L'opinion N°544
Du 12 au 18 mars 2008

Nation

Marche du 15 mars 2008

De l’huile sur le feu

Alors que le gouvernement s’active à trouver des solutions pour lutter contre la vie chère, les syndicats annoncent une marche pour le 15 mars 2008 au prétexte de lutter contre cette même vie chère. Après les manifestations sauvages de février qui ont causé d’énormes dégâts, cette volonté des syndicats de prendre la rue en otage dans les contextes actuels, résonne comme un désir de mettre de l’huile sur le feu.

La lutte contre la vie chère a vraiment le dos large. Au nom de cette antienne, des vandales saccagent des biens publics et privés, molestant au passage d’innocents passants, pendant que des politiciens en panne d’imagination et cloîtrés dans leurs salons glosent sur les conséquences «désastreuses» (sic) de la politique gouvernementale sur la vie des citoyens. Dans le deuxième cas (celui des politiciens) on peut dire que c’est de bonne guerre si tant est qu’ils jouent leur rôle, même si c’est maladroitement, aucune proposition pour lutter contre cette vie chère n’étant venue d’eux. Par contre, on ne peut donner un blanc-seing aux syndicats qui sont censés lutter pour améliorer les conditions de vie des travailleurs. Or, toutes les mesures prises par le gouvernement tendent vers cet objectif, avec la baisse constatée au niveau des prix des produits de première nécessité.
Une politique qui entraîne un manque à gagner pour le gouvernement ce qui devrait lui valoir le soutien de tous, plutôt que cette volée de bois vert qui s’abat sur lui. Du coup, on se prend à chercher les causes de cet acharnement ailleurs, ce qui nous amène de plain-pied dans ce que certains qualifiaient il n’y a guère longtemps d’anarcho-syndicalisme. Entendez le syndicalisme qui «déborde» de ses objectifs initiaux pour investir le champ politique. Le ton est donné lorsque nos pseudo-syndicalistes affirment que «tous les opérateurs économiques du pays sont des dignitaires du régime ou des gens qui appliquent un quasi-monopole dans un système qui se veut libéral».
Le lien subjectif qui doit «féconder» les conditions objectives pour entraîner la révolution est ainsi fait. Il ne reste plus qu’à pousser «l’armée des exploités» dans la rue pour espérer un «déclic» de l’armée face à la chienlit qui s’instaurera ainsi progressivement. Un schéma classique qui a déstabilisé bien de régimes africains, avec des morts à la clé, et, le lourd contentieux politique et des droits humains que cette manière de dévolution du pouvoir entraîne.
Des conséquences fâcheuses dont nos syndicalistes n’ont apparemment pas cure, obnubilés qu’ils sont par le désir de voir chuter un régime qu’ils ne finissent pas de détester à cause des succès qu’il engrange.
Est-ce pour autant qu’ils doivent prendre la paix sociale en otage, en risquant cette aventure grosse de dangers ? En tous les cas, ils gagneraient à vite réviser leur méthode, d’autant que l’actuel gouvernement a toujours fait montre de disponibilité et d’écoute à leur égard. Pour preuve, le dialogue social a permis de régler nombre de points de revendication contenus dans leur plate-forme.
Alors, les citoyens qui sont les premiers bénéficiaires de la politique du gouvernement se doivent d’assumer le rôle de «veilleurs» de la démocratie traditionnellement dévolue aux syndicalistes. Cela éviterait les casses et les pillages engendrés par les manifestations antérieures, car, nul ne nous convaincra que la marche des syndicats ne sera pas infiltrée. Thibault NANA qui avait promis de damer le macadam l’a compris, lui qui a annulé in extrémis sa marche. Il reste à souhaiter que nos syndicalistes aient la même grandeur d’esprit pour éviter les dérapages. Mais comme le problème est ailleurs nul doute que cet acte séditieux trouvera la réponse appropriée.

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Par Alpha YAYA

Lutte contre la méningite
L’appel du président du Faso entendu

Un adage soutient que c’est dans le malheur qu’on reconnaît ses vrais amis. Cet adage sied avec la situation actuelle de notre pays suite à l’épidémie de méningite qui sévit dans certaines localités. En effet, face à la manifestation récurrente de cette maladie, le président du Faso a lancé un appel aux pays amis et partenaires au développement pour un soutien à l’effort du gouvernement pour faire face à l’épidémie.
L’appel du président du Faso a été entendu. Les «amis» ont réagi.
Et pour les remercier, le ministre d’Etat, ministre de la Santé, Alain Bédouma YODA, a organisé le 5 mars une cérémonie à son ministère.

