Spécial

L'opinion N°524
du 24 au 30 octobre 2007

Politique

Renaissance démocratique

Démocratie et développement en Afrique
L’Afrique se mire à Ouaga

 

Dans le cadre des activités commémoratives du 20e anniversaire de la Renaissance démocratique du Burkina Faso avec le président Blaise COMPAORE, Ouagadougou a abrité du 14 au 16 octobre un colloque international sur la démocratie et le développement en Afrique. Les 500 délégués d’Afrique, d’Europe, d’Asie et d’Amérique Latine sont des représentants de partis politiques, du monde universitaire et de la recherche, d’ONG et associations, de la haute administration, du secteur privé, de la chefferie traditionnelle, de la presse nationale et internationale et d’éminents hommes de culture.
Au terme de leurs travaux, les participants ont adopté une déclaration dite de Ouagadougou (DO) et formulé une recommandation sur l’institutionnalisation du colloque.

Il s’agissait pour les participants de jeter un regard critique sur le chemin parcouru et de faire des propositions et recommandations afin que le binôme démocratie et développement soit une réalité dans les pays africains.
A l’ouverture du colloque, le représentant des délégués, M. Jean Paul NGOUPENDE, ancien Premier ministre de la République Centrafricaine, n’a pas manqué de saluer les efforts du Burkina Faso dans le domaine de la démocratie et du développement. Pour lui, l’organisation du colloque est une initiative originale d’où sa reconnaissance et ses remerciements au président du Faso qui se bat aussi pour le retour de la paix et de la démocratie au Togo et en Côte d’Ivoire.
«Le Burkina n’a pas été gâté par la nature, mais possède une richesse : ce sont ses hommes», dira M. NGOUPENDE. Pour lui, le bilan des 20 ans de renaissance démocratique avec Blaise COMPAORE est positif au regard des différentes réalisations au profit des populations. «Le bilan est en votre faveur», a-t-il dit au président du Faso. «La démocratie n’est pas une fin en soi mais un système tirant sa légitimité de sa capacité à répondre aux aspirations des peuples», foi de M. NGOUPENDE.

Blaise COMPAORE propose… Les participants disposent
«L’organisation de ce colloque répond à notre souhait d’offrir une tribune de libre expression démocratique ouverte à tous ceux que la situation actuelle de l’Afrique interpelle comme acteurs du débat d’idées et de la confrontation des choix stratégiques pour l’avenir du continent. Sans prétendre offrir des formules magiques, notre colloque se veut une contribution à la relance du débat sur l’avenir des Etats africains pris individuellement et collectivement dans le contexte actuel de la mondialisation». Ces en ces termes que le président du Faso a introduit son allocution à l’ouverture du colloque. Pour le chef de l’Etat et parlant du Burkina, pendant deux décennies le pays a pris le chemin de la démocratisation et du développement malgré les obstacles et les pièges multiples. «Deux décennies de labeur, de recherche permanente du consensus, durant lesquelles il a fallu avancer, parfois reculer, trébucher, s’éloigner du but avant d’y revenir avec conviction, courage et abnégation. Deux décennies difficiles, faites souvent de succès éclatants, de revers parfois, mais toujours de constance, de persévérance et de confiance dans les capacités de notre peuple à assumer son histoire politique», a déclaré Blaise COMPAORE appelant les peuples et les élites africains à user des vertus du dialogue et de la concertation. En homme d’actions et de propositions constructives, Blaise COMPAORE, avant de terminer son allocution a soumis aux participants une plate-forme minimale en 12 points pour une véritable renaissance démocratique et le développement de l’Afrique (voir encadré 1).
Le chef du gouvernement, Tertius ZONGO, et Cheik Modibo DIARRA, président de Microsoft Afrique, ont ouvert la série de communications du colloque. Toutes les communications ont été suivies d’échanges et de partages d’expériences.
L’arrivée du président brésilien Lula a été un grand moment du colloque. Un président que le chef de l’Etat Blaise COMPAORE a présenté comme une figure emblématique de la vie politique Sud américaine et le Brésil comme un pays émergent, classé parmi les 10 premières économies du monde.
Quant au président brésilien, il a rappelé la dette historique de son pays envers l’Afrique et exprimé son devoir de solidarité, eu égard aux origines africaines brésilienne d’une grande partie de la population. Il faut rappeler que le Brésil est le deuxième pays au monde où on compte plus de noirs après le Nigeria. Le président brésilien a réitéré la disponibilité de son pays à accompagner l’Afrique dans son combat pour le développement et la démocratie.
Les participants au terme des travaux ont adopté une déclaration dite Déclaration de Ouagadougou (DO) qui reprend la plate-forme minimale proposée par le président COMPAORE.
Ils ont aussi sollicité le président COMPAORE pour être leur porte-parole auprès de la commission de l’Union africaine afin que le consensus soit traduit en résolution et adopté au prochain sommet des chefs d’Etat.o

Par Ben Alex Béogo

Un binôme parfait

A l’ouverture du colloque sur la démocratie et le développement, M. Jean Paul NGOUPENDE le porte-parole des délégués l’a dit : la démocratie n’est pas une fin en soi mais un système tirant sa légitimité de sa capacité à répondre aux aspirations des peuples. Le développement étant fondamentalement ce à quoi aspire tout peuple, n’est-ce pas qu’il constitue avec la démocratie un binôme indissociable ?

Le lien entre la démocratie et le développement est unanimement admis. Un lien d’autant plus fort qu’il prend naissance dans les aspirations des individus et des peuples et les droits qui leur sont reconnus. Les démocraties sont en général moins instables politiquement d’autant que l’expression pleine des libertés individuelles et collectives est une sorte d’exutoire où viennent s’éteindre les contradictions pour laisser place au consensus ou, à tout le moins, le compromis permettant aux uns et aux autres de se supporter et de trouver leur compte dans la gestion de la cité. Un tel état d’esprit libère les énergies, valorise les potentialités qui, s’investissant consciemment et selon les intérêts personnels et ceux de la collectivité, ne peuvent que s’engouffrer dans les sillons du développement. C’est dire que l’attelage développement et démocratie ne peut que sortir gagnant. Pour se consolider, la démocratie politique doit trouver son prolongement dans des mesures économiques et sociales qui favorisent le développement. De même, toute stratégie de développement a besoin, pour être mise en œuvre, d’être validée et renforcée par une caution démocratique qui rime avec respect des droits de l’Homme, existence de la liberté d’expression, système judiciaire digne de confiance, médias libres et pluriels, parlements représentatifs, suffrage universel… donc avec stabilité et paix sociale. Le développement doit donc s’appuyer sur l’existence de lois et de règlements clairs, équitables et prévisibles.
Facteur de paix, la démocratie favorise le développement qui tend lui-même à consolider la paix intérieure. Au Burkina Faso par exemple, personne ne peut nous convaincre que la renaissance démocratique avec Blaise COMPAORE n’a pas posé les bases de la stabilité et de la paix, donc du développement. Personne ne peut également nous convaincre que les différents régimes d’exception qui se sont succédé dans notre pays ne l’ont pas mis en retard faute de stabilité sociale, gage de production et d’investissements pour le développement.
Si en trois (3) ans ce pays a eu à changer quatre (4) fois de direction politique (1980 avec le CMRPN, 1982 avec le CSP1, 1983 avec le CSP2 puis le CNR), lequel des régimes a véritablement eu le temps de s’occuper des vrais problèmes du peuple dont l’aspiration essentielle, en plus de la paix dans laquelle il veut vivre, reste le développement ? L’instabilité chronique est génératrice de chaos et pour mettre fin à cet état de fait, en ce qui concerne le Burkina Faso, il était impérieux de décourager sinon mettre fin à la propension des adeptes du changement contre l’avis du peuple par l’instauration d’une nouvelle dynamique politique. C’est ce qu’a fait le Front populaire avec Blaise COMPAORE, qui a opté de mener le pays vers la démocratie, une option qui s’inscrit en droite ligne d’ailleurs des vœux émis par le peuple au cours du bilan fait des quatre années de Révolution. Du reste, l’instance dirigeante du pays qu’était le Front populaire avait donné le ton en s’ouvrant à tous les acteurs politiques qui le désiraient et cela sans exclusion d’obédience car pouvait-on mettre dos-à-dos des parties du peuple et prétendre œuvrer pour son bien-être ? C’est en cela qu’on ne peut nier que déjà étaient posés les jalons de la démocratie que nous vivons aujourd’hui et ceux qui ont été acteurs à cette époque ne sauraient oublier le rôle négatif joué par certains politiciens réfractaires à l’ouverture surtout envers ceux étiquetés de droitiers donc d’ennemis du peuple ! Beaucoup de ces réfractaires sont les mêmes qui aujourd’hui se drapent du manteau de la démocratie pour crier au manque de démocratie au Faso.
C’est à n’y rien comprendre mais en d’autres temps on les aurait taxés de «caméléons équilibristes» ou de «tortues à double carapace». Ouvrons la parenthèse pour dire que l’auteur de cet article n’était qu’un «môme» à cette époque mais une discussion entre anciens membres du Front populaire, qui ne furent pas des moindres, et qui sont aujourd’hui opposants au régime de Blaise COMPAORE, a été d’un grand intérêt pour lui. A leur corps défendant, ces derniers ont ressorti les qualités de démocrate de leur alter ego qu’ils accusent d’avoir sacrifié la Révolution pour la démocratie ! Et pourtant, il avait vu juste ce Blaise COMPAORE qui est resté en phase avec le peuple, ce peuple qui a plébiscité la Constitution du 2 juin 1991, œuvre d’un processus voulu et initié par le Front populaire depuis l’historique date du 15 octobre 1987. En tout cas, de nos jours, le Burkina vit dans la démocratie. C’est un fait indéniable même si c’est ceux qui en profitent le plus qui le contestent. Mais il faut dire aussi que le peuple reste convaincu que la démocratie s’entretient comme une flamme dont l’extinction est fatale pour sa survie.
Démocratie, développement et paix constituent une trilogie dont l’interaction dynamique crée les conditions d’une prospérité partagée. C’est la dynamique voulue par le Burkina Faso qui depuis ces 20 dernières années lui permet de se classer parmi les nations qui gagnent et qui avancent dans la bonne gouvernance. «La démocratie et le développement sont complémentaires et se renforcent mutuellement… L’histoire montre d’ailleurs, que les expériences dans lesquelles la démocratie et le développement ont été dissociés se sont le plus souvent soldés par des échecs…», nous dit Boutros-Boutros GHALI, ancien secrétaire général de l’ONU. Alors, développons dans la démocratie.

Par Ben Alex Beogo

Salif DIALLO, Président du comité d’organisation du colloque international sur «démocratie et développement»
« Personne ne peut nous terroriser intelectuellement»

Le point d’orgue de la célébration des 20 ans de Renaissance démocratique du Burkina avec Blaise Compaoré aura été, sans conteste, le colloque qui s’est tenu du 14 au 16 Octobre 2007. Colloque qui a vu la participation de 135 partis politiques et associations de la société civile venus de 25 pays d’Afrique et d’ailleurs. Le président du colloque, le ministre d’Etat Salif Diallo au terme des travaux a animé une conférence de presse pour donner les grandes lignes de leurs conclusions. L’occasion faisant le larron, les hommes de médias en ont profité tirer du ministre des réponses sur certaines questions brûlantes relatives à la double commémoration du 15-octobre. Nous vous proposons la conférence de presse dans son entièreté. Lisez plutôt!

M. le président, après avoir suivi avec intérêt pendant les trois jours qu’a duré le colloque, nous trouvons que les débats n’ont pas abordé des questions comme celles de la contribution de la diaspora africaine, de la presse dans la consolidation de la démocratie dans nos pays. Pourquoi ?
S D :
Je crois que ce que vous dites n’est pas tout à fait exact parce que nous avons évoqué tout cela. Dans la déclaration finale de ce colloque, notre premier point l’était. Nous avons insisté sur le respect des libertés fondamentales en Afrique. Et pour nous, la liberté fondamentale s’entend également, les libertés d’opinion, les libertés de presse. Et certains intervenants sont revenus là-dessus. On ne peut parler de démocratie sans cette liberté de presse. Pour ce qui est de la diaspora, nous avons également évoqué la question mais sous l’angle de l’immigration de l’Afrique vers l’Europe, les problèmes que notre diaspora rencontre, sur les différents continents. Et je crois que le Président LULA du Brésil dans son intervention a montré tout le préjudice subi par toute l’Afrique. Nous devons effectivement respecter cette diaspora et l’amener à participer au processus de développement en Afrique. Nous n’avons pas traité la question de la diaspora en terme de … les Africains vivent mal en Occident. Parce que vous aussi de votre côté nous avons des critiques à votre endroit. Vous nous avez abandonné. Vous avez dans une certaine mesure abandonné le continent.

