«La musique burkinabè est porteuse, et prometteuse aux Etats-Unis»
Maï LINGANI qu’on ne présente plus au public est de retour au Faso. Après quelques mois passés au pays de l’Oncle Sam, l’artiste musicienne qui est en tournée en ce moment, a profité, dit-elle, de quelques jours de congés pour venir se ressourcer. Nous l’avons reçue à la rédaction, histoire de savoir comment elle mène sa carrière aux Etats - Unis.
Alors comment se passe ta carrière aux Etats-Unis ?
Maï LINGANI (ML) : Actuellement nous sommes sur une tournée qui s’étend sur un an, jusque-là nous avons pu exécuter quinze concerts, et plusieurs ateliers qui se sont très bien passés.
Et ton album comment il se comporte sur le marché américain ?
ML : L’album marche très fort actuellement aux USA. D’ailleurs, il y a une maison de distribution qui a pris en charge le travail et je peux dire que ça se passe bien. Je dois préciser que cette maison a distribué des œuvres d’ artistes africains comme Rokia Traoré du Mali.
Quels sont tes projets vu que tu es entre deux avions et entre deux continents ?
ML : J’ai en projet la sortie d’un nouvel album qui a été entièrement fait ici au pays, masterisé et mixé ici au Faso, je suis en train de reprendre le processus aux USA, qui va sortir s’il plait à Dieu après la tournée. C’est justement à cause de la tournée que l’album a été mis en veilleuse.
Comment vit Maï aux Etats –Unis ?
ML : Je vis comme toute bonne africaine qui aime son métier et qui essaie de donner le meilleur d’elle-même pour la défense de la culture africaine et pour ce qui me concerne burkinabè.
Comment tu arrives à t’imposer sur la scène américaine ?
ML : J’ai eu la chance, parce que ma première collaboration avec des artistes américains a tellement bien donné que les choses coulent aujourd’hui de source. C’est d’ailleurs ce qui explique mes fréquents voyages entre les USA et le BF. Cet échange culturel est beaucoup apprécié par mes collaborateurs artistiques. Que ce soit la musique traditionnelle burkinabè, la danse, ils (Américains) sont tellement intéressés par ceux-ci cela justement. Je suis très fier et très contente parce qu’à travers cette collaboration, mon pays commence à émerger sur le plan artistique et culturel dans ce pays. Je suis d’autant plus fière que je suis citée parmi les ambassadeurs de la musique africaine et plus précisément de la musique burkinabè dans le pays de l’oncle SAM. Ce qui est d’ailleurs un honneur pour moi.
Quel regard portes-tu sur le show-biz burkinabè à l’étape actuelle après quelques mois d’absence ?
ML : Le show- biz burkinabè bouge très fort. Je suis agréablement surprise de ce que je suis revenue trouver. J’en suis très fière car les artistes burkinabè travaillent beaucoup et de façon professionnelle pour donner à la musique burkinabè ses lettres de noblesse et surtout lui donner le niveau qu’il mérite. Ce qui est fait est déjà bien. Mais selon mon expérience, ma petite expérience on ne doit pas continuer à copier la musique ou des rythmes venus d’ailleurs. Il faut qu’on travaille à imposer nos valeurs musicales propres de notre terroir. Il faut que nous, artistes burkinabè, on se dise qu’on a quelque chose, musicalement parlant à donner aux autres pays, aux autres continents. Je dis cela parce que je vois comment aux USA la musique burkinabè que j’apporte est appréciée. Qu’est-ce que nous avons à prouver en tant qu’artistes burkinabè ? A mon avis, quand on dit que la musique n’a pas de frontière, ça ne veut pas dire qu’on doit passer son temps à copier les autres. La musique n’a pas de frontière pour moi cela veut dire que, autant je peux recevoir et accepter ce qui vient d’ailleurs, autant je dois travailler à valoriser les rythmes burkinabè quitte à aller puiser d’autres rythmes pour les joindre à ceux de mon pays. Pour sortir au final une certaine couleur qui me permettra de dire, Oui, les différents rythmes burkinabè peuvent aussi apporter quelque chose au monde entier. Pour moi, c’est ça la chose la plus importante. Aujourd’hui on parle de mondialisation, il faut aussi que le Burkina apporte quelque chose dans cette mondialisation et ce que nous pouvons apporter de mieux, de différent que les autres n’ont pas déjà, c’est notre culture, c’est nos rythmes du terroir. Il faut que, en tant qu’artistes burkinabè nous arrivions à exporter nos genres musicaux traditionnels pour apporter notre pierre dans cette mondialisation.
