Témoignage de Bognessan Arsène YE
De la Révolution à l’Etat de droit
«C’est la grande vision de Blaise COMPAORE qui a été le moteur qui a permis d’adopter la constitution.»
Je voudrais profiter de l’occasion qui m’est offerte pour faire mon petit témoignage sur comment nous avons évolué de l’Etat d’exception à l’Etat de droit.
Vous savez que notre pays a été caractérisé pendant très longtemps par une série d’instabilités qui ont commencé d’abord par le soulèvement populaire du 3 janvier 1966, ensuite il y a eu le 8 février 1974 où l’Armée a renversé les civils. Il ya eu également le 25 novembre 1980. On peut également évoquer le 7 novembre 1982, le 4 août 1983. Bref, il faut noter que pendant un bout de temps, notre pays a vraiment traversé des périodes d’instabilité. Le 15 octobre 1987 est l’aboutissement d’une série de contradictions au sein des camarades révolutionnaires. Ces camarades ont pris le pouvoir ensemble d’abord le 7 novembre 1982. C’est vrai que ce n’était pas encore véritablement la révolution mais les progressistes étaient beaucoup plus dominants et ils ont poussé le plus âgé mettre devant en attendant de mieux se préparer. Le’ 4 août 1983, les éléments progressistes de l’Armée ont décidé de prendre les devants des choses parce que la situation délétère du pays l’exigeait. Mais, malheureusement au plan politique, il n’y avait pas d’organe en tant que tel en mesure d’impulser une dynamique à la chose. Si bien que très rapidement les petites bagarres sont nées entre les différentes forces qui s’étaient retrouvées. Le 15 octobre 1987 a donc été le couronnement de toutes ces petites bagarres.
Quand nous avons pris le pouvoir le 15 octobre 1987, le président Blaise COMPAORE avait dès les premiers jours, un souci. Il l’a exprimé le 19 octobre 1987 dans son premier message à la Nation. Il a mis l’accent sur le fait que désormais les forces politiques devaient se constituer en forces de propositions pour rallier le Front populaire afin que nous ayons un projet de société qui puisse faire avancer le pays de l’avant. J’invite les jeunes à lire ce message très important à la nation du 19 octobre. Ce message permet de comprendre tous les autres discours qui ont été prononcés par la suite. C’est ce message du 19 octobre qui ouvrait déjà la voie à l’élaboration d’une constitution.
Par ailleurs, les révolutions qui se déroulaient au Bénin, en Guinée, en Ethiopie, au Ghana etc. avaient commencé à s’essouffler. Chaque fois, au cours de nos tournées dans les provinces, le président Blaise COMPAORE revenait sans cesse sur le fait qu’il faut qu’on rédige une constitution pour le pays.
Il a réussi lors des différentes réunions avec des camarades du Front populaire à faire accepter cette idée. Je dois dire que ça n’a pas été facile. Comme on le dit, il ya des choses quand certains ne sont plus c’est un peu malsain d’en parler. Sinon, ça n’a pas été facile. Il y avait une aile à l’intérieur foncièrement opposée à ce que nous évoluons vers un Etat constitutionnel. Je n’en dirai pas plus pour ce soir. Je pense qu’on aura le temps d’écrire quelques mémoires que vous pourrez lire.
Ce qu’il faut retenir, sous l’impulsion de Blaise COMPAORE, le Front populaire a mis en place une commission constitutionnelle le 3 mai 1990 qui était composée de 104 membres. A l’intérieur, il y avait toutes les couches socioprofessionnelles. Même des partis clandestins comme le PCRV ont été invités, évidemment ils ne sont pas venus. C’est pour vous dire à quel point, on était décidé à faire l’ouverture, à écrire un texte qui puisse rencontrer l’assentiment de tout le peuple burkinabè.
En plus des structures membres du Front populaire, on a fait appel à tous les partis politiques qui, il faut le rappeler, n’ont commencé à exister légalement que sous le Front populaire.
Avant octobre 1987, aucun parti n’existait officiellement.
La première des choses pour les différents régimes d’exception était d’ailleurs de dissoudre les partis politiques.
On doit noter que tout le monde était représenté parmi les 104 membres. Il y a ceux qui aimaient le pouvoir en place tout comme ceux qui ne l’aimaient pas. Toujours est-il qu’on s’est côtoyé pendant six mois. Le président a pris un “kiti”, pour les jeunes qui ne le savent pas c’est ce qu’on appelle décret aujourd’hui, me nommant président de la commission constitutionnelle. Nous avons commencé les travaux dans le bâtiment de l’actuelle Assemblée nationale. Je dois vous avouer qu’il y avait souvent des blocages. Mais chaque fois qu’il y en avait, on suspendait et j’allais lui rentre compte. Il me répondait à chaque fois de discuter avec les participants pour trouver un consensus. Blaise COMPAORE avait vraiment une grande préoccupation pour un aboutissement consensuel des travaux de la commission.
Nous aurions pu nous enfermer dans nos camps militaires avec nos blindés, nos kalaches ou pistolets... Donc c’est la grande vision de Blaise COMPAORE qui a été le moteur qui a permis d’adopter la constitution.
Nos travaux ont abouti à un avant-projet difficilement obtenu. Puisqu’il y avait des CR qui ont tenu à intégrer dans le texte des mots révolutionnaires comme l’Assemblée des députés du peuple. On a remis officiellement cet avant-projet au président du Front populaire le 14 octobre 1990. Pour vous faire voir l’esprit d’ouverture du président, il a encore fait soumettre, ce document à des assises nationales qui ont réuni environ 3 000 personnes venues de tous les horizons.
Les débats ont été chauds au cours de ces assises qui étaient présidées par Kilimité HIEN. Il y a d’imminents membres du CDP aujourd’hui qui s’étaient même opposés au contenu de cet avant-projet de constitution lors de ces assises. Ils ont laissé entendre que le serpent était dans le salon. Bref, ces assises nationales ont réussi à arrondir certains angles pour donner le texte que nous avons soumis au peuple le 2 juin 1991. Mais avant son adoption, sous l’impulsion de Blaise COMPAORE, nous avons envoyé des missions dans toutes les provinces du pays pour expliquer le projet de constitution.
Je dirai à l’endroit de ceux qui disent que nous sommes venus au pouvoir par un coup d’Etat qu’ils ignorent l’histoire de ce pays.
Témoignages d’amis du Burkina
MARC AICARDI de SAINT-PAUL
Issu d’une famille implantée sur le continent africain depuis plusieurs générations, j’ai depuis mon plus jeune âge été sensibilisé au devenir de l’Afrique. Mes études, puis plus tard mes recherches en tant que journaliste et écrivain, m’ont conduit aux quatre coins du continent. Pendant les années 70 et 80, la guerre froide faisait rage et beaucoup de nouveaux Etats ont été tentés par le modèle révolutionnaire, censé mettre fin aux inégalités les plus criantes et au néocolonialisme. Mais la fin de l’affrontement Est Ouest et les errements de certains leaders trop radicaux ont contribué à l’avènement de dirigeants à la fois plus réalistes, plus démocrates et meilleurs gestionnaires.
Etant habitué à couvrir une grande partie des crises du continent, j’en étais arrivé à désespérer de l’Afrique et de la capacité de ses fils à vivre en paix.
