Renforcer le développement local avec la phase II
Le deuxième Programme national de gestion des terroirs (PNGT 2) a officiellement amorcé sa deuxième phase le 25 avril dernier avec la cérémonie de lancement à Zitenga présidée par le Premier ministre, Tertius ZONGO.
Jean Paul G. SAWADOGO,
coordonnateur national du PNGT2. L’efficacité avec laquelle il a exécuté la phase I a séduit les bailleurs de fonds.
Le moins que l’on puisse dire, le PNGT2 jouit d’une grande crédibilité auprès des bailleurs de fonds. A l’analyse des résultats de la première phase de cet important programme de lutte contre la pauvreté, ceux-ci n’ont pas hésité à délier le cordon de la bourse pour financer la phase II.
En cinq ans, en effet, le PNGT2 a dès sa première phase d’exécution, réalisé 18 250 micros projets à travers 3 013 villages repartis dans une trentaine de provinces qui constituaient sa zone d’intervention directe ou concertée. Cette phase I qui a ainsi permis de développer à grande échelle la capacité de maîtrise d’ouvrage par les communautés locales et contribuer à l’élaboration de la politique foncière, a coûté 30 milliards de FCFA. Ses performances ont été à la hauteur des attentes des bailleurs de fonds. Foi d’Emmanuel NIKIEMA, chargé de programme à la représentation nationale de la Banque mondiale. qui dit : «la Banque mondiale de façon spécifique s’est proposée de soutenir ce Programme sur une période de 15 ans composée de 3 phases de 5 ans dont le passage d’une phase à l’autre dépendrait des performances obtenues à la fin de chaque phase». Pour lui, si c’était un pari, la Banque mondiale dira qu’il est gagné avec le lancement de la phase II pour laquelle, elle contribue à elle seule à 37 milliards de FCFA soit près de la moitié du coût total du projet évalué à 75 milliards de FCFA pour les cinq ans.
Le premier ministre procédant à la rémise symbolique des semences améliorées au maire de Zitenga
Si la première phase exécutée de 2002 à juin 2007 a permis la mise en place des 18 250 micro projets par les communautés elles-mêmes, pour Laurent SEDEGO, ministre de l’Agriculture, de l’Hydraulique et des Ressources halieutiques, l’originalité de l’approche a résidé dans la responsabilisation des acteurs à la base pour la définition, la planification, la gestion financière et l’exécution des activités. De fait, le projet a pu atteindre de l’avis de l’expert de la Banque mondiale, l’objectif de développement convenu à savoir, augmenter la capacité productive du secteur rural et améliorer l’efficacité des investissements publics en développant les capacités institutionnelles et organisationnelles des communautés locales à planifier, mettre en œuvre et gérer leur propre processus de développement.
Combattre la pauvreté et soutenir la décentralisation
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| Les CVD se sont fortement mobilisés à la cérémonie de lancement. |
La population de Zitenga qui attend beaucoup de la Phase II du PNGT2 s’est investie pour la réussite de son lancement officiel. |
La mairie de Zitenga
Un bâtiment flambant neuf inauguré par le premier ministre à l’occasion du lancement du PNGT2-Phase II. |
Le crédo du PNGT2 étant de vaincre la pauvreté en dotant les communautés d’outils nécessaires, sa deuxième phase d’exécution qui s’étend de 2007 à 2012 se fixe pour objectif d’aider les communautés rurales à planifier et mettre en œuvre des activités de développement local d’une manière participative et viable à long terme. Elle doit couvrir 302 communes rurales et cible 6,5 millions d’habitants. Selon le ministre SEDEGO, quatre axes majeurs seront mis en œuvre. Le renforcement des capacités des conseils communaux et des conseils villageois de développement (CVD) en gestion financière, en passation de marchés, en genre, en planification ; l’appui aux communes rurales pour la définition d’une vision de développement par le financement de l’élaboration des plans communaux de développement ; la contribution au financement des investissements communaux à raison de 15 à 50 millions par an selon la taille de la commune et ce pendant trois ans ; et enfin la contribution à la mise en œuvre de la politique nationale de sécurisation foncière en milieu rural.
Dans son dispositif opérationnel, l’année 2008 est consacrée à l’élaboration de 115 plans communaux de développement (PCD) et au renforcement des capacités des acteurs que sont les CVD des 302 communes rurales en attendant l’année prochaine pour les 117 autres communes. Il s’agit dans ce volet de réunir les conditions nécessaires pour le financement des investissements à partir de 2009.
Ainsi, les communes rurales recevront et gèreront de manière transparente et organisée les fonds alloués au financement de leurs activités de développement.
En tous les cas, pour le maire de Zitenga, Soumaïla NARE, le lancement de cette phase II du PNGT2 vient à point nommé en ce sens que les 45 CVD de sa localité sont installés et prêts à relever le défi du développement local. La main sur le cœur, il soutient qu’ «ils sauront planifier leurs activités de développement d’autant qu’ils ont déjà une certaine capacité de maîtrise d’ouvrage grâce à la première phase».
C’est d’ailleurs tout le souhait du ministre de l’Agriculture qui a été formel en ces termes : C’est vous, avec le conseil municipal et les CVD, qui aurez à assurer l’exécution du programme sur le terrain». Ainsi, il les a exhorté à assumer leur responsabilité avec rigueur et persévérance au bénéfice des populations. En réalité, la mise en œuvre de cette phase II devra permettre de consolider l’ancrage du développement local dans le contexte actuel de la décentralisation. Quant à son financement qui s’élève à 75 milliards FCFA, les concertations avec les bailleurs de fonds ont permis de mobiliser 44 milliards dont 37 milliards de la Banque mondiale, 3,5 milliards de l’Etat et les bénéficiaires contribuent également à hauteur de 3,5 milliards. Le ministre espère boucler le financement cette année d’autant que la BAD, le FIDA et le FEM ont promis quelque chose.
Le Premier ministre a mis à profit le lancement de cette nouvelle phase du PNGT2 pour une remise symbolique des 4000 tonnes de semences améliorées que le gouvernement met à la disposition de 14 400 ménages des communes rurales. D’une valeur de 2 milliards, ces semences sont pour accroître le rendement des cultures à 40%. Les bénéficiaires devront débourser la modique somme de 1000F CFA pour le sac de 25kg qui coûte réellement 2 500FCFA.
Par Drissa TRAORE