Quel bilan pouvez-vous tirer au terme de ce colloque ?
S D :
Au terme de ce colloque, nous pouvons dire que ça été un succès. Tous les participants ont salué l’initiative du président Blaise CompaorE d’avoir organisé une telle rencontre de réflexion sur la démocratie et le développement en Afrique. Au cours des débats, différents sujets et thèmes ont été abordés, ce qui nous a permis au final d’adopter une plate-forme en douze (12) points. Cette plate-forme fait référence à la construction de l’Etat démocratique en Afrique, à la mise en place d’économies viables et au service des populations. Bien sûr cela va du traitement des questions des élections, à la question du commerce international de l’Afrique avec les autres continents. Nous avons vraiment fait le tour des questions et des problématiques qui se posent à nous en terme de développement de la démocratie et du développement. L’autre aspect, c’est l’interaction entre ces deux thèmes. Le colloque est parvenu aux conclusions, qu’il ne s’agit pas de mettre une hiérarchie entre la démocratie et le développement, les deux thèmes doivent aller de pair. D’autres questions ont été soulevées, notamment celles liées aux conflits intra-africains. La problématique des conflits a fait l’objet de grands débats également. Au terme donc de nos échanges, il a été convenu que la réflexion puisse se poursuivre. Que ces genres de rendez-vous entre partis au pouvoir et partis d’opposition en Afrique puissent avoir lieu. Parce que la spécificité de ce colloque c’est qu’il a réuni aussi bien des partis au pouvoir, que des partis d’opposition, très critiques comme vous le savez. C’est vous dire que nous sommes parvenus à de bons résultats.

135 partis et associations ont été représentés à ce colloque et tantôt vous disiez qu’il y avait des partis au pouvoir comme ceux de l’opposition. Comment se sont déroulés les débats quand on sait que réunir ces groupes pour des débats sur la démocratie et le développement n’est pas chose facile, dans la mesure où les positions sur ces questions divisent ?
S D :
Nous avons eu des débats extrêmement passionnés et passionnants. Parce que les communications se sont réalisées sur la base de documents, avec des thèmes précis. Nous avons eu des communications livrées par des enseignants et des chercheurs, nous avons eu des communications de partis politiques, et nous avons eu des communications de personnalités. C’est pourquoi cela a eu un tel succès que les participants eux-mêmes ont demandé avec insistance, que le Burkina puisse rééditer cette réunion afin d’approfondir ces questions d’importance. Si je prends la question des élections, c’est l’une des rares fois que les partis au pouvoir et les partis d’opposition ont accordé leurs violons sur la mise sur pied d’un format unique pour le processus électoral. Et que ce format puisse être pris en compte par l’Union africaine, la CEDEAO et d’autres instances africaines. Pour que dans nos Etats, on puisse plus avoir des dénis de démocratie parce que les élections ont été mal organisées, les élections ont été l’objet de hold up quelque part. Les débats nous ont amené à voir que partout en Afrique, les mêmes problèmes reviennent. Aussi bien pour ce qui est de la démocratie, que les questions liées au développement et qu’il faut aller ensemble dans l’intégration des idées pour développer le continent.

Qu’est-ce qui sera fait avec les conclusions du colloque en ce qui concerne le Burkina Faso ?
S D :
Comme vous le savez, nous avons toujours été en ce qui concerne notre pays, dans une position de dialogue avec les autres partis et même pour ce colloque, nous avons invité des partis qui ont décliné, dans leur liberté, cette invitation. Nous sommes dans une position de dialogue, et nous estimons que quelles que soient nos divergences, c’est par le dialogue qu’on peut effectivement avancer. Nous ne sommes pas de ceux qui prônent l’ostracisme ou le sectarisme. Nous pensons que nous sommes tous dans ce pays et nous pensons que nous pouvons évoquer tous les sujets quels que soient nos désaccords.

Le quinze octobre a été doublement commémoré dans notre pays, pensez-vous que ce colloque puisse être un catalyseur de rapprochement entre les deux positions ?
S D :
Nous pensons qu’en dehors même du 15-octobre, nous devons poursuivre les échanges et le dialogue. Ceux qui refusent de dialoguer, parce qu’ils estiment qu’ils sont dans l’opposition je ne sais pas comment les qualifier. Des radicaux ? je pense que, quel que soit le sujet, on devrait, et il faut qu’on parle. Nous sommes sûrs que quelque part, il y a un minimum qui nous réunit, c’est la défense des intérêts du Burkina. Parce que, en dehors des partis, nous sommes des frères, et nous devons dialoguer.

Pensez-vous réellement qu’il était opportun pour vous d’organiser ce colloque ? Parce que, quoi qu’on dise, le débat fait rage sur la question de l’opportunité d’organiser un tel colloque alors que vos amis d’en face se recueillent sur une tombe ?
S D :
Ecoutez, moi je n’ai jamais vu des gens qui veulent exprimer leur droit et leur liberté et qui empêchent d’autres, d’en faire autant. Ceux qui se réclament du mouvement sankariste ont organisé leur commémoration à leur manière, nous également, nous estimons que cette date a eu une incidence sur la vie nationale et nous avons organisé des manifestations liées à cela. C’est notre liberté, et c’est notre devoir également. Nous nous disons clairement, nous assumons notre histoire, nous l’assumons pleinement et entièrement. Et nous accordons également la liberté à nos contempteurs d’en faire autant. Nous ne sommes pas pour la pensée unique au Burkina Faso. Nous ne sommes pas contre les libertés ici au Burkina Faso. Nous ne sommes pas de ceux-là qui ne veulent faire voir qu’une seule couleur. C’est contre justement de pareilles attitudes que les problèmes ont surgi le 15 octobre 87. Le fait de vouloir amener, contraindre, par la répression, les méthodes les plus bureaucratiques des gens à avoir une pensée unique, voilà la source du problème. Nous disons que c’est la liberté et personne ne peut nous terroriser intellectuellement. Le terrorisme intellectuel ne peut pas s’opposer à nous. Nous assumons cette histoire parce qu’elle est la nôtre. Nous ne faisons pas de fuite en avant. Il y a eu le 15 octobre 87 une situation difficile, qui a entraîné des pertes en vies humaines, il faut le reconnaître, cela est triste, cela est extrêmement regrettable. Mais ce n’est pas pour autant que le Burkina Faso va s’arrêter de vivre et de fonctionner. Ce n’est pas pour autant que nous, nous allons nous terrer, parce que l’histoire s’écrira un jour et généralement, ce n’est pas ceux qui clament qu’ils ont raison qui ont souvent raison. Et nous disons que nous parlons aux générations futures pour restituer l’histoire de ce pays à travers ce débat, pour qu’effectivement, chacun de nous se sente dans ce pays. Il n’y a aucun complexe à se faire. Commémorer le 15-octobre ou une autre date au Burkina, ça fait partie de notre histoire. Ce n’est pas parce que quelques éléments ont tourné dans une caravane internationale que cela va nous empêcher de parler au Burkina. Ce terrorisme intellectuel-là, nous le rejetons et nous le condamnons. Demain, si d’autres structures, d’autres partis politiques veulent célébrer des «basga» ou tel anniversaire, ils sont libres de le faire car nous, nous sommes d’accord parce que ça fait partie de la démocratie. Nous ne sommes pas partant pour en tout cas le blocage des initiatives des uns et des autres. Et vous le savez les sankaristes plus que quiconque s’expriment librement, ils participent aux élections, ils ont la liberté de faire ce qu’ils veulent. Et c’est le peuple burkinabè dans sa souveraineté qui tranche et c’est pourquoi nous avons la gestion des affaires publiques.o

par Frédéric ILBOUDO

Plate-forme en douze points du Colloque

1. Reconnaissance et garantie de toutes les libertés fondamentales dans tous les Etats du continent ;
2. Instauration de régimes constitutionnels, comportant un mécanisme de régulation et de correction de leurs propres dysfonctionnements, le tout librement accepté par les populations comme base légale de l'exercice du pouvoir d'Etat ;
3. Reconnaissance du système multipartiste dans tous nos Etats et institution d'élections libres et transparentes comme mode de dévolution du pouvoir;
4. Rejet de toutes les formes d'exclusion, notamment la gestion clanique, ethnique et tribale du pouvoir d'Etat et refus de tous les conflits armés ;
5. Engagement collectif et solidaire pour l'annulation de la dette africaine en réalité indue, comme l'une des mesures d'équité et de réparation des multiples préjudices subis par le continent ;
6. Engagement collectif et solidaire pour une adaptation des programmes économiques avec les partenaires au développement aux réalités des Etats Africains, en accordant une priorité au développement social et aux infrastructures ;
7. Engagement collectif et solidaire pour l'établissement de règles du commerce international plus équitables susceptibles de favoriser le développement en Afrique ;
8. Création, au sein des structures d'intégration régionale, d'un cadre global de concertation sur les migrations ;
9. Reconnaissance des droits politiques et économiques de la femme africaine et établissement de programmes spécifiques pour la promotion de la jeune fille et de l'enfance ;
10. Elargissement des opportunités de création d'emplois décents ... sur le continent au profit des jeunes notamment par la promotion des technologies de l'information et de la communication ;
11. Engagement pour la promotion de la société civile pour fortifier les bases du dialogue politique et la lutte contre la corruption ;
12. Adoption et mise en œuvre de programmes ambitieux pour la défense et la promotion de l'environnement dans le cadre d'un développement durable.

Des participants apprécient...

Guillaume SORO, Premier ministre ivoirien
Ce colloque ne pouvait pas si bien tomber pour la Côte d’Ivoire. Je pense qu’en réglant les problèmes par un dialogue, les Ivoiriens, les Africains ont montré aux yeux du monde qu’ils sont matures. C’est une belle leçon que le colloque a tirée. Je voudrais voir cette Afrique solidaire, demain, capable de réaliser son propre destin.

 

 

 

François L’ONCLE, Député français, président du Groupe d’amitié France/Burkina Faso à l’Assemblée nationale.
J’ai trouvé que le débat était passionnant. D’abord le thème est d’actualité. Je me souviens que François MITTERAND l’avait lancé au sommet de la Baule dans les années 90. Etant donné que le Burkina Faso, représente une belle manière de développement et de démocratie avec bien sûr des imperfections qui ne sont pas propres seulement à l’Afrique, ni plus ni moins. L’apport du Burkina Faso à la réflexion sur le thème essentiel du développement, de la démocratie, du progrès est passionnant pour nous. En France, nous sommes en réflexion sur la politique africaine de l’Europe. Je pense que l’Europe et la France doivent mener cette politique avec respect avec surtout l’idée de ne pas donner de leçons afin de concourir à travers des organisations internationales bilatérales, multilatérales au développement de l’Afrique. Il y a des ressources, il y a des moyens et même un potentiel humain extraordinaire. Nous sommes mobilisés pour des tâches qui vont concourir au progrès, à la démocratie en Afrique.

Sidiki KONATE, ministre ivoirien
Nous avons été séduit par les propositions contenues dans la déclaration du président du Faso, c’est-à-dire les 12 points. Cela signifie pour nous ce que l’on conviendra d’appeler l’appel de Ouaga. Ces 12 points doivent constituer pour tout Africain, de quelque bord qu’il soit un repère important pour l’ancrage de la démocratie en Afrique. Pour nous, c’est une charte et nous comptons beaucoup sur le président Blaise COMPAORE, comme nous l’avons signifié dans la lettre finale, d’user de tout son pouvoir pour que ces 12 points soient adoptés comme une charte de l’Union Africaine afin que chaque pays en endosse la responsabilité même dans son quotidien, sa constitution.

Dr Mamounata BELEM, Chercheur à l’INERA (CNRST)
C’est un colloque qui est bien venu pour notre continent à entendre les débats. Cela a permis aux partis politiques, aux ONG, à la société civile, présents, de toucher du doigt les problèmes communs que vivent les Africains en matière de développement et de démocratie. Cela a été une aubaine de déposer les bases d’une vraie démocratie pour contribuer au développement de notre continent. Il y a une déclaration appelée «déclaration de Ouagadougou», selon les organisateurs, elle sera transmise au niveau de l’Union Africaine. Ce colloque a sollicité le président COMPAORE, d’être le porte-parole de tous les pays africains pour que les 12 points de la déclaration de Ouagadougou (DO) puissent aboutir à leurs applications effectives dans les différents pays pour un développement harmonieux de notre cher continent.

