L'opinion N°543
Du 05 au 11 mars 2008

Les nouvelles du grin

Après les casses, les regrets

Cette année, le 08 mars sera célébré dans la capitale de la région du Centre-Est, Tenkodogo.
La journée internationale de la Femme qui permet à la gent féminine de s’affirmer et de se faire valoir. Dieu a d’abord créé l’homme. Il vit qu’il s’ennuie tout seul. Il le fit dormir et de ses côtes, il extrait une partie avec laquelle il créa ensuite la femme. La femme est donc une partie de l’homme. Sans la femme, l’homme est incomplet…
A l’approche du 08-Mars, les débats sur l’émancipation de la femme sont au rendez-vous. Au grin les mêmes discussions reviennent toujours. Pourquoi une journée de la femme ? Les autres jours sont-ils des journées de l’homme et le 08-Mars celle des femmes ?
On dit des femmes qu’elles sont l’autre moitié du ciel, et que deviendra la terre sans l’autre moitié du ciel ? Bonne fête à toutes les femmes du monde entier en général et particulièrement à celles du Burkina.
Dans les grins, il y a certaines qui se plaignent du fait qu’on ait déplacé la fête du 08-Mars à Tenkodogo. Pour elles, c’est Bobo qui est bien placée pour accueillir cette fête. Il a fallu la présence d’une femme avertie de ces questions pour expliquer que cette fête se déroule de façon tournante.
Bobo-Dioulasso a déjà bénéficié de deux célébrations du 08-Mars sur le plan national, mais cela ne signifie pas que c’est la ville qui doit accueillir toutes les 08-Mars au Burkina. La fête de la femme est différente de la SNC qui elle se déroule tous les 2 ans à Bobo.
Pour cette édition, la fête est prévue du 22 au 29 mars 2008. Dans le grin des femmes, dame rumeur est souvent très mal maquillée. On a entendu, certaines défendre mordicus que c’est parce que Bobo a fait des émeutes qu’on a déplacé le 08-Mars à Tenkodogo.
Les pagnes du 08-Mars sont l’attraction du moment. Partout, c’est la même chanson et cette année le thème s’intéresse à la féminisation de la pandémie du SIDA. Une façon pour ces femmes de prendre conscience davantage sur les méfaits de ce mal du siècle qui a fait tant de ravages au rang des femmes comme des hommes.

Après les casses, les regrets
La manifestation contre la vie chère qui a fortement endommagé la ville de Sya est maintenant un souvenir. Partout dans la ville, c’est la pagaille la plus totale. Les voies publiques qui étaient déjà dégradées sont maintenant impraticables par endroit. Dans la circulation c’est la croix et la bannière. Les gens se débrouillent comme ils peuvent pour s’éviter mutuellement.
Les feux tricolores qui régulaient la circulation sont presque inexistants. Les jeunes écoliers et les élèves sont ainsi exposés au danger que constituent ces nombreux cascadeurs qui profitent de cette situation pour rouler à tombeau ouvert. Rien qu’à regarder la circulation de la ville de Sya, cela donne des frissons. Les autorités communales en sont conscientes. Ils font sortir souvent les policiers sur les différents carrefours stratégiques aux heures de pointe.
Au grin ceux qui étaient enclins à supporter ces casses voient maintenant leurs erreurs. Par principe le bon sens voudrait qu’on ne cautionne jamais la violence sous quelle forme que ce soit.
Revendiquer dans la légalité peut paraître inefficace au regard de son caractère pacifique mais c’est la seule voie de recours qui mérite d’être empruntée le reste n’est que du vandalisme.
Bobo-Dioulasso l’aura appris à ces dépends. La casse n’arrange personne. On a tous besoin l’un de l’autre pour mieux vivre. Pour cela, il faut beaucoup de tolérance et de retenue.
Les émeutes de Bobo ont surpris par leur ampleur, mais ceux de Ouagadougou ont encore plus surpris. Malgré la grande vigilance des forces de l’ordre si les gens sont sortis dans la capitale c’est que le problème doit être très profond. C’est en tout cas l’avis de certains membres du grin qui croient que le gouvernement doit aussi mieux analyser la situation pour trouver des solutions durables sinon ces genres d’agitations violentes peuvent porter préjudice aux inlassables efforts de la diplomatie burkinabè sur la scène internationale.
Le président Blaise COMPAORE est le facilitateur dans plusieurs foyers de tensions dans la sous-région. Cela donne un crédit certain à notre pays. Mais ce genre d’agissement pour revendiquer la baisse des produits de consommation est de nature à détruire tout ce vaste chantier.
Le sage du grin s’est reporté une fois de plus sur cette citation d’Ernest JÜNGER pour faire comprendre à tous ces manifestants en colère que «la charge de pilote implique la nécessité de décisions cruelles. On ne peut attendre d’un chef d’Etat qu’il ait égard à ces délicatesses qui sont l’honneur du simple citoyen. Un tel don serait bien plutôt un danger. Des cas se présenteront toujours où l’emploi de la violence est inévitable, et souvent il devra choisir le moindre de deux maux».
Cette assertion devrait faire réfléchir ceux qui pensent que depuis le début de ces manifestations, l'on n’a pas entendu le président du Faso se prononcer.
«Seul le silence est grand, tout le reste est faiblesse», a prétendu Alfred de VIGNY.

