Dans la nuit du mardi 11 au mercredi 12 mars dernier, la ville de Sya a goûté aux premières averses de l’année 2008. Une fine pluie a endormi les Bobolais tout au long de la nuit.
En tout cas pour les toits non plafonnés, le crépitement des tôles a constamment bercé le sommeil jusqu’au matin.
Une fine pluie qui a pourtant fait du bien par endroit en arrosant la suspension poussiéreuse porteuse de plusieurs microbes, vecteurs des multiples maladies.
Précisons bien par endroit car il y a certaines parties de la ville qui n’ont vu que des traces de pluies ou même rien du tout. La saison des pluies est proche, mais elle est loin d’être arrivée. Cette pluie était attendue pour permettre à la période des mangues de s’installer. Les anciens pensent que c’est cette pluie qui vient d’abord laver les mangues avant qu’elles ne soient consommées par les hommes.
A cause de cette fine pluie, la journée du mercredi 12 mars a été une belle journée. Après la pluie, vient le beau temps. Bobo-Dioulasso a conservé ce jour un climat très doux pendant toute la journée. Au grin, le temps était vraiment favorable pour «siffler» le thé. Le grin a affiché complet à cause de l’odeur provocante du bon premier qui fend l’air frais. Comme s’ils avaient été convoqués les membres se dirigent tous vers le grin.
Les débats seront, sans nul doute, houleux mais on attend d’abord que le premier soit servi.
La SNC et la vie chère
Comme annoncé, les centrales syndicales et les syndicats autonomes de notre pays ont marché le samedi 15 mars dernier. Dieu merci tout s’est très bien passé dans la ville de Sya. La marche suivie de meeting s’est déroulée dans le calme. Il n’y a pas eu le moindre incident. Les travailleurs ont pu remettre leurs doléances aux autorités sans problème. Les mauvaises langues qui prédisaient un 03 janvier bis, ont vite compris que les temps ont changé. C’est vrai que le gouvernement doit renouer le fil du dialogue avec les syndicats pour trouver un terrain d’entente, mais le plus important c’est que la leçon serve aux manifestants des 20 et 21 février 2008. Non seulement leur marche était illégale, en plus ils ont tout saccagé. Au contraire de ces vandales, les syndicats ont démontré qu’ils croyaient toujours aux institutions de la République, qu’ils les respectent. Pour revendiquer, ils utilisent des canaux officiels et reconnus.
Au grin, certains pensent que cette manière de revendiquer sans violence ne fait ni froid, ni chaud au gouvernement. Pour eux, les syndicats vont marcher jusqu’à user leurs semelles, mais ils n’auront jamais gain de cause. Ils devraient prendre exemple sur les casses des 20 et 21 février à Bobo et ceux du 28 février à Ouaga.
C’est grâce à eux que le gouvernement a vite fait de prendre des mesures pour atténuer les effets néfastes de la vie chère sur les consommateurs.
Le spectre de la vie chère continue de planer sur le pays. Les syndicats annoncent deux autres dates (les 08 et 09 avril prochains) pour reprendre la marche si toutefois le gouvernement ne fait rien pour satisfaire leurs doléances.
Pendant ce temps, la Semaine nationale de la culture avance à grand pas. Au grin, c’est cette manifestation qui est sur toutes les lèvres. Avant le 15 mars, il y avait des sceptiques qui ne croyaient plus à la tenue de la SNC 2008. Ils se disaient que si la ville de Bobo recevait la même secousse que lors des précédentes manifestations, on ne parlerait plus de SNC. Cette idée a donné des frayeurs aux artistes qui se sont mobilisés pour descendre très nombreux au siège de la SNC et aller témoigner leur soutient indéfectible au secrétariat permanent de la SNC.
La SNC fait désormais partie de la vie des bobolais. Chaque deux années, tout le gotha artistique de notre pays se retrouve à Bobo pour une grande communion d’ensemble.
A l’approche de la SNC, d’habitude la ville se réveille mais cette année avec ces nombreuses manifestations contre la vie chère, on sent un peu de morosité. Au niveau de l’aire de la foire, les acquéreurs des stands font la queue pour s’octroyer un stand dont les prix varient entre 60 mille et 100 mille francs. Malgré tout, la SNC est progressivement en train de s’installer dans les esprits.
Les gens commencent à se positionner pour les activités de la biennale. Çà et là, des hôtesses qui proposent leurs services aux acquéreurs de stand ; des jeunes DJ qui cherchent des stands pour y animer.
La SNC 2008 est en marche. C’est la période où l’on s’appuie beaucoup sur les relations interpersonnelles. Bobo-Dioulasso est une vieille ville qui a toujours su garder son aspect de solidarité légendaire. On a l’impression qu’à Bobo tout le monde se connaît finalement.
La fête approche et les effets de la vie chère se font toujours pressants. D’autres membres du grin sont optimistes. Ils comptent sur la SNC pour atténuer les effets de la vie chère sur leur quotidien. Pendant la SNC, la ville de Sya va accueillir de nombreux étrangers. Cela est synonyme d’activités intenses pour les hôteliers, les restaurateurs, les commerçants, les hommes d’affaires, les parkeurs, les cireurs… les artistes, tout le monde y gagne.
On espère au grin que malgré la situation difficile née des manifestations des 20 et 21 février 2008, l’ouverture solennelle de la 14e édition de la SNC connaîtra à défaut du président du Faso, la présence du 1er ministre Tertius ZONGO. Certains pensent que la biennale de cette année risque d’être dévaluée en termes de présence d’autorités nationales.
