L’Opinion n’est pas concerné !
Rarement recommandation du CSC aura autant fait de vagues dans la profession. Il faut dire que Luc Adolphe TIAO et ses camarades n’y sont pas allés avec le dos de la cuillère pour clouer au pilori et infliger une mise en demeure à huit (08) journaux au motif d’ «articles écrits sur fond de rumeurs de toutes sortes, d’incitations à la haine, d’anathèmes basés sur des considérations régionalistes et ethnicistes… (et) des allégations et des insinuations ne reposant sur aucune preuve matérielle sur l’état de santé du président du Faso…» (lire recommandation n°001-2008/CSC/SG/CAB en page 11). Votre journal L’Opinion est cité au nombre des fautifs à travers son édition n°543 du 05 au 11 mars 2008 !
Le moins que l’on puisse dire c’est que les accusations sont graves ; elles le sont d’autant plus que certains fautifs déclarés du CSC semblent ne pas s’y reconnaître au point de se perdre en conjectures et de se convaincre que s’il n’y a pas méprise il y a forcément un malheureux malentendu que l’institution s’empressera de relever au plus tôt. L’Opinion est dans cet état d’esprit ! Et s’interroge tout en interrogeant autour de lui pour tenter de comprendre. Au moment où en désespoir de cause je trace ces quelques lignes aucun être humain n’a pu nous situer, nous laissant dans une totale expectative.
Sans vouloir critiquer, encore moins polémiquer sur les méthodes de travail du CSC en qui nous avons une grande confiance, nous ne pouvons manquer de faire observer que son communiqué n°001-2008 est comme une véritable bouteille d’encre traversée par des éclairs de foudre qui frapperaient sans discernement (pour l’observateur) et sans qu’on ne sache qui reçoit quoi et pourquoi ! A notre humble avis de professionnel de la plume qui vit chaque jour les dures réalités et difficultés d’exercice de cette profession, il était d’importance d’imputer à chaque organe, les faits qui lui sont reprochés. Ne serait-ce que pour lui permettre de prendre bonne note et de s’amender.
En tout cas, à L’Opinion, c’est toujours la bouteille d’encre car nous avons beau lire et relire nos articles de notre n°543 du 05 au 11 mars 2008, nous ne voyons pas de passages pouvant justifier les accusations portées dans la recommandation n°001-2008. Le seul article susceptible de notre point de vue de rentrer dans le champ des critiques est certainement celui relatif à la santé du président du Faso et portant le titre «Blaise est-il réellement malade ?» Si c’est le cas, nous mettons au défi quiconque d’y dénicher «des allégations et des insinuations ne reposant sur aucune preuve matérielle…». Même si nous n’avons pas produit le bulletin médical du président pour estimer qu’il serait «en meilleure santé que tous ceux qui semblent s’inquiéter pour lui…», les photos des séances de sport de masse que nous avons publiées nous semblent attester de la bonne santé du président. A moins que le CSC ne soutienne le contraire, auquel cas ce serait à lui de prouver les faits qu’il soutiendrait.
A dire vrai, à L’Opinion nous avons l’impression qu’on nous cherche une fausse querelle. En agissant ainsi, on donne l’impression que les questions sur la santé du président sont taboues, alors que cela ne devrait pas être le cas en République.
L’Opinion est parfaitement d’accord qu’en la matière, comme en tout autre, le principe de base de notre profession est le respect des faits. Mon confrère Ahmed Newton BARRY qui se démène dans le n°135 du 10 mars 2008 de son journal, L’Evènement, pour justifier les libertés qu’il a prises vis-à-vis de ce principe de base ne dira pourtant pas le contraire. De même il ne peut pas ne pas convenir qu’en Europe, les journaux qui font dans la vie des célébrités dont ils raffolent des fantasmes sont prospères et sont traités de canards de troisième zone. Nous n’accusons pas L’Evènement d’en être ; cela n’est écrit nulle part. Mais traiter comme il l’a fait de la santé du président du Faso c’est emprunter à ce type de journalisme. Là aussi respectons les faits. Et là-dessus, nous sommes parfaitement en accord avec le CSC.
CSC
Recommandation N°OO1.2008/CSC/SG/CAB portant sur le strict respect des règlesdéontologiques et éthiques
Par I. LINGANI
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