L'opinion N°551
Du 30 avril au 06 mai 2008

Culture

Danse l’Afrique danse 7ème édition à Tunis

Auguste et Bienvenu défendront le Burkina

Du 1er au 8 mai prochain se tiendront à Tunis, les 7èmes rencontres chorégraphiques, « Danse l’Afrique danse». Comme en 2006 à Paris, le Burkina sera représenté. C’est Auguste et Bienvenu de la compagnie Auguste Bienvenu, et Lebeau BOUMPOUTOU qui seront de la fête de la danse contemporaine au titre du Burkina.

Chaque homme dans sa vie laisse d’une manière où d’une autre…

Ce n’est pas uniquement en football, en boxe ou en cyclisme que les couleurs du Burkina sont défendues. Le plus souvent, c’est dans ces disciplines que la mobilisation des moyens et des énergies se fait monstre. Pourtant, dans le domaine de la culture, ils sont nombreux ces artistes qui hissent haut les couleurs du pays. Que ce soit en théâtre, en cinéma, en danse, etc., les artistes burkinabè ont toujours su valablement représenter le pays. Dans la plupart des cas, dans l’anonymat le plus absolu. Tout comme vont le faire Auguste et Bienvenu de la compagnie qui porte leurs noms et Lebeau BOUMPOUTOU. Auguste OUEDRAOGO et Bienvenu Fernand BAZIE sont bien connus du milieu de la danse. Ces deux jeunes ont fait leur premier pas au sein de la compagnie les Bourgeons avant de se retrouver dans la compagnie Tâ qu’ils créent en 2000. Compagnie qui deviendra en 2007 Artistique Développement/Compagnie Auguste-Bienvenu, en abrégé Art’ Dév /Compagnie Auguste-Bienvenu. Aujourd’hui, ces jeunes sont sur les traces sinon, les héritiers de Salia et Seydou. Ils présenteront à Tunis leur dernière pièce intitulée «Trace». Sont-ils sur les traces de leurs devanciers, leurs maîtres ? Pour qui connaît ce que Salia et Seydou ont apporté à la danse et dans la danse au Burkina ne doit s’étonner de l’ascension de leurs ouailles ! Ils sont de cette moule là.

… en bien ou en mal laisse des traces dans sa vie. C’est ce que Aguste et Bienvenu expreiment par leurs corps dans la pièce “Trace”

«Nous travaillons sur de la matière afin d’écrire, de laisser et laisser découvrir des traces. La plupart de nos mouvements laissent des traces, mais ils ne restent pas tous visibles à l’oeil nu. Nos mouvements traversent l’espace, l’occupent sans forcément laisser d’empreintes mais laissent généralement entrevoir un chemin dont on peut se souvenir. L’énergie, la douceur que nous pouvons avoir, les caresses ou les coups que nous pouvons donner ou recevoir quelque part dans l’espace laissent-ils des marques visibles ? Si toutes ces traces étaient visibles, quelle écriture se révélerait à nos yeux ? Avec et sur quelle matière ? La démarche de tout danseur ne serait-elle pas d’avoir une écriture chorégraphique gravée sur le plancher ? Visible pour être lue comme un livre ouvert ?» Tel est le synopsis de la pièce qui sera présentée à Tunis. Au compteur des créations Kuum (La Mort), 2001 ; Bûudu (Le Songe du Peuple), 2002 ; Tin Souk Ka (Au milieu d’ici), 2005 et Traces, 2007. La Compagnie apporte aussi un nouveau genre dans la création africaine d’aujourd’hui. En effet, elle participe à la formation des jeunes danseurs, à la création et à l’élargissement d’un public sensible à la danse contemporaine. Cette nouvelle initiative permet d’aller au-delà des grandes villes pour toucher les populations à la base. Le calendrier 2008-2009 de la compagnie est bien garni. Et pour cause en plus de la formation des filles qu’ils ont inscrite en pôle position, plusieurs tournées sont au programme.

Par Frédéric ILBOUDO
Envoyé spécial à Tunis

Kundé d’or 2008
Comme nous l’avions prédit

L’artiste musicien YONI est depuis le vendredi 25 avril 2008, le Kundé d’or de la musique burkinabè. Un triomphe qui ne nous a pas surpris puisque, dans un de nos articles, nous prédisions que l’artiste avait les faveurs des pronostics. Pour une fois donc, le choix du public aura concordé avec celui du jury mettant du même coup, tout le monde d’accord.

Yoni confirme par le Kundé d’or 2008 que son titre de Kundé de l’espoir en 2005 était mérité.

