La récompense d’un activisme porteur
Le 16 octobre 2007, le Burkina Faso a été invité à la table des grands avec son élection comme membre non permanent du Conseil de sécurité de l’ONU. C’est la reconnaissance des immenses efforts déployés par notre pays pour promouvoir la paix et la sécurité mondiales.
Le président du Faso lors d'une session de l'AG de l'ONU 
Même si les membres non permanents du Conseil de sécurité de l’ONU n’ont pas le fameux droit de veto, on ne peut que se féliciter de cette élection, si tant est qu’au même titre que les cinq grands, le Burkina va participer à la vie du Conseil, avec un pouvoir de recommandation. En sus, le choix du pays des Hommes intègres ne doit rien au hasard, étant entendu que l’article 23 de la Charte des Nations unies prévoit deux conditions alternatives et hiérarchisées pour appartenir à ce cercle restreint de décideurs. Il s’agit de la contribution de l’Etat aux opérations de maintien de la paix, de la sécurité internationale et sa participation aux autres objectifs de l’organisation. Sur le premier point, et, la répétition étant pédagogique, on ne manquera pas de revenir sur les résultats flatteurs engrangés par le Burkina Faso dans le cadre de la construction et de la consolidation de la paix sous-régionale et africaine. La tenue des législatives togolaises est la plus récente illustration de cette diplomatie de développement (la paix n’est-elle pas la condition première de celui-ci) qui s’exerce tout aussi efficacement en Côte d’Ivoire.
Fidèle au vœu de son président qui, dans son programme quinquennal, veut «renforcer son leadership dans l’intégration régionale et dans la mondialisation», la diplomatie burkinabè s’attache à consolider la place du pays en Afrique et dans le monde. Car, «dans le contexte de la globalisation, la coopération politique et économique revêt plus que par le passé une importance cruciale». C’est pourquoi, le Burkina reste attaché aux relations de bon voisinage, d’interdépendance communautaire et au raffermissement de liens actifs entre les peuples africains et est fidèle aux valeurs de paix et de sécurité sans lesquelles rien de durable ne peut être construit. Actif au plan diplomatique, le pays l’est aussi au plan économique lui qui œuvre, sans cesse, à l’atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement. Déjà dans son «Programme pour un développement solidaire» Blaise COMPAORE oeuvrait à l’avènement d’une société qui récuse l’idée du recours au seul marché pour optimiser l’allocation et la répartition des ressources. La société alternative ainsi prônée, «place au cœur de sa démarche, les véritables besoins des populations en se fondant sur la connaissance et l’acceptation de l’interdépendance économique des hommes et des femmes pour mener à bien la construction d’une économie solidaire dans une société démocratique».
Cela a entraîné une consolidation de l’Etat de droit, une bonne tenue de l’économie et un accroissement des rendements au niveau des secteurs productifs, notamment l’agriculture. Et, dans le souci de vite atteindre les OMD, l’éducation est la pierre d’angle de l’actuel programme de gouvernement. Avec elle, la santé, autre droit fondamental qui ouvre l’accès aux autres, est promue.
C’est en définitive, un processus continu de grandes transformations qui devait faire du Burkina, un pays émergent, une société solidaire, responsable et soucieuse de l’épanouissement de l’individu qui est ainsi récompensée. Qui a dit que la bonne gouvernance politique et économique n’avait pas de vertus ?
Par Alpha Yaya
Journée nationale de la liberté de la presse
La solidarité et le professionnalisme au cœur du débat
Chaque 20 octobre est célébrée au plan national, la journée de la liberté de la presse. Pour ce 20 octobre, les hommes de médias ont été invités à réfléchir sur le sens de la solidarité et du professionnalisme en leur sein. Un thème bien entendu qui n’est pas anodin puisque, c’est connu, les ouvriers de la plume n’hésitent pas à se «rentrer dedans». Toute chose qui met à mal et à nu les tares de la corporation.