Fatoumata DIENDERE : Députée à l’Assemblée nationale
Je pense en tant que femme et députée que ce colloque est le bienvenu. Il a eu pour thème : «Démocratie et développement». Nous disons qu’aucun pays ne peut réussir aujourd’hui son développement sans la participation de la femme. Tout au long des travaux, c’est tant de femmes et d’hommes d’Afrique, d’Amérique et d’Asie, de la société civile, des partis politiques, des intellectuels qui ont participé aux débats. La mondialisation interpelle les filles et les fils de l’Afrique à une réflexion sur la manière de gouverner notre continent. Au cours des débats, il a été question de la remise totale de la dette qui pèse sur l’Afrique.
Comme quelqu’un l’a noté, l’Afrique ne doit rien à qui que ce soit. C’est la richesse africaine que certains ont emportée qui revient aujourd’hui sous forme de dette. Mais il était important pour nous Africains de nous retrouver pour parler d’une même voix. Notre démocratie doit bannir certains comportements comme, l’exclusion, le clivage, l’ethnicisme pour permettre à l’Afrique d’avancer, l’Afrique qui marche, l’Afrique qui bouge.

Toussaint Abel COULIBALY, Député à l’Assemblée nationale
C’est tout à fait normal que dans la vie d’un homme ou d’une nation, après une renaissance, on puisse s’arrêter pour faire un bilan et dire que tout ce qui a été jusqu’aujourd’hui est positif et le commémorer.
Cette commémoration ne doit pas être sous forme de foire. Je crois que ce n’est pas le cas et c’est de façon consciente qu’elle se fait. La nation certes reste à construire, mais l’Etat de droit est là. Si l’œuvre était parfaite nous aurions croisé les bras. Cela veut dire qu’il a encore besoin de tout le monde. C’est dans ce sens que nous avons été actif dans cette organisation.
Ceux qui commémorent ailleurs c’est leur droit et c’est justement ce qui est important. Nous nous souvenons, il y a eu un moment on ne pouvait pas commémorer un double événement selon l’entendement des uns et des autres ; au Burkina Faso, soit on était révolutionnaire ou réactionnaire donc banni de la société. C’est ce qui a fini par être rectifié. C’est une liberté même qui mérite d’être commémorée, chose qu’on doit grandement au président Blaise COMPAORE. Faisons en sorte de ne pas reconnaître les bienfaits du président à titre posthume.
Aujourd’hui on parle de Ouezzin COULIBALY, de Nazi BONI, de Maurice YAMEOGO ; en leur temps personne n’a reconnu ce qu’ils faisaient.
C’est l’un des grands défauts des Africains. Aussi quelles que soient nos divergences nous devons reconnaître que c’est le président de tous les Burkinabè et œuvrer à apporter notre soutien à la construction de ce pays, tout en disant que nous ne sommes pas d’accord sur tel ou tel point, c’est ce qu’on appelle l’opposition. Revenant au colloque, le débat a été à la limite houleux et courtois. Ceux qui y étaient réunis avaient un seul intérêt, l’Afrique et son développement à partir de la démocratie.
Il ne pouvait pas avoir de divergence qui fasse en sorte qu’il n’y ait pas un point de jonction. Et cela a été la déclaration de Ouagadougou (DO) qui a été lue. Son contenu résume au développement et à la démocratie. Il faut sortir un peu du Burkina pour savoir que, dans ce pays, il fait bon vivre. C’est pour dire que cette démocratie, nous nous l’avons déjà ici.o

Bobo reconnaissant à Blaise COMPAORE

A l’instar des autres villes du Burkina, Sya a célébré du 15 au 21 octobre dernier les festivités marquant les 20 ans de renaissance démocratique au Burkina Faso avec Blaise COMPAORE..

A Bobo-Dioulasso, la série d’activités entrant dans le cadre de cette célébration a débuté depuis le 09 octobre par une assemblée générale au cours de laquelle le président du comité provincial d’organisation, Salia SANOU a dévoilé le programme des festivités.
Dans l’après-midi du 09 octobre, c’est le sport qui était à l’honneur avec le lancement de la coupe du maire de Bobo. Une compétition qui a regroupé les 7 équipes de la ville de Sya plus le centre de formation de football de Bobo. Au finish le 20 octobre dernier, c’est l’équipe de l’ASFB qui est montée sur la plus haute marche du podium en disposant de l’USFRAN grâce à l’unique but de Antoine DOUA à la 30e minute de jeu.
Au titre des compétitions sportives, les Bobolais ont eu droit à un tournoi de pétanque au rond-point de Dafra et une soirée de gala dans la nuit du Samedi 20 octobre au stade Wobi.
Les plus jeunes n’ont pas été oubliés. Il s’est tenu le 18 octobre dernier au théâtre de l’Amitié, une animation pour les égayer.
Le clou central de cette célébration a été sans doute, la grande marche suivie de meeting qui a eu lieu le lundi 15 octobre à la place de la Mairie de Bobo.
Les marcheurs ont sillonné quelques artères de la ville au son d’un orchestre juché sur un porte-char avant de se retrouver pour le meeting géant.
Les représentants de l’UPR et de l’ADF/RDA, partis qui soutiennent le président Blaise COMPAORE, ont été les premiers à prendre la parole. Ils se sont dits disponibles pour appuyer le président du Faso dans l’édification d’un Burkina prospère et démocratique.
Par la suite, c’est le maire Salia SANOU en sa qualité de président du comité provincial d’organisation qui s’est exprimé.

Un échangeur pour Bobo
Il a d’abord salué la mobilisation massive des Bobolais autour de la commémoration des 20 ans de renaissance démocratique au Burkina Faso avec Blaise COMPAORE.
Il a démontré dans les faits combien le président Blaise COMPAORE aimait la province du Houet. Il a présenté des acquis et quelques grandes réalisations de la province telles que le bitumage des routes Bobo – Dédougou, Bobo – Ouessa et surtout la réalisation prochaine du barrage de Samandéni.
Le maire Salia SANOU a néanmoins rappelé au président du Faso quelques préoccupations de la population qui sont susceptibles de relancer l’économie de Bobo. il a entre autres parlé de la construction d’un hôpital de référence, d’une salle de spectacle et surtout d’un échangeur pour Bobo-Dioulasso afin de confirmer sa position de plaque tournante de la sous-région.
Le président du comité provincial d’organisation a décidé d’offrir dans toutes les maternités de la commune de Bobo des kits d’accouchement à tous les enfants nés le 15 octobre 2007 «en souhaitant que tous ces enfants soient des bâtisseurs de notre pays à l’image de Blaise COMPAORE».
A la suite de Salia SANOU, le commissaire politique régional du CDP, Thomas SANOU a livré le message du président du Faso en ces termes : «Si ce 20e anniversaire n’est pas une occasion de bilan global, on ne pourrait non plus passé sous silence le fait que notre pays a enregistré des progrès incontestables dans le domaine politique, social et économique».
Il a par la suite reconnu que le chemin qui conduit au développement est encore long. «La construction d’une démocratie n’est jamais achevée en termes de perfection», a-t-il ajouté.
Il a souhaité longue vie au président COMPAORE afin qu’il puisse poursuivre son œuvre de construction du Burkina.

Blaise COMPAORE au stade Wobi
Pour terminer la fête en beauté, le président du Faso a fait le déplacement à Bobo-Dioulasso où il a été accueilli dans la journée du dimanche 21 octobre par une foule des grands jours à l’aéroport international de Sya. Après un bain de foule, le cortège de Blaise COMPAORE et son épouse s’est ébranlé pour le pied-à-terre présidentiel.
Dans l’après-midi, le couple présidentiel a pris part au stade Wobi au «méga-concert» qui a bouclé en apothéose les festivités marquant les 20 ans de renaissance démocratique. Les Bobolais ont ainsi savouré gratuitement les prestations de grands artistes tels que Meway, Extra-music, Magic système et j’en passe.
Inutile de vous annoncer que le Show était très «grave»…

Blaise COMPAOREs face à la presse à son arrivée à l’aéroport de Bobo le dimanche 21 octobre : «Je suis venu à Bobo parce qu’au cours de ces 20 années j’ai pu obtenir de la part des Bobolais et des Bobolaises un soutien sans faille à mon action à la tête de l’Etat.
J’ai pu aussi constater que durant ces deux décennies, la population de Bobo a été toujours à nos côtés avec des convictions fortes et une détermination pour nous permettre à la fois d’atteindre les objectifs de la démocratie et des éléments de progrès. Il me fallait donc trouver cette occasion durant cette semaine de festivités pour passer à Bobo pour rendre hommage à cette disponibilité des Bobolaises et des Bobolais.
Je ne pense pas qu’il y ait des choses à espérer puisque ce que nous avons réalisé et qui constitue des acquis importants pour nous aujourd’hui que ce soit la démocratie ou le progrès de ce pays, c’est avec les Bobolaises et Bobolais. Ce que je demande, c’est qu’ensemble nous puissions encore mettre du dynamisme, de l’imagination et de la créativité pour faire avancer encore mieux notre pays.
C’est ensemble que nous allons porter les espérances de ce pays, le Burkina Faso». o
Drissa KONE
à Bobo-Dioulasso

Des Bobolais s’expriment

Le 15 octobre 1987, le capitaine Blaise COMPAORE alors compagnon d’arme du capitaine Thomas SANKARA prend le pouvoir mettant fin au régime révolutionnaire du Conseil national de la Révolution.
La rectification menée par le président Blaise COMPAORE a entrepris d’importantes réformes qui ont finalement abouti à une vie constitutionnelle normale. L’Etat de doit a été instauré au Burkina Faso.
20 ans après, le régime décide de commémorer la renaissance démocratique au Burkina à travers une série d’activités.
A l’occasion, nous avons donné la parole à quelques Bobolais qui donnent leur appréciation sur cette date historique du 15 octobre.

Mamadou PORGO (Président du syndicat des commerçants de Bobo)

“Nous sommes en démocratie et tout le monde est libre de célébrer le 15 octobre”

«Nous sommes en démocratie et tout le monde est libre de célébrer le 15 octobre comme il l’entend. Ceux qui pensent que cette date est synonyme de deuil comme ceux qui pensent qu’elle symbolise la joie, sont tous dans leur droit. Nous saluons la maturité de notre peuple qui a su juguler toutes les inquiétudes qui planaient sur cette date historique.
Nous saluons aussi les autorités actuelles de notre pays qui ont permis ce climat de paix et de liberté de toutes sortes. Nous sommes un pays pauvre qui n’a ni ressources naturelles ni débouchés sur la mer. Nous avons besoin d’un climat apaisé pour mener à bien nos activités.
La paix aussi est un trésor inestimable. Nous devons nous inscrire tous dans une dynamique de paix. Nous n’avons pas intérêt à nous combattre les uns les autres. Nous devons nous accepter avec nos différences. Prenons l’exemple sur les Etats-Unis d’Amérique qui ont été frappés par Ben LADEN. Cela a été un traumatisme pour les Américains, mais n’empêche qu’il y a certains qui sont d’accord avec le présumé terroriste. Il y a des Américains qui portent des tee-shirts à l’effigie de Ben LADEN. C’est ça la démocratie. Le Burkina doit suivre cet exemple.
Je souhaite beaucoup de bonheur pour notre pays et je prie pour la consolidation de la démocratie».

Mme OUEDRAOGO Yvonne

“Nous sommes contentes des 20 ans de démocratie dans notre pays.”
«Nous sommes contente des 20 ans de démocratie dans notre pays. Les femmes surtout ont beaucoup bénéficié de la démocratie. Elles sont de plus en plus présentes à toutes les sphères de responsabilités.
Nous saluons donc l’avènement de Blaise COMPAORE au pouvoir. Grâce à lui, les libertés sont garanties. Je souhaite qu’il continue à aider les femmes parce qu’en aidant les femmes ce sont nos enfants qu’il aide. Il a toutes nos bénédictions. On ne peut pas plaire à tout le monde mais en 20 ans, il a su rallier la majorité derrière lui et c’est ça l’essentiel. La vérité ne se cache pas, elle finit toujours par triompher».

Malick AKIMBI (Président de Sport)

“Je dois être reconnaissant au Président Blaise COMPAORE”
«En ce qui concerne les 20 ans de pouvoir du président COMPAORE, je peux dire que c’est la paix et la liberté d’expression seulement qui prévalent au Burkina. Cette période m’a été personnellement favorable parce que j’ai eu beaucoup de bonheur. Je dois donc être reconnaissant au président Blaise COMPAORE qui a permis de créer un environnement de paix favorable aux affaires. Dans la vie, tout le monde ne peut pas être satisfait du régime en place. Tout le monde ne peut pas avoir le bonheur. Même chez Dieu le créateur, tout le monde ne peut pas avoir le bonheur. Dieu donne le bonheur à qui il veut. C’est donc normal qu’il y ait des gens qui ne soient pas satisfaits de l’époque de Blaise COMPAORE.
Sinon pendant les 20 ans de règne, Blaise COMPAORE a fait beaucoup de réalisations qui sont bien visibles. On ne peut pas faire des omelettes sans casser les œufs. Si nous voulons que le pays avance, nous devons nous entendre pour travailler. Nous devons essayer d’imiter les Occidentaux qui sont nos devanciers en démocratie.
En ce qui concerne la date du 15 octobre, nous devons accepter ceux qui sont contents et aussi les malheureux. C’est ça aussi la vie. Ce qui est passé, est passé ; nous devons regarder désormais l’avenir. Je félicite le président Blaise COMPAORE qui a placé le Burkina à un meilleur niveau.
Nous qui avons l’habitude de voyager nous savons combien il est respecté à l’extérieur. En Afrique, il y a des peuples qui cherchent à avoir un dirigeant de la trempe du président COMPAORE. Nous sommes dans un pays de paix et de sécurité.
Les gens parlent comme ils veulent sans la moindre inquiétude dans ce pays. Les étrangers sont à l’aise dans ce pays. C’est un pays pauvre dans lequel les Burkinabè vivent mieux dans la modestie.
Soyons unis et donnons-nous la main pour construire ensemble le Burkina. Si nous sommes unis tout va aller, même le sport, notamment le football.
Je souhaite longue vie à Blaise COMPAORE et que Dieu bénisse le Burkina».