Rentrant d’Afrique du Sud, où le spectre de la guerre civile était le scénario le plus probable, mon ami Jean Guion, dont la passion pour le continent est au moins égale à la mienne, m’appela au téléphone et me dit : « Toi qui pars tout le temps en Afrique, pourquoi ne m’accompagnerais tu pas au Burkina Faso ? » ; et je me souviens lui avoir répondu : « Mais au Burkina Faso, il ne se passe rien, sous entendu, rien de grave, pas d’émeutes, pas de famine, rien qui puisse intéresser le lecteur ». Et c’est comme cela que je me suis retrouvé avec Jean Guion, à bord d’un avion d’UTA en partance pour Ouagadougou, il y a plus de 18 ans.
Le soir même de notre arrivée, le Président et Madame Chantal Compaoré nous ont invité sans protocole dans leur résidence et nous avons fait connaissance.
Moi qui déjà à l’époque avais interviewé de nombreux responsables politiques de par le monde, avais été frappé par la simplicité , la disponibilité et le franc parlé d’un chef de l’Etat qui venait à peine d’accéder au pouvoir. J’ai tout de suite été séduit par son discours, ses projets et ses ambitions à la fois pour le Burkina et pour l’Afrique. Attiré par la personnalité du Président, séduit par le pays et ses habitants, je décidais alors d’écrire un ouvrage qui aurait pour thème le Burkina Faso. Certes le pays n’est pas un « scandale géologique » comme le Zaire, mais il est doté d’une richesse au moins aussi importante : ses hommes et ses femmes qui le peuplent.
Depuis cette première visite, j’ai du effectuer des dizaines de séjours au « Pays des Hommes Intègres » et écrire de très nombreux articles sur le sujet. J’ai suivi pas à pas la transformation de ce pays qui a su, grâce à l’impulsion du chef de l’Etat et de ses collaborateurs, insuffler un nouvel élan dans le développement du pays. De nombreux chantiers, au sens propre et au sens figuré ont été menés à bien : celui des infrastructures, de la lutte pour l’alphabétisation, pour la promotion de la femme, contre l’excision, pour que Ouagadougou soit une grande capitale africaine de la culture et surtout pour que la démocratie et la paix civile soient fermement et définitivement ancrées dans ce pays.
Certes, des problèmes subsistent, mais ceux-ci ont souvent des causes extérieures au Burkina : la situation ivoirienne et le retour des nationaux , les cours artificiellement bas du coton ou la sécheresse. Mais que de progrès accomplis en deux décennies : au plan intérieur, le Burkina ne cesse de se développer et il est à la fois l’ »enfant chéri » du FMI et des ONG ; quant à son Président, Blaise Compaoré, il est devenu un leader régional respecté , écouté et un médiateur hors pair, y compris dans les conflits qui semblent insolubles.
Ayant été nommé consul du Burkina Faso à Nice depuis maintenant quatre ans, j’ai pu constater à quel point l’image du « Pays de hommes intègres » était flatteuse. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si plus de 30 associations se mobilisent, rien que dans les Alpes Maritimes et en Principauté de Monaco pour ce pays. Le sommet franco-africain qui s’est déroulé à Cannes en février 2007 a également été l’occasion de mesurer comment les élus locaux, députés, sénateurs, maires et conseillers généraux, percevaient le Burkina Faso et quel accueil ils ont réservé au Président du Faso qui fut le président africain le plus interviewé par les médias présents à Cannes. Quant à la communauté burkinabé résidant en France, elle est parfaitement intégrée, travailleuse et honore son pays d’origine.
Pour ma part, je ne peux que me féliciter d’avoir accepté de représenter le Burkina Faso, qui, sous l’impulsion de son Président, Blaise Compaoré fait de cet Etat, un modèle pour l’Afrique de l’Ouest toute entière.
Pour la première fois depuis 20 ans, Jean R. Guion, Président du CISAB, a accepté de répondre à un journaliste. C’est tout naturellement à la presse burkinabè qu’il s’est confié en s’entretenant avec Cyriaque Paré.

Le CISAB a été créé, soyons réalistes, à une époque où les institutionnels internationaux ne considéraient pas, pour d’absurdes raisons, le Burkina Faso et ses dirigeants comme « fréquentables».
Nous avons donc essayé, tant bien que mal, de « rectifier » l’image d’un pays et d’un homme que certains prenaient plaisir, sans risque d’ailleurs, à salir et à déformer.
J’ai toujours pensé que l’amitié était la plus précieuse des richesses.
C’est donc avec elle que nous avons géré la communication, sans agence, de l’événement et des moments importants, voire décisifs, de l’histoire du Burkina Faso, qui ont fait ce qu’il est devenu aujourd’hui.
L’histoire du CISAB c’est aussi l’histoire d’une amitié et d’une fraternité nées onze ans plus tôt, qui m’ont uni à un homme, dont j’ai découvert puis apprécié les grandes qualités, puis à son Peuple dont j’ai rapidement découvert qu’il avait les même.
C’est ainsi que j’ai appris à aimer le Burkina Faso, à le découvrir et à tenter de mieux le faire connaître à travers le monde.
A l’époque ce n’était pas très facile de trouver des amis prêts à s’engager, sans contre parties, pour la défense d’une démocratie naissante et d’un pays qui n’avait rien d’autre à offrir que la valeur de ses hommes, la chaleur de son accueil et l’intégrité de son esprit. Un pays qui tentait de sortir d’un cauchemar politique que d’autres autour d’eux, parfois leurs compagnons, cautionnaient aux noms d’idéologies d’un autre âge.
L’objectif du CISAB c’était de parvenir à réunir des amis, à travers le monde, prêts à remplir un véritable apostolat, celui d’expliquer, il y a vingt ans, que le Burkina Faso pouvait devenir ce qu’il est aujourd’hui et, convenons-en, ce n’était pas évident !
Pourtant il suffisait d’écouter attentivement les propos cohérents et visionnaires de Blaise Compaoré !
En 1992 « Démocratie et Développement doivent aller de pair...Que peut bien signifier la liberté et la dignité pour des personnes qui survivent du maïs de la Beauce et du sorgho du Kansas? »
En 1995 « La castration des libertés s'est toujours accompagnée d'une paupérisation à vaste échelle des populations africaines … »
En 1997 « Les Pays qui ont oublié le travail sont des Pays qui ferment boutique....»
Pour ne citer que ceux-ci !
Nous avons donc créé, puis consolidé, une chaîne d’amis, qui avaient tous en commun une certaine conception de l’homme et de la démocratie, qui se sont investis au niveau de leurs institutions et quelles que soient leurs fonctions, modestes ou importantes, dans le développement du Burkina Faso et dans l’espoir de voir réussir la mise en place de la démocratie par Blaise Compaoré.
Il y a vingt ans, au Burkina Faso et autour du Burkina Faso, il y avait à l’intérieur ceux pour qui l’arrivée de Blaise Compaoré, et donc de la démocratie, constituait un véritable couperet à leurs ambitions personnelles, ceux qui avaient compris que leurs idéologies allaient devenir solubles dans l’Etat de droit …
Il y avait ceux qui, en Europe, « voyaient se briser leurs rêves de jeunesse … après les échecs de Cuba, du Nicaragua … » et j’en passe.
