L'opinion N°543
Du 05 au 11 mars 2008

Dossier

Lutte contre la vie chère

Réaction concrète et rassurante du gouvernement

Alors que certaines «bonnes» âmes glosaient sur son incapacité à faire face à la flambée des prix des produits de première nécessité, le gouvernement de Tertius ZONGO vient d’adopter une batterie de mesures qui doit alléger un tant soit peu le poids de cette surchauffé des prix. Mieux, le gouvernement se propose d’adopter à moyen terme une politique mieux à même de faire face à cette «déréglementation» des prix qui résulte entre autres, de l’entrée de la Chine t de l’Inde sur le marché mondial de la consommation.

Le porte-parole du gouvernement, Filippe SAWADOGO (gauche) et le ministre de l’Economie et des Finances Jean-Baptiste COMPAORE pendant le point de presse

Suspension des droits de douane sur certains produits de première nécessité (lait en poudre pour enfants, concentré de lait riz importé, sel, pâtes alimentaires) voilà la mesure phare prise par le gouvernement pour atténuer le désarroi des consommateurs face à la montée vertigineuse des prix constatée ces derniers mois.
Une situation que les Burkinabè vivaient mal dans leur chair, et qui a failli mettre en péril la cohésion sociale. Et, si le gouvernement est resté attentiste dans un premier temps, c’est en raison principalement du fait qu’il entendait circonscrire les causes de cette inflation subite, pour y faire face efficacement. Des causes objectives donc, avec l’envolée à l’international (pétrole et céréales notamment) consécutivement à la forte demande sino-indienne, mais aussi subjectives, certains commerçants voulant ainsi déstabiliser le gouvernement ZONGO qui on le sait, est résolument engagé dans la moralisation de la vie publique et l’assainissement de la vie économique.
Une politique que certains commerçants (?) vivent mal, eux dont le «sport» favori était la fraude et la corruption ce qui les «exonéraient» de certains impôts et taxes. C’est ainsi qu’on a vu, fait extraordinaire, des commerçants marcher contre la vie chère avec à la bouche des slogans hostiles au locataire de la primature. «Tertius dehors» entendait-on, ce qui a convaincu les plus sceptiques sur les raisons de cette lutte.
Il apparaît ainsi que ZONGO aura à faire à forte partie dans sa volonté d’instaurer le «new-deal» si tant est qu’il existe des connexions entre ces commerçants véreux et certains milieux insoupçonnables.
Pour autant, le sens de la responsabilité du gouvernement exigeait qu’il fasse front pour continuer à bâtir un Etat fort autour de saines valeurs sociales et économiques avec une répartition plus équitable des fruits de la croissance. ZONGO l’a dit lors de sa déclaration de politique, 41% de pauvres au Burkina, «çà fait trop» et il va falloir travailler à remédier à cet état de fait.
Cela, en changeant la structure de l’économie qui est restée la même pendant un demi-siècle, avec un secteur primaire qui est dominé par des produits non transformés et ayant donc peu de valeur ajoutée, un secteur industriel qui subit toujours les coûts excessifs des facteurs de production et de l’étroitesse du marché national et, la qualité et la quantité de nos infrastructures qui restant insatisfaisantes, reflétant des dysfonctionnements dans la politique d’investissements publics et de maintenance. Il faut donc se mobiliser et agir, car, «il y va de la préservation du tissu social et de la fabrique psychologique de la nation».
Pour cela, «nous devons désormais prendre notre destin en mains et devenu les sujets de notre propre histoire au lieu de continuer d’être les objets des fantasmes des autres». Dit autrement, ZONGO propose de produire ce que nous consommons, et de consommer ce que nous proposons, pour échapper aux aléas d’un marché international de plus en plus capricieux.
Les prévisions les plus optimistes font en effet état d’un baril de pétrole à plus de 300 dollars au cours du prochain lustre, pendant que les prix des céréales seront amenés eux aussi à croître dans une grande proportion. Dans le même temps, ZONGO veut créer les conditions d’une véritable expression populaire, pour que la base exprime elle-même ses attentes.
Contester, c’est facile, mais il faut être des forces de propositions et de recommandations. Un Etat fort et responsable de son propre destin voilà l’objectif final. Dont la noblesse commande qu’on y adhère tous.

Par Alpha YAYA

 

Flambée des prix et vie chère
Le Burkina n’est qu’un cas…

Il suffit d’écouter et de se débarrasser de ses oeillères politiques pour comprendre et accepter que la flambée des prix et la vie chère, ce n’est pas seulement au Faso. C’est un phénomène mondial qui n’épargne aucun pays, donc encore moins le Burkina Faso, pays enclavé. C’est une réalité incontestable .

