La fusée à l’eau claire
Est-ce encore possible de réaliser des performances hors du temps dans le sport d’aujourd’hui sans être soupçonné de dopage ?
La réponse est, sans aucun doute, non, quand on se remémore l’époque opaque de l’antagonisme forcené entre les deux blocs pour marquer leur suprématie mondiale dans le domaine du sport.
Le recordman Alain Bernard 
Le théâtre de cette opposition est connu comme étant les Jeux olympiques, seul cadre où la célébration des vainqueurs est systématiquement accompagnée par l’exécution des hymnes nationaux et par la montée des couleurs. Il fallait alors pour les grandes nations, engranger le maximum du précieux métal olympique, ce qui se matérialise par autant de retentissements dans le stade olympique de l’hymne national.
A cette époque-là, le dopage était une pratique connue et admise, la rivalité étant bien également à ce niveau, parce que faisant partie de la capacité de chaque nation, à «dénicher» les remèdes miracles, ces produits révolutionnaires, œuvre de l’esprit fécond de chercheurs et valant leur pesant d’or.
Alors pour la quête de cet or olympique, il fallait d’abord gagner au niveau de la recherche avant de s’imposer sur les pistes et les arènes de compétition. De l’haltérophilie à l’athlétisme, en passant par le cyclisme, les sports de combat, la gymnastique et la natation, c’était le défilé des athlètes bodybuildés.
C’est ce que les adversaires du nageur français, Alain BERNARD lui reprochent, d’avoir pris autant de muscles depuis son arrivée dans les bassins en 2006, alors qu’il avait 22 ans. Avec son 1,96m, BERNARD a une musculature de déménageur et pour ne rien gâter, glisse dans les grands bassins telle une anguille.
Aux championnats d’Europe de natation qui se sont déroulés à Eindhoven aux Pays-Bas la semaine dernière, le nageur tricolore a frappé les esprits à un peu moins de cinq mois des Jeux olympiques. Auteur en trois jours de trois records du monde sur les distances fétiches de la natation, Alain BERNARD est aujourd’hui l’homme à battre des futures olympiades.
Ainsi, sur le 100 mètres nage libre, distance qui fait fantasmer tous les nageurs, il a battu en demi-finale le record détenu par le Néerlandais Peter Van Den HOGENBAND, avec un temps de 47’’60 soit 24 centièmes de mieux, avant de la porter en finale à 47’’50. Mieux, en demi-finale du 50 mètres libre, il bat également le record établi en février 2008 par l’Australien SULLIVAN de 6 centièmes le portant de 21’’56 à 21’’50.
Même s’il n’a pas récidivé en finale, il s’est aussi imposé en 21’’66, marque qui reste un des plus performants de tous les temps.
Alain BERNAD est après ces performances devenu la référence absolue sur les deux distances reines de la natation, à un niveau tel que personne ne pouvait s’y attendre. Bien entendu, sa domination écrasante a relancé les rumeurs et soupçons de dopage qui pèsent sur le sport mondial. Filippe MAGNINI, l’Italien dominateur sur le 100 mètres libre ces dernières années a laissé entendre que BERNARD a, sans doute, trouvé les «bonnes vitamines» sous-entendu qu’il utiliserait des produits prohibés.
Pour le nageur tricolore, le niveau actuel de sa nage n’a qu’une seule et unique explication, le travail, toujours le travail, encore le travail. Avec son entraîneur, il se soumet à un entraînement très intensif, fait de musculations et de longueurs de bassins entre 12 et 18 kilomètres par jour.
La suspicion née de sa domination est due au fait qu’il se soit révélé sur le tard, quand on sait que les nageurs sont les athlètes les plus précoces. Les plus doués ont eu des résultats dès leur quatorzième année, comme ce fut le cas de célèbres champions tels Matt BIONDI, Mark SPITZ, Franzeska Van ALMSICK, Ian THORPE, Laure MANANDOU, Kristina EGERSZEGI, Alexandre POPOV…
Nageur sur le tard, les adversaires habitués à être devant lui n’ont donc pas hésité à mettre le pied dans le plat.
Reste que les contrôles subis par BERNARD, trois après un record du monde, un avant et un après les compétitions, plus les nombreux réalisés de façon inopinée n’ont pour le moment révélé aucune anomalie.
Face aux Américains, aux Australiens et autres Chinois au mois d’août prochain, il revient à BERNARD de justifier son nouveau statut de grand champion. En tout cas, il a volé la vedette au phénomène MANANDOU, celle qui était jusque-là l’icône de la natation tricolore. Il est attendu déjà par tous les fans de la discipline qui veulent lui réserver un accueil digne de son talent à son retour d’Eindhoven.
Mais le nageur ne veut pas dès maintenant entrer en campagne promotionnelle, la priorité étant pour lui de préparer au mieux les Jeux olympiques. Après un repos d’une semaine, il repartira vers les bassins, à la conquête d’autres succès plus valorisants.
