Le cap maintenu malgré tout !
C’est la Constitution burkinabè qui l’exige : «… Le Premier ministre expose directement aux députés la situation de la Nation lors de l’ouverture de la première session de l’Assemblée. Cet exposé est suivi de débats, mais ne donne lieu à aucun vote» (article 109). Pour répondre à cette exigence constitutionnelle, le Premier ministre Tertius ZONGO était face aux députés le 27 mars dernier pour l’exposé sur la situation de la Nation. C’est un chef du gouvernement dans son rôle qui a fait un diagnostic sans complaisance de l’état de la Nation en 2007. Aucun domaine n’a été oublié : vie chère, économie , éducation, santé, infrastructures….
Le premier ministre Tertius ZONGO a fait une radioscopie sans complaisance de la situation de la Nation 
«Nous serons sans doute confrontés à des situations difficiles, imprévues, dont l’appréciation et la résolution comporteront des risques et des incertitudes. Mais grâce à la conscience aiguë que nous avons tous de nos engagements, à la fidélité à nos objectifs, nous réussirons ensemble le pacte du progrès continu pour une société d’espérance. Car notre destin nous appartient si nous gardons confiance en nous-mêmes et si nous plaçons constamment l’intérêt de la Nation au-dessus des égoïsmes et des sectarismes». Ces mots du chef du gouvernement illustrent parfaitement la complexité de la situation d’une Nation faite souvent de difficultés imprévues. Mais comme il le dit si bien, notre destin nous appartient si nous gardons confiance en nous-mêmes et si nous plaçons constamment l’intérêt de la Nation au-dessus de tout. En 2007, le Burkina a donc enregistré des acquis dus essentiellement à l’ardeur au travail de chaque citoyen. En tout cas, cette année-là, le Burkina Faso a continué sa marche vers le progrès. En attestent les résultats enregistrés dans les différents domaines qui régissent la vie de la Nation.
Les acquis sur le plan politique et sécuritaire
Actualité oblige, on ne peut analyser l’exposé du chef du gouvernement sans évoquer la question de la vie chère et ses corollaires : les violentes manifestations des 20, 21 et 28 février derniers à travers les villes de Bobo-Dioulasso, Ouahigouya et Ouagadougou. Sur ce point précis, Tertius ZONGO a été sans ambages : «… Rien ne légitimait les tristes évènements qui ont perturbé la sérénité des villes de Bobo-Dioulasso, Ouahigouya, Banfora et Ouagadougou, rien sinon le cynisme d’une poignée de commerçants dissimulant leurs intentions derrière une fiscalité prétendument trop lourde. La frustration des populations contre la vie chère peut se comprendre même si aucun degré de colère n’offre à quiconque le droit de tomber dans l’illégalité…». Analyse bien à propos ! Inutile d’ailleurs de revenir sur les différentes décisions prises par le gouvernement pour faire face à la situation.
Cela dit, disons que l’année 2007 a connu la consécration de la bonne gouvernance politique. Ainsi, l’actualité politique a été marquée par l’implantation des collectivités territoriales sur toute l’étendue du territoire national. Dans cette dynamique, le gouvernement a construit 70 sièges de mairies après les 60 mis à la disposition des communes frontalières, et mis en chantier 12 sièges de mairies ainsi que 77 autres sièges de communes. A cela s’ajoute la construction des 13 sièges de conseils régionaux sur exercice budgétaire 2007. Au titre de la même année des actions telles la mise en place des conseils villageois de développement, des plans communaux de développement et la formation des élus locaux ont vu le jour.
Plus de 500 millions de FCFA ont été investis pour la construction d’infrastructures d’accueil pour les circonscriptions administratives : logements des gouverneurs, des hauts-commissaires, des préfets…
Partant du fait qu’il ne peut y avoir des actions efficaces de développement dans un environnement où règne l’insécurité, le gouvernement a poursuivi ses actions de renforcement de l’efficacité et de l’efficience des forces de défense et de sécurité améliorant ainsi la couverture sécuritaire. La lutte contre la criminalité s’est traduite par la mise en place d’un dispositif de sauvegarde des points sensibles… Bref, les actions menées ont permis la réduction des attaques à main armée de 30% (684 en 2006 contre 482 en 2007), 1987 comités locaux de sécurité ont été institués.
