«Nous sommes au Burkina pour l’intérêt du pays»
Comme nous l’annoncions dans notre précédente édition, la société COTECNA/Burkina, sans le vouloir «s’est invitée» dans le débat sur la vie chère ; certains commerçants la voyant comme «un empêcheur de frauder», c’est-à-dire «faire de bonnes affaires» dans leur jargon. Le combat contre la fraude et les fausses déclarations étant le leitmotiv du gouvernement, celui-ci vient de renouveler sa confiance à cette société, certainement pour le travail bien fait depuis 2004.
Mais au fait, quelles sont les missions de COTECNA/Burkina ? Comment intervient-elle sur le terrain ? Quelles sont les marchandises concernées par ses interventions… Bref, c’est pour avoir les réponses à toutes ces questions et bien d’autres que nous avons rencontré le Directeur général de COTECNA/Burkina, M. Sébastien DAYAMA,le 14 mars dernier. Pour l’occasion, il était assisté du directeur des opérations de la société, M. Désiré Jérémie KAM.
Allons donc à la découverte de cette institution.
Monsieur le Directeur général, pouvez-vous nous présenter votre société et ses missions ?
Sébastien DAYAMA (SD) : COTECNA est une société spécialisée dans l’inspection des marchandises avant embarquement et à destination. C’est une société de droit suisse dont le siège social est à Genève (Suisse). Elle a été créée en 1974 et emploie 4000 agents avec près de 160 bureaux à travers le monde. COTECNA existe au Burkina depuis pratiquement le 9 août 2004 suivant convention 2004-177/MFB/SG/DCMP.
Comment COTECNA est-elle arrivée au Burkina, est-ce par un appel d’offres international ?
SD : Depuis pratiquement 1991, le gouvernement du Burkina Faso a choisi de travailler avec les sociétés d’inspection et depuis ce temps existe le programme de vérification des importations. C’est justement dans cette dynamique que le gouvernement du Burkina a lancé un avis d’appel d’offres en 2003 à l’issue duquel COTECNA a été retenue parce qu’elle présentait l’offre technique la meilleure et à bon prix.
Récemment, par rapport à la vie chère, votre société a été aussi au cœur de l’actualité. Comment réagissez-vous face à cela ?
SD : Je dirais qu’il y a eu certainement un problème de communication ; sinon, je ne vois pas en quoi les missions de COTECNA peuvent contribuer à ce que nous connaissons et qu’on appelle couramment «la vie chère». La société existe depuis 2004, elle fait les inspections des marchandises conformément à la convention. Ses missions n’ont pas varié depuis cette date. Je ne vois donc pas en quoi cette contribution au service de l’Etat peut être à l’origine de la cherté de la vie. Vous qui êtes dans le milieu de l’information et de la communication, vous savez très bien que la valeur des marchandises est fonction d’un certain nombre de paramètres.
Prenons par exemple le pétrole ; rien que ce matin (l’interview a été réalisée le 14 mars 2008) le prix du baril est pratiquement à 112 dollars. L’on sait cependant que tout part de là et cela ne concerne pas seulement le Burkina. Je pense qu’il faut en tenir compte pour connaître l’origine de la flambée des prix et la vie chère.
Naturellement, lorsque le prix du baril du pétrole devient important, (de 110 dollars) cela se répercute sur l’ensemble. En 2003, 2004, 2005… on n’avait pas ce montant. Un commerçant, un exportateur qui utilisait par exemple 100 000 litres de pétrole pour sa production, qu’il achetait à un prix inférieur à ce qu’on connaît aujourd’hui, naturellement, il ne pouvait pas vous facturer à prix égal à celui d’aujourd’hui. S’il achetait hier le baril à 30 dollars par exemple, aujourd’hui, il l’achète à 110 dollars, la répercution sera vite faite sur toute la ligne.
L’exportateur qui est sur le coup de cette flambée du prix du pétrole répercute donc la valeur sur l’acheteur qui est donc l’importateur. C’est le cas du Burkina où toute la chaîne se retrouve concernée par cette répercution. Donc la vie chère aujourd’hui, tout le monde est unanime, ce n’est pas seulement au Burkina ; en France, aux USA, cela s’observe. Maintenant, ce qu’il faut chercher, c’est de voir ce qu’il faut faire. Le Burkina n’a aucun moyen contre la flambée des prix du pétrole. Alors, qu’est-ce qu’il faut faire ? C’est ce qui est le plus important.