Les investigations menées du 5 au 7 février dernier par l’Inspection générale des affaires économiques en relation avec la direction générale des Impôts sont formelles : les augmentations des prix sont effectives et se justifient essentiellement par des facteurs exogènes qui devraient faire réfléchir plus d’une personne :
- la hausse des prix fournisseurs ;
- l’augmentation des frais de transports liée à l’augmentation de la facture pétrolière ;
- la levée des subventions de certains produits en Europe (notamment le lait) ;
- la baisse des productions en Asie liée aux intempéries (riz en Thaïlande) ;
- la réduction des surfaces exploitées pour le blé (farine) au profit d’autres cultures.
Comme on peut le constater, ces facteurs ne sont pas le fait de nos gouvernants qui n’y peuvent rien. Ils révèlent du tango qui se danse sur un marché international sur lequel ils n’ont aucune emprise. Selon tout bon sens, peut-on vraiment acheter un produit chez son fournisseur à 100F, le transporter chez soi avec tous les frais que cela implique et le revendre à moins de 100F parce qu’on voudrait que la vie y soit moins chère ? De façon triviale, c’est la question qu’il faut se poser et la réponse permet de mieux comprendre la situation dans laquelle se trouve le Burkina Faso aujourd’hui. Si l’on arrive à jongler avec certains prix pour qu’ils ne percent pas le plafond, c’est justement parce que des efforts sont faits par le gouvernement par le jeu de la subvention ou des exonérations de taxes qui sont un manque à gagner pour le budget national donc en définitive des infrastructures sanitaires et éducatives, des routes bitumées, des augmentations de salaires, etc. en moins car il y a réduction de la capacité financière de l’Etat.
La réalité du phénomène de la vie chère recommande que tous les citoyens prennent sa mesure et le saisissent avec circonspection. Pour en avoir une idée, de façon concrète, l’observation du tableau ci-dessous donne la réalité des augmentations du lait et de l’huile.
Comme on le voit, chez les fournisseurs, les prix ne sont plus les mêmes ; les augmentations sont très sensibles et si l’on doit les répercuter sur le prix de vente au consommateur final, ce qui est évident, on ne peut nullement accuser des «tripatouillages» sur les impôts ou taxes qui sont restés les mêmes.
Ainsi donc, à cause du pétrole, les producteurs ont augmenté leurs prix, les fournisseurs aussi et que dire des transporteurs, des dépositaires et autres grossistes…
Au regard de tout ce qui précède, il est important que chacun sache raison garder et s’investisse pour donner l’information juste au lieu de «distiller» à dessein de fausses informations nuisibles à la paix sociale, tout en oubliant que nous sommes tous dans le même bateau.

Par Ben Alex BEOGO

Qui sont les vandales ?

Après Bobo-Dioulasso, Ouahigouya et Banfora, Ouagadougou a été à son tour, le jeudi 28 février, le théâtre d’actes de vandalisme sur des biens privés et publics. Les organisations syndicales et politiques tout en condamnant ces émeutes ont décliné toute responsabilité. Alors d’où viennent ces casseurs qui prétendent «djafouler» contre la vie chère ?

Les vandales en pleine séance de destruction de biens publics sur l’avenue Kwamé N’Krumah

Les mesures d’apaisement annoncées par le gouvernement, les mises en garde et les appels à la retenue n’ont pu empêcher les manifestations contre la vie chère.
Comme on a pu le constater, il s’est plutôt agi d’une autre race de manifestants dont la détermination n’était que le vandalisme et le pillage qui s’est mise en action dans la capitale. Aucune organisation syndicale, politique ou de la société civile ne les reconnaît comme étant des siens. Depuis les émeutes intervenues à Bobo, les syndicalistes s’étaient déjà démarqués de ce sortes de manifestations contre la vie chère et qui ne consistent qu’à piller les commerces et détruire les biens publics et privés. Ce qui laisse dire que ces manifestants ne sont que des gangs organisés qui pourraient avoir des soutiens insoupçonnés notamment celui de certains milieux d’affaires.