Pour la quatorzième fois, par l’entremise de l’A J B (Association des Journalistes du Burkina) et le Centre de presse Norbert ZONGO, les hommes et femmes de média ont célébré la Journée nationale de la liberté de la presse. Comme chaque année, ils se sont réunis autour de plusieurs activités pour marquer à leur manière la journée. «Solidarité et professionnalisme des journalistes burkinabè», un thème qui est plus que d’actualité et qui a permis à trois panélistes de haut vol, Luc Adolphe TIAO du CSC (Conseil Supérieur de la Communication), le Pr. Serge Théophile BALIMA de l’Université de Ouagadougou, et l’ex juge Hervé KAM d’entretenir les hommes de médias sur la question. De l’intervention des uns et des autres, l’on retiendra que les hommes de presse burkinabè sont otages des intérêts politiques, quand bien même l’unité reste la seule voie de salut pour les «ouvriers de la plume». Cette commémoration a également été l’occasion pour les journalistes de faire un plaidoyer auprès des leaders d’opinions et des politiques, pour une révision du code de la presse. Un plaidoyer qui a été mené pendant un déjeuner offert à l’Hôtel Pacific et au cours duquel la proposition de loi portant sur l’accès des journalistes aux sources d’informations notamment administratives a été expliquée aux participants. Les deux groupes parlementaires qui étaient présents à savoir les groupes ADF/RDA et AJD ont, à l’occasion, marqué leur soutien au projet des hommes de médias. Mais pour le député Bénéwendé S. SANKARA, le soutien des deux groupes parlementaires, s’il n’est pas rien, demande à être partagé par d’autres. Aussi dira-t-il : «Il faut que vous approchiez le groupe parlementaire du parti majoritaire, parce que notre soutien seul ne vous suffira pas …». Le représentant du ministère de la Promotion des droits humains, lui s’est demandé pourquoi une proposition de loi et non un projet. Le centre de presse a-t-il eu un groupe parlementaire pour soutenir son action au sein du parlement ? En effet, une proposition de loi émane toujours d’un député ou d’un groupe de députés tandis que le projet de loi est initié par le gouvernement via les ministères. Ce qui a amené un des spécialistes, Eric Sibiri KAM qui a été à l’origine du texte de loi de réagir pour donner des éclaircissements. « Nous savons qu’un projet de loi émane du gouvernement et qu’une proposition de loi vient du député. Nous nous avons fait ce travail en espérant que l’un ou l’autre de ces deux entités se l’approprie et nous aide à en faire une loi. Si aujourd’hui le ministère de la Promotion des droits humains peut nous donner un coup de main dans ce sens, il est le bienvenu, et c’est la même chose pour les groupes parlementaires. C’est d’ailleurs le but visé par ce déjeuner de presse. Trouver un partenaire à même de booster notre plaidoyer». Outre cette question de «paternité», certains intervenants, à la lecture du document, ont émis des réserves quant à certaines des dispositions qui méritent d’être améliorées selon eux.
La journée commémorative de la liberté de la presse s’est achevée dans la soirée avec un match de football entre la presse écrite et celle audiovisuelle. Et comme d’habitude c’est la presse écrite qui a fait d’une bouchée nos amis des radios et des différentes télévisions de la place. Malgré l’encadrement technique de Fabio CAPELLO (Sidiki DRAME), ça n’a pas empêché ses poulains de prendre un cinglant 4 à 2. Une soirée qui s’est terminée dans une véritable ambiance de solidarité et de partage. Ce qui a amené cette interrogation de la part d’un confrère : «le manque de solidarité dans la presse dont on parle tant n’est il pas propre aux aînés par hasard ?». Et de poursuivre sans faux fuyant : «Nous de la nouvelle génération nous ne connaissons pas ces crises-là en tout cas malgré le fait que nous ayons des lignes éditoriales souvent très opposées». Des propos qui valent leur pesant d’or et interpellent plus d’un !
Par Frédéric ILBOUDO
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