Blaise est-il réellement malade ?
Alors que l’opinion publique et l’ensemble des chroniqueurs s’intéressaient de près à la lutte contre la vie chère, la disséquant sous toutes ses coutures, quelle ne fut la surprise des unes et des autres à la lecture de la Une d’un bimensuel de la place, «L’Evènement» pour ne pas le nommer qui se livrait à un exercice pour le moins étrange. Il y était question de la santé du président du Faso sur laquelle notre confrère conjecturait dans ses pages intérieures.
“Le sport fait du bien à l’organisme. Ça augmente l’esprit d’ouverture des uns et des autres. Le gouvernement ce n’est pas seulement le travail intellectuel, il faut aussi sur le plan physique s’exprimer pour équilibrer l’organisation” dixit Blaise COMPAORE
«Visage régulièrement cerné avec des paupières tombantes, à vue d’œil le président est comme rongé». Voilà le diagnostic du docteur commis à cette tâche qui enfonce le clou en traitant le premier des Burkinabè de «petit vieux».
Faisant dans le genre de ces canards de troisième zone, qui se repaissent et vivent du sang des célébrités et des faits divers macabres, notre confrère s’appuie sur des rumeurs si ce ne sont des confidences du milieu, de proches parmi les proches dont les descriptions sont aussi précises que floues comme si l’intention était de dire, «ne suivez pas mon regard» tout en indexant ostensiblement sa ou ses sources.
Un jeu d’ombre fort intéressant qui indique par lui-même le degré de crédibilité qu’il faut accorder aux faits rapportés. En effet, dans ce scoop qui a fait vendre le journal comme du petit pain par ces temps de «vie chère», la forme va avec le fond. Pour dire que tant de zèle à vouloir faire de Blaise COMPAORE un président frappé d’une de ces maladies incurables et dégénérescentes participe beaucoup plus d’une volonté de nuire et de médisance que d’informer.
 |
 |
 |
Le président du Faso en pleine séance d’échauffement avec le ministre Salif SAWADOGO |
Blaise COMPAORE en plein exercice physique avec sa fille Djamila |
Séance de petits trots |
A quelle fin ? L’autre dirait crûment : qui a fait écrire ce papier ? Il n’a pas tort et c’est la preuve que l’information qu’on est censé donner est manifestement fausse et n’est qu’un prétexte. On a le temps de voir venir puisque les faits de tous les jours montrent que Blaise COMPAORE est certainement en meilleure santé que tous ceux qui semblent s’inquiéter pour lui. Il n’y a qu’à les regarder. Nous n’allons pas faire dans les mêmes techniques de spéculation et nous contenter des faits qui eux sont sans équivoque.

Des exercices d’étirement
A la guerre comme à la guerre donc car le «malade» Blaise COMPAORE ne cesse de «gambader» tous les jeudis après-midi avec ses ministres lors de leur séance hebdomadaire de sport. S’il apparaît fatigué, c’est bien parce que le président n’a pratiquement plus eu de vacances depuis deux ans et on se demande comment il réussit à partager son temps entre la gestion des crises alentours et certaines autrement plus lointaines, mais dans lesquelles son expertise est sollicitée sans oublier les problèmes domestiques qui ne manquent pas.
Des exercices abdominaux
Avec la cadence de deux réunions mensuelles (des séances marathon qui vont généralement de 10h à 18h) sur les dossiers togolais et ivoiriens sans compter les conseils de ministres et les nombreuses sollicitations officieuses, c’est à se demander si Blaise a une vie privée ; on peut dire qu’il se «tue» littéralement à la tâche. On comprend du reste pourquoi Chantal, son épouse, veut «l’extirper» de cette galère pour lui trouver un havre de paix pendant une petite semaine. Une tentative qui n’est pas, pensons-nous, prête d’aboutir, car, pour le «codo», une semaine c’est comme une année. C’est dire que l’on n’a pas fini d’entendre parler de Blaise COMPAORE. Au grand dam de ces sacrés «médecins» fantaisistes.
.
Par Ahmed NAZE
Vie chère
Hermann et compagnie pour un gouvernement d’ouverture ?
