L'opinion N°546
Du 26 mars au 1er avril 2008

Nation

Rentrée gouvernementale

Un léger remaniement ministériel

Le mardi 25 mars 2008, s’est effectuée au palais de Koulouba la 1ère rentrée gouvernementale suite au léger remaniement du gouvernement de Tertius ZONGO qui a vu la nomination de Mme Cécile BELOUM au poste de ministre chargé des Relations avec le Parlement. Ce qui porte le nombre de femmes ministres à six . Le changement marquant : le départ du ministre d’Etat, Salif DIALLO, remplacé au département de l’Agriculture, de l’Hydraulique et des Ressources halieutiques par Laurent SEDOGO, jusque-là à l’Environnement et du Cadre de vie. A ce poste, Salif SAWADOGO, précédemment aux Relations avec le Parlement, lui succède. A la présidence de Koulouba, où il a été effectué la rentrée gouvernementale nous avons recueilli les propos du chef de l’Etat, Blaise COMPAORE, du Premier ministre Tertius ZONGO et des promus.

Blaise COMPAORE
«Le réaménagement du gouvernement procède toujours d’une volonté de donner plus de cohérence à une équipe pour l’action, de donner plus de motivation à cette équipe. Cela n’empêche qu’il faut comme toujours saluer l’action de ceux qui quittent le gouvernement en l’occurrence le ministre d’Etat Salif DIALLO. Nous devons reconnaître les mérites de son action à la tête des différents départements qu’il a dirigés. Il a encore l’ambition de continuer à agir au gouvernement. Les objectifs que nous nous sommes fixés pour ce quinquennat on ne peut que saluer ce qu’il a apporté sur le plan personnel dans la force de la collectivité gouvernementale des résultats que nous avons atteints ensemble».

Tertius ZONGO, Premier ministre :

«Tout remaniement est une reconnaissance des efforts accomplis mais également une volonté d’aller plus de l’avant. Je crois que le souci d’un gouvernement c’est plus un souci de collégialité, un souci d’investir dans le long terme»

 

 

Laurent SEDOGO, ministre de l’Agriculture, de l’Hydraulique et des Ressources halieutiques :
«Je suis animé de sentiments de quelqu’un qui sait qu’il a une mission. C’est une mission importante, mais enfin je suis un soldat je tâcherai de m’acquitter du mieux que je peux. Ce n’est pas une question de promotion personnelle. J’ai une nouvelle mission, je la situe dans ce cadre. Non, ce n’est pas des considérations personnelles.
Le gouvernement est une équipe, je travaillerai dans une équipe sous la supervision du Premier ministre».

 

Salif SAWADOGO, ministre de l’Environnement et du Cadre de vie :

«J’ai un sentiment de fierté, je vais mobiliser toutes mes énergies pour accomplir cette mission avec l’appui de mes collaborateurs. Collaborateurs pour certains que je connais déjà pour avoir même fréquenté l’Institut supérieur polytechnique devenu plus tard l’Institut du développement rural. J’estime que j’arrive dans un milieu qui ne m’est pas entièrement étranger, je profite de l’opportunité que vous me donnez pour dire une fois de plus ma gratitude à leurs Excellences M. le Premier ministre et le président du Faso pour cette confiance. Les questions environnementales touchent à tous. Pour l’essentiel, je m’efforcerai à ce que nous puissions créer les ressources naturelles qu’il faut, veiller à une utilisation rationnelle de ces ressources et pour les générations futures que cela soit un souci pour nous. C’est un poste de responsabilité, quel que soit le niveau c’est un appel, un devoir auquel il faut répondre».

Cécile BELOUM, ministre chargé des Relations avec le Parlement :
«J’ai un sentiment de gratitude à l’endroit de leurs Excellences M. le Premier ministre et le président du Faso, et aussi de tous ceux qui ont motivé cette nomination pour cette mission. J’éprouve un grand sentiment de confiance en Dieu pour son grand amour à mon endroit et l’accompagnement dont j’ai bénéficié de lui. J’ai aussi confiance à l’orientation et au soutien multiforme de mes supérieurs. J’ai confiance aussi à la franche collaboration du personnel».