Je peux me permettre, après vingt ans, de lever un coin du voile de notre histoire commune. Ces propos m’ont en effet été tenus par le Président d’une Commission des Affaires Etrangères d’un grand pays européen pour qui ses rêves personnels semblaient avoir plus d’importance que ceux de liberté et de développement du peuple burkinabè.
Il y avait aussi ceux, peut être les pires, qui doutaient, ceux qui, aussi prudents qu’hypocrites, « craignaient les dérives…»!
C’était mal connaître l’homme, Blaise Compaoré, sa détermination démocratique, son intégrité « têtue » dès lors que les intérêts de son peuple étaient en jeu, son réalisme qui lui faisait prévoir la chute du Mur de Berlin bien des années avant celle-ci et alors que, souvenez-vous en, certains dirigeants occidentaux, et non des moindres, doutaient encore de cette réalité alors que l’événement était avéré !
S’il y a eu des risques de dérive, et je peux en témoigner, ce ne fut jamais du fait de Blaise Compaoré mais d’organisations, d’hommes et de femmes, qui gardaient le secret espoir, au mieux de détourner le Président Compaoré de ses objectifs démocratiques, au pire de tuer dans l’œuf ses ambitions et ses espoirs.
Et puis il y avait les réalistes, ceux qui, de par le monde, n’ont jamais douté.
Ceux qui ont osé, et qui ont même risqué, non pas les dérives, mais l’espoir, quelles que soient leurs fonctions ou leurs engagements politiques.
Parmi ceux-ci, et je demande à l’avance pardon à ceux, nombreux, que je ne peux nommer faute de place, il y avait Pierre Messmer, Louis Michel, Solange Troisier, Jacques Pelletier, Stéphane Hessel, Michèle André, Jean Marie Cavada, Christiane Papon, Romano Prodi, Michel Rocard, Claudine Joseph, Jack Ralite, la regrettée Alice Saunier Seïté…
Puis cette chaîne d’amis s’est étendue en Europe, en Amérique, en Asie, au Moyen Orient et en Afrique bien sûr, créant une véritable famille d’adoption de la cause d’un homme et de son Peuple !
Comment ne pas évoquer mes frères, Jean Bertho avec qui nous montions parfois des stratégies dignes d’une bande dessinée pour établir un relationnel susceptible d’objectivité, et Pascal Chaigneau, Administrateur Général du CEDS, qui alla jusqu’à risquer la survie de son outil professionnel pour appuyer la démocratie burkinabè naissante…
Tous avaient une certaine forme de foi et, comme le disait le poète, il n’était pas utile de leur dire d’espérer !
Et comme ils ont eu raison d’espérer…
Quelles sont ses principales activités ?
Outre notre publication bimensuelle, « Burkina Faso Info », nous organisons des séries de conférences à travers le monde pour mieux faire connaître le Burkina Faso, très souvent au sein des Universités ou dans le cadre d’associations constituées par nos amis.
Bien avant que ce ne soit la mode, nous avons intuitivement initié ce que l’on appelle maintenant la coopération décentralisée en rapprochant des communautés burkinabè de villes, de régions ou de communautés étrangère.
C’est le CISAB qui fut un des initiateurs des premières journées de coopération décentralisée.
Nous n’avions, en fait, qu’interprété un vœu du Président Compaoré qui souhaitait s’impliquer personnellement pour remercier les associations qui aidaient son pays.
Je me souviens des angoisses protocolaires et sécuritaires qui furent les nôtres lorsque nous organisâmes la première réunion de coopération décentralisée dans une charmante ville du Rhône, à Saint Fons, grâce à nos amis Roland Chiavazza et Jean Paul Grollemund le dynamique Consul honoraire du Burkina Faso à Lyon.
Projet un peu fou que celui de réunir, dans une même salle, des représentants les plus divers, de toutes obédiences politiques ou religieuses, de toutes origines sociales qui n’avaient en commun que leurs farouches volontés d’aider, selon l’importance de leurs moyens, au développement du Burkina Faso.
Ce qui nous inquiétait le plus c’était la volonté du Président Compaoré de s’adresser directement à ces représentants que personne ne contrôlait.
Il fallait s’attendre aux questions les plus intelligentes comme aux plus saugrenues.
Ce fut le cas, et le Président, comme d’habitude avec patience et humour, fit face à cette épreuve comme aucun Chef d’Etat occidental n’a jamais osé et n’osera sans doute jamais le faire.
Que pensez-vous de l’image du Burkina en France ?
S’agissant de l’image du Burkina Faso en France elle est devenue lentement mais sûrement excellente.
Qu’on aime ou pas le Président Compaoré et son régime, force est de constater que les résultats sont là !
Le pays tourne, la démocratie fonctionne, la liberté de la presse est assurée, l’économie, en dépit de tous les facteurs qui défavorisent le développement, est en croissance permanente …
Certes vous trouverez toujours, ici et ailleurs, des critiques, et c’est heureux car stimulant !
Par ailleurs vous ne pourrez jamais empêcher, en ce siècle comme dans les cent à venir, d’entendre s’exprimer des nostalgiques de la Monarchie ou de l’Empire.
Il en est ainsi à travers le monde… Cela fait aussi partie de la liberté d’expression qu’il convient de respecter.
Aucun pays dans le monde ne peut se prévaloir de la même densité de coopération décentralisée, de jumelage, d’associations, de partenariats…
Quelque 20 ans après, quel bilan pouvez-vous en faire ?
On ne fait de bilan qu’en fin d’exercice ! Et il reste tant de choses à faire !
Tous ceux, dont je suis, qui ont eu l’honneur et le bonheur d’être associés à ce court moment de votre grande histoire, ne peuvent avoir qu’un sentiment mêlé d’humilité et de respect pour ces femmes et ces hommes du Burkina Faso qui, partis matériellement de rien, avec pour seules richesses leurs cultures et leurs volontés, sont parvenus à faire de leur pays un pays respecté politiquement, diplomatiquement et économiquement !
Paradoxalement je dirais que c’est aujourd’hui que les risques de dérive sont les plus menaçants pour le Burkina Faso… Nombreux, en effet, sont les « vautours » attirés par ses succès diplomatiques qu’il n’est pas utile de citer tant ils sont nombreux et connus, économiques avec ses titres de meilleure gouvernance africaine attribuée par la Banque Mondiale, de premier producteur africain de coton, de classement dans le Top 50 du développement mondial, etc..
Aujourd’hui, et c’est tant mieux, nombreux sont ceux qui se découvrent des affinités avec ce pays, devenu une sorte de « Suisse africaine », non par ses richesses, mais par la confiance qu’il inspire… Mais il est à craindre que certains, moins intègres que les Hommes qui le peuplent, aient le secret espoir de tirer, un jour, une part d’intérêt de ces succès et de cette réussite!
(…) En mettant fin à l’expérience du 4 août 1983, le Front populaire a expurgé la révolution de son folklore et du clinquant inutiles, mais effroyables dont elle se parait, levé la chape de la peur qui pesait sur le peuple et rétabli les bases d’une démocratie véritable.
Certes, rien n’est jamais parfait dans la conduite des nations parce qu’elles sont faites d’hommes et de femmes ayant le droit d’exprimer leur opinion et ce, au regard de leurs intérêts individuels ;
Mais ce qui ne fait l’ombre d’un doute aujourd’hui, c’est que vingt ans après l’amorce du processus démocratique dans notre pays, les choses sont allées en s’améliorant dans les domaines des libertés individuelles et collectives, de la participation active d’un plus grand nombre de citoyens à la gestion des affaires du pays, de la possibilité des personnes à entreprendre librement (…) ».