A la suite des émeutes intervenues en fin février, huit partis politiques aux idéaux divergents se sont retrouvés pour parler d’une même voix en demandant, à travers une déclaration de presse, la refondation de la gouvernance afin qu’il puissent aider le Burkina à éviter «l’aventure».
Me Hermann YAMEOGO de l’UNDD
Le fait est quand même rare sous nos tropiques. Des partis politiques de la mouvance et de l’opposition radicale qui signent une déclaration commune appréciant la situation nationale qui nécessiterait pour eux une refondation de la gouvernance. Que les responsables de partis que sont Hermann YAMEOGO de l’UNDD, Cyril GOUNGOUNGA du PARIS, Ram OUEDRAOGO du RDEBF, Eugène DIENDERE du RDP, Alain ZOUBGA de l’Autre Burkina, et autres soient signataires d’une déclaration de presse commune sur la situation nationale, le fait n’est peut-être pas extraordinaire même si l’acte paraît curieux au regard de leur opposition tendancielle. C’est en cela qu’il aiguise l’intérêt de l’observateur ; ce que du reste, les signataires de la déclaration ont voulu assouvir en mandant Ram OUEDRAOGO, le vendredi 29 février, de rencontrer les journalistes pour une explication de texte c’est-à-dire éclairer leur lanterne sur le fond de ladite déclaration avant sa diffusion dans la presse.
L’exercice a en tout cas permis de dévoiler les mobiles réels de ce conglomérat politique. En effet, à la question du journaliste qui voulait savoir pourquoi la refondation, Ram OUEDRAOGO, le porte-parole, explique : «Nous sommes dans un processus démocratique devenu bancal. Certes, il y a des acquis indéniables mais il se passe une crise de légitimité politique. Sinon comment comprendre qu’un système en place depuis 20 ans avec tous les Renseignements Généraux (RG) ne puisse pas anticiper sur les émeutes… Soit c’est la faillite du régime et qu’il se casse, soit il y a une complicité dans le système auquel cas Blaise COMPAORE doit nettoyer autour de lui… Il doit nettoyer les écuries d’Augias». Relance : vous vous en prenez beaucoup plus à l’entourage de Blaise COMPAORE, alors qu’est-ce que vous lui proposez ? L’écologiste s’épand alors en des termes on ne peut plus clairs : «… Blaise COMPAORE est notre seul interlocuteur… Il y a beaucoup d’hommes incapables dans son gouvernement en plus du fait qu’il y a une collusion des hommes d’affaires. Alors, qu’il convoque tous les acteurs de la vie nationale pour parler…» D’un gouvernement d’ouverture ? «Nous ne voyons pas d’inconvénient si c’est pour apporter notre contribution…», répond-t-il non sans mettre en évidence le patriotisme de ceux qui sont partants dans cette démarche. Ainsi donc devons-nous comprendre la refondation à laquelle fait allusion le groupe des huit qui voit en la formation d’un gouvernement d’ouverture leur solution à la gouvernance nationale.
On le voit, les manifestations de rue sur la vie chère donnent des idées et du tonus à certains hommes politiques qui pensent que c’est l’opportunité pour eux de rebondir, de se faire désirer. C’est leur droit absolu de vouloir exploiter n’importe quelle situation au plan national pour se réaliser, mais pensent-ils vraiment que leur démarche puisse avoir échos favorable d’autant que le Burkina ne vit pas une crise structurelle ou institutionnelle qui nécessite une certaine refondation de la gouvernance ?
Le contexte de «vie chère» est existentiel et non politique. Les institutions fonctionnent toutes à plein régime. Il y a des voies et moyens à suivre pour solliciter une place dans le gouvernement et les signataires de la déclaration ne les ignorent pas. Les émeutes survenues ne sauraient être une baraka pour eux. On se demande par ailleurs quel type de contribution les leaders de ce groupe pourraient apporter à la gouvernance nationale eux qui sont pour la plupart des anciens ministres qu’on a déjà vus à l’œuvre aux côtés de Blaise COMPAORE, leur «seul interlocuteur».
Par Drissa TRAORE
Retour au sommaire