Pendant que les amoureux de la trompette, de la flûte, de la guitare basse et solo se la coulaient douce du côté du centre culturel Georges Méliès, jazz à Ouaga oblige, le cœur de Améty MERIA, Baz BILL, et de YONI, battait plus que la chamade. La raison était toute simple : un jury devait décider de qui des trois allait être pour 365 jours, le porte étendard de la musique burkinabè. Pour l’édition 2008, le commissariat des Kundé a vu grand. C’est la salle climatisée du SIAO qui a accueilli l’évènement. Les petits plats ont été mis dans les grands pour assurer le show. Des artistes internationaux de renoms tels Aicha KONE, San Fan Thomas, Magic Systèm, ont apporté leur grain de sel pour agrémenter la sauce. C’est vrai, le public aurait voulu que Magic Systèm preste au moins deux fois et surtout joue son morceau fétiche «tapé dos», que San Fan Thomas et la diva Aicha KONE, aillent au bout de leurs tubes au lieu des pots pourris qui ont été servis mais, hélas, l’organisation en a décidé autrement et c’est peut-être tant mieux car plus on reste sur sa faim plus on en redemande et l’événement reste à jamais gravé dans la mémoire. Toujours est-il que la soirée fut féerique et chaque participant en a eu pour son compte, la communion ayant été faite entre jeune et vieille générations. L’autre nouveauté à féliciter, c’est le featuring qui a réuni sur le podium burkinabè et ivoirien pour chanter la paix. Floby, Sissao, l’enfant Siro, la Diva, etc. ont touché le public et les téléspectateurs par la sensibilité et l’originalité de leur action. Une originalité qui doit être encouragée et surtout se concrétiser par un album qui à coup sûr prendra et fera date dans les annales de l’histoire de la musique dans les deux pays frères et voisins.

Les K-Djoba ont été sacré Kundé de l’Espoir. Arriveront-ils comme Yoni à confirmer leur talent avec un Kundé d’or? L’avenir nous le dira.
Revenant à l’objet même de la soirée, il faut dire qu’au fur et à mesure que l’on avançait dans le spectacle, trois personnes devaient avoir le cœur à la gorge : les trois nominés. Le suspens était grand d’autant que tous les trois pouvaient prétendre au sacre, leur production récente étant à succès.
Cependant, lorsque fut distinguée Améty MERIA du Kundé de l’artiste féminin de l’année, les observateurs avertis savaient dès lors que les dés étaient jetés et que le Kundé d’or 2008 devait choisir entre Baz BILL et YONI. Dès lors que la diva de la musique burkinabè n’était plus dans la course, YONI se présentait seul dans le boulevard du succès. Et pour cause, les votes par SMS le donnaient déjà en tête. Et mieux, tous les ingrédients étaient réunis pour faire de lui le nouveau roi de la musique burkinabè. En 2005 il a été sacré Kundé de l’espoir. Le milieu du show-biz attendait son retour avec impatience. La sortie de son album «Koglego», deuxième de sa carrière est venue confirmer son talent d’espoir de la musique burkinabè. C’est donc sans surprise que YONI a été sacré. Ainsi, nous n’avons pas prêché dans le faux car dans «L’Opinion 448» nous annoncions que l’artiste YONI partait avec les faveurs des pronostics. La fête est donc finie, et YONI a triomphé. Cette année, l’enveloppe du Kundé d’or s’est alourdie (1 000 000 FCFA) sans oublier le prix du public que l’opérateur de téléphonie partenaire des Kundé offrait : 400 000 FCFA + un portable haut de gamme + 100 000 FCFA de communication. Le gain est donc juteux. Au-delà, c’est la musique burkinabè qui a triomphé.
Les Kundé s’installent définitivement comme la plus grande fête de la musique burkinabè. L’organisation doit gagner constamment en professionnalisme et puisqu’il s’agit de compétition, il y a nécessité de coller avec les réalités ambiantes
en établissant des critères d’appréciation qui ne souffrent pas de contestation.
Cette dernière remarque qui suscitait en nous inquiétude est revenue par la
bouche du président du jury Rémy DANDJINOU, qui a demandé au commissariat des Kundé de revoir les critères qui prévalent à la sélection des nominés. Pendant qu’on y est, pourquoi ne pas convoquer un atelier ou une journée de réflexion pour que les acteurs concernés se penchent sur la question ? Commissariat général des Kundé, la balle est dans votre camp.o

Par Frédéric ILBOUDO

Retour au sommaire


 

Liberté d'opinion....liberté d'informer

©Copyrigth : Opinion 2005 - 2006