L'opinion N°551
Du 30 avril au 06 mai 2008

Actualité

SOFITEX


La confiance retrouvée

Comme nous vous l’avions promis la semaine dernière, nous revenons sur les forums de la SOFITEX et la conférence de presse donnée à l’occasion par son Directeur Général, M. Célestin TIENDREBEOGO. Assurément, la SOFITEX n’a voulu laisser aucune place où une main puisse passer et repasser, mettant ainsi les petits plats dans les grands, afin de rebondir après une année catastrophique, qui a laissé de profonds stigmates sur la filière-coton voire sur l’ensemble du secteur de l’agriculture. Voilà pourquoi, comme à son habitude, elle n’a voulu rien laisser au hasard et persévérer dans son langage de vérité. Aucun sujet n’a été tabou, ni à la conférence de presse, ni au cours des débats avec les producteurs. Les problèmes de gestion, les subventions des pays développés, l’introduction des OGM, les conflits supposés entre culture du coton et cultures vivrières, le développement de la filière coton, etc., tout y passe.

Joel TANKOANO, chef de mission Sofitex à Tiara

La SOFITEX revient de loin ; c’est le moins qu’on puisse dire. En dépit de tout, elle tient bon et va rebondir. C’est une certitude et la conviction de son manager en chef, qui regarde au-delà du coton et des cotonculteurs pour intégrer dans sa démarche le bien-être de toutes les populations. Il faut dire qu’en dix ans la SOFITEX a injecté 1490 milliards de FCFA dans l’économie nationale. Globalement 60% de cette importante manne est allée directement dans les poches des paysans contribuant de manière significative à lutter contre la pauvreté. Le reste est partagé par divers autres segments de la vie socioéconomique du pays notamment 13% pour les impôts, les taxes directes et les amortissements ; 10% pour le transport, le transit et tout ce qui va avec, 7% pour l’énergie que la SOFITEX est amenée à produire elle-même pour le fonctionnement de ses unités dans certaines localités et les emballages, 50% pour les salaires du personnel de la SOFITEX et 5% pour les frais financiers des banques. Cette distribution des revenus tirés du coton montre que la SOFITEX, contrairement à certaines assertions est bien gérée, ne vit pas sur le dos des producteurs et n’a aucun problème de gestion. D’ailleurs elle est régulièrement auditée par des organismes dont les compétences et l’indépendance ne font aucun doute. Au nombre de ces auditeurs, on peut citer l’AFD, la BAD, COOPER, etc. La tenue des comptes est d’ailleurs l’un des atouts forts de la SOFITEX, qui justifient la confiance de ses partenaires financiers et de l’Etat qui n’hésitent pas à mettre la main à la poche pour l’aider à remonter la pente lorsque le besoin se fait sentir. En effet, au moment où la filière-coton connaît partout de sérieuses difficultés il n’est pas inutile de faire remarquer qu’au regard de ses producteurs, la SOFITEX fait figure d’îlot de réussite. Ainsi, alors que les dettes des producteurs des sociétés du genre se chiffrent à plus de 25F/kg, elles sont de 10F/kg pour ceux de la SOFITEX pour une production de 310 000 tonnes. Avec une prévision de 700 000 tonnes, cette dette ne sera que de 5F/kg. On ne trouve pas mieux.