Harouna, le jeune vendeur de portables en face de la MABUCIG sur l’avenue Kwamé N’Krumah a tout perdu. Les vandales ont tout pillé. Sera-t-il dédommagé ?
Le jeudi 28 février, nous avons pu nous faire une idée de ce type de casseurs qui ont battu le pavé sur l’avenue Kwamé N’Krumah. Venue du côté sud de l’avenue, une horde de badauds constituée en grande partie d’enfants n’ayant pas encore atteint leur majorité et ne brandissant ni pancarte, ni ne chantant de slogan comme c’est généralement le cas dans ces genres de manifestations de rue a déferlé sur la «plus belle avenue de Ouagadougou». Seule préoccupation, détruire les panneaux publicitaires, les feux tricolores, et procéder à des pillages. On avait l’impression que sur cette avenue, était ciblé ce qu’il fallait saccager. Faut-il penser que l’objectif premier était de détruire le maximum de feux et d’enceintes lumineuses ? Et cela dans quel but ? Des interrogations à la Sherlock HOLMES qui fondent à orienter le regard vers des gens à qui profiteraient le crime et qui ne s’embarrasseraient de passer marché avec des marcheurs vandales ! D’ailleurs ces bris récurrents de feux tricolores même en temps de «paix» font courir pas mal de bruits dans la ville car ils ne seraient pas innocents ou purement accidentels. Là n’est peut-être pas l’objet de notre propos, mais l’occurrence ne pouvait que permettre d’évoquer le fait. Il faut dire que le contribuable que nous sommes tous est fatigué de devoir toujours trinquer après de tels actes car la facture, salée soit-elle, il va la payer. Alors, ce ne serait que juste pour lui que les citoyens inciviques coupables de ces faits reçoivent la sanction qu’ils méritent.

Punir pour l’exemple

Voilà ce qui restait de la dévanture de la MABUCIG après le passage des vandales

Comme à Bobo-Dioulasso où il y a eu 200 personnes interpellées, les services de sécurité ont également procédé à des arrestations (il y a eu au total 184 personnes interpellées) à Ouagadougou. Au regard d’immenses efforts que le gouvernement a déployés pour apaiser la situation, les personnes qui seront reconnues coupables des émeutes devront être punies conséquemment. Non seulement leur prétexte de vie chère n’avait plus de légitimité par le fait que la veille de leur manifestation à Ouagadougou, les autorités avaient annoncé des mesures alternatives, mais aussi, on ne peut pas prétendre manifester en se livrant à des pillages et actes de vandalisme. D’aucuns diraient que l’autorité a trop laissé faire car si par le passé ceux qui orchestrent les casses ou qui se livrent à du vandalisme avaient été amenés à réparer ce qu’ils ont saccagé, ça ferait réfléchir plus d’un et on aurait peut-être exorcisé le mal. Comme l’a si bien dit le ministre de l’Administration territoriale, Clément SAWADOGO, il faut désormais infliger à ces genres de personnes, en plus des peines privatives de liberté, des sanctions pécuniaires. Voilà qui est bien dit et c’est le contribuable qui serait heureux de ne pas être toujours celui que l’on spolie. La vie que l’on sait déjà chère ne doit pas être renchérie par des actes qui n’honorent personne.

Les solutions alternatives du gouvernement

Un proverbe moaga dit en substance que quand un caillou vient d’en haut, chacun protège sa tête. Ceci, pour dire que ce n’est pas parce que le phénomène de la vie chère est mondial que le gouvernement doit rester sourd aux cris de détresse des populations. Chaque pays, chaque gouvernement a l’obligation, de manière interne, de voir comment trouver des solutions face à la situation. Le gouvernement burkinabè l’a certainement compris, en attestent les mesures douanières prises par le conseil des ministres du 27 février dernier.