Concrètement, comment se fait le travail de contrôle et d’inspection des marchandises sur le terrain par COTECNA ?
SD : Le contrôle des marchandises fait par COTECNA est basé sur un certain nombre de règles prescrites dans la convention. La convention dit : COTECNA a pour obligation d’inspecter la marchandise physique, c’est-à-dire toucher du doigt, déterminer la quantité et la qualité de la marchandise inspectée et valoriser cette marchandise.
Par rapport à la qualité, comment vous agissez ?
SD : Pour la qualité, nous partons du type de marchandise à inspecter. Je vous prends un exemple : Si COTECNA doit inspecter une marchandise destinée à la consommation alimentaire, telle que l’huile, un prélèvement est systématiquement fait pour le contrôle de la qualité au laboratoire. Cela, pour savoir si la marchandise est conforme au contrat qui existe entre le fournisseur et l’importateur.
Quelles sont les marchandises que COTECNA contrôle ? Quel type de marchandise ?
SD : Nous avons ce qu’on appelle ici, les marchandises générales qui concernent en grande partie les produits de consommation alimentaire, le ciment… il y a également les marchandises d’ordre spécifique telles que les hydrocarbures… Pour le cas du Burkina, on a tout une liste de produits…
Après votre travail de contrôle, qui paie la facture ?
SD : Disons plutôt après le travail de COTECNA, car nous ne nous limitons pas seulement au contrôle. Toutefois, après le contrôle, on remet une attestation de vérification. Toutes les prestations sont facturées et payées par l’Etat Burkinabè…
L’importateur ne paye rien à COTECNA?
SD : L’importateur n’a rien à devoir à COTECNA. C’est dire donc que la Convention est très claire, il est formellement interdit à COTECNA, de prendre une somme d’argent avec l’importateur et quel que soit le travail exécuté. Je vous donne un exemple : si l’importateur commande sa marchandise, même en Chine, COTECNA à obligation d’aller inspecter la marchandise au lieu et à l’adresse indiqué sans que l’importateur ou l’exportateur n’ait besoin de payer un franc. Toute la charge revient à l’Etat burkinabè sur la base de la convention signée.
Le gouvernement, à plusieurs occasions, a parlé de fausses déclarations de certains opérateurs économiques. Comment cela se passe sur le terrain avec COTECNA ? Etes-vous au courant de ces fausses déclarations ?
SD : COTECNA fait un travail de contrôle, et sent effectivement ce phénomène sur le terrain. Je vous assure que c’est effectif et c’est très important à souligner…
Dans ce cas, que faites-vous?
SD : Comme je vous l’ai dit, le travail de COTECNA consiste à contrôler la marchandise et à la valoriser. Alors, on a une technique d’analyse des valeurs que nous appelons ici AP (analyse des prix). Sur la base de cette analyse des prix qui tient compte des conventions de l’OMD (Organisation mondiale des douanes) et de l’OMC, nous déterminons la valeur de la marchandise.
COTECNA est perçue par certains opérateurs économiques comme «un empêcheur de frauder». Comment vous réagissez face à cette considération ?
SD : Effectivement, COTECNA empêche quiconque de frauder. Notre technique d’inspection consiste à toucher du doigt, c’est-à-dire à voir la marchandise de visu. Quel type de marchandise ? Sa quantité et sa qualité. C’est donc sur ces éléments que l’analyse des prix est faite. Dans ce sens, ils peuvent nous considérer comme un empêcheur de frauder. Et effectivement COTECNA barre la route à la fraude, c’est clair !
Le gouvernement a renouvelé, récemment, sa confiance à COTECNA suite à un appel d’offre. Quel est votre commentaire ?
SD : Un commentaire ? Je crois qu’il faut commencer par remercier les autorités burkinabè d’avoir une fois de plus renouvelé leur confiance au groupe COTECNA et dire que cette confiance renouvelée nous oblige à persévérer dans ce que nous faisons. COTECNA est restée 3 ans au Burkina, elle a eu la confiance des autorités et c’est très important, ce n’est pas toujours évident. C’est comme un message à notre endroit pour que nous fassions mieux qu’avant. Et COTECNA va continuer à prendre les dispositions nécessaires pour satisfaire l’Etat burkinabè. Elle connaît les objectifs fixés par l’Etat dans le cadre des vérifications des marchandises et nous allons travailler dans ce sens.
