Il semble que la nuit du 14 août a été un véritable cauchemar pour certains militaires ivoiriens. En effet ça sifflé dur à leurs oreilles car ils se sont fait sermonner comme c’est pas possible, eux qui étaient venus pour dire son fait au GBAGBO national, cet « ingrat » qui ne savait pas reconnaître leurs mérites, eux qui ont mouillé la tenue pour qu’il soit toujours au pouvoir.
Les bidasses, que la rumeur disait très remontés, avaient la ferme intention de se faire entendre et n’hésitaient pas à promettre de jouer du muscle «si jamais…». Eh bien, il faut dire qu’ils ont eu affaire à plus fort qu’eux, puisque ce serait dans un silence de cimetière qu’ils auraient quitté le Palais présidentiel après le savon copieux que GBAGBO leur a passé !
Il semble, en réalité que celui-ci n’attendait que l’occasion pour dire tout ce qu’il avait sur le cœur à ces soldats qui ont «versé sa figure par terre», lorsque contre tous il avait abandonné le chemin de la paix pour tenter une aventure militaire qui s’est soldée par un échec fracassant contre la rebellion en 2002. On se rappelle qu’ils avaient été mis en déroute et que GBAGBO avait fait bombarder une base de l’Armée française, une affaire qu’il sait lui coûtera tôt ou tard. Le cas de l’ex-président tchadien Hissène HABRE dont de nombreux analystes lient les problèmes actuels à l’affaire Françoise CLAUSTRE et au meurtre du Capitaine GALOPIN est là pour montrer que les Français sont très rancuniers en la matière.
GBAGBO a donc des raisons d’être amer et de le faire savoir à sa troupe car comme il le leur a fait savoir, ils n’ont pas gagné la guerre et devraient plutôt se faire tout-petits au lieu de pousser les gueulantes à tout-va. Il était tellement sur les nerfs que tout protocole mis de côté, il leur aurait même dit qu’il aimait rire mais que cette fois-ci il était plus qu’au sérieux. Il ne faisait pas bon être dans les environs, à en croire les témoins de la scène, parce que même sonnés, les militaires ont néanmoins fait un bras d’honneur à leur chef qui devrait dorénavant assurer plus que ses arrières car dans un tel contexte personne ne parierait un kopeck sur sa sécurité. D’autant que si GBAGBO tance la soldatesque pour avoir perdu la guerre, il n’hésite pourtant pas à décorer la haute hiérarchie de l’Armée ; or c’est elle qui a conduit cette guerre. C’est à ne rien comprendre !
Par Faèz