Alain YODA, ministre d’Etat, ministre de la Santé

«…Malgré les efforts du gouvernement, les besoins de financement demeuraient encore importants. C’est la raison pour laquelle, un appel a été lancé aux partenaires au développement de la santé par Son Excellence, Monsieur le président du Faso… C’est avec une réelle satisfaction que nous avons reçu l’engagement de nombreux partenaires…», a laissé entendre le ministre YODA. De cet engagement des partenaires, c’est la somme de 2 926 780 400F CFA qui a été reçue. Pour Alain YODA, cette somme couvre l’ensemble des besoins planifiés, sauf pour certains besoins comme le laboratoire, les investigations épidémiologiques et la supervision formative. «Il reste entendu que si l’épidémie s’étendait encore, nous aurions besoin d’autres ressources pour y faire face», a dit le ministre de la Santé aux partenaires.
Le Dr Amidou Baba-Moussa, représentant de l’OMS dans notre pays, au nom des partenaires techniques et financiers, a salué l’engagement constant du Burkina dans la lutte contre la méningite. Il a en outre insisté sur «l’engagement personnel du chef de l’Etat» qui a d’ailleurs accepté parrainer le nouveau vaccin. Le représentant de l’OMS fera savoir que face à la particularité de la méningite 2008, le président du Faso a saisi tous ses pairs de la sous-région pour une lutte concertée, il a aussi saisi les partenaires techniques et financiers et les laboratoires. Pour toutes ces raisons, le Dr Baba-Moussa a salué à sa juste valeur l’engagement du président COMPAORE.
De la situation épidémiologique, on retiendra que du 1er janvier au 2 mars 2008, 3181 cas suspects ont été enregistrés. Dans la semaine du 25 février au 2 mars, 5 districts sanitaires (Kaya, Réo, Orodara, Boromo et Séguénéga) ont franchi le seuil épidémiologique de 10 cas pour 100 000 habitants en une semaine et 9 districts sanitaires (Barsalgo, Nanoro, Mangodara, Boulsa, Solenzo, Toma, Yako, Batié et Gaoua) ont franchi le seuil d’alerte de 5 cas pour 100 000 habitants. Les campagnes de vaccination mises en œuvre dans les districts sanitaires de Sapouy, Mangodara et Gaoua ont absorbé 480 000 doses de vaccin A + C. Au cours de la présente semaine des campagnes de vaccination sont en cours dans les districts de Orodara, Séguénéga et Kaya. 689 024 doses de vaccin A + C seront mobilisées.

Contribution des partenaires

. Le Royaume d’Arabie Saoudite pour un montant de 500 000 Dollars américains en vaccins soit 18 920 doses de vaccins tétravalents et en médicaments soit 200 000 ampoules de ceftriaxone ;
. La Coopération italienne pour 100 000 Euros ;
. La Coopération Canadienne pour un montant de 25 Millions de FCFA ;
. La République Arabe d’Egypte par un don de 2 000 doses de vaccins tétravalents estimées à 14 millions de FCFA ; + 500M ;
. L’ONG, Plan Burkina, pour un montant de 26 000 000 FCFA ;
. La République de Corée, pour un montant de 500 000 Dollars américains ;
. L’Organisation Ouest Africaine de la Santé pour un montant de 70 millions de FCFA ;
. La Banque Islamique de Développement (BID) pour 90 000 000 FCFA (fonds prévus depuis 2007) ;
. Le Projet de Renforcement des Services de Santé, pour un montant de 210 375 000 FCFA ;
. L’Organisation Mondiale de la Santé pour 35 453 700 FCFA ;
. L’UNICEF pour 21 millions de FCFA;
. Le Programme d’Appui au Développement Sanitaire qui regroupe les Pays-Bas, la Suède, l’UNFPA, l’Agence Française de Développement et la Banque Mondiale, pour 250 millions de FCFA;
. L’USAID pour 500 000 Dollars américains ; et encore,
. La Banque mondiale pour un montant de 4,5 millions de Dollars américains.
Le montant total de ces contributions, est estimé à 2 926 780 400 FCFA

Par Ben Alex BEOGO

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