Par rapport à la lutte contre la vie chère, récemment le gouvernement a pris un certain nombre de mesures pour y faire face. Vous qui connaissez l’évolution du marché mondial, comment appréciez-vous ces mesures prises ?
SD : Notre appréciation est très simple. Quand vous regardez les produits qui ont été retirés de la liste des produits qui doivent payer les droits de douane, le calcul donne plus de trois milliards… C’est très important.
Chaque pays doit chercher et trouver une solution à cette flambée des prix et ce que le gouvernement a fait est à féliciter ; à encourager et les 3 mois fixés vont certainement permettre à l’Etat de voir ce qu’il faut faire pour des solutions pérennes, je dirais définitives. Il faut féliciter ces mesures qui arrangent tout le monde, même le gouvernement, qui fait aussi partie des consommateurs.
Récemment, il était question de plusieurs marchandises bloquées à Ouaga-inter, à la douane. Qu’est-ce qui explique cela ? Est-ce la faute de la douane, de COTECNA ou des importateurs, c’est-à-dire les opérateurs économiques ?
SD : Il faut situer la responsabilité de COTECNA dans cette affaire de marchandises bloquées. La mission de COTECNA, qui consiste à l’inspection des marchandises et à l’émission d’une attestation de vérification, doit se faire en 72 heures. Passé ce délai de 72 heures, soit il y a un problème au niveau des documents transmis par l’importateur qui ne permet pas à COTECNA d’émettre son avis, soit on a affaire à des groupages. En effet, vous pouvez avoir 40 commerçants qui ont fait des groupages, avec donc 40 remorques… Imaginez le contrôle de 40 camions, 40 marchandises, 40 factures, ça fait beaucoup ! Très souvent ce sont des cas à gérer.
Il faut également noter qu’il arrive des fois où, parce que les gens n’ont pas bien compris le système, ils ne viennent pas chercher les attestations de vérification. Comme l’attestation de vérification est un élément obligatoire pour dédouaner la marchandise, ne pas être venu la chercher, naturellement empêche de dédouaner la marchandise…. Il y a aussi des problèmes au niveau de la valeur : un commerçant qui a déclaré par exemple 2 millions de FCFA et qui après vérification de COTECNA, se retrouve à devoir payer 5 voire, 10 millions, vous comprenez que ça devient un peu compliqué… Il faudrait dans ce cas qu’il voie comment faire, soit il négocie pour que la valeur soit réduite à la baisse, soit il cherche le reliquat pour aller payer en douane. C’est tous ces éléments ou facteurs qui expliquent les blocages. Mais je pense que depuis un certain temps et surtout après la visite sur le terrain du ministre des Finances en compagnie de COTECNA et de la douane, les choses commencent à bien se passer.
On pourrait peut-être vous reprocher de ne pas communiquer. Vous savez très bien que la majorité des opérateurs économiques sont des analphabètes… Certains, peut-être, ne savent pas qu’il faut retirer l’attestation après vérification…
SD : Je suis parfaitement d’accord avec vous. On nous a d’ailleurs fait cette remarque lors de la première rencontre avec les opérateurs économiques. Nous l’avons reconnue… Quand il y a des failles, il faut le reconnaître. Nous avons pris les dispositions depuis un certain temps, à travers les radios, les journaux pour expliquer notre démarche et nos missions. Nous avons même fait publier des adresses, des numéros d’appels, des mails où on peut nous joindre à tout moment.
Désiré Jérémie KAM (DJK) : Je voudrais ajouter quelque chose par rapport à ce que le DG a dit au sujet du blocage des marchandises au niveau de la douane. L’engorgement des marchandises est aussi dû au fait que certains opérateurs n’ont pas voulu se faire contrôler, certains avaient même bloqué leurs marchandises au niveau des ports pour la simple raison que certaines mesures prises par le gouvernement les avaient surpris et ils voulaient d’abord savoir ce qu’il faut faire. Mais après plusieurs rencontres, certains sont même venus ici (siège COTECNA/Burkina), ils ont finalement compris les différentes mesures qui s’appliquent à tous. Ainsi donc, quand ils ont compris, ils ont fait venir leurs marchandises et cela a pu créer l’engorgement dont on a parlé. Il a fallu donc déployer des équipes et travailler nuit et jour pour résoudre le problème.