Mamadou Diao KONE (Vice-président de l’ADF/RDA)

“Nous allons nous battre aux côtés du Président”

«Je pense que les 20 ans de Blaise COMPAORE au pouvoir sont presque pour le RDA parce que le mois d’octobre c’est le grand mois pour le RDA. Le RDA est créé en octobre 1946 et le 15 octobre encore on a eu la chance de revenir sur la scène politique à la faveur de la démocratie. C’est pourquoi autant que le président Blaise COMPAORE, le RDA est aussi en fête. Nous avons eu beaucoup d’acquis au cours de ces deux décennies.
Sans le 15 octobre, le RDA était fini ; on avait enterré le RDA. Mais grâce au 15 octobre, il est là aujourd’hui. Il renaît.
Pour nous ce qui a été réalisé en 20 ans, c’est le minimum. Le maximum arrive car le RDA soutient Blaise de toutes ses forces. Vous pouvez le constater à travers la lettre que la direction du RDA a envoyée au président du Faso à l’occasion de la célébration des 20 ans de renaissance démocratique au Burkina.
Vous pouvez compter sur la bonne volonté du RDA. Nous allons nous battre aux côtés du président COMPAORE pour que la liberté, la démocratie et la paix surtout règnent dans ce pays».

Mme TRAORE née Awa TRAORE (DREBA – Hauts-Bassins)

“Les femmes ont pu s’épanouir davantage”
«Les 20 années de pouvoir sous le président Blaise COMAPORE nous ont permis de nous améliorer en démocratie surtout parce qu’il y a eu la liberté d’expression, la liberté de comportement… toutes sortes de libertés. Il y a eu aussi la réalisation de plusieurs infrastructures par rapport au programme établi à chaque mandat par le président du Faso. Ce sont des programmes très pertinents, faciles à développer et à réaliser. Durant ces 20 années de démocratie, les femmes ont pu s’épanouir davantage ; les jeunes aussi sur tous les plans ont été épanouis de même que toute la population même sur le plan international.
Durant les 20 années écoulées, le président COMPAORE a également œuvré pour la paix dans la sous-région et dans le monde entier».

Mahama SANOU (Président de la communauté musulmane de Bobo, membre du Collège des Sages)

“ C’est un Président patient, compréhensif et homme de pardon”
«Les 20 ans de pouvoir du président Blaise COMPAORE se sont déroulés dans la quiétude et la paix. Ce constat est essentiel pour dire que les acquis sont très importants.
Nous parlons sous l’angle de la religion. C’est Dieu qui sait tout et c’est lui qui attribue le pouvoir à qui il veut. En cette date anniversaire, tous les Burkinabè doivent se départir des divergences inutiles pour s’accorder sur l’essentiel qui est le devenir de notre pays commun.
On ne peut pas plaire à tout le monde, mais que chacun essaye de se départir de sa casquette politique pour voir réellement les acquis obtenus pendant les 20 ans.
Lorsqu’on regarde le pouvoir de Blaise COMPAORE, on se rend compte que c’est un pouvoir respectueux. Il respecte les religions, les anciens, les femmes, les jeunes…
Le pouvoir appartient à Dieu seul. Il le confie à qui il veut et quand il veut. Il appartient à tout le monde de se reconnaître au régime qui gouverne. Ça aussi c’est une manière de respecter le créateur.
Hormis Dieu le plus que parfait, aucun être humain n’est parfait. Mais un responsable doit toujours chercher à se perfectionner nuit et jour. Le président Blaise COMPAORE est sur une bonne voie. Il a permis la liberté de parler, de critiquer et même d’insulter.
Tout le monde est libre de faire ce qu’il veut pourvu qu’il ne soit pas dans l’illégalité.
Nous les anciens nous le conseillons toujours dans ce sens. Prenons l’exemple des recommandations du Collège des Sages pendant la journée du pardon. Il a accepté toutes les recommandations formulées par les sages.
C’est un président patient, compréhensif et homme de pardon.
Il a fait ce qu’il pouvait. C’est vrai que tout n’a pas été parfait mais reconnaissons que ses bonnes œuvres dépassent largement ses erreurs. Dans cette situation, il ne peut que se corriger au fur et à mesure.
Il protège toujours son peuple et le défend comme il peut. Prenons le cas du pain qui vient de connaître une légère augmentation de prix. De 120F, la baguette de pain est passée à 125F. Dans d’autres pays, l’augmentation a atteint parfois jusqu’à 40 à 50%.
Le chômage est une réalité dans notre pays. Nous savons tous que c’est un problème difficile à résorber mais le président Blaise COMPAORE se bat comme il peut pour chercher des solutions pour aider les jeunes.
En 20 ans, les réalisations sont très importantes. On ne peut pas finir de les énumérer. La plupart des routes qui relient Bobo-Dioulasso aux pays voisins ont été bitumées ou en voie de l’être. Les barrages qui se construisent pendant cette période sont très nombreux. On peut citer le barrage de Ziga qui a permis aux ouagalais de résorber un tant soit peu le problème d’eau de la capitale.
Le barrage de Samandeni qui sera bientôt exécuté dans la région de Bobo permettra de donner un coup de pouce à notre région.
Nous ne pouvons pas tout dire dans les journaux sinon il y a des anciens qui ont prédit un avenir radieux pour notre pays si nous préservons le président Blaise COMPAORE pendant un certain temps à la tête de notre pays le Burkina. Ces anciens n’ont pas donné le délai exact, mais ils ont prévenu que si toutefois on laisse Blaise COMPAORE nous échapper avant cette date, c’est le Burkina tout entier qui en pâtira. Mais si au contraire on le laisse achever son œuvre pendant le temps nécessaire qu’il lui faut, alors notre pays connaîtra le bonheur même après lui. Le cas échéant s’il s’en va sans terminer son œuvre, tout le Burkina le regrettera pour toujours. Que ceux qui veulent le croire le croient. Ce sont des prévisions qui viennent de nos anciens et nous y croyons.
Le 15 octobre est une date historique qui a vu l’un de nos leaders perdre la vie. Ce fut très pénible pour tout le peuple burkinabè y compris le président COMPAORE lui-même. Mais ceux qui, 20 ans après continuent de remuer le couteau dans la plaie, ceux-là sont des déstabilisateurs. Sur ce sujet, nous saluons l’esprit démocratique du président Blaise COMPAORE qui n’a pas daigné empêcher les partisans de SANKARA de célébrer l’année Thomas SANKARA en même temps que les 20 ans de renaissance démocratique. Il a assuré la sécurité de tout le monde et tout s’est bien passé de part et d’autre.
Thomas SANKARA n’est pas le seul leader qui est mort pour la cause de notre pays. Ouezzin COULIBALY, Nazi BONI et bien d’autres sont morts. Et comment ?
Mais si on veut chercher à comprendre tout ça, on risque d’ouvrir plusieurs plaies alors que nous devons plutôt les panser.
Le président Thomas SANKARA a fait ce qu’il avait à faire. Aux yeux de Dieu, sa mission sur terre a été accomplie ; c’est son destin et nul ne peut rien contre la volonté divine. Nous ne sommes pas Dieu pour juger qui que ce soit. Le jugement appartient à Dieu et à lui seul.
Si la mort d’une personne peut faire très mal, que dire alors de la mort du prophète Mahomet (Paix et salut sur lui et sa famille) pour les musulmans ?
A l’annonce de sa mort, il y a l’un de ses compagnons qui était prêt à trancher la tête de quiconque osait confirmer sa mort. Pour lui, il était inadmissible de dire que celui qui est venu sauver les musulmans était mort.
Pourtant c’était la vérité. Il était bel et bien mort.
Il a fallu un autre compagnon du prophète plus inspiré pour lui faire comprendre la situation grâce à un verset du coran. Après le prophète, certains des premiers califes qui ont pris la relève ont été violemment tués.
Mais c’est grâce au pardon que la religion a pu survivre jusqu’aujourd’hui. Rendons grâce à Dieu.
Nous souhaitons longue vie au président Blaise COMPAORE et beaucoup de forces pour supporter le Burkina Faso notre trésor commun.
La pluie d’hier est passée avec sa fraîcheur.
Regardons l’avenir et bâtissons ensemble notre pays».

Abi TRAORE (Présidente de l’équipe des tigresses de Bobo)

“Les femmes ont eu une place importante avec Blaise COMPAORE”

«En 20 ans de pouvoir de Blaise COMPAORE, le Burkina a beaucoup évolué. Les femmes ont eu une place importante avec Blaise COMPAORE. Il a démontré qu’avec lui, les femmes aussi doivent participer au développement du pays. La première dame se bat aussi à ses côtés. Elle est la première avocate des femmes du Burkina auprès de son époux. Cela nous réconforte beaucoup. Je souhaite que le président Blaise COMPAORE continue sur sa lancée. S’il aide les femmes, c’est toute la nation qui en bénéficie.
Il faut qu’il appuie les femmes analphabètes et celles qui vivent dans les campagnes les plus reculées.
Sur le plan du football féminin, je souhaite que le président nous aide. Les équipes de football féminin n’ont pas de compétition en tant que telle. Elles s’entraînent tout le temps, mais elles n’ont pas l’occasion dévaluer leurs forces et leurs faiblesses. Les moyens aussi manquent beaucoup. Nous n’avons pas de sponsors et les équipements sportifs coûtent très chers. Pourquoi ne pas faire des dons de matériels sportifs aux équipes féminines chaque 08 mars ?»

Sita KONE (Vendeuse de souchets)

“Nous demandons à Dieu de bénir notre pays et notre président.”

«Grâce à Dieu, nous avons la santé sous l’ère de Blaise COMPAORE. La vie est dure, tout est cher, mais on rend grâce à Dieu. Nous souhaitons que Blaise COMPAORE aide les femmes en nous octroyant des petits crédits.
Nous voulons travailler pour assurer l’avenir de nos enfants. Le pouvoir de Blaise n’est pas contraignant.
Pendant la campagne électorale, il y a des partis qui insultent carrément Blaise COMPAORE. Nous savons que des gens lui rapportent ces injures. Mais ces personnes ne sont jamais inquiétées. Souvent nous-mêmes avons peur à leur place. Pendant la révolution, ce n’était pas facile. Tout le monde avait peur. Maintenant on est libre et les gens exagèrent.
Nous demandons à Dieu de bénir notre pays et notre président. Si Blaise est resté jusqu’aujourd’hui c’est que c’est lui qui a raison. Le mensonge ne peut pas faire 20 ans au pouvoir. Après LAMIZANA, Blaise est notre deuxième bon président».

Par Drissa Koné à Bobo-Dioulasso

Visite de Lula au Burkina
Ce qu’on peut y gagner

Il n’y avait pas meilleure occasion pour le Brésil pour se mieux rapprocher du continent qui a joué un grand rôle dans son peuplement. En effet, la célébration des 20 ans de Renaissance démocratique du Burkina avec le président Blaise COMPAORE a été saisie par le pays de la Samba pour faire une percée diplomatique en Afrique de l’Ouest avec la visite du président Luis Ignacio Lula Da SILVA à Ouagadougou..

Avec plus de 8 millions de km2 et de grandes richesses naturelles, le Brésil, second pays noir de par sa population après le Nigeria, a certainement beaucoup à offrir à l’Afrique. Très discret les années précédentes, le géant d’Amérique du Sud a décidé, depuis l’arrivée de Lula au pouvoir, d’occuper la place qui devrait être la sienne sur la scène continentale africaine à la mesure de son poids politique et économique. En décidant de venir au Burkina à une période très symbolique, Lula marque son adhésion à la philosophie de progrès et de démocratie qui anime le Burkina depuis 20 ans. Il rabat en même temps le caquet à ceux qui veulent que ce pays soit couvert de bandeau noir dès lors que le vent ne tourne pas dans le sens qu’ils désirent.
Le Brésil est un géant dans le vrai sens du terme. Il excelle dans de nombreux domaines et un pays comme le Burkina ne peut que tirer de grands bénéfices en se rapprochant de lui. Une exploration de quelques domaines permet de voir plus clair dans l’intérêt que le Burkina a à marcher la main dans la main avec le pays de Lula. Bien entendu, rien n’est exhaustif dans cet inventaire tant les choses peuvent bénéficier d’un effet multiplicateur au fur et à mesure de leur évolution.
Voyage au cœur d’une nation riche de ses couleurs raciales mais aussi de ses potentialités diverses.

