Dans la nuit du dimanche 13 avril dernier, c’est le football qui était à l’honneur au grin.
La légendaire rivalité entre l’Association sportive des fonctionnaires de Bobo (ASFB) et le Racing club de Bobo (RCB) est passée par là. En effet, à la faveur de la 17e journée du championnat national de première division, l’ASFB a disposé du RCB par la plus petite marque des scores (1-0).
Une victoire qui a mis du baume dans le cœur des supporteurs «Jaune et noir» qui ont envahi toute la ville. Au grin, les supporters des deux équipes ne se sont pas faits de cadeaux. Les «Jaune et noir» pensent que leur saison est sauvée. Qu’importe ce qui adviendra pour la suite de la compétition, l’essentiel c’est d’avoir réussi à prendre cette revanche sur le RCB qui, depuis un certain temps, ne fait que pourrir la vie de l’ASFB. C’est vrai qu’entre les tigres de Diarradougou et les buffles de Bobo, il n’y a pas match en ce qui concerne le classement par équipe. Pendant que le RCB flirte avec la tête, l’ASFB se cherche dans le ventre mou du tableau. Entre ces 2 équipes, c’est comme la croix et la bannière. Mais cette victoire a été chaleureusement accueillie dans la famille «Jaune et noir».
Elle permettra, sans doute, de recoller les morceaux et de rassembler tous les supporters autour de l’équipe.
Certains supporteurs du RCB pensent que l’ASFB devrait faire un arrangement avec leur équipe afin de les favoriser dans leur course vers le titre national. Cela a irrité les autres supporters qui croient qu’ils n’ont pas besoin d’un quelconque soutien de l’ASFB pour monter sur le trône du faso-foot.
Malgré cette défaite, le RCB est toujours loin devant l’ASFB. C’est ça qui compte. L’ASFB et le RCB sont des équipes rivales. Lorsqu’elles se rencontrent, il y a des étincelles dans l’air. La ville s’anime et les grins aussi.
Pour cette histoire de football, les supporters des 2 équipes qui sont au grin ont été les principaux animateurs des débats.
Il a fallu l’intervention d’un grand frère du grin pour calmer les ardeurs des uns et des autres. Pour lui, le football burkinabè ne mérite pas qu’on y accorde autant de passion.
A trop vouloir s’agripper sur cette passion, on risque de se retrouver à la morgue, victime d’une crise cardiaque. Les derbys entre les clubs n’ont plus la même vivacité. Les équipes se cherchent et le plus souvent, seuls les matchs de derby sont mieux préparés. Toute la saison, on ne se focalise que sur le match avec sa rivale et après plus rien. On espère que ce ne sera pas le cas de l’A.S Fonctionnaire qui depuis le début de la saison ne brille guère.
Chefferie traditionnelle des Bobos :
Bagarre autour d’un titre
Le dimanche 13 avril 2008 a marqué selon les organisateurs, la satisfaction d’un besoin pressant de la communauté Bobo-mandaré, avec l’intronisaiton de sa Majesté Fabéré Salia SANOU comme le 19e chef coutumier de Dagasso.
Il est le descendant de sa majesté le Kolovo Molo SANOU, petit frère de Tiémogoba SANOU, 4e fils de Momoro lui-même 3e fils du père fondateur de Sya.
Il fut un grand commerçant, un homme de dialogue et aussi un grand guerrier qui a joué un rôle décisif pour le rayonnement de la ville. Il a défendu la cité de Sya avec l’aide de ses alliés. Le Kolovo Molo SANOU a mis en place son organisation militaire autour de Dagasso qui signifie le camp des combattants. En véritable stratège militaire, Sa Majesté Molo Sanou bâtira une armée dévouée, déterminée et convaincante. Son œuvre sera poursuivie et renforcée par ses fils Sompro SANOU et Noumoukié SANOU et Zélélou SANOU. En 1897, suite à un regrettable malentendu avec la colonne du lieutenant Caudrelier, Zélélou SANOU disparaîtra pour de bon, plongeant le royaume de Molo dans la tourmente.
Il y avait un beau monde à cette intronisation grandiose mais les divergences sont vite apparues. Un groupe des Bobo-mandaré pensent que le chef qui a été intronisé le dimanche dernier à Dagasso n’est qu’un sage de la cour royale ; pas plus. Par conséquent, il n’est pas habilité à prendre le titre de KOLOVO, qui revient au chef de canton qui se trouve à Dioulassôba.