DG, revenons aux fausses déclarations dont on avait parlé. Certains se demandent pourquoi il y a COTECNA qui contrôle les marchandises, vérifie et on parle toujours de fausses déclarations?
SD : Pourquoi il y a COTECNA et les fausses déclarations existent toujours ? Il y a d’abord une déclaration préalable d’importation qui est faite, jusqu'à ce niveau, COTECNA n’intervient pas. COTECNA intervient au moment où la commande est confirmée, la transaction est confirmée et qu’elle doit tout de suite vérifier la marchandise et la valoriser. Au départ, on a des factures pro format pour lesquelles, la déclaration de l’importateur est par exemple de 2 millions ; après inspection de COTECNA, il peut devenir 10 millions ou plus.
DJK : Pour compléter ce que disait le DG, il faut noter que les fausses déclarations existaient jusqu’au 31 novembre 2007, date à partir de laquelle, le gouvernement a décidé de faire inspecter toutes les marchandises de façon systématique selon leur valeur, que ce soit au départ, avant embarquement, ce qui se passait avant le 31 novembre 2007, ou que ce soit à destination. Jusqu'à cette date, COTECNA n’intervenait que sur des marchandises dont la valeur FOB est supérieure ou égale à 3 millions de FCFA. Tout ce qui était déclaré en dessous de ce seuil échappait, de fait, à notre contrôle sur la base des termes de la convention. Alors certains opérateurs usaient cette possibilité pour faire passer des marchandises à des valeurs minorées. Depuis le 31 novembre 2007 cela ne doit plus se constater sur le terrain dans la mesure où tout le monde est contrôlé et traité par la même société sur la même base et on espère des lendemains meilleurs pour le trésor du Burkina vu le constat que nous faisons sur le terrain.
Quels sont vos rapports avec la direction générale des douanes ?
SD : Nous avons de très bons rapports. Je disais à un de vos confrères que tous les matins, le Directeur général des douanes et moi-même, nous faisons le point avant de commencer la journée. On a de très bons rapports et on n’oublie pas notre mission qui est une mission d’assistance aux douanes.
Avez-vous un appel particulier à lancer aux opérateurs économiques pour la bonne marche de vos missions et pour la bonne marche de l’économie burkinabè ?
SD : C’est un appel à l’ensemble de tous les acteurs de la vie économique. Il faut la communication. C’est très important que tous les acteurs qui interviennent dans les activités commerciales au Burkina comprennent que, comme dans tous les pays, il y a un certain nombre de procédures à respecter. Et dans la procédure mise en place au Burkina, COTECNA intervient à un certain moment. Alors qu’on accepte communiquer, s’informer ou pourquoi pas venir à COTECNA pour avoir tous les éléments, toutes les informations nécessaires pour l’importation des marchandises. Et cela afin de comprendre que COTECNA n’est pas au Burkina pour faire du tort à quelqu’un. Nous sommes au Burkina pour l’intérêt du pays. La convention est très claire, c’est d’apporter une mission d’assistance aux douanes, leur permettre d’optimiser les recettes douanières, lutter contre la fraude et la fuite des devises.
Pourquoi optimiser les recettes douanières ? Optimiser les recettes douanières, c’est permettre à l’Etat d’utiliser ces recettes pour faire face aux problèmes du pays : payer les salaires, construire des écoles, construire des hôpitaux… Ce sont des éléments importants. L’autre appel, c’est la lutte contre la fraude. Vous savez, dans tout pays où la fraude n’est pas combattue, ce sont les industries qui disparaissent. Et les quelques industries du Burkina (huile, pâte-alimentaire, savon, sucre…) ont besoin d’être protégées. Pour protéger ces industries, il faut naturellement lutter contre la fraude. Vous voyez que même les opérateurs économiques ont demandé à l’Etat de lutter contre la fraude, c’est important. Pour cela, il faut une synergie d’action à tous les niveaux. Il faut le dialogue avec tous les acteurs.
