Les portes de la 14e édition de la SNC se sont refermées le samedi 29 mai dernier au rond-point de Dafra. Comme à l’ouverture c’est encore Tertius ZONGO qui a présidé la clôture de la manifestation. Pour cette édition, le président du Faso a brillé par son absence. Mais jusqu’au bout, il y a certains qui croyaient dur comme fer que le chef de l’Etat allait faire le déplacement de Bobo.
Les bons observateurs n’y croyaient pas à cause de la légèreté avec laquelle le service de sécurité était disposé. Généralement, si le président vient à la SNC, c’est pour assister à la nuit des lauréats. Le flou a été entretenu jusqu’au bout. C’est encore Tertius ZONGO et son épouse qui ont pris place finalement au théâtre de l’Amitié pour apprécier le savoir-faire des meilleurs troupes primées.
La SNC 2008 a été une fois de plus l’occasion pour la ville de Sya d’accueillir de nombreux festivaliers, des invités de marque et des visiteurs venant d’horizons divers. La marée humaine était perceptible partout. Tous les records selon le CNO sont dépassés notamment du côté de la foire commerciale où on a enregistré une forte affluence qui oscille autour de 2 millions d’entrées au 5e jour de la manifestation.
La SNC a un peu déstabilisé la plupart des grins de Bobo. En effet, cette manifestation d’envergure internationale est une aubaine pour la jeunesse sous le poids d’une récession économique qui n’a qu’assez duré. Pendant la SNC, chacun se trouve une petite occupation qui lui permettra de souffler un peu. La vie est dure mais il faut savoir la prendre du bon côté.
La ville de Sya a vibré une semaine durant au rythme de la culture. Partout l’ambiance était au rendez-vous. La nuit venue, ce sont des familles entières qu’on aperçoit avec des bancs, des chaises ou des tabourets. Ils vont très tôt occuper une place en attendant 22 heures pour le démarrage des spectacles off. Ces spectacles sont beaucoup prisés par le public. La SNC du 21e siècle est ainsi en marche. Elle est venue effacer les mauvais souvenirs des évènements du 20 et 21 février derniers à Bobo. Malgré la vie chère, les affaires ont été très prolixes sur l’aire de la foire. Là-bas, il y avait des articles pour toutes les couches.
L’ASPAC et la SNC, des voisins condamnés à s’entendre
Comme à la SNC 2006, l’Association pour la sauvegarde du patrimoine artistique et culturel (ASPAC)/ musée de la musique d’hier et d’aujourd’hui a concocté un programme d’activités pendant la SNC. Tous les après-midis du 23 au 29 mars entre 15h et 19h il y avait un podium dressé devant le musée pour accueillir des artistes.
Au niveau de l’ASPAC, les responsables pensent qu’en agissant de la sorte, ils ne font que renforcer les activités de la SNC. L’affluence est grande et une partie des festivaliers trouvent énormément son compte en visitant le musée de la musique. Sur place, on pouvait déguster des boissons et des plats locaux. Mais le hic c’est que ce sont les artistes mécontents de la ville de Sya que l’ASPAC a contactés pour animer devant le musée ; ceux que la SNC 2008 n’a pas pu retenir. La plupart des artistes qui ont joué devant le musée n’ont pas du tout été tendres avec les organisateurs de la SNC. Ils les en veulent parce qu’ils n’ont pas été programmés ni pour l’ouverture ni pour les spectacles off. Parmi ces mécontents, on peut citer Foum Mouboh, les chasseurs dozo et j’en passe. Ces derniers ont constamment critiqué le CNO de la 14e édition pour leur manière de programmer les artistes.
Ils disent ne pas comprendre qu’en tant qu’artistes de Bobo, ils soient royalement ignorés alors que leurs collègues de Ouaga sont venus en masse.
Officiellement la SNC n’a rien fait pour empêcher les activités de l’ASPAC qui à son tour s’est bien senti dans la peau d’un «opposant».
