure commencée de si belle manière s'arrêterait aussi brutalement en si bon chemin. Mais il faut dire que le football devenu business a amené l'argent à prendre le pas sur la passion pour ce sport dit roi. Ce qui immanquablement ne pouvait que conduire à des chocs d'intérêts en termes monétaires. En effet, avant même que Planète champion international rentre dans ses fonds investis que le pillage de ses pensionnaires a commencé avec des transferts à l'emporte-pièce de jeunes joueurs dans des équipes européennes ; pourtant pour EZRI, il n'était pas question qu'un joueur quitte le centre avant l'âge de 18 ans. Certains comme Aziz, lui ont presque été arrachés. Il refuse de pardonner un tel acte. Pour un bénévole qui investit 100 millions/an pour l'encadrement et l'entretien de ce centre, il faut quand même un retour sur investissement en permettant au centre de tirer le meilleur des joueurs qui doivent être protégés contre les vendeurs de merveilles qui grenouillent dans le milieu du football. Toute chose qui lui permettrait de perpétuer son action en accueillant de nouveaux pensionnaires.
Ainsi dit, le centre n'est pas rentable et M. EZRI, bien que faisant de l'humanitaire, fait du business. Il est tout à fait normal, qu'il refuse le pillage de son investissement.
A la question de savoir si CPI ferme ou pas, le fondateur après quelques minutes d'hésitation, laisse entendre qu'il est difficile pour lui de se séparer du centre mais pour l'instant, il le met "en sommeil". N'est-ce pas une façon de mettre la clé sous le paillasson en douceur ? Planète champion international aura en tout cas vécu. Pour les travailleurs du centre, M. Philippe a pris l'engagement de leur reverser 12 mois de salaire et leurs droits. Le matériel du centre leur sera distribué et le local qu'il louait à 800 000F le mois rétrocédé à la Mission baptiste, le bailleur. Quant au terrain de football, il dit le laisser à la disposition de l'entraîneur, Pihiri WEBONGA, ainsi que le matériel pour l'encadrement de jeunes joueurs.
Pour ce qui concerne Planète Boussé, sans équivoque, M. EZRI, a clamé l'arrêt définitif. Cependant il n'exclut pas la cession du CPI à un repreneur à condition qu'il s'inscrive dans la continuité. C'est peu de dire que les riverains du centre et employés ont accueilli la nouvelle comme un coup de massue. Déception, nostalgie étaient les sentiments qui se laissaient lire sur les visages. "Planète champion, la pépinière du football burkinabè ne doit pas mourir", entendons-nous du porte-parole des habitants du secteur 28 abritant le centre. M. Philippe EZRI dit toutefois être disposé à accompagner le football burkinabè. Son souhait le plus ardent, c'est voir réveiller l'effectif de 2001 pour les phases éliminatoires de la coupe du Monde 2010 qui se jouera pour la première fois sur le continent africain notamment en Afrique du Sud.

Par Issoufou MAIGA

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