Le Premier ministre Tertius ZONGO

Même si «le Burkina ne produit pas du pétrole», pour parler comme l’autre, ce n’est pas pour autant qu’il va laisser hypothéquer son développement ou laisser ses populations vivre le martyre du fait de cet or noir dont le prix va augmentant chaque jour que Dieu fait. Tous les pays sont concernés par la valse des prix des produits quand on sait que la principale source énergétique de production et de transport reste le pétrole. Chaque pays en fonction de ses réalités socio-économiques se doit d’agir en allégeant un tant soit peu les difficultés que rencontrent ses populations. C’est justement pour trouver des solutions alternatives afin d’amoindrir le choc que des investigations ont été au préalable menées par l’Inspection générale des affaires économiques et la Direction générale des impôts au Burkina Faso. De ces investigations, il est ressorti que la flambée des prix sur les produits de grande consommation sont une réalité indiscutable (riz, huile, savon…). Cette réalité ne pouvait laisser le gouvernement indifférent. C’est pourquoi le Conseil des ministres en sa séance du 27 février dernier «… a décidé à titre exceptionnel d’exempter des droits de douanes pour une période de trois mois, à compter de ce jour, les produits de grande consommation suivants : le riz, le sel, les pâtes alimentaires, le lait concentré sucré, le lait en poudre et les laits infantiles...». Quant au sucre, au savon et aux huiles alimentaires fabriqués au Burkina Faso, des concertations sont en cours pour voir leurs prix à la baisse.
Ainsi donc que le pensent certains qui ont su jouer sur la crédulité de l’homme de la rue, les gouvernants ne sont pas sourds ou aveugles sur les réalités ambiantes des populations. Lorsqu’on ne maîtrise pas un phénomène, on prend le temps qu’il faut et on se munit de garde-fous pour le bien cerner et le circonscrire. C’est l’attitude de sagesse à laquelle s’est prêté le gouvernement burkinabè et les mesures qui viennent d’être prises, nous l’espérons, pourront atténuer un tant soit peu la situation des prix et permettre aux consommateurs de subir moins les effets du contexte international. Seulement connaissant le manque de scrupule qui règne dans le milieu de la négoce, il va falloir être très regardant sur leur application sur le terrain.

Par Ben Alex BEOGO

Vandalisme à Ouaga
Thibaut NANA , pas si innocent que ça !

Comme on peut le constater, cette horde de vandales en pleine débandade sur Kwamé N’Krumah à l’arrivée des Forces de l’ordre est constituée en grande partie d’enfants

Cette semaine, c’est certainement avec regret et désolation que le maire Simon COMPAORE va faire le point général des dégâts causés par les vandales dans la ville de Ouagadougou. En attendant que ceux pris en flagrant délit soient punis conformément à la loi, on continue cependant de se poser des questions sur les commanditaires des actes de vandalisme et quel que soit le bout par lequel on prendra cette affaire, les noms de Thibaut NANA président du RDP et des «Jeunes patriotes révolutionnaires du Faso», ne peut ne pas être cité. En effet, c’est lui qui, par une déclaration parue dans la presse invitait la population à une marche et une journée ville morte contre la vie chère pour le 20 février 2008. C’est encore lui qui, dans un quotidien martelait «Autorisation ou pas, nous allons marche le 28 février». Ce bout de phrase peut-il être interprété autrement si ce n’est que c’est un défi lancé aux autorités et surtout une volonté farouche d’en découdre vaille que vaille ?
Voilà un comportement loin d’être en phase avec l’esprit et la pratique dans un Etat démocratique et ses exigences. Si à Ouagadougou, la volonté de NANA Thibaut n’a pas été respectée le 20 février cela n’a pas été le cas à Bobo-Dioulasso, Banfora, Ouahigouya… où la voix de cet iconoclaste de la scène politique du Faso semble avoir été entendue en atteste la réaction de la rue. L’homme dans son inconstance était revenu sur ses déclarations appelant à la marche du 20 février dans un premier temps, puis s’est fendu sur les ondes de radios privées remettant le couvert par cette phrase digne d’anarchistes : «autorisation ou pas, nous allons marcher le 28 février», pour enfin appeler à observer seulement une journée ville morte.
Bref, l’appel du président du RDP depuis sa première déclaration dans la presse a eu un écho favorable, la vie étant effectivement chère. Conséquence, que ce soit à Bobo, Banfora, Ouahigouya ou à Ouagadougou, les gens ont effectivement marché sans autorisation avec pour conséquences les actes de vandalisme que nous devons tous déplorer aujourd’hui.
Alors, NANA Thibaut, même s’il multiplie les sorties médiatiques par après pour marteler à qui veut l’écouter qu’il n’a rien à voir avec les actes de vandalisme, ne peut convaincre personne. D’une manière ou d’une autre il ne peut qu’être comptable de ce qui s’est passé dans les différentes villes du Faso entre le 20 et le 28 février, même si quelque part nos autorités ont péché par négligence, voire par incompétence. La preuve, sur l’avenue Kwamé N’KRUMAH, les vandales s’en sont donnés à cœur joie pendant près de 45 mn et ont cassé sans qu’on voie le bout du nez d’une force de sécurité. C’est bien après le «déluge» que des éléments des CRS sont arrivés comme juste pour déblayer le grava et permettre la circulation des usagers de la route.
Il faut donc bien situer les responsabilités afin que la loi puisse sévir. La République a ses règles qu’il faut respecter au risque d’encourager les velléités déstabilisatrices.
Ben Alex Beogo

Le bilan est amer à Bobo

Après les chaudes journées des 20 et 21 février 2008, Bobo-Dioulasso s’est progressivement remis de la secousse. Maintenant, c’est l’heure des bilans au niveau régional comme communal. La note est vraiment salée.

