L'opinion N°549
Du 16 au 22 avril 2008

Dossier

Vie chère

Pénurie alimentaire ?

Les manifestations contre la vie chère qui secouent une grande partie de la planète sont dues à la hausse des prix des denrées de première nécessité, au nombre desquelles les aliments.
Le Burkina a fait de gros efforts dans la production agricole même s’ils se révèlent insuffisants.

La lutte contre la vie chère est devenue le principal sujet de préoccupation de la communauté internationale. La réunion de printemps de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international a été consacrée au sujet. La faim a toujours été un phénomène permanent que les Nations-unies à travers des composantes comme la FAO et le PAM tentent de juguler. Selon la FAO, 100 mille personnes sont morts tous les jours de faim l’année dernière et 850 millions de personnes sont invalides des suites de la sous alimentation.
La chaîne causale de ce drame comprend plusieurs maillons dont les principaux sont, la très forte demande des pays dits émergents comme la Chine populaire et l’Inde, la sécheresse, le changement climatique, la transformation massive des produits alimentaires en bioéthanol utilisé comme carburant dans les véhicules et la spéculation boursière.
Le Suisse Jean ZIEGLER, rapporteur spécial des Nations –unies pour le Droit à l’Alimentation a affirmé dans une interview accordée à une radio française que les Etats-Unis ont brûlé en 2007, 138 millions de tonnes de maïs pour en faire du bioéthanol. Conséquence, le prix de cette céréale très consommée dans le monde a augmenté de 41% en six mois. Des pays comme le Brésil utilisent massivement les autres céréales dans le même but. L’idée est de contourner, un tant soit peu, la très forte augmentation des prix du pétrole qui a atteint la barre historique de 112 dollars à Wall Street, la bourse de New York la semaine dernière.
La crise boursière des «subprimes», ces prêts hasardeux qui secouent des secteurs comme l’immobilier aux Etats-Unis a poussé les fonds d’investissements vers les matières premières agricoles. Ces riches investisseurs se sont tournés vers les céréales à travers le «chicago commodities stockage change » la bourse qui fixe les prix des matières premières agricoles depuis plus de 100 ans. Cet enjeu spéculateur de l’offre et de la demande pousse les prix à la hausse à cause de la forte baisse de la production céréalière.
En 2007, l’Australie le grand grenier de l’Océanie a connu un déficit de 20 % dans sa production. Des pays comme la Thaïlande grand exportateur de riz hésitent à mettre des stocks sur le marché.
Pour les spécialistes de l’alimentation, la crise actuelle est sans précédent depuis l’émancipation de la plupart des pays de la planète. Pour faire face à une telle difficulté la meilleure solution semble être la production locale. Le gouvernement qui l’a compris a entrepris depuis quelques années des actions pour booster la production nationale. Un effort reconnu d’ailleurs sur le plan international.
L’économiste italienne Lucia WEGNER, responsable des «perspectives Economiques» en Afrique à l’Organisation pour la Coopération et le Développement Economique (OCDE), a déclaré qu’en terme de production agricole, le Burkina Faso et le Mali étaient en pôle position dans la sous- région pour 2007 et des meilleurs résultats sont attendus pour la prochaine campagne.

Les actions du gouvernement burkinabè
La politique d’amélioration de la production agricole burkinabè a pour socle l’amélioration des semences, le soutien à la production et la culture de contre saison.
Les statistiques de la Direction générale des productions végétales (DGPV) indiquent que la production des semences améliorée est passée 534,3 tonnes en 2002 à 5246,6 tonnes en 2006. Le nombre de producteurs semenciers est passé de 200 en 2002 à 1582 en 2006. Dix-sept fermes semencières ont été créées dans les 13 régions et ont bénéficié de l’appui en équipements, matériels et équipements agricoles. 24 865 ha de terres infestées par les criquets pèlerins ont été récupérés après un traitement approprié.
La culture de contre-saison est un maillon fort de la politique du gouvernement. Ainsi 61 710 ha ont été emblavés dont 25 006 ha en maïs, 2104 ha en niébé, 2305 ha en manioc…… La production totale est de 504 303 tonnes dont 100 391 tonnes de maïs, 1594 tonnes de niébé, 46 652 tonnes de manioc …
En plus des actions sur le terrain l’action du gouvernement a aussi été législative. Une union nationale des producteurs agricoles semenciers existe depuis décembre 2004. En mars 2005 a été adopté le plan stratégique Genre et développement agricole. Le 31 mars 2006 a été promulguée la loi portant réglementation des semences végétales au Burkina Faso.
Les Chambres régionales d’agriculture ont été installées dans les 13 régions du pays. Le tableau de la production céréalière des cinq dernières est la preuve de l’évolution positive de la production agricole au Burkina Faso.