Le sport
Dans le domaine du sport, c’est le pays de Edson Arentès Do NACIMENTO dit Pélé, le plus grand footballeur de tous les temps. C’est le pays, le plus titré sur le plan du football mondial avec cinq sacres en coupe du Monde (1958, 1962, 1970, 1994 et 2002). C’est donc un pays de références en matière de ballon d’où le Burkina peut tirer d’énormes bénéfices pour booster son sport roi.
Si le Brésil est resté si grand sur la scène internationale depuis longtemps, c’est bien parce que son système de formation footballistique est très performant. Des clubs comme Porto Alegre, Gremio Flamengo, Fulminense… «produisent» des vedettes pour leur propre consommation mais aussi pour les très riches clubs d’Europe qui ne résistent pas aux talents des joueurs brésiliens et sont prêts à casquer des millions de dollars pour se les offrir. En la matière, un responsable du centre de formation de Gremio a dit que «la vente» d’un seul joueur comme Kaka permet à son centre de vivre six ans sans difficultés financières.
Or la faiblesse du football burkinabè réside dans la formation. On ne peut pas rester performant en sport sans un système de relève bien assuré. L’expérience brésilienne ne peut donc qu’être utile au Burkina. Bien entendu, le déficit de moyens peut ne pas permettre d’aller au même rythme, mais la méthode nous permettra d’envisager une sortie du gouffre. Des techniciens burkinabè peuvent aller se perfectionner au Brésil, l’équipe nationale peut y aller en stage, les clubs peuvent tirer bénéfice de l’expérience de leurs homologues. En faisant un inventaire, le Burkina a tout à gagner d’un rapprochement footbalistique avec le Brésil. Il faut aussi dire que ce pays excelle dans d’autres disciplines sportives. Ainsi, en volley-ball, il est parmi les meilleurs au monde, de même qu’en basket-ball. Dans les sports mécaniques, le Brésil a produit d’excellents athlètes dont le plus emblématique demeure Ayrton SENNA un des plus grands pilotes de formule 1 de l’histoire.
En un mot comme en mille, le Brésil c’est du solide en sport.

La culture
La semaine du cinéma brésilien qui a précédé la visite de Lula a prouvé que le pays de Gilberto GIL (ministre de la Culture et musicien de renom) est très riche de sa diversité. Les télénovelas brésiliennes comme «Femme de Sable», «Dona Béija» ont tenu en haleine les téléspectateurs burkinabè durant leur diffusion. La puissante chaîne «TV Globo» est la principale productrice de ces feuilletons très prisés ; c’est un véritable «empire» dont un officiel brésilien a d’ailleurs avoué que le pouvoir ne pouvait pas influencer les actions. C’est dire la force de la chose culturelle dans ce grand pays. Durant cette semaine cinématographique, le film «Pelé, l’éternel» a drainé du monde au ciné Neerwaya. La personnalité de Pélé y est certainement pour quelque chose, mais un film de médiocre qualité n’aurait pas eu autant d’audience.
Le Burkina, pays du cinéma par excellence sur le continent peut à travers le Festival Panafricain du Cinéma de Ouagadougou (FESPACO), faire profiter à l’Afrique entière de la grande expérience cinématographique du Brésil ; c’est du vrai art.
Dans les arts du spectacle, le Carnaval de Rio est une célébrité mondiale et comme les Burkinabè aiment danser, une bonne collaboration avec cette institution apportera un plus à notre expression culturelle.
Le métissage et le très grand apport de l’Afrique dans la vie culturelle du Brésil font que le rapprochement peut être vite opéré dans le cadre d’un échange d’expériences. Dans ce sens, des acteurs culturels burkinabè comme Hyppolite OUANGRAWA dit Mbabouanga ou le groupe de rap «Faso Kombat» ont déjà bénéficié de l’expérience brésilienne avec des voyages sur place.

La politique et l’économie
Le Brésil est un pays dit émergent comme l’Inde, la Chine ou l’Afrique du Sud.
En tant que géant sous-régional dans le sous-continent sud-américain, le Brésil joue depuis l’arrivée de la «Gauche» au pouvoir, il y a quelques années, un rôle prépondérant sur la scène internationale.
Lula a su s’imposer comme une voix qui compte, tenant parfois tête aux Etats-Unis, comme cette plainte à l’Organisation internationale du Commerce (OMC) concernant la subvention aux cotonculteurs. Le Burkina qui est la tête de proue de la coalition africaine contre ces subventions occidentales gagnerait à bien coopérer avec le Brésil dans ce domaine précis pour le bonheur de tout le continent africain.
Le géant Sud-américain est un des pays les plus avancés dans le biocarburant. Ce grand producteur de sucre et de maïs utilise une grande partie pour la production de l’éthanol utilisé comme substitut aux énergies fossiles. Il est vrai que le Burkina qui se bat encore pour atteindre l’autosuffisance alimentaire ne saurait s’aventurer sur ce terrain mais une meilleure connaissance de la technologie peut être utile dans d’autres domaines.
Comme on le voit, le Burkina a de bonnes raisons de se rapprocher du pays de Lula. En l’invitant à la commémoration des 20 ans de Renaissance démocratique, le président Blaise COMPAORE a montré que le pays peut tirer largement profit d’un rapprochement avec des nations du sud.
D’ailleurs des accords de coopération ont été signés et leur application devront être effective avec l’ouverture prochaine des missions diplomatiques à Ouagadougou et à Brasilia. «On ne choisit pas ses parents, on ne choisit pas sa famille», comme le dit Alain SOUCHON, mais on peut choisir ses amis, et le Brésil en tant que grande nation a beaucoup à offrir au Burkina, et pendant longtemps à l’image de son grand fils «Pélé, l’éternel».o

Par Ahmed NAZIE

Front populaire ivoirien
«Nous sommes en pré-campagne»

Le mercredi 17 octobre 2007 à la faveur du séjour de la délégation ivoirienne invitée au Colloque international sur la démocratie et le développement en Afrique, le président du FPI, Pascal Affi N’GUESSAN, a échangé avec la presse burkinabè sur l’évolution de l’application de l’Accord de Ouagadougou relatif au retour de la paix en Côte d’Ivoire.

Comme annoncé, le président du FPI, devant un parterre de journalistes de la presse nationale et internationale dit être à Ouagadougou en tant qu’invité et représentant du président ivoirien Laurent Koudou GBAGBO, pour prendre part au Colloque international sur la démocratie et le développement en Afrique, tenu du 14 au 16 octobre 2007 à Ouagadougou. C’est ainsi que le représentant de GBAGBO et sa délégation ont porté à la connaissance des participants et des autorités burkinabè l’évolution de la situation politique en Côte d’Ivoire. Et selon Affi N’GUESSAN c’est une évolution qui est marquée par une décrispation depuis la signature de l’Accord, le 4 mars 2007. A l’endroit de la population burkinabè à travers le président Blaise COMPAORE, facilitateur du dialogue direct interivoiriens, le président N’GUESSAN a formulé au nom de son parti des remerciements, eu égard au «soutien constant et résolu apporté à la résolution de la crise en Côte d’Ivoire» et souhaite que cet accord mène dans les meilleurs délais à la fin de la crise à travers l’organisation des élections. Parlant des élections, il est sceptique quant à leur tenue probable selon l’échéance du premier trimestre 2008. Néanmoins, pour lui, cela pourrait se tenir au premier semestre 2008 (mai-juin), au vu de l’évolution positive du déroulement des audiences foraines et la vérification des listes électorales. Selon le président du FPI, la situation est plus que satisfaisante puisque son parti a entamé une tournée de pré-campagne dans les zones qu’il ne pouvait pas atteindre en raison de la crise.
De son séjour au Burkina Faso, le conférencier a été reçu par le Mogho-Naaba à qui il a adressé une invitation à prendre part à une rencontre du président ivoirien avec la communauté burkinabè en Côte d’Ivoire. Quant aux relations avec les partis politiques burkinabè, il a laissé entrevoir leurs affinités avec le PDP/PS avec lequel ils sont membres de l’Internationale socialiste et l’UNDD, avant d’avouer que son parti doit beaucoup à Blaise COMPAORE et au CDP pour leur soutien constant. «Si le FPI est aujourd’hui ce qu’il est, c’est grâce à Blaise», a-t-il soutenu.
Sur la question foncière, comme source de conflits entre communautés, Affi N’GUESSAN soutient plutôt l’instrumentalisation de cette situation par les politiques. «J’estime que ces conflits sont instrumentalisés par les politiques, notamment ceux qui arrivent en politique par les sommets, ceux qui viennent de l’UNICEF, du FMI par exemple», a-t-il précisé avant de clamer que «ceux (ndlr : les politiciens parachutés) provenant des grandes institutions sont dangereux». Et pourtant la question est fondamentale avec une loi pour le moins «confligène» qui depuis 1998 stipule que «la terre appartient aux paysans non à l’Etat».
Parlant des comportements de certains politiciens calculateurs, accusés de déstabilisateurs des partis de l’opposition, le président Affi dira en ces termes : «Nous n’avons pas la culture du banditisme politique au FPI pour débaucher les cadres des autres partis. Si des gens quittent d’autres partis pour venir au FPI, c’est parce qu’ils se sont rendus compte que ces partis sont dans l’impasse». o

Par Issoufou MAÏGA

Le Ganzourgou au rendez-vous

C’est tambour battant, que les amis et sympathisants de Blaise COMPAORE du Ganzourgou ont commémoré le 15 octobre 2007 ; les 20 ans de renaissance démocratique au Burkina.
Au menu de l’animation populaire, du cyclisme, un meeting et du football. C’était à Zorgho et en présence des militants venus des 8 communes de la province.

Dès 8 heures, à la place du marché, les troupes Marinsé, Kigba de Zorgho, les troupes Warba de Méguet et celle féminine de Teng-Sobdogo tenaient déjà la foule en haleine. C’est dans cette ambiance festive que la course cycliste féminine a démarré. 12 femmes venues des secteurs de Zorgho ont enfourché leur bicyclette et ont fait un trajet fermé de 4km, deux fois soit une distance de 8km. C’est Rosalie KABORE qui a franchi la première la ligne d’arrivée suivie de Sibdou Hélène KABORE et de Nathalie OUEDRAOGO.
Après la gent féminine, 16 hommes venus des différentes communes du Ganzourgou ont pris le relais. Ils devaient boucler le même trajet 5 fois. C’est la commune de Zoungou qui a remporté cette épreuve en occupant les deux premières places respectivement par Aloïs KABORE et Issa KABORE. Mathias ILBOUDO de Méguet s’est classé 3e.
Le clou de cette manifestation fut, sans conteste, le meeting. Il a débuté par une animation de la troupe kigba de Zorgho.
Pendant que les talentueuses danseuses gardaient le public en haleine par des pas exceptionnels de danse, le chansonnier qui les accompagnait entonne une première chanson à travers laquelle, il dépeint les difficiles conditions de vie et de travail des femmes avant d’inviter tous les acteurs présents à mettre du sien pour des lendemains meilleurs de cette frange de la population. Son 2e chant stipule qu’avec le vent démocratique qui souffle de nos jours au Faso il y fait bon vivre. Après cette réjouissance populaire place aux allocutions. Premier intervenant à ce meeting M. Edouard BALKOULGA, maire de Zorgho.
Selon lui, depuis 20 ans le président Blaise COMPAORE a axé son combat dans la lutte contre la pauvreté, la faim, la soif, la maladie. Avec Blaise COMPAORE le pouvoir est entre les mains du peuple, c’est la démocratie.
«Nous commémorons aujourd’hui l’avènement de la paix, de l’intégrité de la démocratie au Faso nous devons aussi réfléchir sur les voies et moyens pour parfaire tout cela», a-t-il déclaré.
A l’issue de cette intervention, le public a eu droit à une prestation de la troupe Marinsé, machette à la main signe de victoire. La population du Ganzourgou à travers le comité provincial d’organisation des manifestations de ce jour a adressé un message au président du Faso. Ce message lu par le député Alexis KABORE souligne le rayonnement diplomatique international du pays avec Blaise COMPAORE. Au plan national le retour à la vie constitutionnelle normale, l’effort de pardon, de cohésion sociale, la renaissance économique, la réduction de la pauvreté et la stabilité sont, entre autres, des acquis indéniables. Au Ganzourgou, durant ces 20 ans de multiples projets et programmes qui interviennent dans les domaines agricoles, de l’élevage, de la formation et de l’emploi, de la santé, de l’éducation ont permis à la province d’amorcer un décollage certain dans tous les secteurs. Tout en souhaitant la continuité de tous les chantiers ouverts ou à programmer la population du Ganzourgou souhaite un jour accueillir Blaise COMPAORE.
Ce message fut remis au député Joseph KABORE pour acheminement.
En recevant ce message le député Joseph KABORE, président du comité provincial d’organisation a déclaré que tous les villages de la province portent une marque positive de ces 20 ans de pouvoir de Blaise COMPAORE. Il a rassuré à tous que le message sera transmis au destinataire.
Dans l’après-midi les activités ont pris fin avec un match amical de football qui a opposé l’équipe départemental de Mogtédo à celle de Zorgho au stade provincial : score final zéro but partout. En levée de rideau un match de galas a opposé les hommes aux femmes. Les femmes ont tiré leur épingle du jeu par un score de un à zéro.
Notons que les populations du Ganzourgou adhèrent massivement au parti de Blaise COMPAORE, le CDP, pour preuve les 2 députés, ainsi que les maires des 8 communes sont issus de ce parti..