Tous les artistes oubliés de la SNC ont fait bloc et se sont retrouvés au musée situé tout juste de l’autre côté du boulevard, au voisinage du siège de la SNC.
Par rapport à cette situation, le grin est divisé. Les uns soutiennent l’ASPAC qui en tant qu’association simple a besoin d’un coup de pousse de l’Etat. Pendant la SNC, les organisateurs devraient prendre attache avec l’ASPAC et si possible l’intégrer dans la fête en harmonisant les programmes d’activités.
Pour les autres par contre, l’ASPAC doit respecter la SNC qui est un évènement à dimension internationale. Si cette association veut participer à la SNC, elle doit faire une demande auprès des organisateurs qui pourront l’intégrer si possible dans le programme officiel de la SNC. Dans toute chose, il faut respecter la légalité.
C’est vrai que les spectacles devant le musée prenaient toujours fin à 19 heures pour permettre à la population d’aller vers les plateaux off qui eux, démarrent à 22 heures.
Mais force est de reconnaître qu’on assistait à une vraie cacophonie par moment entre ces deux voisins qui sont pourtant condamnés à s’entendre pour éviter tout débordement. La SNC est une fête populaire mais elle doit être organisée selon un programme adéquat qui demande à être respecté scrupuleusement.
Vivement qu’on évite cette cacophonie avec d’un côté des artistes qui participent pleinement à la SNC et de l’autre, ceux qui ont été oubliés et récupérés par l’ASPAC.
C’est vrai que la SNC ne peut pas programmer tous les artistes de Bobo pendant la manifestation mais de grâce qu’on essaye de trouver le juste milieu pour faire évoluer les choses.
Le grin de caillou peut profiter de l’haricot pour avoir de l’huile. C’est ce que l’ASPAC a essayé de faire pendant la SNC 2008
Des génies à la SNC ?
Pendant la 14e édition de la SNC, l’affluence du public était totale. Les spectacles off, la foire, le théâtre de l’Amitié partout le public est présent.
Parmi tout ce public, il y aurait des génies qui se seraient transformés en forme humaine pour participer à la fête. En tout cas c’est ce qui est soutenu par certains membres du grin qui affirment en avoir rencontrés sur l’aire de la foire. En général, ce sont de très belles femmes avec un teint éblouissant et un regard alerte. Une fois à la foire, elles peuvent marcher parmi tout ce monde sans être touchées par quelqu’un.
Cette histoire des génies à la SNC a fait couler beaucoup de salive au grin. Les matérialistes sont restés figés sur leur logique. Pour eux, ils ne croient qu’à ce qu’ils ont vus et touchés. Sur cette façon de penser, les idéalistes pensent qu’il est préférable de ne pas tirer sur ce débat parce que les exemples sont légion concernant ces génies qui vivent parmi nous.
En tout cas il y a des membres du grins qui ont juré la main sur le cœur avoir remarqué la présence des femmes bizarres qui n’ont pas l’air d’être de la ville ni même du pays. Elles sont tellement bien soignées dans leur habillement qu’on se demande de quelle planète elles sont. Et jamais elles n’adressent la parole à quelqu’un. Si elles sentent des regards très soutenus sur elles, elles vont rapidement derrière un stand et d’un coup vous ne les apercevez plus. Fort heureusement que ces supposées génies n’ont pas causé de malheurs à cette SNC.
Sur ce point, un vieux du grin a été un peu plus explicite. Pour lui, Dieu a créé l’homme à partir de la terre mais c’est à partir du feu que les génies ont été créés. Ils peuvent nous voir mais nous, on ne peut pas les voir. C’est la volonté de Dieu. Mais si un génie s’hasarde à tuer un homme par plaisir parce qu’il peut être invisible, le châtiment de Dieu est automatique ; pour un humain tué il y a 1000 génies qui meurent.
Le sage du grin pense que tout cela ne fait qu’embellir la fête. Les génies et les hommes aiment les bonnes choses, or à la SNC, il y a trop de bonnes choses. Alors génies ou pas, laissons tout le monde profiter de la SNC !
"Le petit fakir, toujours dispo"