Les meilleures pratiques peuvent accélérer le processus
La semaine nationale de l’Internet qui s’est tenue du 18 au 26 avril dernier est devenue, depuis quatre ans, un rendez-vous important pour notre pays. Depuis deux ans le forum des meilleures pratiques dans le domaine des TIC est venu confirmer que les autorités ont eu raison d’initier la SNI. Tous les indicateurs montrent et démontrent que les meilleures pratiques dans le domaine des TIC, vulgarisées, peuvent accélérer le développement de l’Afrique et certainement de notre pays.
Plus de 300 participants sont venus à Ouagadougou partager leurs expériences dans les meilleures pratiques en TIC.
Les TIC figurent aujourd’hui parmi les principaux secteurs qui tirent la croissance de notre pays. Elles sont en effet, de plus en plus nombreuses, ces localités, où les infrastructures TIC ont précédé toutes les autres infrastructures de développement, qu’il s’agisse des forages, des routes, des écoles, des infrastructures sanitaires etc. En Afrique, l’intérêt suscité par les solutions technologiques permettant de relever les défis liés au développement est considérable. Dans le même temps, il existe un besoin essentiel d’accélérer la pénétration et la mise en œuvre de ces technologies sur le continent, notamment au niveau du secteur public. «Pour y parvenir, il faut, dira le président du Faso lors de la cérémonie d’ouverture du Forum le 21 avril 2008, créer un environnement politique et un cadre règlementaire favorables à l’investissement, à la concurrence et à l’innovation dans le secteur des TIC ». Cela passe par le partage d’expériences afin d’adopter les meilleures pratiques des autres. « … Nous devons aussi admettre que ce Forum répond à un besoin réel, celui d’apprendre les uns des autres, de faire connaître aux autres, ce que nous avons réussi à faire, et d’apprendre des autres ce que nous envisageons d’entreprendre afin de se donner le maximum de chance de succès» a soutenu le ministre Justin TANKOANO. Il faut donc réunir les conditions indispensables à l’échange des bonnes pratiques entre les pouvoirs publics africains et les institutions qui les conseillent afin de mettre en place une feuille de route pour l’avenir. Ainsi, les responsables africains et les institutions qui les accompagnent pourront améliorer activement l’efficacité et les performances des institutions publiques grâce à l’utilisation de ces technologies et donneront à l’Afrique les moyens d’accroître sa compétitivité. C’est ce que fait le gouvernement burkinabè aidé par Microsoft et l’Union européenne qui ont financé l’organisation du forum de Ouagadougou.
La feuille de route de Ouagadougou a tracé une fois encore, les sillons possibles pour le développement du continent à travers les meilleures pratiques, que les 320 participants venus d’horizons divers dans les TIC ont partagées. Pour que les TIC puissent réellement jouer un rôle moteur dans le processus de développement de nos pays, le forum a jugé impérieux que soient prises certaines mesures comme la création d’un environnement favorable à la vulgarisation de l’outil informatique en Afrique (faciliter d’acquisition des ordinateurs), la collecte de l’information électronique sur les citoyens (état civil, passeport, autres documents administratifs) et l’élargissement de la gamme de services en ligne. «Nous avons examiné ensemble, une feuille de route, inspirée d’expériences réelles, conduites dans différents pays pour la mise en place d’un gouvernement électronique, afin d’identifier les facteurs clés de réussite. Nous avons aussi recherché ensemble les meilleures pratiques pouvant permettre d’établir avec succès un partenariat en vue de répliquer les bonnes pratiques». Dira Le ministre burkinabè de Postes et TIC.o
Microsoft
Jusqu’où ira Microsoft ? Jusqu’où iront nos Etats ?.
La multinationale américaine, première mondiale dans le domaine des TIC, a un regain d’intérêt pour le continent africain. Officiellement, elle est là pour aider les gouvernements à booster le développement par une appropriation des TIC. Microsoft est l’organisatrice en chef du forum de Ouagadougou sur les meilleures pratiques en matière de TIC. Mais jusqu’où ira ce géant de l’industrie des TIC dans ses actions pour le développement du continent ?
