L'opinion N°546
Du 26 mars au 1er avril 2008

Les nouvelles du grin

Tué pour une femme

Le dimanche 23 mars 2008, les chrétiens du monde entier ont célébré la fête de Pâques, la plus importante du christianisme qui commémore la résurrection du Christ après sa crucifixion.
Carême, prières et louanges ont rythmé la vie chrétienne pendant 40 jours durant. En effet, avant d’arriver à la fête de Pâques, des fidèles chrétiens observent un temps de préparation spirituelle.
Depuis le mercredi des cendres, jusqu’aux trois derniers jours qui précèdent Pâques, les chrétiens se préparent spirituellement à changer de vie ; pas forcément à cesser de manger ou de boire mais à cesser de faire du mal.
La fête de Pâques est le fondement même de la foi chrétienne. C’est parce qu’Il est ressuscité des morts qu’on croit en Lui comme l’envoyé de Dieu. Le Christ a vaincu la mort, et est ressuscité.
Dans la nuit du samedi 22 au dimanche 23 mars, la résurrection a été célébrée à la cathédrale de Bobo et partout dans les autres lieux de cultes chrétiens. La messe de minuit a accompagné les fidèles jusqu’à dimanche, jour de Pâques.
C’est une fête très importante pour les chrétiens, mais le contexte de la vie chère n’a pas permis aux gens de s’éclater au maximum. Cette manifestation est avant tout spirituelle. On espère alors que les différentes grâces déversées au cours de cette fête vont arroser le pays des Hommes intègres de bonheur et de mieux-être.
Bonne fête de Pâques à tous !

Un jeune de 24 ans tué pour une femme
Le village de Bomloré V5 a été endeuillé le mardi 11 mars 2008 par un crime crapuleux : on venait d’ôter la vie à un de ses fils.
En effet, Harouna BAGUIAN, c’est de lui qu’il s’agit, avait enlevé la femme de l’imam de Wordogo, village situé à une quinzaine de kilomètres de là mais relevant de la province du Zoundwéogo. L’imam déçu, fâché et surtout piqué dans son amour propre, donna un délai de 7 jours au jeune homme pour qu’il ramène sa femme. Pris de peur et sur les conseils de ses amis, celui-ci s’exécuta et la femme fut remise à son mari.
Tout semblait être remis à l’ordre. Le 11 mars 2008, le jeune homme se rendit au marché de Wordogo. L’imam et ses partisans jugèrent inadmissible qu’un homme qui a eu à faire à sa femme, revienne faire le marché de la localité. Ils décidèrent alors de se venger. Le jeune comprenant la gravité de la situation prit la fuite. Alors, une course poursuite s’engagea et comme un lièvre poursuivi par des chasseurs lors d’une battue, le jeune fut rattrapé et copieusement bastonné. Dans leur acharnement sur le pauvre, un des agresseurs utilisa un marteau et lui brisa le crâne. La tentative de le sauver fut vaine car il mourut avant d’atteindre le CSPS le plus proche. Pour le moment on ignore le sort réservé à ses assassins.