Quels sont tes rapports avec les artistes burkinabè vivant dans ce pays ?
ML : Etant donné que nous ne sommes pas nombreux dans ce pays, nous sommes obligés de nous serrer les coudes. Avec Martin N’Thery les choses se passent bien. De toutes les façons je pense que cela ne pouvait être autrement dans la mesure où nous avons les mêmes devoirs et les mêmes luttes, qui sont celles de la défense de la culture burkinabè, particulièrement sa musique. Nous avons de très bonnes relations, nous échangeons des idées culturelles.
Y a-t-il des ouvertures pour d’autres jeunes musiciens de pouvoir s’exprimer aux États-Unis ?
ML : Je pense que oui et j’y crois. Au regard de mes propres expériences. Par exemple, pour notre tournée. Je vous dis qu’elle a commencé timidement et elle était prévue pour durer trois mois. Au fil des spectacles, nous avons eu des agents, nous avons rencontré des promoteurs de spectacles et de trois mois, nous sommes aujourd’hui sur une tournée étalée sur un an. Donc un calendrier callé sur un an. C’est pas balèze ça ? Mais comment cela est arrivé ? Je peux dire tout simplement parce que la musique burkinabè intéresse, elle est porteuse, et prometteuse. Je crois que des jeunes artistes qui savent ce qu’ils veulent, qui savent exploiter la musique burkinabè dans ses valeurs propres peuvent arriver à s’imposer. Avec la musique on ne sait jamais où est-ce qu’on va, mais à force de travail on pourrait réussir avec la musique burkinabè. Comme vous le savez déjà les Etats–Unis sont une mosaïque de populations qui viennent de diverses origines. C’est donc un peuple qui aime les échanges, le partage. Et comme vous le savez il y a des Américains noirs qui apprécient particulièrement les rythmes africains.
Un mot à l’endroit des mélomanes qui ne voient Maï Lingani qu’à la télé ?
ML : Je dis aux mélomanes que Maï LINGANI est dans sa cachette en train de reprendre de plus en plus de forces, pour agrandir le réseau artistique burkinabè aux Etats-Unis, et aussi simplement pour agrandir la fierté du Burkinabè. Et pour finir je donne rendez-vous dans quelques mois aux mélomanes pour mon prochain album.o
Par Frédéric ILBOUDO
Festival hunder ground
Le 11 mai pour le top de départ
L’Association inter-culture pour le bien-être universel (AIBEU) a tenu le lundi 24 mars à Ouagadougou une réunion pour le lancement de son programme d’activité 2008.
Jean OUEDRAOGO, président de l’AIBEU
L’AIBEU dont le credo est le «Respect, la solidarité, la paix, la justice sociale et la transparence» est née de la volonté d’un certain nombre d’amis de créer un cadre d’expression culturelle pour l’épanouissement de la jeunesse.
C’est pourquoi leur action entend se «focaliser prioritairement sur le développement culturel endogène à travers une invitation de la population, en particulier la frange jeune à la découverte et à la connaissance des us et coutumes de notre terroir et de nombreux sites touristiques avant toute action de promotion vers l’extérieur». Cette association par excellence regroupe les différentes sensibilisations socioprofessionnelles que sont des juristes, des hommes d’affaires, des commerçants d’œuvre d’art, des enseignants, des agents de santé, des artisans, des musiciens, des danseurs, des guides, des étudiants, etc. Créée il y a un an l’association vient d’avoir une existence légale le 5 mars 2008. Ces objectifs poursuivis sont, entre autres, de promouvoir les différentes formes de culture (musique, artisanat, danse, etc.) ; de créer des réseaux d’échanges culturels avec d’autres pays, d’apporter un appui multiforme aux structures déjà existantes travaillant dans le domaine culturel ; de réaliser les projets de lutte contre la pauvreté, l’analphabétisme, l’ignorance, la maladie, etc.
Pour le lancement de leur programme d’activité annuelle il est prévu pour le 11 mai 2008, un concert commémoratif de la disparition du célèbre musicien ragaeman Bob MARLEY avec des artistes-musiciens en herbe volontairement nommés «hunder ground». Au-delà du concert, des projets sont en vue. Il s’agit d’une sortie sur le site de Laongo et un festival inter-cultures scolaires (FESTICS) qui réunira les élèves sur un plateau de compétitions.
D’un bureau de 11 membres, l’association est soutenue par Inter-cultures suisse, EKIT & BIO France et autres sponsors nationaux. Pour cette première année d’activité, le président Jean OUEDRAOGO a lancé un appel à toutes les bonnes volontés de soutenir cette jeune structure dont les objectifs sont pour le moins nobles.
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