Le 08-Mars a été célébré avec faste malgré le contexte difficile marqué par la vie chère. C’est la preuve que ce que femme veut, Dieu veut.
L’autre moitié du ciel était en conclave à Tenkodogo, la ville qui a été officiellement choisie au plan national pour accueillir les festivités du 08-Mars 2008.
Depuis que Nicolas SARKOZY, le président français a lancé le concept de «rupture», c’est devenu la mode. Le nouveau ministre de la Promotion de la femme, Céline YODA veut imprimer elle-aussi sa marque sur cette journée de la femme qui cette année se tient sous le thème «Femme et VHI/SIDA : la féminisation de la pandémie, les stratégies de riposte».
Au regard de la place et du rôle des femmes dans la bonne marche du monde, le SIDA est un véritable drame, plus qu’un problème de santé publique.
La journée internationale de la femme est maintenant bien inscrite dans l’agenda des femmes du Burkina.
Même celles qui ne peuvent pas converger vers le lieu officiel de la célébration, ne restent pas les bras croisés. Au niveau de la province du Houet, la fête du 08-Mars a été célébrée à Léna, mais cela n’a pas empêché la ville de Sya de vibrer au rythme des nombreux «Djandjoba» qui étaient programmés dans les différents secteurs de la ville.
Bobo-Dioulasso a célébré le 08-Mars à sa manière. Partout les femmes se sont mobilisées pour rendre cette journée agréable.
«Ce que femme veut, Dieu le veut», dit l’adage. Maintenant qu’elles se sont mobilisées pour rechercher ensemble les stratégies de riposte à la pandémie du SIDA, on espère qu’elles arriveront à vaincre ce mal qui menace l’avenir du continent. C’est dans l’ambiance et la joie qu’elles doivent pouvoir se sensibiliser pour trouver des solutions à ce drame.
La femme est la mère de l’humanité. Nous lui devons tout mais de grâce, la femme à son tour doit se respecter pour mieux mériter le respect de son compagnon, l’homme.
La vie chère est plus que la bombe atomique
On a beau dire que la vie chère n’est pas un phénomène propre au Burkina seulement mais force est de reconnaître «qu’ici au Faso la vie est dure».
Au grin, les gens sont divisés. Pour les uns, cette situation de blocage est due à la mondialisation tant prônée par les Européens et les Américains. Ils veulent faire du monde un village planétaire or l’Afrique est toujours à la traîne avec des économies qui dépendent en partie de l’extérieur.
Même l’autosuffisance alimentaire n’est pas acquise à 50% dans nos pays africains au sud du Sahara. Tout vient de l’extérieur et comme notre pays est enclavé, tout devient compliqué pour nous. Pour eux, la seule alternative pour sortir de cette impasse c’est de renverser la tendance de l’importation du riz dans notre pays. Il faut se résoudre à mettre en valeur les nombreuses plaines rizicoles que compte le pays. On dépense énormément en important du riz alors que cette denrée peut bel et bien être cultivée chez nous en quantité suffisante pour la consommation nationale. Le phénomène de la vie chère devient très dangereux lorsqu’il concerne les aliments de base.
Cela occasionne la famine dans les familles. Lorsque la majorité ne mange pas à sa faim dans un pays, la paix est menacée. Les gens deviennent des cabris morts qui n’ont plus peur de couteaux.
Le défunt président ivoirien Félix Houphouët BOIGNY aimait à répéter que «l’homme qui a faim n’est pas un homme libre». Et lorsqu’un homme n’est pas libre, il devient comme traqué, dangereux et prêt à tout pour recouvrer sa liberté.
Aujourd’hui la vie est chère parce que nous ne maîtrisons pas notre propre consommation. L’époque où l’on chantait consommons burkinabè est maintenant un vieux souvenir or il faut qu’on revienne à cela si on veut atténuer les effets de la vie chère.
Les autres par contre, pensent qu’il ne faut pas entraver les actions du gouvernement qui cherche à assainir le milieu des affaires au Burkina. Pour ces membres du grin, on ne peut pas faire d’omelette sans casser les œufs. Il y a trop de tricheries qui occasionnent des manques à gagner très importantes pour les caisses de l’Etat. Pour que l’économie tourne normalement, il faut un minimum de civisme fiscal, or nous savons que certains commerçants sont toujours restés avec leur ancienne méthode archaïque et frauduleuse. Lorsqu’on parle de la bonne gouvernance, ce n’est pas seulement le pouvoir politique qu’il faut voir.