Par Lavoisier

Caravane de Pô
3 000 jeunes sur les traces de la Révolution

La soif de connaître les péripéties qui ont abouti à la Renaissance démocratique du pays, a poussé environ 3 000 jeunes de toutes les régions du Burkina à organiser jeudi 18 octobre 2007 sur Pô, une caravane pour s’abreuver auprès du président Blaise COMPAORE, acteur principal s’il en est de cette période de notre histoire récente. A tout le moins ils n’ont pas eu tort, car l’expérience s’est révélée à la hauteur de leurs attentes et a mis en lumière une nécessité impérieuse : informer et former la jeunesse sur un passé qu’elle ne connaît qu’à travers des clichés et des images parfois truquées à dessein.

Le Président du Faso a rendu un vibrant hommage aux jeunes qui n’ont jamais manqué de le soutenir dans les grandes luttes comme celle de la résistance du 17 mai

Pô, berceau de la Révolution burkinabè était dans une effervescence festive le jeudi 18 octobre dernier. Cette bourgade du Centre-Sud qui a sa «petite histoire» dans l’histoire politique du Burkina était sous les feux de la rampe en accueillant sur ses terres la jeunesse burkinabè à la recherche de la vérité historique sur les processus qui ont enfanté le 4 août 1983 et le 15 octobre 1987.
Les Polais ne voulaient pas se la faire conter à preuve pour leur forte mobilisation. C’est comme s’ils n’attendaient que l’occasion pour montrer à celui-là qu’ils ont eu à adopter sur leurs terres pendant une partie de sa carrière militaire, il y a vingt ans qu’ils sont fidèles en amitié. Le grand bain de foule qu’ils lui ont réservé à son arrivée aux environs de 12h 30 témoigne toute l’affection qu’ils ont de ce président qui, à partir de leur terroir, a changé le cours de l’histoire du Burkina. Ce qui d’ailleurs explique le pélerinage au foyer incandescent de la révolution à savoir le camp commando dans la matinée. L’occasion a été donnée aux jeunes de découvrir les vestiges du poste de commandement (PC) du héros de la révolution du 4 août 1983 du Président Blaise COMPAORE. Ils ont aussi eu droit à des démonstrations de combats commandos et des exercices de haute voltige suivis des séances de tirs avec des Kalachnikovs, roquettes RPG7, des mitrailleuses lourdes, des DCA et des fameuses Orgues de Staline.
«Azaaba» ! Ainsi s’exclame en kassena (langue locale de Pô), Henri KOUBIZARA, maire de Pô pour souhaiter la bienvenue à tous les jeunes des différentes localités du pays. Aux côtés de ces jeunes, les communautés vivant au Burkina et un aérophage de chefs coutumiers, tous présents pour exprimer leur reconnaissance au précurseur de l’Etat de droit dont la capacité d’anticipation a permis à notre pays de renouer sans trop de heurts avec la démocratie. C’est une marrée humaine qui a d’ailleurs pris d’assaut le pied à terre du président qui tenait lieu dans la soirée aux échanges entre les jeunes et des acteurs ou témoins de la Renaissance démocratique tels que Arsène Bognessan YE, Achille TAPSOBA, Mamadou TRAORE, Alain ILBOUDO, Laurent SEDOGO, Kilimité HIEN, Gabriel TAMINI, François COMPAORE…
Premier à planter le décor de cet historique face-à-face entre les jeunes et Blaise COMPAORE, le maire de Pô a tenu à relever que «nous avons montré à la face du monde que nous sommes capables de faire la révolution et de faire la démocratie». Et c’est un fait historique incontestable que Blaise COMPAORE était au début de tous ces processus. Salif SAWADOGO, chargé de l’organisation de la rencontre a fait cette adresse au président du Faso résumant l’ordre du jour : «Ces jeunes ont soif d’apprendre sur votre parcours militaire, politique, sur vos qualités de démocrate et de médiateur». Et le ministre de la Jeunesse et de l’Emploi, Justin KOUTABA ne dit pas autre chose lorsqu’il s’exclame que cette jeunesse veut tout simplement une compréhension juste de l’histoire.

17 mai 83 à juin 91, la part de vérité
A cœur ouvert, Blaise COMPAORE, avec un air détendu, une attitude sereine et un langage souvent teinté d’humour comme à son habitude, a brossé les grands traits de l’histoire d’une période dont il était le personnage clé. De la révolution d’août 83 à la naissance de la IV e République en juin 91, le président du Faso en avait tellement à dire mais non seulement son statut d’homme d’Etat mais surtout sa profonde humilité l’en empêchait. Ainsi donc il a fallu d’autres témoins pour donner des éclairages sur certains faits majeurs.
Pour parler de son combat politique, Blaise COMPAORE a fait savoir qu’il y a vingt ans comme ces jeunes qui ont fait le déplacement de Pô, il était débordant d’ambitions et d’enthousiasme pour agir dans l’intérêt de la nation. C’est cet enthousiasme qui leur aurait permis lui et d’autres camarades de s’engager dans un combat politique qui aujourd’hui se révèle être un des plus importants de l’histoire du Burkina. Pour cela, il rend hommage à la jeunesse burkinabè qui a toujours été à ses côtés au moment des grandes luttes. Il s’est en effet réjoui de l’engagement des jeunes de Pô, de Ouaga et d’ailleurs dans la résistance du 17 mai qui devait mettre fin à «une régression impardonnable» du régime du Conseil de Salut du Peuple (CSP). Cette résistance était pleine de suspense et d’émotions comme le décriront certains témoignages. En fait, «je ne suis pas un homme politique» s’est exclamé Blaise COMPAORE tout en soulignant qu’il n’est qu’un citoyen qui aime son pays et qui se sent obligé d’être toujours présent lorsqu’il s’agit de travailler pour permettre à la nation de s’émanciper, de rayonner, de gagner en progrès et en liberté.
En abordant l’avènement du 15 octobre, il a d’abord insisté sur le bien-fondé de la révolution d’août 83 : ses ambitions de départ étaient bonnes. Mais la construction politique et les orientations idéologiques ont été pour beaucoup dans le désastre qu’elle a connu.

Les chefs traditionnels ont témoigné de leur calvaire au temps des CDR

Ce qui a le plus manqué à la révolution, c’est de n’avoir pas su mettre en conformité les espérances de liberté avec les vertus de la révolution. De manière générale, nul ne doute que la période révolutionnaire a laissé des stigmates dans la société. Ne seraient-ce que les comportements excessifs des CDR. Le 15 octobre 1987 n’est que la résultante de tous ces errements et l’aboutissement d’une série de contradictions mal résolues (lire témoignages de Bongnessa YE, Mamadou TRAORE, Achille TAPSOBA…).
Le président du Faso a été par ailleurs interrogé sur l’état de ses relations avec le papa de Thomas SANKARA avant son décès. Il en a fait cas en ces termes : «Je dois dire qu’à un moment nous avons eu des contacts cordiaux. Mais il n’y a pas très longtemps un certain nombre de situations m’ont amené à freiner. Ainsi, aux funérailles du vieux KALAZANGA où il était, le président de l’Assemblée nationale (Ndlr : Roch Marc Christian KABORE) avait été approché par le papa de Thomas en ces termes : «dis à mon fils que j’ai faim», comme il le faisait par le passé. J’ai fait remettre un pli pour lui et une semaine après on me l’a renvoyé.
Une seconde fois, il est passé par le Colonel DIENDERE. Je lui ai encore envoyé un pli ; mais 2 ou 3 jours après, les enfants me l’ont renvoyé en me faisant dire qu’ils ne voulaient rien de moi et qu’ils n’avaient pas besoin de ça. Je me suis alors dit, qu’il ne fallait par agir contre la volonté des gens.
Il y a donc eu des périodes où c’était la cordialité mais à partir de ces deux faits, je n’ai plus voulu continuer à m’investir dans la construction de relations qui allaient en dents de scie».

Interpellé sur le complot de 20h, du 15 octobre 1987, Blaise COMPAORE fait savoir d’abord qu’il est assez difficile de parler des gens qui ne vivent plus. Il aurait donc souhaité que ceux qui vivent toujours témoignent de ce qu’on complotait contre lui et dont ils ont eu connaissance à travers des hautes personnalités et des responsables de la sécurité présidentielle à l’époque.

Avec le non conformisme qu’on leur connaît,

les jeunes ont interpellé Blaise COMPAORE sur leurs préoccupations

Des membres du gouvernement ont tenus à être de la partie

Mais il s’est quand même laissé aller à une petite et significative révélation en ces termes : «Mon propre chauffeur a été reçu à 12 heures dans la chambre d’une personnalité de très haut niveau ce jour pour des propositions concrètes. Je crois que c’est une question qui sera traitée publiquement mais ça ne me paraît pas le moment d’en parler. Sinon on va parler de gens qui ne sont pas là et qui ne pourront pas répondre». «En tout cas, poursuit le président du Faso, la révolution avait atteint ses limites».
Pour Blaise COMPAORE, nous sommes aujourd’hui dans un espace républicain où les libertés sont garanties. Dans ce sens, la jeunesse devrait comprendre qu’elle a un rôle et une histoire à jouer. Les 3 000 jeunes caravaniers très enthousiastes conscients de l’importance que le président du Faso leur accorde dans la construction du pays n’ont donc pas manqué d’aborder avec lui les problèmes de chômage et de la formation. Face à ces inquiétudes, le président du Faso a laissé entendre : «Nous savons que vous êtes dans des conditions qui ne vous permettent pas de vous investir pleinement dans les programmes et ambitions que nous avons, pour le pays. C’est pour cela que nous nous battons pour élargir les connaissances au niveau de la jeunesse, pour élever le niveau d’éducation, de formation professionnelle, élargir les capacités d’initiative et entrepreunariale». Pour conclure que «Sans la jeunesse, il n’est pas possible de penser à l’avenir».

Blaise COMPAORE répondant à une question sur les évènements du 17 mai

Le Conseil de Salut du peuple (CSP) avait un meeting, samedi 14 mai à Bobo et tout le monde devait y être. Le vendredi 13, lorsque je voulus prendre la route de Bobo, un officier de l’Armée de l’air m’appela. Je suis allé le voir, il avait les yeux rouges. Quand je lui ai demandé ce qui se passait il m’a dit qu’il avait quelque chose de très important à me dire mais que je devais garder le secret parce que si cela se savait il dirait ne m’avoir jamais rien dit. Ainsi, il me confia qu’on allait nous arrêter. En mon fort intérieur, je me dis que si c’est à Ouaga, il serait difficile de m’arrêter ; ce qui ne serait pas le cas, si j’étais par contre à Bobo. Ainsi, je décidai de ne plus me rendre au meeting de Bobo. Toutefois, après analyse je me rendis compte que puisque le chef de l’Etat, le Premier ministre Thomas SANKARA et le chef d’Etat major Général des Armées seraient tous au meeting, je ne pouvais pas me dérober. Il fallait donc que j’y aille. Ce que je fis, me disant cependant que si les gens devaient rentrer le dimanche à Ouaga, moi je ne le ferais que le lundi car si on devait nous arrêter ce ne pourrait être qu’à partir du mardi 17 mai ; ce qui serait du reste très compliqué pour eux à Ouaga.
Le meeting était prévu pour 16h. J’arrivai à Bobo autour de 14h et allai immédiatement voir le Premier ministre Thomas pour l’informer de notre éventuelle arrestation dans la semaine. Je lui ai dit que puisqu’il en était ainsi, il devait profiter du meeting pour bien insulter les autres (ndlr : le camp du CSP favorable à son président). Ensuite, je lui conseillai de rester vigilant lorsqu’il rentrerait à Ouaga en attendant mon retour que j’avais prévu pour lundi et là, nous allions mieux nous organiser. Comme j’avais servi auparavant cinq ans à Bobo, je restai pour voir un certain nombre d’amis. (Ndlr : c’est à cette occasion que lui a été présenté Dianguinaba BARRO qui lui avait offert les mangues dont certains intervenants ont fait cas dans leurs témoignages.). Dans la même nuit, je dis à mon chauffeur de rejoindre son hôtel, le Watinoma, pendant que moi j’étais dans les appartements de la BCEAO. Je lui fis savoir qu’on allait quitter Bobo le 17 à 6h du matin. Mais vers 2h du matin quelque chose me dit de ne pas passer la nuit à Bobo et nous quittâmes alors aussitôt la ville pour arriver à Ouaga autour de 5h du matin. Nous traversâmes la ville qui était plutôt calme alors que ça bougeait autour du camp Guillaume et la maison du Premier ministre. Arrivé chez moi, c’est François COMPAORE qui ouvrit immédiatement la porte et il m’annonça que des gendarmes étaient venus la nuit pour m’arrêter. Je pensais, cependant, que c’était fini, car je ne savais pas que les chars étaient dehors. Alors je dis à mon chauffeur d’aller déposer ses affaires au camp et revenir me chercher autour de 7h pour aller à la présidence afin de savoir pourquoi on voulait m’arrêter. Quand il partit, à peine un quart d’heure après, il revint me dire que mes éléments étaient encerclés au camp. C’est là que je décidai de partir à Pô.