A la lecture du tableau, on peut affirmer que le Burkina est sur la bonne voie en terme d’effort pour la satisfaction des besoins alimentaires de la population.
Le problème c’est que des spéculations comme le riz connaissent des méventes à l’image du riz du Sourou que les producteurs sont souvent obligés de brader lors de foires commerciales. Les raisons avancées par certains seraient sa faible augmentation de volume au moment de la cuisson par rapport au riz importé. S’il est vrai qu’en période difficile, l’essentiel est de tromper la faim quelle que soit la qualité nutritive, les Burkinabè devraient faire preuve de nationalisme et consommer la production locale. Le coût très élevé des matières céréalières à l’importation ne donne d’ailleurs pas le choix. Deux grands importateurs de riz au Burkina ont affirmé, le 13 avril sur une radio internationale, qu’il y a des stocks pour le Burkina.
La baisse des prix, malgré les efforts de l’Etat à travers le désarmement douanier, tarde à faire son effet. Le contexte international tel que nous l’avons expliqué influence négativement la structure des prix.
Il est difficile de jeter la pierre dans le jardin des princes qui nous gouvernent parce que le développement de la situation a montré que le phénomène est planétaire et aucune région n’est épargnée. Le Directeur Général de la FAO, le Sénégalais Jacques DIOUF s’est inquiété de la situation alimentaire internationale et prédit le pire si rien n’est fait. Jean ZIEGLER enfonce le clou en affirmant que les 75 millions d’âmes qui dépendent de l’aide alimentaire sont en grand danger compte tenu du fait que le PAM a perdu la moitié de ses moyens pour cette année.
Les guerres, le changement climatique, les spéculations boursières, les nouvelles énergies avec le bioéthanol …sont entre autres les raisons causales de la vie chère. Le Burkina doit donc poursuivre l’effort de modernisation et d’augmentation du volume de sa production céréalière. C’est la seule solution pour garder la tête hors de l’eau.

Par Ahmed NAZE

Les produits locaux, l’alternative

La vie chère commande que chaque Burkinabè adopte de nouvelles habitudes de consommation. La seule option au plan interne pour s’en sortir, reste la consommation de nos produits locaux. Le vendredi 11 avril 2008, à la maison de la femme de Ouagadougou, le Réseau des transformatrices de céréales du Faso a sonné le tocsin à travers une opération de dégustation de mets locaux. Cela va-t-il suffire à attirer les Burkinabè vers nos produits locaux ? Rien n’est moins sûr.

