L'opinion N°543
Du 05 au 11 mars 2008

Sur le vif

Ce n’est pas du jeu !

C’est mon oncle qui aime le dire «la bagarre ce n’est pas du jeu !». Et il a parfaitement raison le vieux. Surtout par ces temps où pour un rien, on vous pendrait haut et court avant même de vous poser la première question ! Tenez, le lundi dernier à la conférence de presse organisée par le gouvernement pour rendre compte des mesures prises pour alléger le fardeau des Burkinabè dans la galère de «la vie chère» il a été dit un truc qui moi me fait noircir, puisque je ne peux pas rougir. Dans Sidwaya n°6125 du 4 mars en page 13, au début de la 2e colonne (excusez-moi pour les précisions) il est écrit, relativement aux prix de l’huile, du savon et du sucre qui ne connaîtront pas de baisse dans l’immédiat que le gouvernement «a engagé des discussions avec les industriels locaux pour analyser la structure des prix de l’huile, du savon et du sucre en vue de parvenir à une proposition de nouveaux pris acceptables… cette démarche vise à examiner les marges appliquées en vue de parvenir à une baisse des prix». Je vous avoue que mon sang n’a fait qu’un tour et j’ai lancé sans même m’en rendre compte un juron que je n’oserai pas vous infliger.
Par ces mots le ministre nous dit tout simplement que les services compétents ne connaissent pas les structures des prix de ces denrées de grande consommation. Un aveu qui sonne comme une forme de démission devant les difficultés de nos unités de production et la galère des consommateurs. Autant nous dire que chacun est laissé à lui-même, l’Etat ne contrôlant rien et n’étant au courant de rien. Non ce n’est pas possible pour ne pas dire plus.
Il a donc fallu que quelques malades chauffent les rues de quelques villes pour que le ministère du Commerce cherche à connaître la structure des prix de l’huile, du savon et du sucre. Ce n’est pas normal et c’est même inadmissible. Après cela qu’on ne se plaigne pas des critiques au vitriol de certains analystes dont on peut douter de l’impartialité. Vraiment «la bagarre ce n’est pas du jeu» et certains devraient le comprendre une fois pour toute.
On ne me les piétine pas deux fois mais l’insouciance, avec laquelle le ministre a dit ce qu’il a dit, me donne froid dans le dos. Je crains donc pour les bijoux de famille qui risquent d’en prendre des semelles… pas seulement des marcheurs !

Par Faèz

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