Des jeunes cotonculteurs de Tiara pendant le forum.
Par ailleurs le coton apparaît comme une véritable locomotive pour l’économie nationale. En effet nombreuses sont les industries et les secteurs d’activités qui vivent grâce à ses sous-produits ou profitent des ressources qu’il génère. Les commerçants de motocyclettes ne diront pas le contraire, car la seule vue des parkings lors des forums montre à quel niveau les cotonculteurs sont au nombre de leurs meilleurs clients. Selon des études fiables, 80% des clients de la SIFA sont des paysans. Les huileries, savonneries dépendant fortement du coton.
Bien plus, les cultures vivrières que certains présentent comme souffrant du coton en profitent tout au contraire. 80% des excédents de céréales proviennent des zones cotonnières où il est de pratique d’utiliser les intrants destinés au coton pour accroître les rendements des autres cultures. Les engrais, les charrues, les tracteurs, etc. acquis pour la culture du coton sont utilisés pour ces cultures. A tire d’exemples les rendements du sorgho en zones hors coton tournent autour de 500kg/ha alors qu’ils sont de 800kg en zone coton ; pour le maïs, ils sont 3 tonnes/ha en zone coton et seulement de…..
Les difficultés de la filière-coton la saison dernière ont été un révélateur du poids prépondérant du coton dans l’équilibre socioéconomique en campagne. Ceux qui ont boycotté la culture du coton ont eu d’énormes difficultés financières pour faire face à leurs besoins les plus élémentaires : frais médicaux et de scolarité, activités socioculturelles… Même pour les sessions alimentaires puisque les récoltes de céréales ont été catastrophiques du fait de la mauvaise pluviométrie et de l’absence des intrants coton. Certains ont dû «brader» des biens, meubles et immeubles telles leurs motos pour essayer de s’en sortir. De même du matériel agricole (bœufs de labour, ânes, charrettes et charrues) a dû rejoindre des usuriers avant de finir bradés.
La conférence de presse a été aussi l’occasion de donner des informations sur l’introduction des OGM dans notre pays. La SOFITEX y est favorable à plus d’un titre. A en croire ses responsables, le phénomène est mondial et le Burkina Faso a réussi un mécanisme d’acquisition très avantageux. En effet, contrairement à la pratique usuelle, les semences sont propriétés du Burkina Faso et la firme Monsantos ajoute les gènes modifiés. Les royalties sont réparties ainsi qu’il suit 72% pour le Burkina et 28% pour Monsantos. La part du Burkina est répartie en 60% pour les paysans, tandis que les autres acteurs se partagent les 40% restant. Cette forme de collaboration unique au monde garantit les intérêts des producteurs et les met à l’abri des spéculations internationales. A cela s’ajoutent les avantages réels des OGM en terme de réductions des coûts de production puisque les traitements passeront de 6 voire 8 à seulement 2. Cette année 15 000 ha seront emblavés en coton OGM pour produire des semences.
Sans nul doute qu’avec les OGM le coton africain gagnera encore en compétitivité lui qui doit faire face à une concurrence déloyale du fait des fortes subventions des pays occidentaux à leurs producteurs. C’est vrai qu’on a souvent entendu certaines voix demander la transformation de notre coton sur place ; mais les coûts que cela entraîne sont trop importants. Il faut donc continuer à être présent sur le marché en oeuvrant à mettre le maximum d’avantages de notre côté : augmenter les rendements, augmenter les qualités, réduire nos coûts de productions, etc.o

Par C.A.

Erratum

NDLR : Dans notre précédente édition, n°550 à la page 14, quelques erreurs se sont glissées dans les 4e et 5e paragraphes que nous reprenons pour vous. Toutes nos excuses. Il fallait plutôt lire :
Comparaison n’est, dit-on pas raison, mais malgré ces contre-performances la SOFITEX conserve son rang de 1ère société d’égrenage en Afrique au sud du Sahara tandis que le Burkina passe de 1er producteur au 2e rang après l’Egypte qu’il avait supplanté les deux dernières années. Comme pour fermer hermétiquement la cocotte minute ainsi fabriquée et assurer une explosion mémorable, la dépréciation continue du dollar a réduit de manière drastique les ressources de la société. Cela a contribué à retarder le paiement des producteurs. Loin de la décourager, la SOFITEX tire une réelle fierté de ces résultats qui sont à bien d’égards la résultante d’une véritable prouesse. D’où la reconnaissance qu’elle témoigne aux producteurs qui ont résisté au ciel qui leur tombait sur la tête ; à l’Etat dont le soutien a été déterminant pour faire face aux difficultés financières par un apport de 34 milliards de FCFA pour sa recapitalisation, 50 autres milliards pour avaliser les créances de la filière et les subventions pour maintenir les prix des intrants à des niveaux acceptables ; à ses partenaires bancaires nationaux et internationaux dont le nombre s’est d’ailleurs accru…

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