Les autres secteurs d’activités ont aussi besoin de bonne gouvernance pour que les choses se complètent.
Mais la méthode utilisée pour faire passer les réformes nécessaires doit être souplement expliquée avant d’être appliquée. Et puis, il faut savoir choisir le contexte favorable pour faire passer la pilule.
La vie chère est là ; elle va continuer à planer n’en déplaise à ceux qui pensent que les mesures du gouvernement contre la vie chère sont insuffisantes et inefficaces. Les syndicats veulent rentrer dans la danse, le 15 mars prochain. Heureusement qu’avec eux, la légalité est respectée. Il s’agit de «marche meetings à travers tout le pays contre la vie chère, la corruption, la fraude, l’impunité et pour les libertés».
Les autorités doivent veiller au grin même si la marche du 15 mars est autorisée. Les vandales qui eux ne peuvent pas obtenir légalement une autorisation de casser, sont susceptibles de se confondre aux honnêtes syndicats pour faire des émeutes.
Prions tous Dieu afin que le 15 mars au soir, on puisse respirer et répartir sur de bon pied.
La vie est chère partout dans le monde. Mais c’est le cas du Burkina que les Burkinabè connaissent. Cherchons ensemble les solutions pour éviter de tout détruire autour de nous tout simplement parce que la vie est chère.
Quand la femme se fâche
De nos jours, avec la cherté de la vie, ce n’est pas seulement l’homme qui se bat pour faire tourner la famille. La femme aussi s’implique de plus en plus dans les dépenses familiales en faisant du petit commerce.
La semaine dernière, l’une d’elles qui vend des fruits devant l’hôpital Sourou Sanou de Bobo a fait passer un mauvais quart d’heure, à un paysan qui était au chevet d’un malade. Selon les témoins qui ont suivi la scène, le paysan était en compagnie d’un de ses parents citadins. Ce dernier ayant appris la nouvelle de la maladie voulait passer souhaiter un bon rétablissement au malade.
Avant de rentrer à l’hôpital, il a jugé bon de payer quelques fruits pour le malade.
Pour cela, il fit sortir un billet de 2 000F et commença à faire ses commandes devant le paysan très médusé. Au total l’homme était prêt à dépenser près de 1 500F dans les fruits. C’est alors que son frère, le paysan intervint pour dire qu’au lieu de payer tous ces fruits, il ferait mieux d’aller remettre cette somme au malade qui aurait de sérieux problèmes d’argent. Sur ce, le citadin abandonna son idée et s’excusa auprès de la vendeuse. Cette dernière réagit violemment en accusant le paysan d’avoir «gâté» son marché.
Elle insulte copieusement le paysan qui est resté de marbre. Son frère, le citadin a voulu faire comprendre à la vendeuse que le malade en question était un démuni. Mais elle n’a rien voulu comprendre. Elle dit qu’elle est là depuis le matin et que c’est aux environs de 14 heures qu’elle allait toucher son premier gain mais par la faute de ce malheur de paysan, la voilà à la case départ. En tout cas le paysan n’a pas jugé opportun de répondre aux injures de la vendeuse qui entre temps avait même serré ses cols. Le paysan a eu vraiment chaud.
Par rapport à cette histoire, les gens du grin pensent que toutes ces incompréhensions sont à mettre à l’actif de la vie chère. Si la vendeuse se débat de la sorte, c’est parce que chez elle aussi ça ne va pas.
Mais elle devait comprendre le cas de ce paysan qui est lui aussi exposé à la cherté de la vie.
Il est difficile de juger une telle affaire. La vendeuse n’a pas tort, mais elle doit comprendre le paysan qui est à côté du malade en question. Il connaît mieux les besoins de son malade que quiconque.
Le sage du grin de son côté pense que la vendeuse a exagéré. Elle vend devant l’hôpital, elle devait alors avoir de la compassion pour les malades.
Nul n’ignore les difficultés d’un séjour à l’hôpital Sourou Sanou surtout pour des gens qui ne sont pas sur place en ville.
Au grin la plupart des gens pensent qu’il est préférable d’aller remettre de l’argent à un malade hospitalisé que de lui remettre des fruits qui sont le plus souvent consommés par les accompagnateurs.
Le débat est ainsi lancé et chacun est libre d’agir comme il l’entend. L’essentiel, c’est de préserver toujours l’esprit de solidarité autour de nos malades.
"Le petit fakir, toujours dispo"