La santé et l’éducation
Dans le domaine de la santé, actualité oblige, le chef du gouvernement a d’abord fait l’état des lieux de l’épidémie de méningite qui sévit dans notre pays. Ainsi, on retiendra que du 1er janvier au 16 mars 2008, l’ensemble des districts sanitaires a notifié 5046 cas suspects dont 519 décès.
Les analyses cliniques montrent que le méningocoque du sero groupe A est responsable de l’épidémie. «En tout état de cause, des dispositions ont été prises pour le renforcement régulier des stocks en médicaments…», dira Tertius ZONGO.
Dans le domaine de l’accroissement de la couverture sanitaire, 2007 a vu la construction de plusieurs infrastructures, outre le lancement des travaux de construction du centre hospitalier universitaire de 600 lits à Ouagadougou, on peut citer, entre autres, la construction de 5 CSPS complets et équipés, de 3 CMA ; la normalisation de 51 dispensaires, 20 maternités et 45 dépôts MEG ; la dotation d’un scanner au centre hospitalier Sanou Sourou de Bobo, et la dotation de 39 ambulances aux centres médicaux avec antennes chirurgicales et centres hospitaliers-régionaux. Les ressources humaines ont été renforcées : formation de 20 médecins en chirurgie, 35 en gestion de district ; ont été recrutés 36 médecins généralistes, 6 médecins spécialistes, 35 pharmaciens, 01 chirurgien dentiste… La réduction de la transmission du VIH s’est traduite par l’acquisition des ARV pour un montant de 2 385 714 997 FCFA, la prise en charge gratuite de 200 PVVIH, la réduction des prix des ARV de 5 000F à 1 500 FCFA/mois et l’extension du programme de transmission mère-enfant (PTME) à 50 districts sanitaires…
Des actions ont été aussi menées dans le cadre de l’amélioration de l’accessibilité financière des populations aux services de santé, le renforcement des capacités institutionnelles, la lutte contre les maladies transmissibles et non transmissibles …
En 2007, l’enseignement de base et l’alphabétisation a connu la réalisation de 603 nouvelles écoles portant le nombre à 8182. Le nombre de salles de classe est passé à 28 925, avec une moyenne de recrutement de 3000 enseignants par an. Le nombre total d’enseignants a été porté à 32 760. Le taux brut de scolarisations se situe à 66,5% et on ne saurait occulter la distribution gratuite de 4 172 970 manuels scolaires.
L’enseignement secondaire et supérieur a également enregistré des acquis tant au niveau des ressources humaines qu’au niveau des infrastructures.
Economie et infrastructures
«En 2007, l’économie burkinabè a accusé le choc externe des augmentations successives et disproportionnées du prix du pétrole et de la baisse drastique des cours des matières premières notamment celles du coton ; baisse accentuée par une dépréciation continue du dollar par rapport à l’Euro. Au plan interne, elle a été mise à l’épreuve des conditions agro-climatiques défavorables. Toutes choses qui ont contribué à freiner la croissance…», a relevé Tertius ZONGO. Mais on notera que les entrées nettes au titre des transferts courants sans contrepartie ont atteint 158,6 milliards de FCFA en 2007 contre 133,4 milliards en 2006 soit une hausse de 18,9%. Les transferts courants publiés ont enregistré 13,5%. L’encours de la dette publique s’est établi à 766,4 milliards soit une hausse de 16,3%.
Selon le chef du gouvernement, les estimations préliminaires indiquent que la balance globale des paiements hors financement exceptionnel, serait excédentaire en 2007 de 169 milliards de FCFA. Cependant, en 2007, le rythme de croissance du PIB réel a baissé de 1,5 point par rapport à 2006 pour s’établir à 4%. L’inflation est restée modérée à 2,1%.
Les effets cumulés de la croissance ces dernières années et la mise en œuvre de programmes sociaux, ont contribué à faire reculer l’incidence de la pauvreté qui s’établit à 42,6% en 2007 contre 46,4% en 2003.
Dans nos prochaines éditions, nous reviendrons sur certains aspects de cet important exposé sur la situation de la Nation en 2007. Une situation qui traduit l’énormité de la tâche du gouvernement Tertius ZONGO II, malgré les acquis incontestables.o
Par Ben Alex BEOGO
L’édification d’un Etat fort et responsable
Jeudi 27 mars 2008, le Premier ministre Tertius ZONGO, a prononcé devant la représentation nationale, son traditionnel discours sur l’état de la Nation, duquel on retiendra la volonté de bâtir un Etat fort et responsable à même d’impulser le développement dans tous les domaines.