Pèlerinage à La Mecque : les musulmans de Bobo disent non à la suppression de l’étape de Bobo
Le 14 février 2008, 4 ministres du gouvernement et les représentants des associations membres ou non de la fédération des associations islamiques du Burkina se sont rencontrés à Ouagadougou pour trouver une bonne formule d’organisation du pèlerinage musulman. «Les musulmans de Bobo ont d’abord, disent-ils par la voix de leur président, été surpris par cette rencontre». C’est donc à la hâte qu’ils ont envoyé deux délégués à cette réunion. Dans le compte rendu des deux émissaires aux autres musulmans de Bobo, il est ressorti qu’un certain Louis YAMEOGO (Directeur Général de l’agence Air Sénégal international) est intervenu comme un cheveu dans la soupe pour dire tout simplement de supprimer les vols à destination de Bobo pour les Hadj à venir. Ce point a particulièrement irrité les musulmans de Sya qui se sont unanimement indignés de «cette intervention si osée». Pour le DG de l’agence Air Sénégal international, seule la capitale dans chaque pays de la sous-région, accueille les pèlerins pour les convoyer aux lieux saints. C’est le Burkina seul qui fait l’exception à la règle.
Depuis le compte rendu de cette rencontre du 14 février, les musulmans de Bobo sont sur le qui vive.
Ils trouvent les déclarations de Louis YAMEOGO inacceptables et pensent que c’est une manière pour lui de se venger des musulmans de Bobo parce qu’ils sont à la base de l’échec du partenariat que Air Sénégal international devait lier avec les pèlerins du Burkina. C’est justement parce qu’il a refusé de venir à Bobo qu’il a été disqualifié pour le transport des pèlerins burkinabè. Cette fois la compagnie revient à la charge pour supprimer totalement l’étape de Bobo. Au grin, les gens se sont abstenus de débattre sur un tel sujet qui à cause de son caractère religieux devient très sensible. Pour les uns, si la suppression de l’étape de Bobo peut vraiment être une solution pour faciliter réellement le pèlerinage au Burkina, il faut le faire, pour éviter qu’on assiste toujours à la souffrance des pèlerins
Mais pour les autres, c’est plutôt le contraire qui va se produire. La plupart des pèlerins de Bobo viennent généralement des zones rurales.
Pendant la période de départ, ils convergent vers Bobo pratique à laquelle ils sont un peu habitués.
Malgré les difficultés rencontrées, ils se sentent plus dans l’environnement de Bobo que dans celui de la capitale. Pour ces derniers, Ouaga et Bobo ont toujours chevauché ensemble dans les activités depuis des lustres. La plupart des services clés du Burkina ont débuté par Bobo. Le cas des deux grandes villes du Burkina n’est pas à comparer avec les autres de la sous-région.
A quoi va servir finalement l’aéroport dit international de Bobo si on supprimait les vols pour le pèlerinage ? Les musulmans de Bobo ne sont pas du tout d’accord avec cette idée lancée par le DG de Air Sénégal international du Burkina. N’eût été les évènements malheureux des 20 et 21 février 2008, les musulmans étaient prêts à manifester leur mécontentement auprès du gouverneur des Hauts-Bassins. Mais vu l’ampleur des dégâts causés par les manifestants de la vie chère, les musulmans se sont rétractés. Ils espèrent qu’une décision officielle viendrait clarifier ce problème qui hante les nuits des musulmans de Bobo. Ils disent s’en remettre à Allah et mettent «en garde quiconque s’amuserait à vouloir remettre en cause cet acquis de Bobo-Dioulasso». A bon entendeur salut !

"Le petit fakir, toujours dispo"

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