Des feux tricolores saccagés, une énorme perte

Le mardi 26 février dernier, le gouverneur de la région des Hauts-Bassins a rencontré la presse dans son cabinet pour faire le point de la manifestation.
Bêbrigda Mathieu OUEDRAOGO était entouré des responsables de la police, de la gendarmerie, de la douane et des impôts. Pour lui, le bilan est lourd mais «le pire aurait pu se produire au regard de l’ampleur du mouvement, de son caractère violent et de tout ce qui a pu être prémédité et programmé par les commanditaires, cette main encore invisible qui a instrumentalisé les vandales».
Le gouverneur a félicité les populations pour leur sang froid, les services d’ordre et de sécurité, les services de santé, la presse, les militaires pour avoir fait preuve de professionnalisme rassurant malgré la modicité des moyens. Il a déploré et condamné avec vigueur de tels actes de vandalisme et a indiqué que les investigations se poursuivaient pour identifier tous ceux qui dans l’ombre ont été d’une intelligence quelconque avec les casseurs.
Selon les chiffres livrés par le Directeur de la police des Hauts-Bassins, le commissaire Oudou OUEDRAOGO, ses services ont eu à interpeller 111 personnes. 89 ont été déférées à la MACB, 20 ont été relaxées et deux personnes étaient encore au commissariat pour les besoins de l’interrogatoire.
Quant à la gendarmerie, elle aurait, selon son patron, le lieutenant colonel Serge Alain OUEDRAOGO, mis la main sur 160 personnes. Après recoupement et vérification des informations, 66 ont été déférées à la prison civile, 155 au total, ont été jugées, le vendredi 29 février dernier, au palais de justice de Bobo. Un procès marathon qui a connu son dénouement final aux alentours de 3 heures du matin. Les magistrats étaient décidés à vider ce dossier et ils l’ont fait. A situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle. Il y a eu des condamnations et déjà certains s’offusquent de ce qu’on emprisonne des gens tout simplement parce qu’ils ont grevé, disons cassé. Mais le gouverneur avait déjà donné le ton le mardi dernier : «La loi sera appliquée dans toute sa rigueur pour rappeler que nous sommes dans un Etat de droit».

La mairie de Dô fermée
Après le gouverneur de la région des Hauts-Bassins, c’était au tour du maire Salia SANOU de la commune de Bobo de faire le point des évènements à travers une session du conseil municipal, à l’hôtel de ville, suivie d’une sortie sur le terrain en compagnie de l’ensemble des conseillers municipaux pour toucher du doigt l’ampleur réel des dégâts causés. L’une des mesures importantes prises par le conseil municipal est la fermeture de la mairie de l’arrondissement de Dô et ce jusqu’à nouvel ordre.
Le conseil s’est donné un délai d’un mois pour trouver un local qui va abriter les services de la mairie de Dô. En attendant, les agents seront affectés dans les autres mairies d’arrondissement et de la ville.
Les dégâts d’une façon générale sont énormes. Il est très difficile de les chiffrer mais selon le maire Salia SANOU, ceux qui concernent la mairie tournent autour d’un demi milliard de francs CFA. La plus grande préoccupation de la commune reste les feux tricolores surtout à quelques jours de la Semaine nationale de la culture où la ville de Sya s’apprête à accueillir plusieurs invités étrangers. On se demande comment la circulation sera régulée pendant cette biennale.
Le maire de Bobo a laissé entendre que les feux tricolores ne sont pas automatiquement disponibles sur la place du marché comme n’importe quelle autre marchandise. Il faut les commander de l’extérieur et cela prend du temps. Le conseil municipal compte néanmoins se battre pour munir les carrefours de Bobo en feux tricolores avant la SNC prévue du 22 au 29 mars 2008. L’état des lieux des dégâts fait ressortir entre autres 23 feux tricolores endommagés, 21 coffrets de commande d’électricité et 75 lampes publiques endommagées et cassées ; 310 panneaux stop, 50 panneaux interdiction de stationner ; 70 passages piétons ; 4 monuments ; 1 500 m2 de voies bitumées… tous détruits.
Au regard de l’ampleur des dégâts, les uns et les autres doivent ménager un tant soit peu leur bon sens, mettre un peu d’eau dans leur vin afin d’éviter de telles émeutes dans la belle cité de Sya.

Par Drissa KONE à
Bobo-Dioulasso

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