20 ans pour vaincre «le rocher de Sisyphe » de l’Afrique
«Qui aurait parié, il y a 20 ans, que le Burkina, qui partait de si loin, serait devenu ce qu’il est aujourd’hui ?
Et pourtant il suffisait d’écouter ce que déclarait à l’époque Blaise COMPAORE, avec le calme et la détermination qu’on lui connaît : «Là où il y a une volonté, il y a un chemin… ».
Depuis 20 ans que je séjourne dans ce pays fascinant et émouvant, je fêterai mon 100ème voyage le 10 octobre prochain, je n’ai jamais cessé d’être étonné par ses performances, sa croissance, son dynamisme !
Difficile, en effet, de ne pas tomber sous le charme de ces femmes et de ces hommes intègres qui ont su, bon gré mal gré, à force de courage et d’audace, conjuguer au mode politique le réalisme et l’intégrité.
Les Burkinabè ont su inventer une nouvelle forme de résistance aux archaïsmes politiques occidentaux, pour suivre humainement, culturellement, écologiquement e économiquement».
Le Burkina Faso vu par…
Pascal CHAIGNEAU
Administrateur Général du CEDS
Sur un continent submergé de crises et caractérisé par encore trop de convulsions politiques, le Burkina Faso apparaît, depuis 20 ans, grâce à l’action de son Président, Blaise Compaoré, comme un pôle de stabilité démocratique.
Je n’en veux pour preuve que les échéances électorales qui s’y sont déroulées régulièrement dans des conditions de transparence et d’équité dont j’ai été souvent le témoin.
Cette action politique s’est accompagnée d’une action diplomatique rendue possible grâce à la paix intérieure qui règne au Burkina Faso.
C’est ainsi que le Burkina Faso et son Président sont devenus des régulateurs de crises sur le Continent.
Qu’il s’agisse de la sortie de crise du Togo ou de la réconciliation des ivoiriens, en passant par celle des touaregs il y a déjà quelques années.
Ouagadougou est ainsi devenue la capitale des négociations et de la normalisation. Les accords de paix en Côte d’Ivoire signés le 4 mars dernier, sont révélateurs en la matière après les nombreux échecs qui ont précédé.
Sur le plan de l’économie, au cours des années écoulées, sans avantages concurrentiels à priori, le Burkina Faso a réussi à préserver une croissance continue et à rester surtout le bon élève du FMI et de la Banque Mondiale.
Est-il utile de rappeler qu’il vient d’être classé premier bon gestionnaire par la Banque Mondiale de tous les Etats de la CEDEAO, mais également 7ème sur les 52 pays d’Afrique.
Ce processus économique est d’autant plus remarquable que ce pays est enclavé et que les crises régionales ont souvent fragilisé ces dernières années sa remarquable dynamique économique.
Contrairement à d’autres le Burkina Faso a su transcender les vieux démons de la division qui minent l’Afrique.
Tout cela n’aurait pu se faire sans l’action déterminée d’un des rares leaders du Continent Africain à avoir une authentique vision d’avenir pour son Pays.
Contribution de Stéphane Hessel
Dès ma première rencontre avec Blaise Compaoré, peu après son accession à la Présidence, j’ai reconnu en lui un homme franc et déterminé, passionné par l’avenir de son peuple, tel que me l’avait décrit mon ami Jean Guion.
Il souffrait de l’injuste image d’usurpateur que lui infligeait la façon dont il avait mis un terme au règne de son prédécesseur, ami, compagnon des premières années de la révolution, Thomas Sankara, dont il avait condamné les excès et redouté l’évolution dictatoriale.
J’avais pu me mettre à sa disposition pour réfléchir sur les institutions démocratiques dont il souhaitait doter le Burkina Faso.
Je n’oublierai jamais l’accueil généreux qu’il m’a réservé en me proposant de participer aux travaux d’une Commission de futurs responsables à qui seraient transmis le respect des Droits de l’Homme et le souci de la pluralité démocratique.
Je n’eus pas de peine à le convaincre de faire preuve de compréhension à l’égard d’anciens opposants du régime comme le grand historien de l’Afrique, Joseph Ki-Zerbo, ni à traiter comme une critique légitime celle des défenseurs des Droits de l’Homme comme mon ami Halidou Ouedraogo…
Il est aujourd’hui un des Chefs d’Etat expérimenté et respecté du Sahel. Ma sincère amitié lui est acquise.
Interview du professeur Jacques Barrat
Comment connaissez-vous le Président Blaise Compaoré ?
Bien simplement grâce à Pierre Messmer qui était le président d’honneur de l’association Alliance francophone et dont mon ami Jean Guion est le président. J’ai eu, dans le cadre de cette association qui m’a accueilli dans son conseil d’administration, à effectuer des séjours de travail en compagnie de collègues de l’Université française. J’ai donc rencontré à plusieurs reprises le président du Faso. C’est à lui que j’avais confié notre désir de créer l’IPERMIC (Institut Panafricain d’Etude et de Recherche sur les Médias, l’Information et la Communication). C’est chose faite. Ma fonction de directeur français de l’IPERMIC m’attache désormais plus encore au Burkina.
J’ajoute enfin que Pierre Messmer avait le Président Blaise Compaoré en très haute estime. Pour ne citer qu’un exemple il avait accepté de venir surveiller le bon déroulement des élections législatives de 1992, ce qu’il avait toujours refusé à d’autres personnalités africaines.
Que pensez-vous de la situation du Faso aujourd’hui ?
En tant que professeur de géopolitique (Université Panthéon-Assas Paris 2) et ancien diplomate, j’ai, je dois le dire, une admiration certaine pour l’action que le président Compaoré a menée ces dernières années. Pour moi, il est d’abord le président qui a su relancer la croissance burkinabè dans le contexte d’un pays stable, uni, et en paix, choses relativement rares hélas en Afrique. Mais bien plus encore, il est l’inventeur d’une nouvelle diplomatie africaine qui est d’autant plus dynamique qu’elle est débarrassée des vieilles lunes tiermondistes et des oripeaux du misérabilisme crypto-marxisant qui perdure encore chez certains intellectuels ou supposés tels. Comme me l’avait confié Pierre Messmer il y a peu de temps : « Le Président Compaoré est un bon diplomate parce qu’il est pragmatique. Son bon sens de militaire lui fait aborder les problèmes conflictuels avec le réalisme qui est nécessaire à de bonnes solutions de terrain. J’ai pour lui de la sympathie et de l’admiration. »
Jacques Barrat est docteur en géographie et docteur d’État ès lettres. Il enseigne la géopolitique des médias à l’université de Paris 2-Assas. Il a été également détaché au Quai d’Orsay comme secrétaire général de l’Office franco-québécois, puis comme chef de la Mission de coopération et d’action culturelle en Roumanie où il était également directeur de l’Institut français de Bucarest. Il est l’auteur de nombreux ouvrages et articles concernant les médias francophones. Il est également le directeur français de l’IPERMIC (Institut Panafricain d’Etude et de Recherche sur les Médias, l’Information et la Communication.