Par Issoufou MAIGA

Vie chère
Des opposants mal inspirés

«La majorité gouverne et l’opposition s’oppose», voilà une Lapalissade que les acteurs de la scène politique aiment à se rappeler au Faso qui limite les perspectives et sclérose les vues politiques. La gestion politique de la question de la vie chère aura encore révélé que cette acception du rôle dévolu à chaque entité entraîne certains à manquer de discernement dans l’appréciation ou l’exploitation d’une situation.

Emile PARE, président du MPS/PF

Conférence de presse, déclarations enflammées dans les journaux, critiques acerbes du gouvernement et du parti au pouvoir, le CDP, appel à une refondation de la gouvernance d’autant que l’entourage de leur «seule interlocuteur» Blaise COMPAORE pour certains est dépassé par la situation que traverse le pays etc. voilà ce à quoi les partis d’opposition se sont adonnés depuis la réaction violente de la rue contre la vie chère au Faso. Même des partis politiques «insignifiants» ont retrouvé une seconde jeunesse dont l’énergie leur permet de donner de la voix. L’objectif étant de se faire entendre, de prouver qu’on existe. Se réveiller de la sorte pour récupérer un mouvement spontané et anarchique afin de se réaliser et réaliser son projet politique peut-il véritablement faire un parti ? Si l’opposition doit être opportuniste dans le sens de ne pas louper l’occurrence qui peut lui permettre d’ébranler le pouvoir, doit-elle être pyromane au point d’occulter les réalités scientifiques pour lesquelles elle-même ne peut que se resoudre à faire miroiter des solutions démagogiques ? La réponse à ces deux simples questions permettra à chacun de se faire une opinion sur le sens de la responsabilité chez un parti politique qui s’inscrit en phase avec les idéaux de la démocratie et qui met au-dessus de sa quête du pouvoir, le bonheur du peuple.
C’est peut-être trop demander à nos partis politiques d’opposition qui pensent que le fait de s’opposer systématiquement au parti au pouvoir est leur viatique et que toute autre attitude leur sera suicidaire, mais ils n’ignorent pas qu’il y a des cas de force majeure qui contraignent à l’union sacrée pour le bien de la nation. Autrement dit, il faut composer avec l’«ennemi» politique et même l’aider à gérer une situation qui peut relever de son passif. Et après seulement, à la guerre comme à la guerre. Nous ne disons pas que la question de la vie chère s’inscrit dans ces cas de figure mais pourquoi pas ? Au lieu d’accabler le gouvernement et faire croire que la situation est consécutive à une crise structurelle plutôt que conjoncturelle et encore de greffer au malaise des populations ses griefs et revendications strictement personnels, l’opposition aurait mieux fait de se départir de la démagogie et expliquer rationnellement cette situation de vie chère avec toutes ses implications internationales et alors avec les réalités nationales, dire ce qu’elle offrirait à ces populations que ne fait ou ne peut le pouvoir en place pour soulager leurs peines.
Cette attitude l’aurait peut-être créditée d’un sérieux et d’une crédibilité à capitaliser pour les prochaines joutes électorales. Car, quoi qu’on dise, nous sommes dans un système politique où c’est l’urne qui atteste de la «puissance» du parti ou de l’homme politique.
En somme, l’opposition s’est réveillée avec la question de la vie chère. Mais ce réveil ne semble pas pour l’arranger, elle qui aurait pu avec la manière, profiter pour redorer son blason terni depuis les élections successives passées. Ce n’est d’ailleurs pas étonnant parce qu’il n’y a jamais eu de vent favorable pour celui qui ne sait pas où il va.

Par Ben Alex BEOGO

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