Dans son dernier programme quinquennal, «Le Progrès continu pour une société d’espérance», le président du Faso souligne que «les nombreux défis économiques, politiques et sociaux que doit relever le Burkina Faso, nous imposent de disposer d’institutions solides et performantes pour élaborer des règles et des normes de comportement à des fins collectives». Et de souligner qu’au «premier rang» de ces institutions se trouve l’Etat, car, «sans un Etat de qualité, il ne peut exister ni sécurité des biens et des personnes, ni marchés organisés, ni réalisations d’infrastructures de base, sans lesquels aucune économie ne peut se développer durablement et harmonieusement».
Fort de ce credo, le Premier ministre, Tertius ZONGO a, dès sa prise de fonction, œuvré à débarrasser l’Etat burkinabè de toutes les scories qui l’empêchaient jusque-là, de donner sa pleine mesure.
Au rang de ces entraves, la corruption et la fraude, la mauvaise utilisation des biens publics, le laxisme et l’absentéisme qui empêchaient l’administration de donner sa pleine mesure. Et, dès sa première conférence de presse, Tertius ZONGO indiquait sa volonté de «rationaliser» la lutte contre la corruption en regroupant les structures de lutte contre ce fléau et en prenant en compte leurs conclusions, cependant que, soulignait-il, «aucun passe-droit, ni privilège ne seraient désormais accordés à qui que ce soit». Paroles en l’air avaient pensé d’aucuns, jusqu’à ce que la dernière «lutte contre la vie chère», ne vienne nous convaincre que les fraudeurs n’avaient plus la part belle. En effet, nonobstant les marcheurs «honnêtes» on a noté, fait inédit dans l’histoire sociopolitique du Burkina Faso, des commerçants qui ont organisé une marche pour protester contre la cherté de la vie.
C’est vrai que les commerçants sont eux aussi des consommateurs, mais, en l’occurrence, la couleuvre était trop grosse pour être avalée sans peine. Toute cette coterie politico mafieuse qui s’engraissait impunément sur le dos de l’Etat, trouvait là un «créneau» pour déstabiliser ce Premier ministre «impertinent». Lequel, bien au fait de cette cabale, a fait le dos rond, tout en prenant une batterie de mesures à même de désamorcer cette «bombe» sociale. On a noté depuis une accalmie sur le front social, même si les mesures sont encore au stade du frémissement.
L’assainissement et la moralisation de la vie publique se sont poursuivis avec la mesure de restriction d’utilisation des véhicules de l’Etat qui a causé bien de désagréments à des «week-endiers» en goguette.
Toujours dans la poursuite d’un Etat juste, fort et respecté, d’autres actions majeures telles que la formation de 2000 évaluateurs dans le cadre de la mise en œuvre du nouveau système d’évaluation des performances des agents de la Fonction publique, ont été posées. L’auto-évaluation entreprise dans le cadre du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP), le Burkina a affirmé sa volonté d’engager notre pays dans une quête permanente d’amélioration continue de la gouvernance. Pari de la transparence, de l’efficacité et de l’intégrité, modernisation de ses modes de gestion et d’intervention, installation progressive de la décentralisation autant de facteurs qui devraient concourir à plus de performance et permettre de faire du défi majeur qui est d’ériger le Burkina en pays émergent, une réalité concrète.
Le Premier ministre a donc une conscience aiguë de ses engagements et reste fidèle à ses objectifs. «Le progrès continu pour une société d’espérance» est résolument en marche .o
Par Alpha YAYA
Vous avez dit incivisme ?
Dans sa communication devant la représentation nationale, le 27 mars dernier, le Premier ministre a mis le holà sur l’incivisme qui gangrène la société burkinabè. Quelle mouche a piqué les habitants du «pays des Hommes intègres» est-on tenté de se demander d’autant que le phénomène a pris des proportions inquiétantes il n’y a pas plus de la décennie et semble évoluer vers l’insupportable.
«Les difficiles circonstances sociales de cette communication gouvernementale (…) n’auront échappé à personne». Cette entrée en matière du Premier ministre a eu le mérite de vite camper le sujet. Un diagnostic sans complaisance de l’état du Burkina Faso devait être posé. Pouvait-il d’ailleurs en être autrement quand on sait que les actes de vandalisme des 20 et 21 février à Bobo-Dioulasso, Banfora et Ouahigouya et du 28 février à Ouagadougou font toujours l’actualité et alors n’autorisaient pas la langue de bois, ce style qui, plutôt que de bien informer ou communiquer, embrouille ?