Général COPEL
BURKINA FASO : DE L’ESPOIR A LA REALITE
La pauvreté et la misère. C’est au début de l’année 1990, que j’ai vraiment compris la différence entre ces deux notions. Je découvrais le Burkina Faso. Juste après des voyages dans des pays réputés beaucoup plus riches. Blaise Compaoré était au pouvoir, au pays des hommes intègres, depuis une trentaine de mois. Quelques heures après mon arrivée tout me semblait clair. Certes, je ne voyais pas beaucoup de belles voitures. A vrai dire, je ne voyais presque pas de voitures du tout. Tout le monde ou presque marchait à pied. Certes, je n’étais pas accueilli dans des palais somptueux. Le Président lui-même vivait modestement. Comme ses ministres. Certes, je voyais bien que les Burkinabés, dans leur très grande majorité, ne bénéficiaient pas du confort dit moderne : ni machines à laver, ni réfrigérateurs, ni téléphones … Mais tous ces hommes, toutes ces femmes, tous ces enfants que je croisais dans la rue avaient l’air joyeux. Manifestement ils se portaient bien. Sinon parfaitement bien. Quelques ventres un peu trop gonflés montraient sans doute un certain manque de protéines, mais l’essentiel était là : les Burkinabés, dans leur immense majorité, n’avaient pas faim.
Je me sentais à des lieues du Caire ou d’Abidjan. Loin, très loin, de toutes ces villes où le luxe le plus insolent côtoie, non pas la pauvreté mais la misère. Loin, très loin, de toutes ces villes où des centaines de villas somptueuses jouxtent des milliers de taudis. Des taudis installés parfois dans des cimetières ! Loin, très loin, de toutes ces villes où l’on voit des files et des files de mères mendiant – généralement sans succès- de quoi nourrir leurs enfants.
En 1990, je découvrais un Burkina pauvre mais pas misérable. Tout de suite, je m’y suis senti particulièrement bien. Pourquoi ? Comment expliquer ce phénomène ? La première explication m’a été donnée par les choix budgétaires du gouvernement. Au moment de mon premier séjour le Président Compaoré venait tout juste de commander trente mille charrues. Cet ancien militaire – qui, pas plus que de Gaulle ne reniait tant soit peu son passé- préférait le développement agricole à la croissance des budgets de l’armée. Il avait l’obsession de l’autosuffisance alimentaire. Je crois qu’il l’a toujours ! La deuxième explication vient de la nature même du peuple Burkinabé. Ce peuple, où se côtoient de nombreuses ethnies, où vivent côte à côte des religions très variées, fait preuve d’une étonnante capacité à se rassembler sur l’essentiel. Au Burkina la tolérance et la gentillesse sont la règle. Mes deux petites filles qui viennent de vivre, au mois d’août, dans un village Burkinabé n’en reviennent pas encore ! « C’est fou ce que les Burkinabé sont gentils et généreux. On n’a jamais vu ça ! Quant aux enfants ils sont à croquer. Tellement vivants. Tellement disponibles. Tellement ouverts. Toujours joyeux. Etre avec eux pendant deux semaines, c’est un bonheur. Un pur bonheur ! »
Depuis 1990, je suis revenu assez régulièrement au Burkina. A chaque voyage je vois beaucoup de changements. Il y a d’abord eu nettement plus de bicyclettes. Puis nettement plus de vélomoteurs. Les villes sont devenues plus bruyantes. Manifestement le niveau de vie s’améliore régulièrement. Malgré les difficultés considérables créées trop souvent par certains pays riches, voire très riches. L’exemple du coton, outrageusement subventionné par les Etats-Unis, dont le cours mondial était devenu totalement inacceptable en est un exemple particulièrement criant. Heureusement, le Burkina sous l’impulsion de son Président a pris la tête de la révolte et le cours du coton est devenu un peu moins ridicule. Il n’en demeure pas moins que, malgré les difficultés qui restent considérables, les progrès économiques du Burkina sont incontestables et commencent à être reconnus sur la scène internationale.
Et puis, l’essentiel est là. Le Burkina reste un pays où les différences de richesses –il y en a bien sûr- ne sont pas tapageuses. Un pays où l’on peut avoir des opinions politiques ou religieuses différentes sans pour autant se disputer et encore moins se battre. Un pays où la délinquance est marginale et les prisons peu garnies. Un pays où les mères de familles ont parfois du mal à acheter tout ce qu’elles souhaiteraient, mais un pays où elles savent que leurs enfants ne risquent pas de mourir de faim. Un pays sans misère où la pauvreté diminue, jour après jour.
Un pays où l’espoir est né il y a vingt ans. Un pays où l’espoir, chaque jour, devient un peu plus réalité.
Jean BERTHO
Pourquoi j'aime le Burkina Faso ?
J'avais découvert l'Afrique à travers de nombreux livres, depuis "Les Peuples nus " de mon ami Max-Pol Fouchet, avec qui j'avais longuement dialogué, des oeuvres de poètes, Aimé Césaire "Cahiers du retour au pays natal", Nicolas Guillen, Léopold Sédar Senghor qui lui, avait choisi une voie étroite pour réveiller la jeune Afrique, car l'homme noir, dans les années cinquante était à la croisée des chemins, entre tutelle et liberté. Senghor qui définissait la négritude comme « l'ensemble des valeurs culturelles de l'Afrique noire » et, en tant que chrétien, il prônait la communion et non la révolution, refusant la division des hommes, des peuples et des nations entre dominants et exploités
J'avais beaucoup voyagé à travers le monde, comme réalisateur de Télévision depuis Cinq Colonnes à la Une : Asie, Antilles mais beaucoup moins en Afrique noire, l'Égypte, le Maroc, la Tunisie , le Sénégal, le Niger. Une nièce, grand reporter à TF1, était revenue du Burkina Faso enthousiasmée par le Burkina et sa rencontre avec Thomas Sankara, extraordinaire homme de communication, comme notre actuel président de la République.
En septembre 1990, j'eus enfin l'occasion d'aller dans ce beau pays à l'occasion d'un festival de théâtre africain et depuis, j'y ai effectué, jusqu'en avril 1998 quinze voyages, accompagné de personnalités de tout l'éventail politique. J'ai pu y constater l'évolution permanente et positive de toutes les libertés, du niveau de vie des habitants des villes et des campagnes et de l'exceptionnel développement de la Culture : Fespaco, semaine de la Culture ….
Ce pays, où je n'ai jamais senti de racisme anti-blancs, où j'ai toujours et partout été accueilli comme si j'étais un ami proche, où j'ai pu me promener seul, de nuit; dans la nature, sans aucune crainte, ce que j'ose à peine faire dans mon propre pays, je lui dis : tu es un beau pays, sois fier d'être le pays des hommes intègres !
Je sais, par ma petite fille étudiante qui en est revenue après y avoir passé plus d'un mois, que les choses continuent à évoluer de la manière la plus positive. Si j'étais burkinabé, je l'affirme, je serais fier de l'action menée depuis vingt ans, par mon Président, Blaise Compaoré !
Peuple et Président du Burkina, le monde entier a les yeux fixés sur vous. Continuez à être des exemples de paix et d'union !
Vive le Burkina Faso !
Joëlle le Morzellec, recteur
Qui peut oser dire ou écrire que l’Afrique n’avance pas ?
En 1996, une invitation du CISAB me parvient pour aller au Burkina Faso.