La SNC version XXIe siècle en marche
Le samedi 22 mars dernier, les habitants du secteur n°8 de Bobo ont été surpris par la garde rapprochée du Premier ministre Tertius ZONGO. La circulation a été déviée vers l’intérieur du secteur. Il était là pour présider l’ouverture solennelle de la 14e édition de la SNC Bobo 2008.
D’habitude quand l’hôte de la cité BCEAO arrive à Bobo, les chauffeurs et les gardes entretiennent toujours de bons rapports avec les voisins qui permettent même à certains d’entre eux de faire un tour au grin pour prendre le thé. Mais cette fois, les données ont changé.
Les gardes étaient en alerte au maximum. Même les chauffeurs étaient méfiants. La vie chère est passée par là. Le souvenir des 20 et 21 février 2008 se réveille. Parmi les manifestants, certains avaient carrément demandé le départ pur et simple du Premier ministre Tertius ZONGO parce qu’il serait à la base de toutes les difficultés du pays.
Lui, d’habitude si affable et si disponible à l’écoute des gens, s’est fait entourer cette fois de ses gardes.
Le calvaire des habitants du secteur n°8 n’a pas duré très longtemps. Tertius ZONGO est rentré après l’ouverture de la SNC. Il n’a pas dormi à Bobo-Dioulasso.
Mais l’essentiel, c’est qu’il soit venu malgré le contexte de la vie chère qui a fait beaucoup de mécontents.
La SNC 2008 est partie. Les artistes ont répondu à l’appel et la fête est belle.
La seule fausse note est venue de l’Association des chasseurs dozos du Houet. Ils ne sont pas du tout contents des organisateurs de la SNC qui les auraient oubliés pour cette 14e édition. Ils n’ont pas été associés à la grande parade d’ouverture au rond-point de Dafra alors que leur président avait fait des kilomètres pour aller abattre un coba.
Il devait défiler avec cette viande lors du carnaval mais hélas, les dozos du Houet ont été royalement ignorés. En lieu et place, ce sont ceux de Samorogban en occurrence les compagnons de Massa KONATE, le regretté dozo artiste du Kénédougou, qui ont été invités à participer à la cérémonie d’ouverture. Le président de l’Association des dozos du Houet, André K. SANOU estime qu’ils ont manqué de respect à leur confrérie. Pour ne pas rester en marge de la SNC 2008, ils ont organisé une cérémonie de démonstration devant le musée de la musique situé non loin du siège de la SNC.
Au grin, les gens ont profité pour émettre des critiques à l’endroit de l’organisation de la manifestation. Le ministre de la Culture, du Tourisme et de la Communication lui-même a reconnu que la SNC tourne en rond parce qu’elle a atteint sa vitesse de croisière. Elle doit repartir sur de nouvelles bases. C’est vrai qu’en 25 années, la SNC a produit et révélé de nombreux artistes mais force est de reconnaître que le Burkina a du mal à rayonner par sa culture à l’extérieur. Lorsqu’on parle de la culture en Afrique, le Burkina est loin d’être une référence par rapport à des pays comme le Mali.
Le secrétaire permanent de la SNC pour prendre le contre-pied de cette assertion, pense que le Burkina est un pays de grande imagination et de créativité culturelle mais seulement il manque un travail de suivi médiatique. Autrement dit, nous ne faisons pas assez de bruits autour de nos artistes qui sont parmi les meilleurs. A titre d’exemple, le groupe Farafina est un groupe burkinabè qui a réalisé près de 2000 tournées à travers l’Europe et l’Amérique.
C’est l’un des rares groupes africains à se produire au stade Wembley de Londres. C’est donc dire que la culture burkinabè est très active et diversifiée.
Aujourd’hui notre pays constitue la locomotive sur le continent en ce qui concerne la danse contemporaine. Tout cela est bien et fait la fierté de notre pays mais les problèmes ne manquent pas. Après 25 ans de SNC, il n’existe pratiquement pas une salle de spectacle digne de la capitale culturelle qu’est Bobo-Dioulasso. Le théâtre de l’Amitié qui accueille la compétition du GPNAL ne remplit pas toutes les normes requises. A l’approche de l’événement, les organisateurs se sont contentés de donner un coup de peinture au théâtre de l’Amitié. Une simple embellie qui ne change pas grand chose à la capacité et au confort du lieu.
En tout cas au grin, comme chez les autorités, la construction d’un palais de la culture à Bobo s’avère indispensable. Cela est imminent si on veut réellement faire émerger notre culture à l’extérieur.
La SNC est là, la ville de Sya bouge malgré tout. Les plateaux off installés un peu partout à travers les secteurs de la ville accueillent le monde jusqu'à la fin aux alentours de une heure du matin. Le grand public communie avec leurs artistes préférés. La fête bat son plein.
Les activités ont repris et la plupart des jeunes bobolais se son insérés dans un circuit qui leur permet de tenir le coup pendant la SNC. La ville bouge beaucoup et les plaintes aussi ne manquent pas.
La SNC est en marche. Dans la journée, le lieu de la foire est le point névralgique de la SNC. A partir de la nuit, c’est le théâtre de l’Amitié qui attire avec la compétition en musique et danse. La culture burkinabè dans sa diversité est en train de s’exprimer au grand bonheur des festivaliers
Une semaine durant la culture burkinabè sera magnifiée et ensemble nous devons chacun à son niveau jouer notre partition pour que la fête soit encore plus belle.

Un spectacle de dozo cause des problèmes à une dame
La SNC bat son plein. Partout c’est la ruée vers les différents lieux de spectacles. Le dimanche 23 mars dernier, les dozos étaient en démonstration devant le musée de la musique non loin du siège de la SNC. Une femme de retour du moulin avec de la farine de maïs sur la tête s’est arrêtée au lieu du spectacle pour suivre ces gardiens de la tradition. Elle était vraiment concentrée à regarder ces dozos quand brusquement retentit un coup de fusil assourdissant qui a secoué même les cœurs. Effrayée, la bonne dame laissa tomber tout le contenu de sa poudre de maïs blanche sur la chaussée. Du coup, c’est elle qui est subitement devenue l’attraction principale du lieu. Des personnes de bonnes volontés sont venues pour la consoler et l’aider à ramasser la farine qui se trouve éparpillée.
Mais très remontée, la bonne dame a refusé de ramasser cette farine. Toute confuse, elle a pris son récipient vide pour rentrer chez elle. Les spectateurs se sont bien marrés de cette scène qui doit servir de leçon aux ménagères qui veulent profiter de leur course pour se rincer les yeux pendant cette SNC.
Au grin, la réaction des gens a été diversement appréciée. Pendant que les uns s’en prennent à la bonne dame pour n’avoir pas su choisir le moment propice pour venir regarder ces chasseurs dozos qui marchent toujours avec leurs fusils de fabrication artisanale et dont le bruit assourdissant peut même déranger le tympan. Elle devait aller déposer la farine à la maison avant de revenir voir les dozos.
Mais les autres pensent que les dozos exagèrent avec leur coup de fusil à vous couper le souffle.
Il y a des personnes qui sont allergiques à ces coups de fusils. Ces chasseurs devraient revoir leur copie lorsqu’on les invite dans les cérémonies officielles. Il ne faut pas que le bruit de leur poudre s’entremêle à ceux d’éventuels malfaiteurs qui peuvent profiter pour semer le désordre.
Les dozos peuvent chanter, danser, faire des transformations, de la magie… mais de grâce qu’ils diminuent un peu ces bruits infernales de canon qui effrayent plus d’un.
En tout cas, la bonne femme l’apprendra à ses dépends. Prochainement, ce n’est pas sûr qu’elle va s’arrêter avec quelque chose sur la tête pour regarder des dozos en démonstration. Ainsi va la SNC...

"Le petit fakir, toujours dispo"

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