Ces actes de vandalisme sont une manifestation achevée de l’incivisme surtout quand on voit comment ils sont survenus. Au prétexte de la vie chère, un individu que la loi va d’ailleurs rattraper, Thibault NANA puisque c’est de lui qu’il s’agit, appelle à une marche de protestation qu’il dit conduire envers et contre tout, «autorisation ou pas» de l’autorité. Et voilà la rue dans une entreprise que d’aucuns ont considéré comme légitime même si la forme est illégale. Justement, l’illégalité n’est-elle pas la sécrétion de l’incivisme ? Y a-t-il en république quelleque raison qui puisse justifier une tolérance à l’égard du fait ? C’est dommage que, aveuglés par leurs ambitions, certains politiques et syndicalistes se laissent charmer par un fléau qu’ils pensent pouvoir les servir dans leur combat. Le Premier ministre, Tertius ZONGO, a stigmatisé le fait lorsque dans son discours sur l’état de la Nation il dit ceci : «Tenter de faire une carrière, ou de jouer à la vedette sur la douleur des populations et sur les malheurs de nos commerçants ne correspond pas à l’idée que le gouvernement se fait de l’engagement public». Si pendant longtemps l’incivisme a été exploité dans le milieu politique, comme une pieuvre, il a étendu ses tentacules sur tous les domaines de la vie socioéconomique et est le ferment des troubles que l’on connaît au Faso ces temps-ci pour quelque acte individuel de citoyen ou une mesure incomprise si elle n’est pas attaquée par des indélicats qui l’ont trop bien comprise parce que mettant un frein à leurs magouilles.
L’incivisme comme méthode de gestion commerciale
Les différentes manifestations de vandalisme orchestrées on le sait maintenant par des acteurs du monde commercial ont permis au Premier ministre de mettre le doigt sur une plaie de notre économie. Extravertie, l’économie burkinabè est beaucoup dominée par l’activité d’importation. Ce qui donne alors à l’activité douanière toute son importance et fait des impôts et taxes la principale source d’alimentation du budget national (%). Une réalité qui commande que tous les acteurs concernés jouent franc jeu si l’on ne veut pas asphyxier l’Etat. C’est ce qui malheureusement n’est pas inscrit dans les perspectives de tous et alors s’installe comme méthode de gestion la fraude, fléau auquel veut s’attaquer frontalement le Premier ministre, Tertius ZONGO, qui a instruit les ministres en charge de l’Economie et des Finances de veiller à l’application scrupuleuse des textes en vigueur. C’est ce qui est fait depuis un certain temps et qui hérisse les poils de certains importateurs qui s’étaient aménagé des «facilités» qui leur permettaient de maximiser leurs bénéfices au détriment du budget de l’Etat.
Ainsi donc, dans la pratique, la fraude douanière permettait à des importateurs de soustraire des cargaisons entières de marchandises au dédouanement pour ensuite pratiquer des prix qui ne répondaient pas aux normes réelles du marché. Suite à plus de rigueur dans la vérification, les fraudeurs et leurs «facilitateurs» à la Douane ne pouvaient plus poursuivre le pillage. Alors, les premiers pour préserver leurs intérêts se sont mis à pratiquer des prix hors du commun renchérissant le coût de la vie pour les citoyens. Dans cette «guerre» ouverte, on a vu des prix de produits passer pour certains du simple au double et pour bien faire, on a fait croire aux citoyens que le gouvernement avait augmenté les taxes et impôts et qu’alors les prix de dédouanement devenus très élevés justifiaient les hausses. La déloyauté était très grande de la part de ces importateurs qui au lieu d’accuser la hausse des prix au niveau des fournisseurs, ce qui est une réalité du fait de la flambée du prix du pétrole, ont préféré braquer l’opinion contre le gouvernement, et tous ceux qui sont en retard d’une révolution ont vu là réunies les conditions objectives recherchées pour y parvenir. Mais le chemin reste long. Le gouvernement qui n’est pas insensible au phénomène de la vie chère a initié une batterie de mesures pour soulager les peines et des commerçants honnêtes et des consommateurs finaux des produits de grande consommation.