A l’heure où la vie chère fait des ravages, la seule alternative pour notre pays est de consommer les produits locaux. «Les Sahéliens peuvent nourrir le Sahel», disent les experts de la FAO. Et c’est convaincue de cela que la marraine de la manifestation de dégustation, Mme Christine KABORE de l’APROSSA/Afrique a soutenu : «L’accès des ménages urbains aux céréales locales transformées se trouve aujourd’hui être une des solutions aux nombreux problèmes posés par la cherté de la vie qui reste beaucoup plus ressentie dans nos villes». Le Réseau des transformatrices de céréales du Faso propose pourtant une grande gamme de produits. « Nous avons des couscous à base de céréale, des grumeaux de bouillie et de dêguê, des macaronis et de la vermicelle, des biscuits, des épices, des boissons et des jus instantanés etc., à même de supporter la situation de vie chère», soulignera Mme Djama DADJOARI/YONLI. C’est dire donc que la transformation des céréales locales est un maillon fort de la filière céréales. En effet, elle favorise l’augmentation des revenus des acteurs qui travaillent dans cedit secteur, et à coup sûr influence fortement l’économie de notre pays. «Consommer ce que nous produisons, ce que transforment nos soeurs et nos frères restera le plus grand des appuis que nous rendrons tous pour que prospèrent les acteurs de la filière céréales locales et particulièrement les transformatrices membres du RTCF », recommande la marraine. Un discours certes fort intéressant mais il reste à véritablement appliquer les préceptes énoncés ; ce qui est tributaire d’un certains nombre de préjugés à effacer tels les produits de luxe importés sont plus nutritifs et ça fait classe de les consommer. Quand on sait que tout changement d’habitude comme celle de la consommation est souvent difficile, d’aucuns pensent qu’il faut plus que la sensibilisation. C’est-à-dire que le challenge ici est de faire en sorte que le consommateur burkinabè accepte son produit par des études d’attitudes et de comportements à même de le toucher dans son intérieur même. De plus en plus, les opérateurs du secteur des produits locaux attendent de la part des autorités des décisions énergiques à même de bousculer les habitudes des consommateurs. Mais cela est-il vraiment l’idéal quand on sait que des couleurs et des goûts, on n’en impose pas ? Avec la croissance démographique qui s’accélère, le milieu urbain offre un marché porteur et il tient aux opérateurs du secteur des produits locaux d’avoir de «l’agressivité commerciale» pour occuper la place qui peut être leur dans ce marché. Voilà pourquoi les opérations du genre de celle menée par le Réseau des transformatrices de céréales du Faso si elles avaient été multipliées bien avant qu’advienne la question de la vie chère, elles auraient permis d’amortir le choc, les Burkinabè ayant déjà été amenés à préférer leurs productions locales. Comme on dit, il n’est jamais tard pour bien faire et c’est en cela que le Réseau dirigé par Mme DADJOARI/YONLI est à encourager dans sa démarche.
Le rôle des autorités, sera d’accompagner cette dynamique en intensifiant la sensibilisation (nos plus hautes autorités se doivent de donner l’exemple en consommant burkinabè) et en prenant certaines décisions hardies en faveur des produits locaux qui doivent être mis à disposition dans tous les coins du pays et surtout protégés de l’agression extérieure comme l’ont fait et continuent de le faire certains sous d’autres cieux pour leurs produits qui maintenant nous envahissent. Le consommateur charmé et ayant les produits de chez lui à portée de la main et de sa bourse, il n’y a pas de quoi qu’il fasse grise mine. Et c’est la vie chère qui ne sera plus qu’un vieux souvenir.

Par Frédéric ILBOUDO

La grève est loin d’être la solution

Les 8 et 9 avril derniers, les syndicats ont fait la grève. Comme après tout combat, on évalue les pertes et les gains même si l’accent est mis sur le deuxième volet qui est généralement surestimé pour se donner plus de fierté, faire peur à ceux d’en face et… bien sûr flatter les indécis et autres «peureux» afin qu’à la prochaine levée de troupes, ils soient de la partie. C’est donc à présent la guerre des chiffres mais la situation ayant conduit à se crêper le chignon pour résoudre ces équations mathématiques a-t-elle permis de réussir là où on a refusé que le dialogue ait préséance ?

Les chiffres se bousculent dans la presse. Ici, les syndicats avancent 60% de suivi de leur mot d’ordre de grève, là, ils vont à 80% et ailleurs ils osent même 100%. Pour dire que la grève des 8 et 9 avril derniers a été largement observée. Ce qui n’est pas l’avis du gouvernement qui donne un taux de 20%. C’est clair qu’en pareil cas, jamais les chiffres n’ont coïncidé. Ce n’est pas seulement au Burkina que c’est ainsi car comme le dit l’observateur averti : «le nombre de protestants ou de manifestants (grévistes) varie proportionnellement à l’implication de celui qui fait le compte». Si cette réalité est acquise, il faut du reste se dire que cela importe peu pour la majorité des Burkinabè. Les questions que cette majorité silencieuse se pose sont simples : Est-ce que la grève des 8 et 9 avril a changé quelque chose à la situation de la vie chère ? Est-ce que cette grève a amené les autorités à faire plus que ce qu’elles ont déjà fait ou comptent faire ?