Par Idriss SEMDE
Sportissimo
Forme olympienne
La Suisse de la formation cycliste CSC Fabian CANCELLARA tient une forme olympienne.
A 27 ans, ce rouleur né vient de frapper deux grands coups en Italie. Après le Tirreno ADRIATICO qu’il a gagné le mardi 18 mars, CANCELLARA s’est adjugé samedi dernier la plus longue des classiques cyclistes du pro tour. Le Milan San Remo couru sur une distance de 298 km, soit plus de 7 heures de vélo a ouvert le cycle des routiers-sprinters et des punchers-finisseurs.
Dans les derniers kilomètres reliant la ville lombarde à San Remo, Fabian CANCELLARA a lâché ses compagnons d’échappée par une accélération foudroyante qui a laissé sur place la horde des Italiens voulant s’adjuger, la course de l’année sur la péninsule. CANCELLARA a ainsi pris dove pour les ardennaises et un certain Paris-Roubaix que tout cycliste digne de ce nom rêve d’accrocher à son palmarès.
Enfin tombé
Depuis la fin de l’année 2007, le golfeur américain Tiger WOODS n’a plus connu le goût de la défaite sur un circuit professionnel. Restant sur six succès de suite, le Tigre a été enfin vaincu. C’était le week-end dernier lors du tournoi de Miami par l’Australien Geoff OGILVY. Accusant au terme du 3e tour, cinq coups de retard sur Ogilvy WOODS n’a pu les combler lors du dernier disputé dimanche. Il échoue à deux coups de l’Australien, qui doit, sans doute, se dire que la fête Pascal rime avec période de chance pour lui. WOOD qui n’a jamais autant été aussi fort, malgré ce revers vient croire en son potentiel pour gagner cette année les quatre tournois comptant pour le grand chelem.
Boycott, on en parle
Les répressions au Tibet perpétuées par les forces de l’ordre chinoises ont braqué l’actualité sur la tenue à Beijing des prochains jeux olympiques. En août de cette année, la capitale de la Chine continentale accueille la crème du sport mondial pour deux semaines de compétition dans toutes les disciplines. Mais les questions des droits de l’Homme, qui ont toujours été une pierre dans le jardin de l’Etat continent, posent la question du boycott ou non de cette olympiade. Si pour l’heure, la plupart des sportifs et des politiques ne sont pas pour cette option, il se murmure que la répression sanglante des émeutes au Tibet, peut amener au boycott de la cérémonie d’ouverture. Du reste, l’allumage de la flamme olympique dimanche à Olympie (Grèce), site des jeux de l’antiquité a donné lieu à des manifestations organisées par des associations de défense des droits humains. Si les télévisions ont censuré cette partie de la cérémonie, il n’en reste pas moins que cette idée de boycott commence à faire son chemin. Mais étant donné que l’ouverture est un moment fort sinon le moment fort des jeux, peut-être que les autorités chinoises vont lâcher du lest sur la question du Tibet.
Hecatombe en équipe de France
Sur les 39 joueurs convoqués par Raymond DOMENECH pour les matchs amicaux des A’ (hier à Charlety) et des A (aujourd’hui au stade de France), six joueurs ont déclaré forfait suite à des blessures. Il s’agit du gardien de but, Sébastian FREY, du défenseur Bakary SAGNA, des médians Patrick VIEIRA et Mathieu VALBUENA, des attaquants Thierry HENRY et Karim BENZEMA. Raymond DOMENECH pour pallier ces forfaits a fait appel à quatre joueurs que sont Hugo LLORIS (gardien de but), Anthony REVEILLERE (défenseur), David TREZEGUET et Loic REMY (attaquants). A trois mois du coup d’envoi de l’Euro, cette large revue d’effectif a pour objectif selon DOMENECH, de raffermir des convictions quand au choix des joueurs sur lesquels il a encore des doutes sur la liste des 23 partants pour la phase finale, prévue du 7 au 29 juin 2008 en Suisse et en Autriche.
Divorce consommé
Maintenant, il n’y a plus d’interrogations concernant le cas RONALDINHO à Barcelone. Entre lui et son entraîneur Frank RIJKAARD, le divorce est consommé. Cela va faire deux matchs de suite que le joueur n’est plus appelé en équipe première par l’entraîneur néerlandais. Ainsi pour la demi-finale retour de la coupe d’Espagne face à Valence et pour la 28e journée de la liga Barcelon-Real Majorque, RONALDINHO n’était pas du groupe. Pour le premier match, le Barça a perdu 2-3 et est donc privé de finale et en championnat, il l’a emporté 4-1 grâce à deux buts de son jeune attaquant BOJAN. Vu la situation du Brésilien au Barça depuis 2006, il est quasi acquis qu’un transfert est dans l’air en fin de saison.
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