Ne connaissant pas ce pays, j’accepte.
En 2007, je repense au pays que j’ai découvert dix ans plus tôt, et je suis stupéfaite.
Qui peut oser dire ou écrire que l’Afrique n’avance pas ?
Avec ce recul de dix années, je constate les progrès réalisés, dans tous les domaines : éducation, santé, agriculture, développement d’entreprises et services, évènements culturels, tourisme.
Le Burkina Faso est un état qui connaît la paix, la stabilité, et donc le développement. Ses productions se multiplient. Un coton de qualité (premier producteur d’Afrique), du riz, des haricots verts que l’on retrouve sur les étals parisiens, du karité pour les cosmétiques en sont des exemples ; productions récentes qui s’exportent et permettent en conséquence une autosuffisance parce qu’une véritable politique de maîtrise de l’eau a été entreprise et que le travail, souvent très dur, est une valeur partagée par l’ensemble de la population.
Ilôt de stabilité sur un continent tourmenté, le Burkina Faso a su imposer son FESPACO (Festival panafricain de Cinéma et de Télévision), son SIAO (Salon international de l’Artisanat) et sa SNC (Semaine de la Culture). Le tourisme culturel et vert y gagnera encore grâce à la politique de préservation de la faune sauvage et des grands espaces qui a été lancée.
Bien plus, le pays a emprunté le chemin de la démocratie, organisant un dialogue entre majorité et opposition, accordant un statut officiel à cette opposition. Ce chemin, le Burkina Faso l’a pris tout en conservant son histoire, ses coutumes, ses chefs traditionnels, associés au progrès.
En conséquence le Président du Burkina Faso a acquis une autorité naturelle, un véritable charisme, non seulement dans son propre pays, mais à l’échelle du continent. Ce qui explique la façon dont il conduit les destinées de l’Unité africaine, qu’il réfléchisse à des Etats-Unis d’Afrique ou qu’il soit sollicité par des Etats voisins, en proie à la violence, pour exercer une médiation ou aider à la gestion d’une crise.
Sur la scène internationale, hors d’Afrique, le Président Blaise Compaoré, personnalité exceptionnelle, chef d’Etat remarqué, a noué des alliances sur tous les continents, des amitiés solides et fortes susceptibles de l’accompagner et de l’aider dans le développement de ce pays auquel il a voué sa vie.
Etat pragmatique qui a conservé un caractère authentique, le Burkina Faso est aussi une terre de contes, de légendes, de danses sacrées où le tam tam dialogue avec les esprits, tandis que l’homme, « tôt le matin, devise avec Dieu » (Titinga Frédéric Pacere).
Pierre Protar
Quelques moments importants de mon séjour
J’ai pris mes fonctions d’Ambassadeur, Chef de Délégation de la Commission européenne le 26 janvier 1994, soit quinze jours après la dévaluation du Franc CFA. J’ai trouvé un pays mobilisé pour relever ce nouveau défi découlant de la décision prise au niveau de la zone franc. Aussi, la cérémonie de présentation de mes lettres de créance au Président Blaise Compaoré n’a pas revêtu un caractère uniquement protocolaire.
J’ai fait la connaissance d’un Chef d’Etat sachant mettre à l’aise son interlocuteur, attentionné, à l’écoute mais aussi déterminé à mener à bien une stratégie ambitieuse de développement au bénéfice du Burkina Faso dans un cadre régional renforcé.
Oui, le Burkina Faso était prêt. Un programme de mesures et d’actions à prendre et à mener dans un cadre de rigueur budgétaire avait été soigneusement préparé.
Aussi, le souci du Président était de réussir la dévaluation « une chance à saisir - disait-il - pour maintenir la compétitivité » tout en cherchant à donner un visage humain à l’ajustement structurel prenant progressivement davantage en compte les enjeux structurels du développement (comme la diversification de l’économie, les services de base, etc)
A cette fin, une large campagne d’information a été lancée par le Président accompagnant la mise en place des six engagements destinés à mobiliser l’ensemble des Burkinabé.
Quelques moments importants de mon séjour
J’ai connu un séjour particulièrement intéressant, voir exaltant : participer, contribuer à la consolidation de la gouvernance politique, économique et sectorielle d’un pays figurant parmi les plus pauvres du monde, mais œuvrant dans le cadre d’une vision portant sur un développement durable et ancré au sein d’une intégration régionale incontournable face à la mondialisation. Parmi les nombreuses avancées, je voudrais en citer trois qui ont préparé l’avenir :
Le Burkina Faso, qui offrait une image de dynamisme et de stabilité, a été choisi par la Commission européenne et en accord avec les Etats membres de l’Union européenne impliqués au Burkina Faso, pour mener le test sur la réforme de la conditionnalité, dans le cadre du renforcement de l’aide budgétaire d’abord globale, puis devenant progressivement sectorielle. La politique du « tout ou rien » était appelé à être remplacée par une autre démarche : les résultats devaient être évalués et non plus les mesures.
La culture de la performance était appelée à servir de référence pour apprécier les politiques nationales mises en place.
Une telle approche novatrice a été favorisée au Burkina Faso par la quantité du dialogue entre les plus hautes autorités de l’Etat ainsi que l’administration de ce pays d’une part et les partenaires du développement d’autre part. Je me souviens d’avoir eu avec le Président Blaise Compaoré de longues discussions sur l’impact de cette nouvelle modalité de l’aide européenne : faciliter l’appropriation par les responsables nationaux, notamment de l’action politique, améliorer l’efficacité et la prévisibilité de l’aide, favoriser un dialogue publique plus approfondi pour amener le pays partenaire à prendre ses responsabilités en matière d’objectifs et de mécanisme de gouvernance. Sans oublier le renforcement de la cohérence et de la complémentarité des aides bilatérales et multilatérales.
Amorcé en 1990, le mouvement de démocratisation de la vie politique au Burkina Faso a enregistré des progrès importants, confortant l’image d’un pays stable engagé dans un processus évolutif visant à ancrer de nouvelles pratiques dans la gestion des affaires publiques. La conséquence était l’ouverture de nombreux chantiers impliquant l’ensemble des acteurs burkinabé. Ce dynamisme du changement impliquait une internalisation de ce processus, d’où la tenue de nombreux fora nationaux ou d’assises concernant la réforme de la gouvernance démocratique, administrative, locale et décentralisée ainsi qu’économique. Je me rappelle que la participation de la population à l’échelle nationale et régionale à travers les organisations de base de la société civile a été initiée, dès 1995, avec le premier Plan national de bonne gouvernance.
A cet égard, j’ai évoqué comment un budget peut progressivement devenir un instrument privilégié de développement, en l’utilisant conformément aux obligations de transparence, de contrôle et de responsabilité.
Un autre domaine est important pour assurer la légitimité de l’Etat : la crédibilité du pouvoir judiciaire aux yeux des citoyens burkinabé et des investisseurs étrangers ainsi que la présence et l’efficacité des services sociaux élémentaires. De telles mesures ne se réalisent pas par un coup de baguette magique. A la fois pragmatique et tenace, le Président Blaise Compaoré a fait avancer les dossiers par étapes, afin de rendre les réformes nécessaires bien adaptées et concrètement réalisables : audit du pouvoir judiciaire, étude et surtout le Forum national sur la justice au Burkina Faso permettant l’élaboration d’une stratégie de réforme du système judiciaire au Burkina Faso. Par ailleurs, avec la mise en place d’indicateurs de résultats, les dépenses en faveur de l’éducation ont pu, entre 1990 et 2000, doubler par rapport au PIB.