Ils étaient dans les tranchées...

Le jeudi 18 octobre, celui qui pilote la Renaissance démocratique, Blaise COMPAORE, ses principaux collaborateurs et certains acteurs de la Révolution en passant par la Rectification et l’Etat de droit ont avec la jeunesse du Burkina échangé sans langue de bois. C’était à Pô, ville d’où avec ses commandos et des patriotes qui les avaient ralliés, ils sont partis pour investir la capitale et instaurer la Révolution, le 4 Août 1983. Le rôle actif qu’a joué Blaise COMPAORE durant ce quart de siècle d’histoire contemporaine de notre pays avec bien sûr des périodes difficiles et la volonté d’offrir au peuple un mieux-être dans la dignité et le respect ont été les sujets de la causerie. Loin d’être une fiction, les témoignages, les questions-réponses des jeunes qui ont soif de découvrir Blaise, ont levé un coin de voile sur la vie d’un bâtisseur. Lisez plutôt.

Me Mamadou TRAORE, alors Directeur des CDR de services puis Commissaire politique chargé des secteurs structurés
Répondant à une question sur la contribution de la jeunesse à la Révolution

“il y a eu des débordements au niveau de la surveillance des contre-révolutionnaires.”
“Les premiers responsables de la Révolution étaient des jeunes. Ce qui a créé au plan politique, un engouement de toute la jeunesse du pays qui a participé au premier rang à l’avènement de cette révolution. Que ce soit le 17 mai après le meeting de Bobo-Dioulasso et tout ce qui s’en est suivi ; que ce soit le 4 Août 1983, la jeunesse a pris une part active à travers les structures CDR.
D’une manière générale, il faut noter qu’aux premiers moments l’une des premières tâches a été d’organiser les jeunes, qui s’étaient pour la plupart formés à Pô et dans les secteurs pour assurer la sécurité des personnes et des biens. Mais il y a eu des débordements au niveau de la surveillance des contre-révolutionnaires. Ce qui a été le plus important, c’est que les actions de ces jeunes ont permis de « pacifier » les secteurs.
Nous avions par ailleurs, organisé à Pô une conférence des étudiants sur la formation et l’emploi afin de mieux impliquer les jeunes dans la production. Ainsi, nous avons organisé des camps de vacances dans la Gnagna, et dans la Comoé. Ces camps étaient des occasions pour les jeunes de travailler dans divers secteurs du développement tels que la Santé et l’Agriculture. Le couronnement de toutes ces activités a été la mise en place du Service national populaire (SNP).
La Révolution n’avait pas les moyens pour assurer de l’emploi à tout le monde. Pour pallier cette situation, le SNP permettait aux jeunes, notamment scolarisés ou en fin de cycle, de faire non seulement une formation militaire, mais aussi de participer à la production dans la Fonction publique tant dans l’Enseignement que dans la Santé ou ailleurs selon leurs profils.
Enfin, on peut dire que lorsque la Révolution a commencé à connaître des problèmes, la jeunesse a joué un grand rôle. Au cours d’une conférence que nous avions organisée à Pô, je me rappelle comme si c’était hier, les étudiants ne voulaient plus entendre parler d’un certain nombre de mots d’ordre. Cela m’a amené à rentrer en contact avec le président SANKARA à plusieurs reprises pour savoir la conduite à tenir. Il fallait que je calme la situation en attendant car, il avait décidé de venir à la clôture et les jeunes l’attendaient pour lui dire un certain nombre de vérités. Pour me résumer, je dirai qu’en ce qui concerne la solution à la crise au sein du CNR, la contribution de la jeunesse a été très importante en prenant fait et cause pour beaucoup plus de liberté.
C’est aussi la participation des jeunes qui a permis à certains mots d’ordre d’avancer ; c’est le cas de la bataille du rail, du sport de masse, des trois luttes…”

Colonel Gilbert DIENDERE, Commandant adjoint du CNEC puis Chef d’Etat Major particulier de la Présidence du Faso
Répondant à une question sur la résistance du 17 mai
“On visait à faire venir le capitaine Blaise COMPAORE à Ouagadougou pour pouvoir le prendre.”

“Je crois que la modestie du président fait qu’il ne veut pas parler de lui-même alors qu’il a été l’acteur principal de la Résistance qui a commencé à partir du 17 mai 1983 et même avant. J’ai été témoin de cette journée mémorable qui a, en fait, commencé pour moi le 15 mai où j’ai reçu ici à Pô en tant que son adjoint un message de sa part m’invitant à le représenter à une réunion à Ouagadougou puisque lui il était à Bobo-Dioulasso pour un meeting le 14. L’ordre du jour officiel de cette réunion qui devait se tenir le 16 mai portait sur la présentation de nouveaux parachutes aux corps parachutistes auxquels nous appartenions.
En réalité, nous avons compris par la suite que cette réunion visait à faire venir le capitaine Blaise COMPAORE à Ouagadougou pour pouvoir le prendre. En me présentant le 16 au lieu indiqué pour la réunion, on m’a fait savoir que celle-ci était reportée. J’ai compris que ce report était dû tout simplement à l’absence de Blaise COMPAORE. Je me suis donc retourné dans ma chambre au Mess des officiers pour attendre et revenir le lendemain à Pô. Le 17, très tôt le matin, un officier accompagné de deux ou trois militaires est venu me réveiller pour me dire qu’il fallait que j’aille au camp Guillaume calmer mes commandos qui n’étaient pas contents d’un mouvement fait dans la nuit par les autres militaires. Effectivement, nous avions au camp Guillaume un détachement de 30 commandos qui assuraient la sécurité du Premier ministre de l’époque, Thomas SANKARA. Ces éléments avaient été encerclés entre 3h et 4h du matin parce qu’ils avaient opposé une résistance suite à l’arrestation de Thomas SANKARA, LINGANI et bien d’autres camarades. L’officier et ses éléments m’ont obligé à embarquer dans leur véhicule quand bien même j’avais ma propre jeep garée. Arrivés à la porte du camp, ils sont restés dehors et m’ont dit d’aller voir mes éléments à l’intérieur. Dès que je suis rentré, ils m’ont expliqué le déroulement de la situation. J’ai immédiatement pris fait et cause pour eux parce que non seulement j’étais également contre ces arrestations mais aussi et surtout en tant que leur supérieur, je ne pouvais pas les abandonner à eux-mêmes. J’ai décidé donc de rester avec eux, advienne que pourra. Pendant ce temps, le capitaine Blaise COMPAORE rentré très tôt de Bobo s’était fait déposer à son domicile et avait dit à son chauffeur MAIGA de faire un tour au camp Guillaume pour voir les éléments qui y sont, le temps pour lui de prendre un bain avant de retourner à Pô. Quand le chauffeur est arrivé à côté du camp, il a vu que celui-ci était encerclé par beaucoup de militaires et des engins blindés.
Il a compris qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas. Il a donc en même temps fait demi-tour pour aller rendre compte à son chef qui certainement n’a pas eu le temps de se laver comme il l’avait prévu et, a décidé de prendre immédiatement la route de Pô. Comme c’est un commando, il savait très bien qu’il ne fallait pas venir tout droit parce qu’on pouvait lui tendre une embuscade. Il a alors pris un chemin détourné. Il a dû quitter vers 7h du matin et ce n’est que vers 17 h qu’il est arrivé à Pô. Quelques jours après lorsque nous l’avons rejoint, il m’a dit qu’il n’avait pas l’habitude de manger les mangues mais que ce jour-là, il n’avait mangé qu’une mangue toute la journée.
Pendant ce temps, au camp Guillaume OUEDRAOGO, je suis resté avec mes éléments pour organiser la résistance avec eux en attendant la réaction de Blaise COMPAORE. Ce n’était pas facile compte tenu de notre nombre par rapport à ceux qui nous encerclaient. Pour leur faire peur, j’ai dit aux éléments de se balader dans la cour avec des RPG7. C’était une manière de les dissuader de nous attaquer. Lorsque nous avons su dans la nuit que Blaise COMPAORE était déjà à Pô, ça été un grand soulagement pour nous parce que nous savions qu’ils ne pouvaient plus rien contre nous. Ils savaient bien qu’avec la présence de Blaise COMPAORE à Pô, si quelque chose nous arrivait c’était tant pis pour eux. C’est ainsi qu’entre 21h et 22h nous avons essayé de discuter avec eux.”

Dr Michel ZABRAMBA, ami d’enfance de François COMPAORE

“C’est nous qui avions laissé nos pièces d’identité aux gendarmes à la résidence de Thomas SANKARA”
“Comme disent beaucoup de gens, quand vous les regardez, ils (Blaise et Gilbert DIENDERE) se ressemblent par leur modestie, leur sobriété, leur simplicité et cela jusqu’à leur propre détriment. C’est un hommage que je rends à tous ces messieurs. J’avais un pincement au cœur parce que quand j’écoute certaines radios, quand j’écoute certains individus qui parlent de Blaise, notamment ceux qui se disent Sankaristes, j’ai un pincement au cœur.
Ces individus doivent tout à Blaise COMPAORE. S’il n’avait pas été là avec ses hommes on ne parlerait pas de Révolution du 4 Août, on ne parlerait pas de Thomas SANKARA, président du Faso. C’est parce que Dieu a voulu qu’il soit là pour que l’histoire du Burkina Faso puisse s’accomplir.
Voyez-vous, François COMPAORE est témoin, je le suis également. Un soir, il nous avait été dit qu’on avait convaincu Thomas SANKARA et le capitaine Henri ZONGO d’aller ramener Blaise de Pô pour une concertation afin de trouver une solution d’entente entre les deux camps du CSP qui s’opposaient. Il nous avait été dit aussi que si jamais le capitaine Thomas SANKARA ramenait Blaise avec lui on les éliminerait tous les deux.
Paniqués, François COMPAORE et moi avons rejoint Mahamadi KOUANDA et les deux sur une moto, ont démarré pour Pô pour les avertir. Ils ont croisé sans s’en apercevoir Blaise et SANKARA, parce qu’ils avaient déjà pris la route pour Ouaga, mais ne les ont pas reconnus... Sur une moto Cross, après une course folle, ils (Ndlr : « Ils » ici désignent en fait François COMPAORE remorqué par Hyacinthe KAFANDO), les ont rattrapés après le village de Nobéré et leur ont donné l’information. Mais ils ont refusé de les croire et ont décidé de continuer. A court d’arguments pour les convaincre de faire demi-tour, François a fini par dire à Blaise : «Tu ne partiras pas à Ouaga». Malgré l’assurance de Thomas SANKARA, François a rétorqué : «Avant tout c’est mon frère, c’est une question de vie ou de mort et il n’ira pas à Ouaga !» Il a même versé des larmes et le capitaine Blaise COMPAORE a fini par dire : «Je retourne à Pô».
Je voudrais aussi ajouter que c’est nous qui avions laissé nos pièces d’identité aux gendarmes à la résidence de Thomas SANKARA afin de faire diversion pour qu’il puisse aller voir Blaise. Jusqu’à 2 heures du matin, il ne revenait pas et on était très inquiet. Parce que, à tout moment, les gendarmes pouvaient se rendre compte de la supercherie. On faisait du bruit dans le salon pour faire croire à la présence de Thomas SANKARA. C’est donc un grand hommage que je rends à Blaise COMPAORE, au colonel DIENDERE et ses hommes. L’histoire ne commence jamais par la fin c’est toujours par le début.
François COMPAORE a été un acteur de premier ordre ; il est trop modeste pour le dire. En écoutant certains, on a l’impression qu’il n’a rien fait et que son seul mérite, si s’en est un, est le fait d’être le frère du président. On n’a même l’impression que pour certains il n’a même pas fait l’école ! Pour ceux qui l’ignorent, c’est un agroéconomiste. Il y en a qui ont fait leur SNP (Service national populaire) à la présidence ; ce n’est pas le cas de François. Il a été fonctionnaire comme tout le monde ; il a servi au FEER. NDLR : (Fonds de l’Eau et de l’Equipement). Ce sont ceux qui ont fait leur SNP à la présidence qui se réclament n°2,…, n° 8, et autres du Burkina Faso aujourd’hui.”