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Microsoft de Steve Ballmer cherche des marchés sur le continent. Les dirigeants africains à l’image de Blaise COMPAORE, cherchent des voies pour le développement. Jusqu’où ira Microsoft ? Jusqu’où iront nos gouvernants ? |
Microsoft est et reste avant tout un commerçant. Et en tant que tel, la recherche du profit est la seule lumière qui guide ses actions, ses interventions. Ce qui ne peut et ne doit être occulté par personne, surtout pas par les dirigeants du continent. D’ailleurs, Steve BALLMER ci-devant PDG de Microsoft en Afrique a dit des propos sans équivoque qui attestent de cette réalité lorsqu’il soutient : «L’Afrique est un marché extrêmement important pour Microsoft aujourd’hui. Ainsi, lorsque l’on parle des pays émergents en évoquant des groupes tel que Microsoft, on songe au Brésil, à la Russie, à l’Inde, et à la Chine. Or les statistiques pourraient vous surprendre. En effet, l’an passé, le chiffre d’affaire que nous avons réalisé en Afrique, était effectivement supérieur à celui enregistré en Inde et en Chine. Depuis 2005, notre croissance moyenne en Afrique a atteint près de 20%». C’est donc clair. Ce n’est pas la façon de l’Abbé Pierre (Paix à son âme) que Steve BALLMER s’intéresse à l’Afrique, mais bien parce qu’il y a des devises à prendre. Il ne faut donc pas, attendre de ce groupe, des investissements faramineux. Car comme tout bon commerçant, il va investir peu, pour amasser beaucoup. Il appartient donc à nos responsables politiques au plus haut niveau à travailler à ce que ce partenariat soit gagnant gagnant. Il faut que les meilleures pratiques qui ont été identifiées au cours des deux derniers forums puissent permettre au continent de poser les bases d’un développement durable. Le partenariat avec Microsoft permet à l’Afrique de gagner en temps parce qu’on traite avec des professionnels qui ont un certain potentiel qui est connu et pour lequel, il n’y a pas de surprise. Et comme le dit le ministre congolais des PTIC, M. MOUNGAWA, « la contrepartie c’est d’obtenir de la part d’un certain nombre d’Etats africains, un certain nombre d’engagements. D’abord juridiques, sur la protection de leurs propriétés intellectuelles, c’est cas même un fabriquant de logiciel et il faut le souligner, et deuxièmement, c’est aussi la possibilité pour eux de participer à l’élaboration de ce fameux cyber gouvernement, qui doit être demain, la matrice autour de laquelle nous allons moderniser nos Etats». Et c’est là que la vigilance des Etats doit être de mise, afin de ne pas prendre des engagements qui feraient de Microsoft le seul dépositaire des TIC sur le continent. Et à y voir de près, Microsoft cherche à avoir son pré carré, donc à asseoir son monopole. Jusqu’où iront nos dirigeants dans les engagements qu’ils vont signer ? Pour l’heure on a annoncé un accord de partenariat entre la multinationale et le ministère en charge des Enseignements secondaire et supérieur burkinabè. Accord qui a conduit à la donation de 50 PC au lycée Philippe Zinda KABORE. Le nouvel accord prévoit la mise à disposition par Microsoft, de solutions informatiques adaptées, abordables et accessibles à des lycéens. Microsoft et Intel ont fourni aux élèves du lycée Philippe Zinda KABORE de Ouagadougou des logiciels Windows installés sur 50 PC équipés de processeurs Intel dans le cadre d’un projet éducatif pilote. Que donne le Burkina en retour ? Mystère et boule de gomme, car les termes de l’accord ne spécifient rien à ce niveau.
M Thierry MOUNGAWA, ministre congolais des Postes et TIC
«Toutes les conditions sont réunies pour attirer les investisseurs au Congo»
Présent au Burkina dans le cadre du forum des meilleures pratiques en matières des TIC organisé par le Burkina, Microsoft et l’Union européenne, le ministre congolais des postes et TIC malgré son calendrier très chargé a daigné répondre à nos questions. C’est un ministre, jeune, calme, discret, attentif, ouvert, très alerte sur les questions des TIC, qui nous a reçu à son hôtel. Dans cet entretien, M. MOUNGAWA parle du projet qu’il porte pour son pays en matière des TIC, de l’importance du forum de Ouagadougou, etc.
Que retenez-vous du forum de Ouagadougou sur les meilleures pratiques en matière de TIC ?
M. Thierry MOUNGAWA (T.M) : Quand vous réunissez sur un plateau unique les représentants de gouvernements, les opérateurs privés et publics, les partenaires au développement, les organisations internationales et celles de la société civile, vous avez là le panel complet de tous ceux qui peuvent enrichir de par leurs contributions, la problématique du développement des TIC en Afrique. C’est vous dire donc que, que ce soit sur le plan organisationnel, de forme comme dans le fond avec les débats, le forum est une réussite.
Quelle expérience votre pays a-t-il apportée et veut partager avec les autres ?
T.M : Nous n’avons pas de manière formelle apporté une expérience, puisque vous avez vu que dans le programme un certain nombre de pays ont été ciblés et ont été prévus. Simplement, je ne peux que évoquer, en terme d’expérience, le fait que mon pays le Congo, courant 2007 a organisé les élections législatives et que dans ce cadre-là nous avons mis en place un embryon que moi je qualifie de e-gouverment, dans la mesure où nous avons pu développer une collecte de données notamment en matière électorale, à l’intérieur de notre pays avec l’utilisation des outils comme Internet, et l’utilisation d’un outil en intranet téléphonique quasiment. Ce qui aujourd’hui va nous servir de base de travail, pour le développement demain de notre outil de communication intra gouvernemental si cette expérience peut être capitalisée pour nous, comme une bonne pratique en matière d’utilisation des TIC.
Vous venez de parler développement ; à quel niveau se situe votre pays en matière de vulgarisation des TIC ?