DJK : Mon appel, je dirais que personne ne viendra construire notre pays. Nous devons donc être de bons citoyens. Et le bon citoyen, c’est celui qui paie ses taxes, ses impôts… qui contribue au développement du pays. Il faut travailler à permettre au gouvernement, à partir de ses recettes douanières, de rembourser ses dettes, payer les salaires et poser des actions de développement de notre pays. Nous devons tous accompagner le gouvernement en payant nos taxes, en payant l’impôt… C’est pour le bien de tous.
Interview réalisée par Idrissa BIRBA
COTECNA au Burkina et en Afrique de l’Ouest |
Comme mentionné par M. Sébastien DAYAMA, COTECNA est une société de droit suisse dont le siège se trouve à Genève (Suisse).
Elle a été créée en 1974 et emploie plus de 4 000 personnes avec près de 160 bureaux à travers le monde. C’est en 2004, suite à un appel d’offres, que COTECNA est arrivée au Burkina Faso. Sébastien DAYAMA avant son poste actuel a occupé les fonctions de directeur des ressources humaines puis de directeur général adjoint (2004). Il est informaticien, conseiller en commerce international, relations publiques et spécialiste du management des entreprises. Il a à son actif une douzaine d’années dans le domaine des inspections, de la vérification des importations, et des questions douanières. Il a aussi fait ses preuves dans ces domaines en Irak avec COTECNA au compte des Nations-unies (ONU). C’est depuis décembre 2007 que M. Sébastien DAYAMA dirige COTECNA Burkina.
En Afrique de l’Ouest, COTECNA, outre le Burkina, a ses bureaux au Bénin, en Côte d’Ivoire, au Ghana, au Togo, au Mali, au Niger, au Nigeria et au Sénégal.
Pour M. DAYAMA, il n’y a pas de doute quant au professionnalisme et au savoir-faire de COTECNA et ce n’est pas un hasard si les Nations-Unis lui ont fait appel en Irak.
«… Dans tout pays où la fraude n’est pas combattue, ce sont les industries qui disparaissent», c’est la conviction de M. DAYAMA qui appelle tous les acteurs à s’engager comme un seul homme à la lutte contre cette pratique illicite. . Par Idrissa BIRBA |
Fraude et fausses déclarations
Il faut que ça change ! |
L’entretien avec le DG de COTECNA nous a permis d’en savoir un peu plus sur le phénomène de la fraude et les tenants et aboutissants de cette levée de boucliers d’une frange non moins importante du monde commerçant, notamment ces personnes indélicates, habituées à la fraude et aux fausses déclarations, contre les mesures prises par le gouvernement dans sa ferme volonté d’assainir le monde des affaires au Burkina.
Tenez un exemple ! Un commerçant déclare sa marchandise à 30 millions FCFA. Après inspections et vérification de COTECNA, on se rend compte que la valeur réelle de la marchandise est de plus de 100 millions. Oui plus de 100 millions ! Remarque faite à cet importateur véreux, celui-ci répond sans sourciller que c’est ainsi qu’il a toujours procédé, même à la douane.
Ainsi donc, une pratique semblait s’être installée et nul doute que les bénéficiaires ne pouvaient que voir d’un mauvais œil qu’on s’attaque à la poule aux œufs d’or. Vouloir qu’un tel importateur loue le travail de COTECNA ou apprécie favorablement l’action du Premier ministre qui a insufflé cette nouvelle dynamique à son gouvernement c’est vraiment rêver. Autant demander à un parasite de se laisser détruire ou de se transformer en élément nutritif ou défensif de l’organisme dont il est censé se nourrir !
La fraude s’est nourrie et s’est bien installée du fait d’un laisser aller, à terme destructeur, qui ne peut être encore de mise.
Maintenant que les vieilles mauvaises habitudes doivent changer, on comprend aisément que les personnes indélicates propagent la rumeur selon laquelle, c’est COTECNA ou le Premier ministre qui est venu rendre la vie chère.
Dans tous les cas il est admis que la fraude et les fausses déclarations sont une gangrène pour l’économie nationale. Raison de plus pour susciter l’engagement de tous face au combat que mènent les autorités. Il y va de l’intérêt de tous. Courage donc au Premier ministre Tertius ZONGO et à COTECNA.
Par Idrissa BIRBA
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