Face à la mondialisation, un pays ne peut avancer seul, surtout avec des ressources limitées. Le Président Compaoré avait tiré les conclusions pratiques d’une analyse lucide : passer de la coopération régionale à l’intégration régionale suivant une logique à géométrie variable d’intégration à rythmes différenciés.
Pourquoi ne pas élargir l’Union monétaire en regroupant les Etats possédant une monnaie unique en une Union élargie aux domaines économique et commercial ? Un tel socle ne visait pas à remettre en cause les objectifs poursuivis par la CEDEAO mais était destiné à servir de levier pour relancer le processus d’intégration élargie. C’est ainsi qu’est née en 1996 l’UEMOA, dont le traité fondateur s’inspire de celui de la Communauté européenne, offrant à l’Afrique les enseignements tirés de son expérience relative à la mise en place d’un marché commun s’appuyant sur des principes communs et sur des politiques communes. Et c’est à Ouagadougou que s’est tenu, la même année, le premier sommet de l’UEMOA, en présence du Président de la Commission européenne de l’époque, Monsieur Jacques Santer.
L’avenir
Ce que je viens d’évoquer ne concerne que quelques années dans l’accomplissement du destin du Burkina Faso. Les bases d’un vaste programme de modernisation de la vie politique et civile ainsi que des structures du pays étaient alors préparées ou mises en place.
Mais il s’agit d’une œuvre sans fin, surtout en plaçant la personne au centre du développement, comme le veut le Chef de l’Etat.
Quand les droits de l’homme sont en jeu,, Blaise Compaoré cherche l’apaisement, met en avant la réconciliation nationale en tirant les leçons du passé et en permettant à toutes les sensibilités de s’exprimer. Car le développement est l’affaire de tous. Ce pays modèle commence à cueillir les fruits d’un travail acharné pour combler les handicaps d’un Sahel aride et enclavé. Ses cultivateurs ont fait de ce pays le premier producteur d’Afrique de coton. Après huit ans de travaux, le barrage de Ziga permet de soulager les besoins de la capitale en eau, d’autres infrastructures se renforcent, la protection de l’environnement etc., tout en maîtrisant les conséquences humaines, économiques, commerciales de la crise ivoirienne et en fustigeant les atteintes à un commerce international rééquilibré.
Je me souviens d’une déclaration du Président Compaoré faite en 1997, qui appelait l’Europe à changer de regard sur l’Afrique, mais aussi à encourager les Africains à prendre en main leur développement. Ce message a porté. Un nouveau partenariat se met en place. Le Président Compaoré est un homme qui ne peut s’empêcher de préparer des plans architecturaux. L’homme public rejoint l’homme privé. Il est en permanence un bâtisseur qui travaille dans le temps, avec détermination et patience…active . Un développement durable pour plusieurs générations d’hommes et de femmes du Burkina Faso « dont la culture est sa carte d’identité ».
Gerard SIMON
Ancien ambassadeur de France au Burkina
Ma mission au Burkina Faso.
« J’ai consacré plus de 40 ans de ma vie à ce Continent Africain que j’ai parcouru en tous sens en m’imprégnant de la diversité de ses peuples et de leurs cultures si riches et fécondes. Au fil de ces nombreuses expériences, une véritable ‘’ Sensibilité africaine ‘’ s’est construite en moi et cet attachement s’est accompli bien plus encore tout au long de mon séjour au Burkina-Faso tant mes relations avec les autorités et la population de ce pays se sont nourries, au fil des mois, d’une chaleur et d’une confiance rendant ma mission intéressante, facile et productive. Il est de fait que, par nature, j’ai approché ce pays avec humilité, simplicité et respect. De sorte que je me suis rapidement senti comme intégré dans une sorte de premier cercle de la ‘’ Parentèle africaine ‘’. C’est bien ainsi que peut s’ouvrir au Faso comme ailleurs le chemin des amitiés et des cœurs en honorant les traditions, la spiritualité et les valeurs d’un peuple si attachant.
Il est donc tout naturel que j’ai porté estime et considération aux pouvoirs ancestraux et aux sources mêmes de la vie spirituelle du peuple burkinabé incarnés par les Chefs coutumiers et en particulier par le premier d’entre eux Sa Majesté le Mogho Naba qui, à mon instigation et sur mon intervention personnelle auprès du Président Mitterand, a été invité à assister aux cérémonies du 14 Juillet 1994 à Paris. Il faut avoir été submergé, porté comme je l’ai été, par une multitude populaire manifestant avec enthousiasme et déférence un accueil extraordinaire au Mogho Naba revenant de Paris, pour être à même d’apprécier la force et l’emprise de cette dimension spirituelle.
De même que la France a tenu également à témoigner, à juste titre, une consécration particulièrement appuyée à S.E. Monsieur le Président Blaise Compaoré qui a été le seul Chef d’Etat Africain à coprésider aux cotés du Président Chirac le défilé du 14 Juillet 1.995 à Paris. Il est vrai que nous avions bien des raisons de lui rendre cet hommage exceptionnel lui ayant valu quelques crispations de jalousie de la part de ses pairs africains. En effet, grâce à son sens politique clairvoyant et une volonté soutenue, le Burkina-Faso, sous son égide, est sorti d’un état d’exception quasiment isolé et réprouvé pour acquérir sur la scène internationale une nouvelle image de marque et une nouvelle personnalité. Nul ne conteste maintenant à ce pays les qualités d’un Etat de droit jouant un rôle positivement actif dans la sous région et en Afrique. Cette remarquable évolution du pays en matière économique, politique, culturelle, dont tous les burkinabé peuvent être légitimement fiers, est surtout le fait d’un homme. Le ‘’ Patron ‘’ comme on l’appelle ici avec estime, respect et affection. Cependant, le chalenge n’est pas facile. Conduire vers le progrès, dans un contexte démocratique, ce Pays enclavé dont les ressources naturelles sont modestes, les conditions climatiques aléatoires et la démographie galopante, relève de la recherche de la quadrature du cercle. Cependant chacun s’accorde à constater que la modernisation et la démocratie sont en marche au Faso à un rythme bien plus élevé que dans la plupart des pays mieux nantis.
Pour ma part, j’ai hautement apprécié le climat de confiance inspirant la franchise et l’amitié qui s’est établi dans nos relations personnelles. Le sens de l’anticipation et le flair politique du Président Compaoré m’ont toujours beaucoup impressionné. C’est pourquoi je lui disais, ce qui le faisait bien rire, qu’il jouait au billard à quatre bandes et avait donc toujours un coup d’avance sur les autres. Je dois aussi avouer que parfois, l’ampleur de ses projets m’a sidéré. Ainsi, lorsqu’il m’a montré la maquette de l’urbanisation de ce qui est devenu Ouaga 2.000 alors que ce site n’était encore que friches, dépôts d’ordures et de ferrailles, je me suis dit qu’il lui fallait une singulière audace pour oser entreprendre une telle opération. Mais il n’empêche que je me suis battu pied à pied avec les services parisiens qui entendaient implanter le bâtiment de la salle de conférences offerte à l’occasion du sommet France Afrique à tout autre endroit de la ville que la zone de Ouaga 2.000, estimant qu’il ne fallait pas espérer voir y construire un jour cet ensemble utopique qui relevait, selon eux, de la manifestation d’un rêve du Président Compaoré. J’ai fini par gagner la partie et suis heureux maintenant, à chaque fois que je reviens au Burkina-Faso, de constater que j’avais été bien inspiré en choisissant le bon camp.