T.M : Nous sommes, à l’instar de la plupart des pays africains, confrontés à une réalité, c’est que tout est à faire. D’abord en terme d’infrastructures, ensuite en terme de contenu, et enfin en terme de cadre juridique. Bien sûr ces trois points là nous travaillons d’arrache-pied pour nous situer à la hauteur des défis qui sont les nôtres. Les infrastructures, nous sommes en train de les moderniser, à l’image de ce que vous êtes en train de faire ici au Burkina avec la fibre optique. Et bien, nous utilisons les mêmes procédés. Les conditions juridiques sont en train d’être redéfinies, avec un cadre juridique conforme aux standards internationaux, notamment par la prise en compte du partenariat public/privé. Enfin, sur le plan des contenus, l’utilité de ces genres de forums c’est de nous permettre d’anticiper sur l’arrivée des infrastructures et de l’outil pour que nous puissions, avec tous les partenaires opérationnels qui existent, commencer à réfléchir sur l’étape suivante qui est celle de la détermination des services utiles et accessibles à nos populations à travers ces contenus-là.
Si Microsoft veut intervenir dans votre pays, quel domaine ou quel secteur leur conseilleriez-vous ?
T.M : Nous sommes déjà en discussion avancée avec Microsoft, et je réserve à nos interlocuteurs le fond des préoccupations qui sont les nôtres en tant que gouvernement. Simplement, il n’y a pas de secret. Nous savons tous quels sont les domaines d’activités de Microsoft, il ne s’agit pas pour nous de demander à Microsoft des équipements lourds de type fibre puisque ce n’est pas leur métier, il s’agira pour eux de nous fournir des services qui sont en rapport avec leurs domaines d’intervention. Nous sommes en discussion à la fois fertile et avancée avec eux.
Nous savons tous que Microsoft est avant tout un commerçant. Est-ce que vous croyiez, vous en tant que responsable africain à ce regain d’intérêt que ce commerçant a pour notre continent?
T.M : Je crois qu’il faut que nous puissions noter que pour nos amis de Microsoft dans leur conception anglo-saxonne qui estpragmatique, c’est de rechercher des accords gagnant gagnant, «win-win». Mais nous, qu’est-ce que nous avons à gagner d’un partenariat ? C’est gagner d’abord du temps parce que ce sont des professionnels qui ont un modus opérandis qui est connu et pour lequel il n’y a pas de surprise. Gagner du temps c’est aussi avoir accès à des outils performants, c’est quand même le premier fournisseur d’un certain nombre de services multimédias au monde. Et du point de vue de Microsoft il est évident que, et c’est pour cela que je parle d’un partenariat gagnant gagnant, la contrepartie c’est d’obtenir de la part d’un certain nombre d’Etats africains, un certain nombre d’engagements. D’abord juridiques sur la protection de leurs propriétés intellectuelles, c’est quand même un fabriquant de logiciels et il faut le souligner, et deuxièmement, c’est aussi la possibilité pour eux de participer à l’élaboration de ce fameux cyber gouvernement, qui doit être demain, la matrice autour de laquelle nous allons moderniser nos Etats. C’est ça l’accord gagnant gagnant.
Votre pays est –il politiquement stable pour attirer, monsieur le ministre, des investisseurs ?
T.M : Pour attirer des investisseurs, il faut deux conditions. La première, c’est un code des investissements qui soit incitatif. Notre code des investissements est incitatif, fortement incitatif. La deuxième chose c’est la condition de stabilité politique. Et je crois qu’il n’est un secret pour personne que sous la férule de Son Excellence monsieur Denis Sassou NGESSO, président de la République du Congo, nous avons une stabilité politique, une stabilité qui permet aux affaires de se développer dans un climat serein et apaisé. J’invite tous les investisseurs du secteur des TIC, à prendre attache avec nous puisque mon département est le point focal autour du quel est la porte d’entrée et à partir de laquelle vont se développer l’ensemble des politiques et des initiatives liées au TIC.
Monsieur le ministre est-il à son premier séjour au Burkina ?
T.M : Je suis à mon second séjour au Burkina. Mon premier séjour je l’avais fait mais à l’époque je n’étais pas ministre mais conseiller spécial du chef de l’Etat. Et j’avais eu l’honneur de représenter dans la délégation congolaise, la composanteprésidence de la République, au cours d’un sommet spécial de l’Union africaine qui avait été convoqué par le président du Faso Son Excellence Blaise COMPAORE, en septembre 2004 avec pour thème central l’emploi des jeunes.
Comment trouvez-vous ce pays à votre second séjour ?
T.M : Alors d’abord, que ce soit la première ou la deuxième visite, je constate toujours la même chose : un pays organisé, qui sait optimiser ses ressources humaines et matérielles. Un pays où l’espace est utilisé de manière pragmatique. J’ai noté et ça c’est un point très important, que Ouaga 2000 que j’avais visité à l’état d’ébauche, il y a trois ans et demi, est devenu aujourd’hui une véritable cité dans la cité. Je félicite et j’encourage les autorités du Faso, qui sont en train de remodeler le paysage de votre ville-capitale.o
Par Frédéric ILBOUDO
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