Cependant la «hache de guerre» ne semble pas encore enterrée d’autant qu’il ressort des propos du Premier ministre que des importateurs ont bloqué de grandes quantités de marchandises dans les ports pour créer la pénurie et amener le Gouvernement à reculer dans sa volonté d’assainissement. Ces grands argentiers qui crient à l’amour de la patrie démontrent que le plus important à leurs yeux reste les profits colossaux qu’ils accumulent même au prix du malheur de la majorité. Si le philosophe veut que ce qui est juste soit fort et que ce qui est fort soit juste, le gouvernement a en tout cas fait preuve de compréhension à l’égard de tous mais il ne saurait hypothéquer l’avenir de tout une nation pour les beaux yeux pour ne pas dire les profits colossaux de quelques «m’as-tu vu ?». C’est pourquoi, répondant à une question d’un député, cette boutade du Premier ministre relative aux gesticulations de ces «jusqu’au-boutistes» est pour rassurer les honnêtes citoyens : Ils peuvent toujours garder là-bas leurs marchandises, lorsqu’ils verront que le gouvernement ne recule pas on verra bien ce qu’ils en feront ! (Retranscription approximative).
La lutte contre l’incivisme doit être d’abord individuelle
La volonté du Premier ministre de continuer sa lutte contre l’incivisme est en tout cas ferme et même l’opposition politique le lui reconnaît volontiers. «Depuis votre arrivée, on sent que les choses bougent» a dit le député Yamba Malick SAWADOGO de l’UNIR/MS qui introduisait ainsi son intervention dans le cadre des questions posées par les députés après le discours du Premier ministre. De tels compliments de la part d’un homme qui ne voit que du noir dans toutes les actions du gouvernement, apportent à Tertius ZONGO des motifs de satisfaction. Prenant exemple sur l’opération initiée contre l’usage abusif des véhicules étatiques qui, dit-il sont vus «de moins en moins en dehors des heures de service», le député SAWADOGO atteste que la lutte contre l’incivisme par le gouvernement ne relève pas d’une simple vue de l’esprit. Cependant, l’Etat peut-il seul moraliser la société ? La bonne conduite doit être d’abord individuelle. On assiste de plus en plus à des comportements répréhensibles dans notre environnement au quotidien. Dans la circulation, il n’est pas rare de voir quelqu’un cracher ou se moucher sur les autres. Les rues sont des poubelles malgré les efforts de la brigade verte à Ouagadougou pour les vider. Les emballages de tout genre sont jetés partout après usage. Le respect des feux de circulation est devenu un supplice pour beaucoup d’usagers de la route. Pourtant ces installations sont réclamées à cor et cri par ceux qui ne les respectent pas. Nos routes sont devenues des mouroirs. Des études ont montré que la plupart des accidents sont plus l’œuvre de l’imprudence humaine que de la défaillance mécanique. Quand la police intervient pour ramener les uns et les autres à la raison, ils sont les premiers à crier à l’abus de pouvoir.
Que dire de ceux qui se soulagent dans les caniveaux en plein centre ville comme si l’indécence n’émeut plus ? Passons sur les tenues vestimentaires qui indisposent tout le monde et qui seraient, semble-t-il, une façon de vivre selon les exigences de la modernité.
Dans les campagnes, l’environnement est détruit par des feux de brousse allumés souvent juste pour attraper un rat. Les avis sont unanimes que «la morale agonise au Faso» pour reprendre les propos de ce parlementaire.
Le problème, c’est que des hommes qui veulent être la vitrine de la société encouragent des actes graves d’incivisme. Des partis politiques ont écrit au Chef de l’Etat pour demander l’élargissement de Thibault NANA, condamné à 36 mois de prison ferme suite aux manifestations du 28 février, au motif qu’il est un chef de parti. Ce titre serait-il un passeport à toutes les dérives au point d’appeler à l’incivisme comme l’a fait le susnommé ? Comme l’a dit Tertius ZONGO, on peut manifester sans pour autant porter atteinte à l’intégrité des biens publics ou privés. L’humoriste Adama DAHICO l’a bien dit «manifester est ton droit, détruire n’est pas ton devoir». Les manifestations pacifiques sont du reste reconnues par la loi fondamentale burkinabè.
La lutte contre l’incivisme doit être d’abord un acte individuel. Il est donc normal que des voix s’élèvent pour réclamer la re-introduction des cours d’instruction civique dans les programmes d’enseignement du Burkina car comme le dit un adage populaire «le mauvais adulte a été d’abord un mauvais enfant».
Par Ahmed NAZE
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