A cause de cette histoire de titre, il y a plusieurs personnalités parmi les Bobos qui n’ont pas accepté de se rendre à cette intronisation. Au nombre de celles-ci on peut citer le maire de la commune de Bobo, Salia SANOU, le député Alfred SANOU, et la plupart des conseillers CDP issus de la communauté Bobo. En regardant de près, on remarque que les absents de la cérémonie sont du parti majoritaire, alignés derrière le chef de canton de Bobo qu’ils considèrent comme l’unique Kolovo des Bobos.
Ils avaient conditionné leur participation à cette intronisation par la suppression du titre Kolovo sur les cartes d’invitation. Pour eux, il ne saurait exister deux Kolovo à Bobo. Il faut qu’on reconnaisse au chef de canton, l’unique Kolovo qui se trouve à Dioulassôba.
De leur côté, les partisans du nouveau chef pensent que les ancêtres et la coutume sont de leurs côtés. Ils l’ont démontré par l’immolation publique d’un cop qui a fini ses battements d’ailles, étendu sur le dos, la face en l’air. Cris de joie dans l’assistance !
Le responsable des coutumes est formel. Le poulet a réussi et c’est ça l’essentiel tout le reste ne sont que des paroles en l’air.
Cette situation très délicate a été posée au grin. Les gens pensent que c’est un problème entre les Bobos et c’est à eux de la résoudre.
Mais le moins qu’on puisse dire, c’est que la politique a divisé les frères Bobo.
Le dimanche dernier, on notait la présence du maire de l’arrondissement de Konsa, seul maire présent à cette cérémonie. Karim BARRO le fils de Djanguinaba BARRO était assis à côté de l’ancien maire de Dafra, Souleymane SANOU qui est présentement à l’ADF/RDA.
En tout cas presque tous les conseillers du parti de l’éléphant étaient présents à l’intronisation du chef de Dagasso. La politique a tout gâté. Tout est parti de l’année 2000, lors de l’installation difficile de Célestin KOUSSOUBE à la tête de la commune de Sya. Depuis cette période, la chefferie Bobo est restée toujours divisée. Cela a occasionné beaucoup de décès parmi les chefs intronisés.
La coutume ne ment pas, dit-on ; mais qu’à cela ne tienne les deux camps continuent de se disputer pour contrôler le titre de Kolovo.
Mais puisque deux hippopotames ne peuvent pas entrer dans un même trou, il faut que les deux partis songent à mettre un peu d’eau dans leur vin.
Comment veulent-ils que la ville de Sya se porte mieux si ceux qui la gouvernent sur le plan coutumier ne s’accordent pas sur l’essentiel ?
Au grin certains n’ont pas manqué de dire que le problème de la morosité de la ville de Sya est l’œuvre des coutumiers qui sont manipulés par les politiciens.
Il se suicide en se jetant sous un train
Dans la nuit du mardi 8 au mercredi 9 avril dernier, un jeune homme habitant le secteur 8 de Bobo s’est suicidé en se jetant devant un train de marchandises en pleine course. Il a été découpé en trois morceaux. L’enterrement a eu lieu le mercredi 9 avril dernier.
Au secteur, les gens n’en reviennent pas face à la façon cruelle que le défunt a choisi pour mettre un terme à sa vie. Il habite non loin des rails qui traversent le secteur 8 de Bobo. Selon le conducteur du train qui est venu participer aux funérailles, il l’a vu en position de se jeter devant le train mais il ne pouvait rien faire pour l’éviter. Lorsque le train est arrivé à son niveau, il s’est jeté sur les rails.
Au grin, les gens sont tristes devant le sort de ce jeune qui avait des problèmes. Il a longtemps travaillé dans une pharmacie à Banfora avant de rejoindre Bobo où se trouve sa famille après avoir perdu son emploi. Il était très désespéré et malgré sa bonne pratique de la religion musulmane, il était un vrai accroc d’alcool. Le jour de sa mort, il a passé tout le temps en train de boire et de faire boire les amis.
Dans le feu de l’alcool, il a raconté ce qu’il s’apprêtait à faire mais personne ne le l’a pris au sérieux. Il a même envoyé un message à l’un de ses amis pour lui confier son unique enfant car il allait se suicider. Le jour de l’enterrement, l’ami en question a même fait lire le message.
La jeunesse du secteur 8 est vraiment touchée par ce suicide qui a fait couler beaucoup de salive. Les gens du grin ont déploré l’acte du jeune homme mais pensent que le suicide n’est pas la solution. Le sage du grin, lui s’est référé à une citation de Mère Teressa qui dit ceci : «La pire misère n’est pas la faim ou la lèpre mais le sentiment d’être indésirable, rejeté, abandonné de tous». Voilà une assertion sur laquelle on doit réfléchir en ces temps de vie chère.
"Le petit fakir, toujours dispo"