Mais, il est pour moi un autre défi, moins apparent que la belle réalisation architecturale de Ouaga 2.000 qui fait maintenant honneur à la capitale et qui m’angoisse. Il s’agit du devenir de ces milliers d’enfants que je rencontre en parcourant les villages disséminés au sein des grands espaces de cette brousse sahélienne aride. Je vois déjà en eux, alors qu’ils sont encore à un âge si touchant et rieur malgré le dénuement dans lequel ils vivent, tous les besoins élémentaires auxquels le pays devra répondre, à l’horizon d’un peu plus d’une décade, c'est-à-dire demain, lorsque devenus adultes ils exigeront toutes leurs places dans la société. Faute de quoi, sous les poussées de leurs attentes insatisfaites, la démocratie pourrait vaciller. Il me revient, à ce sujet, comment le Président Compaoré, que j’avais accompagné durant un séjour à Lyon, avait cloué le bec à un journaliste qui le titillait en lui posant des questions perfides sur les préoccupations des populations en matière de plénitude démocratique. Sachez, lui avait’il répondu que, pour bon nombre de burkinabé, le premier des soucis est d’avoir à manger tout au long de l’année pour eux et leurs familles car, ainsi que vous le savez, a-t-il ajouté, ventre affamé n’a plus d’oreille. Il est de fait qu’en matière de leçon de démocratie, les conseilleurs ne sont pas toujours les payeurs.
C’est pourquoi la France, dont les relations avec le Burkina-Faso sont scellées par l’histoire, se doit de soutenir ses aides au développement, facteurs de consolidation et de pérennisation d’un l’Etat de droit affirmé et qui émerge en tant que pays de référence sur la scène internationale. Je souhaite, aussi, qu’au sein d’une opinion publique occidentale quelque peu désabusée s’agissant de l’Afrique dans son ensemble, l’image de ce pays soit mieux distinguée et valorisée. C’est pourquoi je soutien, avec conviction, le projet de développement des potentialités d’un tourisme à forte connotation culturelle afin de faire mieux connaître et apprécier à l’étranger les qualités humaines et les valeurs spirituelles de ce peuple si attachant. »
Le Burkina Faso vu par Béchir Ben YAHMED « Ce que je crois » in Jeune Afrique l’Intelligent
«Si l’argent suffisait pour enclencher le développement, ou l’accélérer, les pays producteurs de pétrole, qui en disposent à profusion, se seraient développés plus vite que les autres. Or, les exemples du Nigéria, de la Libye et de bien d’autres pays «enrichis» par «l’or noir» prouvent le contraire.
Comparons, par ailleurs, le Burkina, pauvre et enclavé, à la Guinée, sa voisine, dont le sous sol est riche et où la pluviosité est satisfaisante. Pourquoi le Burkina développe-t-il beaucoup mieux son économie que la Guinée ?
Parce qu’il est nettement mieux gouverné…
Conclusion : l’argent est donc nécessaire, mais il ne suffit pas de même, parfois – s’il est mal utilisé – il empêche le développement, appauvrit au lieu d’enrichir : un pays pauvre est surendetté et un pays dont les dirigeants ont mal utilisé l’argent de l’aide…».
M. Luc Adolphe TIAO, président du Conseil supérieur de la communication (in Discours de présentation du rapport public 2004 du CSC au Chef de l’Etat)
« (…) Les observateurs de la scène politique nationale et beaucoup d’acteurs politiques eux-mêmes voient au Burkina Faso un modèle de liberté de presse et de démocratie.
Tout ceci, nous en sommes convaincus, procède de la conscience que vous avez toujours eue du rôle des médias dans la consolidation du dialogue social dont vous avez fait un credo. Nous devons sans doute la stabilité politique et institutionnelle, condition de base de tout processus de développement, à une telle option politique qui sous-tend l’exercice de votre pouvoir. Votre foi au dialogue a sans doute été à la base du succès de votre médiation dans le dossier togolais. Vous me permettrez de vous adresser toutes mes félicitations pour votre précieuse contribution au retour du dialogue dans ce pays frère. (…) ».
Etienne Songré SAWADOGO
(In Observateur Paalga N°6986 du 8 octobre 2007)
Blaise COMPAORE, un homme de devoir pour un Etat de Droit
« (…) Visionnaire politique, attentif aux aspirations du pays, Blaise COMPAORE a su anticiper sur l’histoire en travaillant à ouvrir les vannes de la démocratie bien avant «la Baule». Et ce, sans tenir compte du conformisme institutionnel international. Et au-delà des effets de mode, cette option de démocratie est tellement sincère et fonde la pratique politique chez le premier magistrat de notre pays que l’impact se passe de commentaire.
Ainsi, c’est bien la première fois que notre pays vit une vie constitutionnelle normale franchissant le cap de la décennie tout en s’enracinant dans les cœurs et les esprits.
Force est également de reconnaître l’ancrage du paysage institutionnel et républicain qui est particulièrement bien implanté et qui, de par sa crédibilité, force l’admiration de structures analogues de pays précurseurs dans ces domaines (…)».
Monsieur Jean Marie Untaanni COMPAORE (invité de la rédaction Sidwaya du 27 mai 2004)
«… Je reconnais que Blaise COMPAORE a les capacités de gérer ce pays, qui n’est pas facile, soit dit en passant (…).
«… Je reconnais que Blaise COMPAORE a les capacités de gérer ce pays, qui n’est pas facile, soit dit en passant (…). Si le président Blaise COMPAORE, aujourd’hui, décide de se représenter, après le temps qu’il a passé à la présidence de ce pays, ses chances résident dans le fait que, quand on fait le tour de nos politiciens présidentiables, l’on peut se demander qui d’entre eux pourra réellement gérer ce pays, car comme je l’ai dit plus haut, ce pays n’est pas de gestion facile (…)»
Mahamoudou OUEDRAOGO (In « Culture et développement en Afrique)
«Quel Etat mettrait son existence en péril par le simple fait de se donner comme contrainte de départ qu’au moins 1% de son budget de fonctionnement de son budget général) sera d’office affecté à des activités précises en faveur de la culture ?».
Ailleurs en Asie, on l’a compris et cela est bénéfique pour le développement. Il convient d’ailleurs de faire le constat (pour s’en féliciter et surtout souhaiter que cela se poursuive et se généralise) sur la tendance d’un certain nombre d’hommes d’Etat africains qui montrent un intérêt certain pour la promotion de la culture et des arts, éléments vitaux des peuples en général et de l’Afrique en particulier. Ainsi en Tunisie selon le journaliste Ridha KEFI dans un article paru dans Jeune Afrique Plus N°2028 «Le Président Ben Ali a promis de doubler le montant des crédits alloués au département de la Culture pour le porter à 1% du budget de l’Etat à l’orée 2004 ; Le même type d’objectif d’au moins 1% du budget national est également poursuivi par le Président Blaise COMPAORE au Burkina».
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