L’incontournable dialogue
La réponse à ces questions est assurément non. Cela pose alors le problème de la pertinence et de la portée de cette grève. Certains se demandent encore pourquoi les syndicats ont «refusé» de rencontrer le gouvernement le 7 avril dernier, puisque de cette dernière rencontre avant la grève pouvait, qui sait, sortir d’autres mesures gouvernementales à même de satisfaire leurs attentes. Ayant préféré la grève, ils se retrouvent aujourd’hui comme à la case de départ, parce que, tôt ou tard, il va falloir retourner à la table de négociation. On aurait donc pu éviter des pertes d’énergies inutiles, des pertes considérables pour l’économie, en commençant et en terminant par le dialogue. Comme le dit l’adage, «la feuille a beau tournoyer dans le ciel, elle finira par retomber sur le sol», ainsi en est-il des relations entre personnes ou entités complémentaires qui ne peuvent faire fi du dialogue. Par quelque bout que l’on saisirait la question de la résolution d’un différend, l’acte ultime ne peut être que le résultat d’un dialogue. Alors pourquoi ne pas concentrer les énergies sur ce dialogue, si tant est que chacun est guidé par le souci de trouver des solutions aux problèmes qui se posent.
Le dialogue suppose se mettre dans un état d’esprit qui tranche d’avec l’attitude belliqueuse, être disposé à ne pas voir en tout ce que dit ou propose l’autre une façon de chercher à gruger et en l’occurrence pour ce qui est du dialogue gouvernement/syndicats, chaque entité doit jouer et seulement jouer le rôle qui est sien en refusant la collusion avec d’autres intérêts ; c’est dire donc qu’il faut un minimum de confiance entre les protagonistes ou les partenaires afin qu’on puisse atteindre le consensus qui mettrait tout le monde à l’aise. Toute autre perspective conduit inévitablement dans l’impasse et c’est en cela que la grève des syndicats en plein processus de dialogue n’est pas une bonne chose. Il ne faut pas toujours opter d’avoir gain de cause dans son combat par un bras de fer avec l’autre car une telle vision des choses installe définitivement le conflit ce qui n’est pas pour le bonheur d’une communauté, d’un pays.

Tous à la même enseigne
Le monde est à une autre phase de son évolution et, quoi qu’on en dise, le syndicalisme à la sauce lutte des classes a fait son temps. Pour penser comme Charles PEGUY (1873-1914) reconnu acquis au socialisme et à l’internationalisme pacifiste en son temps, «aujourd’hui tout le monde est bourgeois». Oui, bourgeois dans le mode de pensée, de consommation… en un mot dans la façon de vivre que nous impose une société victime selon le même PEGUY d’une «espèce d’affreuse strangulation économique qui à présent d’année en année nous donne un tour de plus». C’était déjà avant la grande Révolution bolchvich d’octobre 1917 et tout le monde sait ce qu’est devenue celle-ci. Alors, faudra-t-il «trahir» en travestissant l’emblématique mot d’ordre ?... «Bourgeois de tous les pays, unissons-nous !». Tout ça pour montrer qu’il faut vivre avec son temps et ses réalités plutôt que se nourrir de nostalgie. La mondialisation irréversible nous embarque et modèle notre être ; si nous nous confinons dans des formes de luttes auxquelles nous ne croyons même plus, à quoi veut-on aboutir ? La voie a pourtant été indiquée par les Japonais qui ont un honneur de travail bien fait et qui ont une autre approche de la grève qui ne dessert pas le travailleur, ne détériore pas l’outil de travail mais marque l’esprit des décideurs.
Revenant à cette question de vie chère, chacun devra voir la réalité en face et se convaincre que la flambée des prix est une donne internationale qui ne concerne pas seulement le Burkina. Tout près de nous, si un pays plus nanti comme la Côte d’Ivoire est confronté aux mêmes problèmes, cela devrait faire réfléchir plutôt que de vouloir tout de go incriminer quelque autorité que ce soit. La plus grande partie des produits d’importation du Burkina passe par la Côte d’Ivoire, pays côtier ; alors comment veut-on que ce pays souffre du renchérissement de ces produits et que le Burkina soit à l’abri ?
Même si on peut affirmer que les mesures prises par le gouvernement face à la vie chère sont insuffisantes, on peut tout de même reconnaître que des efforts sont faits. La plus belle femme du monde ne peut donner que ce qu’elle a, dit-on.
Acceptons donc ce qui a déjà été fait tout en oeuvrant pour que l’Etat fasse mieux.. La grève est loin d’être une solution à la vie chère, à la flambée des prix. Bien au contraire, elle contribue à rendre la vie plus chère d’autant que beaucoup de travailleurs du secteur informel et ceux contractuels payés à l’heure verront leurs gains de deux jours évaporés. Comment combler ce manque à gagner ? La fin du mois pour nombre de fonctionnaires ne sera pas de bon goût car les textes relatifs aux grèves appliqués dans leur rigueur, le salaire sera délesté de la valeur financière correspondant aux émoluments des deux jours auxquels on a vaqué. Et si à cause des grèves, l’Etat n’arrive plus à faire les recettes escomptées, où trouvera-t-il l’argent pour augmenter les salaires, revendication récurrente des syndicats ?
En somme, à l’issue des 48 h de grève, il appartient à chaque partenaire, à chaque camp d’en tirer les leçons et se faire une idée sur ce qu’il reste à faire. Le dialogue, quoi qu’on dise, peut et doit accoucher de la solution. Alors, gouvernement, syndicats, le peuple vous regarde !

