L'opinion N°545
Du 19 au 25 mars 2008

Actualité

Etat de la presse au Burkina

 

Le deuxième rapport désormais disponible

Le vendredi 14 mars 2008, l’Association des journalistes du Burkina (AJB) a publié pour la 2e fois un rapport sur l’état de la presse au Burkina. Ce document, appelé rapport 2006, s’est penché sur le statut et les conditions de travail des journalistes.

Jean-Claude MEDA, président de l’AJB

C’est le Centre national de presse Norbert ZONGO qui a servi de cadre à la publication officielle du Rapport 2006, deuxième du genre de l’AJB après celui de 2003. L’exercice a été assuré par Jean Claude MEDA, président de l’AJB et le Docteur Salif KOALA. Le premier, qui a présidé la cérémonie, a fait la genèse des deux rapports qui ont éprouvé des difficultés surtout financières vu le retard accusé pour la finalisation du deuxième. Si le rapport 2003, a fait part de l’état des lieux de la presse au Burkina Faso, ce deuxième, lui, traite «du statut et des conditions de travail du journaliste». Salif KOALA en a fait l’économie du contenu qui porte des interrogations sur notamment le statut du journaliste, ses conditions de travail.
Au plan juridique, il a relevé que le statut du journaliste est hérité de la loi française de 1881, qui est en inadéquation avec le contexte actuel. D’où la nécessité impérieuse d’une redéfinition avec la prise en compte de la carte de presse. Le deuxième volet concerne les conditions de travail du journaliste et le statut des entreprises de presse qui sont de façon générale peu reluisants au Burkina Faso. Selon le rapport 60% des journalistes sont recrutés par affinité, 31% peuvent se prévaloir d’un contrat de travail formel et le temps moyen fait par un journaliste dans une rédaction est de 3 ans. Salif KOALA pour conclure a recommandé une nécessaire définition du statut du journaliste et de l’entreprise de presse, l’adoption urgente de la convention collective, qui passe pour être un serpent de mer et l’institution de la carte de presse.
En réaction par rapport à certaines allégations du rapport, quelques directeurs de publication dont M. Chérif SY, du journal Bendré, M. Boureima SIGUE des Editions «Le pays» ont fait des remarques sur le fait que le rapport ne tient pas compte des difficultés et contraintes des entreprises de presse. Pour le DP de Bendré, il lui semble que «ce rapport présente les employeurs comme des exploitants outrageux des agents», ce qu’il faut relativiser car l’entreprise de presse est spécifique. Il est aussi revenu sur la qualité de formation des journalistes «qui arrivent dans nos rédactions après 3 où 4 ans de formation dans les écoles sans niveau. Il faut recommencer le travail à zéro» ajoute-t-il. Quant à M. SIGUE, il s’est penché sur le nomadisme et la couverture sociale du journaliste. Pour lui le monadisme s’explique par le fait que la plupart des journalistes arrivent sans conviction et ne savent pas qu’on peut bâtir un plan de carrière dans une entreprise de presse. Pour la déclaration des agents, il ne voit pas cela comme étant propre aux médias, mais pense que «nous n’allons pas nous comparer aux mauvaises pratiques et il faut déjà encourager ce qui se fait déjà tout en cherchant à améliorer».
Les représentants de l’AJB ont avec modestie reconnu que l’imperfection est inhérente à toute œuvre humaine et que les critiques sont toutes pour construire. Et Jean Claude MEDA de conclure que le thème du prochain rapport pourrait s’intituler «journaliste et entreprise de presse», ou «journaliste et qualité de formation». Il a par ailleurs recommandé de faire des efforts dans le sens de l’amélioration des conditions de travail du journaliste.
Par Issoufou MAIGA

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