François COMPAORE, Conseiller à la présidence

“On a pu éviter la guerre civile”


S’il y a un hommage que je dois vraiment rendre ici ce soir, c’est aux militaires d’une manière générale. Le président a effectivement cité mon nom dans son témoignage. S’il se souvient bien, le 17 mai 1983, vers 5 heures du matin quand il est rentré de Bobo, je lui ai fait cas du passage de gendarmes venus le chercher vers 4 heures du matin à notre domicile. Il m’a répondu : «Ecoute, tu t’es réveillé et avec ton sommeil, tu as dû confondre les casquettes ; c’était sûrement mes commandos !». J’ai insisté et je lui ai dit : «Celui qui n’a pas l’habitude de te réveiller, quand il le fait tu regardes bien sa tête». Malgré tout, il a dit à son chauffeur d’aller déposer ses effets au camp Guillaume OUEDRAOGO, et de revenir le chercher parce qu’il avait une rencontre à la « Base aérienne » vers 7 heures. Pendant que le chauffeur s’exécutait, des agents de renseignement ont certainement donné un coup de fil à la gendarmerie qui a débarqué au domicile peu après. Mais son chauffeur, du nom de MAIGA, est heureusement revenu plus vite devançant les gendarmes de quelques minutes. Quand il est arrivé, il a crié : «Mon capitaine, on vous a fait un coup d’Etat !». Le capitaine sans même porter ses chaussures, je crois, sauta dans la voiture « Visa » qui était là et ils sont partis pour Pô. Ils ont opté pour ce véhicule à cause de son autonomie et de sa faible consommation en essence. Il avait ramené des mangues de Bobo que El hadj Djanguinaba BARRO lui avait offertes ; j’en ai pris quelques unes que j’ai mises dans le véhicule en leur souhaitant bonne chance. Ils ont juste fait le tour de la maison et sont rentrés dans le «six mètres» de gauche qu’un cargo de la gendarmerie débouchait par la droite. Les gendarmes m’ont demandé si le capitaine était là. Je leur ai dit que d’autres gendarmes étaient déjà passés à 4 heures du matin et ne l’avaient pas trouvé et que depuis lors la situation n’avait pas changée. Naturellement ils ne m’ont pas cru et ils ont visité la maison. Mais le mensonge était trop gros, parce qu’il y avait un Zaïrois qui avait voyagé avec le capitaine qui mangeait les mangues sur la terrasse. Cela indiquait assez clairement qu’il était certainement rentré de Bobo… ; j’ai joué sur le temps afin que le capitaine et son chauffeur puissent s’éloigner de la maison. Mais à quelques 500m de l’Eglise de Kologh Naba, ils ont eu des problèmes d’essence. Selon ce qu’il m’a dit, il avait 20 000F CFA qu’il a remis au chauffeur pour prendre du carburant. Le chauffeur le déposa dans une rue des environs, étant donné la situation, avant d’aller chercher l’essence. La première station vers l’Eglise, n’était pas encore ouverte et il a dû continuer. A la station de Larlé, le gérant avait bougé. La situation, devenait donc dramatique puisqu’il devait continuer au centre ville qui devait être particulièrement surveillé. Au moment où il s’apprêtait à redémarrer, on lui a signifié le retour du gérant. Il a pu donc prendre le carburant et retourner chercher le capitaine. C’est ainsi qu’il a échappé.
A supposer qu’il n’ait pas pu rallier Pô, qu’est-ce qui allait se passer ? Les commandos de Pô allaient certainement attaquer Ouagadougou et cela aurait pu tourner en une guerre civile. Il faut voir en ces hommes de tenue-là, des gens qui sont là pour nous aider à avancer dans le développement, dans la démocratie. Le colonel Gilbert DIENDERE a joué un grand rôle. En effet, s’il avait cédé au camp Guillaume en entraînant avec ses hommes, la résistance aurait été plus dure parce qu’il y aurait eu dans le camp adverse ses éléments qui y étaient. Quand on sait qu’ils connaissaient toute la stratégie et les tactiques de Pô, on comprend que cela aurait rendu plus difficile le déroulement des opérations de résistance. Je peux bien parler des militaires parce que mon papa l’a été, mon frère l’a été ; il est à la retraite maintenant. Quand je leur jette des fleurs c’est parce que je pense qu’ils ont joué un grand rôle positif dans ce pays.

Mahamadi KOUANDA, Délégué CDR
A propos de la résistance du 17 mai et du 4 août
"Thomas SANKARA m’a envoyé dire merci à Blaise COMPAORE"

Comme quelqu’un l’avait dit au cours du meeting de Ouagadougou, la démocratie n’est pas tombée comme ça du ciel le 2 juin 1991.
Il y a eu des préalables. Je tiens à souligner avant tout que Blaise COMPAORE était déjà un ami pour moi et que je connaissais la plupart des membres de sa famille avant cette date du 17 mai. Pour parler du 17 mai, ce jour-là, je suis arrivé dans la cour de Blaise COMPAORE au quartier Ouidi vers 7h et j’ai croisé à la porte François COMPAORE et Michel ZABRAMBA qui tremblait. Et François, calme comme d’habitude, m’a dit que son grand frère venait de partir et qu’il avait pris la route de Ouahigouya. Ils m’ont demandé d’aller voir ce qui se passait en ville. Je suis allé au domicile de Thomas et revenir leur faire le point. J’ai passé la nuit avec eux. Le 19 je suis allé à Pô pour rencontrer Gilbert DIENDERE (Ndlr :qui avait dû être libéré entre temps avec ses éléments) et j’ai été surpris de voir Blaise COMPAORE qui m’a accueilli sur la terrasse. J’ai passé la nuit et repartir le 20 rendre compte à sa famille à Ouaga. Fréquemment, Blaise me donnait des commissions pour Thomas qui était en résidence surveillée.
En ce qui concerne le 4 août, je tiens à dire qu’une fois, Thomas SANKARA m’a envoyé dire merci à Blaise COMPAORE pour avoir conquis le pouvoir pour lui. Il m’a dit de dire à Blaise COMPAORE qu’il lui est vraiment très reconnaissant et que seul Dieu pouvait le récompenser. Je ne vais pas rentrer dans les détails. Mais je tiens enfin à dire que le jour où on a coupé le courant chez le Moro Naba, j’ai compris que la Révolution était arrivée à sa fin. C’est Blaise qui a fait remettre l’électricité. Je ne dirai pas plus que ça parce que nous n’avons que la cinquantaine, il y a encore la vie. Alors, je demande tout simplement aux Burkinabè de prier pour Blaise COMPAORE afin que Dieu le protège.

Achille TAPSOBA, Directeur des CDR géographiques puis Commissaire politique chargé de l’Organisation et de la Planification
Répondant à une question sur la différence entre révolutionnaires et réactionnaires

Ce serait vraiment fastidieux de faire la différence entre le révolutionnaire et le réactionnaire. Cela nécessiterait une conférence ou une veillée-débats. Donc je vais me résumer très succinctement sur les éléments constitutifs de cette typologie.
A l’époque, on entendait par révolutionnaire, celui qui s’engage pour lutter contre la domination impérialiste, contre l’exploitation et l’oppression sous toutes ses formes, contre le conservatisme et la régression, pour défendre les intérêts du peuple contre les ennemis du peuple.
Le Révolutionnaire est supposé aller dans le sens d’un changement fondamental de la société au plan économique, social et culturel et cela dans le sens bien compris d’une justice sociale pour un progrès national. Le Réactionnaire par contre, c’est celui qui agit contre le progrès ; celui qui tire les choses en arrière. Le mot « rétro » en latin veut dire en arrière. Rétrograde veut donc dire celui qui tire les choses en arrière et qui est contre le progrès du peuple. Alors, ceux qui tirent les choses en arrière sont considérés comme des forces rétrogrades ou ceux qui militent pour le maintien de l’ordre bourgeois. Autrement dit, les exploiteurs du peuple sont des conservateurs. Les ennemis du peuple étaient en quelque sorte les valets locaux de l’impérialisme que sont la bourgeoisie politico-bureaucratique, la bourgeoisie compradore et les vestiges de la féodalité.

Le Larlé Naaba
Répondant à une question sur la cheferie traditionnelle sous la révolution
“Aucun chef ne prenait le risque de porter son bonnet pour traverser la ville”


Je me réjouis avant tout d’avoir été invité à cette rencontre des jeunes avec le président du Faso qui a lieu dans le berceau de la Révolution. La tradition enseigne que « votre grosse tête ne vous quitte jamais, mais vos gros problèmes peuvent vous quitter ». C’est en cela que nous remercions l’avènement du Front populaire qui a réhabilité la chefferie traditionnelle et coutumière. C’est vrai que c’est à partir de 1990 que j’ai été intronisé. Je dois dire que j’ai été un CDR comme beaucoup de jeunes de mon âge. J’ai des témoins comme Mahamadi KOUANDA qui était venu me voir en 1985 pour que je sois le délégué du secteur 11. Ce jour-là, je lui ai dit que je suis un révolutionnaire mais que je ne pouvais pas lancer des slogans tels que : A bas la féodalité ! ; A bas les forces rétrogrades !… Tout simplement parce que mon père était chef et qu’il était inconcevable à mon sens de prononcer contre lui et tous les autres responsables traditionnels des slogans haineux. Devant mon refus il m’a fait savoir qu’il voulait simplement que je mobilise les gens parce que j’en avais la capacité et que je ne serais pas tenu de lancer ou de répondre à des slogans que je ne partagerais pas… Face à mon refus pour les raisons invoquées, il m’a amené chez Roch Marc Christian KABORE, alors directeur général de la BIB, pour qu’il me convainque. A lui aussi, j’ai fait savoir que je ne pouvais assurer une responsabilité qui allait me contraindre à prononcer des slogans contre la féodalité. Roch a donc dit à KOUANDA de me laisser et de chercher quelqu’un d’autre. C’est ainsi que j’ai personnellement contribué à ma façon à la Révolution. Mais je peux témoigner de ce qu’ont vécu les chefs traditionnels sous la Révolution, de 1983 à 1987 parce que mon père était chef coutumier.
Quand par exemple un chef coutumier voulait se rendre chez le Moro Naba, il prenait soin de cacher son bonnet dans la poche pour éviter d’être arrêté par les CDR. C’est une fois arrivé chez le Moro Naba qu’il le portait. Aucun chef ne prenait le risque donc de porter son bonnet pour traverser la ville parce que malheur à lui s’il rencontrait un CDR. Il pouvait subir des manœuvres comme des «pompes». Vous voyez, c’étaient des pratiques humiliantes, de la provocation. En quelque sorte c’était un manque de respect pour cette catégorie de la société. C’est la rectification qui a réhabilité les chefs coutumiers comme étant des gardiens et dépositaires des valeurs culturelles et des valeurs traditionnelles.
Aujourd’hui, avec l’avènement de l’Etat de droit, nous remercions le président Blaise COMPAORE qui a un projet de société qui prend en compte les valeurs culturelles partagées à savoir le respect, la dignité et la solidarité.
Nous devons aussi dire qu’autour du président, il y a de dignes fils et filles qui le soutiennent de façon sincère. Mais il faut reconnaître aussi qu’il y a des gens autour de lui qui ont toujours des attitudes CDR et qui manquent de respect à certaines couches de la société.
Comme vous le savez, la révolution a eu deux phases, celle des CDR et celle des CR. Le Moro Naba a été invité pour la première fois au moment de la deuxième phase de la Révolution. C’était le 28 juin 1988 à la permanence du secteur 20 à l’occasion de la présentation des vœux du chef de l’Etat aux corps et missions diplomatiques. Depuis lors les chefs coutumiers font partie de l’ordre protocolaire.
Comme l’a dit le chef de l’Etat, considérer les chefs coutumiers au Burkina comme des féodaux, c’est méconnaître l’histoire du pays. Ce ne sont pas les chefs coutumiers qui gèrent les terres ; cela relève des chefs de terre à qui nous nous adressons lorsque nous avons nous-même besoin de terre pour cultiver. C’est donc à tort, qu’on accusait sous la Révolution les chefs coutumiers de féodaux. Mais comme on le dit « lorsqu’on veut abattre son chien, on met des plumes dans sa gueule ». Je souhaite que la paix règne dans ce pays. Que Dieux et les mânes bénissent le Burkina Faso.

Par Issoufou MAÏGA

 

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