Par Ben Alex Béogo

Prix et qualité des produits de grande consommation
Un observatoire se dessine à la LCB

La Ligue des consommateurs du Burkina (LCB) a organisé les 10 et 11 avril derniers à Ouagadougou un atelier national sur le renforcement de la gouvernance économique. L’ouverture de l’atelier était présidé par le secrétaire général du ministère du Commerce qui avait à ses côtés son homologue de l’Economie et des Finances et les responsables de la LCB.

Lazare ZOUNGRANA,
secrétaire général de la LCB
Dr MAthias SOME,
président par interim de la LCB

«Les mesures prises par le gouvernement sont certes louables, mais les limites qu’elles connaissent dans leur application sont l’expression de la faiblesse des cadres de contrôles et de régulation… C’est fort d’une telle conviction que nous avons suggéré au gouvernement de créer un «observatoire de la qualité et des prix de produits de grande consommation», cadre de concertation entre les acteurs de la vie économique», dira le Dr Mathias SOME, président par intérim de la LCB à l’ouverture de l’atelier. Pour lui, les consommateurs ne veulent plus que, des personnes soucieuses du seul gain manipulent les produits tant sur leur qualité que sur leur quantité. Selon lui, là où il existe la concertation, des solutions consensuelles peuvent être trouvées en vue d’une application efficace pour tous ; d’où l’importance de la création de l’observatoire.
Le secrétaire général du ministère du Commerce, au nom du gouvernement a salué la tenue de l’atelier et marqué tout son soutien pour l’aboutissement de l’initiative de la LCB. «Le ministère est disposé à accompagner la LCB pour la mise en place de l’observatoire», a-t-il laissé entendre.

L’observatoire, une solution…
Pour permettre aux participants de s’accorder sur la dynamique, plusieurs thèmes ont été présentés. Signalons, au passage, que les participants étaient composés de représentants du gouvernement, des consommateurs et de la société civile. Les thèmes suivants ont été développés :
- La réglementation en matière de commerce au Burkina Faso (ministère du Commerce) ;
- La fiscalité en vigueur (direction générale des Impôts) ;
- Le respect des normes en matière de la qualité (Laboratoire national de santé publique) ;
- Le respect des poids et mesures (Inspection général des affaires économiques) ;
- Les effets de la fraude et de la contrefaçon sur l’économie (Direction générale des douanes) ;
- Contrebutions de la production nationale à la lutte contre la pauvreté (Producteurs) ;
- Le devoir de respect de la qualité et des normes des produits par les producteurs et les distributeurs et le droit à l’information des consommateurs (LCB).
Ces différents thèmes présentés ont permis aux participants de faire le tour de la préoccupation principale qu’est la gouvernance économique et de s’accorder sur la nécessité de la mise en place de l’observatoire des prix et de la qualité des produits de grande consommation.
C’est pourquoi, à l’issue de l’atelier, il a été préconisé la mise en place d’un comité restreint de réflexion sur la question. Ce comité sera composé des représentants des différents acteurs économiques, des consommateurs, des producteurs… Selon le Dr SOME à la clôture de l’atelier, si tout se passe comme prévu, les membres du comité seront convoqués dans les plus brefs délais pour la réflexion afin que l’observatoire puisse voir rapidement le jour. Il a, en outre, salué l’engagement de tous les participants pour la cause commune : l’observatoire de la qualité et des prix des produits de grande consommation.

Par Ben Alex Béogo

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