Mais les autres pensent le contraire. Pour eux, les autorités accordent un très grand intérêt à cette manifestation pour la laisser sombrer.
La SNC 2008 sera ce que les Bobolais eux-mêmes voudraient qu’elle soit. Un point, un trait.
Le geste des artistes qui ont marché pour soutenir la SNC est révélateur. Armons-nous de courage et préservons tous ensemble la SNC qui est l’un de notre patrimoine le plus important sur le plan culturel.
La SNC n’est agréable que lorsqu’elle est populaire. Alors que tout le monde s’implique pour que cette 14e édition connaisse un franc succès malgré la vie chère qui décidément a la peau dure.
Le RCB veut le titre cette année
La première phase du championnat national de football est maintenant achevée. En attendant la reprise prévue pour le 29 mars prochain, la Ligue nationale de football doit trancher sur une réserve qui risque de bouleverser les données.
En effet, lors du match Boulgou FC – RCB joué à Tenkodogo, le Racing a posé une réserve sur deux joueurs. La Ligue nationale a dans un premier temps reçu la réserve et après avoir statué sur cette affaire, elle a maintenu le résultat acquis sur le terrain (2 buts partout).
Le club bobolais qui est sûr de lui dans cette requête a interjeté appel et attend d’être convoqué par la Ligue nationale pour trancher cette affaire. En attendant le verdict final, les allégations vont bon train au grin. Certains sont très remontés à l’idée de voir une équipe comme le Racing en train de chercher à gagner «sur papier» devant une formation modeste comme Boulgou FC de Tenkodogo. Pour eux cette équipe qui a l’ambition de prendre le titre cette année devrait «marcher» sur Boulgou FC. Si elle est incapable de battre une telle formation même sur son propre terrain, le titre sera difficile à prendre.
Les autres par contre pensent que de nos jours, il n’y a plus de petites équipes. Elles se débrouillent toutes maintenant et souvent c’est sur un petit détail qu’on arrive à les battre.
Le chemin qui mène au titre est tortueux et semé d’embûches. A la fin des matches aller, c’est l’EFO qui a terminé en tête avec 26 points et une différence de but de (+8) contre 26 points pour le RCB aussi mais qui enregistre (+7) au goal-average. Au cas où le RCB arriverait à obtenir gain de cause dans son litige avec Tenkodogo, c’est lui qui s’installerait sur le fauteuil de leader jusqu’à la reprise. Cela fait grandir la mobilisation autour du RCB pour obtenir ces 2 points perdus à Tenkodogo. Les supporters des Tigres de Diarradougou crient au complot et pensent que la Ligue nationale ne va jamais trancher en faveur du RCB à cause de l’EFO ; pas à cause de Boulgou FC.
Pour eux, leur équipe détient toutes les preuves irréfutables qui accablent l’équipe de Tenkodogo. Les textes en la matière sont clairs mais la Ligue nationale feint de ne rien comprendre.
Parmi les supporters remontés du RCB, il y a certains qui restent optimistes. Ils croient à la capacité de leur équipe qui malgré le départ de 8 titulaires reste toujours au contact des équipes de tête. Leur optimisme est d’ailleurs renforcé avec l’arrivée de deux éléments clés de l’équipe.
Il s’agit d’Adama GUIRA et de Youssouf SANOU. Ils étaient partis pour des tests en Europe. Il paraît que tout est en bonne voie et en attendant le démarrage de la nouvelle saison européenne, les deux joueurs ont regagné leur club d’origine.
Un retour qui fait saliver les supporters «noir et blanc» qui croient dur comme fer que le titre est jouable. La réserve contre Tenkodogo est minimisée par ces supporteurs confiants qui pensent qu’à la reprise, le RCB sera difficile à battre.
Si du côté du Racing ça marche fort, ce n’est pas le cas des deux autres clubs de la ville.
L’AS fonctionnaire se cherche toujours un repère depuis l’avènement du nouveau président Joël KY. Le club a trop de problèmes et n’eût été l’intervention de certains anciens dirigeants influents du club, les joueurs de l’ASFB auraient carrément refusé de se rendre à Ouagadougou pour affronter l’EFO lors de la dernière journée de la phase aller.
Le score de 2 à 0 qui a sanctionné cette rencontre au profit de l’EFO n’a étonné personne au sein de la famille «jaune-noir».
C’est donc de justesse que l’ASFB a réussi à boucher la phase-aller du championnat nationale.
Que dire de Bobo Sport, l’équipe classée dernière à l’issue de l’intersaison?
Tout simplement qu’elle court inexorablement vers la deuxième division. Les dirigeants font ce qu’ils peuvent et lorgnent du côté de certains membres d’honneurs qui ne se tournent vers le club qu’à l’approche des échéances électorales. C’est dommage qu’on ne puisse rien faire pour cette équipe qui a échappé de justesse à la D2 l’année dernière.
L’intersaison est la bienvenue pour permettre à toutes les équipes de se faire une nouvelle forme pour mieux aborder la dernière phase du championnat. Mais le nerf de la guerre faisant cruellement défaut, il y a des formations qui ne font que de la figuration rien que de la figuration. Rendez-vous le 29 mars prochain pour la reprise. Que le meilleur gagne et devienne champion.
"Le petit fakir, toujours dispo"