L'opinion N°551
Du 30 avril au 06 mai 2008

Nation

Reconnaissance de la République du Kosovo


Au nom du droit et de la raison

En reconnaissant la République du Kosovo en Conseil des ministres, le 23 avril 2008, le Burkina Faso a selon le ministre en charge des Affaires étrangères, Djibrill BASSOLE, agit en conformité avec le Droit international, avec sa position d’Etat leader en matière de relations internationales et last but not the least, en tenant compte du fait que cette reconnaissance va continuer à stabiliser et à apporter la paix à cette partie du monde.

Sur le premier point de l’argumentaire du Burkina Faso, il n’est point besoin d’épiloguer outre mesure, si tant est que le Kosovo «remplit les conditions juridiques pour être reconnu comme Etat» au plan du droit international. La deuxième raison de cet engagement de notre Etat, mérite elle quelques réflexions, le pays des Hommes intègres, ayant par son activisme porteur dans le domaine des relations internationales œuvré à se tailler un «costume» taille-patron dans le domaine. C’est dire si les positions qu’il défend ont presque autorité de la chose jugée ce que vient de réaffirmer encore une fois, le S.G des Nations unies, lors de sa récente visite au Burkina Faso.
«L’Accord politique de Ouagadougou (sur la crise ivoirienne) engage la communauté internationale», a laissé entendre à l’occasion, Ban KI-MOON.
Etant actuellement membre non permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, le Burkina Faso se doit de consolider cette place en prenant toute sa part au débat international, voire en l’orientant. La délicatesse de la question Kossovar obligeait cette prompte réaction pour ne pas rester dans le lot de tous ceux qui tergiversent là-dessus, créant ainsi, un sentiment de malaise au sein de la communauté internationale. Comme l’a indiqué Djibrill BASSOLE, «il devient impératif et sage pour les Etats membres de la communauté internationale d’accompagner le Kosovo indépendant et d’entretenir avec le nouvel Etat des relations de coopération fondée sur les principes du respect mutuel, d’égalité entre les peuples et les nations».
Faut-il le rappeler, «l’équation» du Kosovo quoiqu’ainsi résolue, n’en comporte pas moins des inconnues qui peuvent hypothéquer la paix et la stabilité mondiale. Née dans la douleur d’un accouchement par césarienne, la République du Kosovo est, en effet, contestée par certains Etats qui pèsent sur les relations internationales. Sans entrer dans les détails soulignons que leur argumentaire pour justifier cette position, tient à des raisons socio-historiques, sujettes à débat comme toutes les positions assises sur de tels arguments. S’il est vrai que l’histoire est toujours écrite par les vainqueurs, il n’en demeure pas moins que «le plus fort n’est jamais assez fort, pour rester toujours le maître». Et, si l’on s’en tenait à l’analyse sociologique, on verrait que ce territoire est à majorité albanophone ce qui l’autorise à «s’autonomiser» par rapport à la grande Serbie. «L’autorité effective d’un organe central doté de la souveraineté et d’une personnalité juridique», a été établie par cette population, ce qui lui confère la légalité et la légitimité pour agir.
Martyrisés par des guerres civiles à répétition, les Balkans ne se relèveraient pas d’un conflit impliquant les grandes puissances. Du moins, les pertes seraient tellement énormes et le retard dans la construction de l’Europe si grand qu’on devrait faire l’économie de cette conflagration. C’est dire si le Burkina Faso est plus que jamais fidèle aux valeurs de paix et de sécurité sans lesquelles rien de durable ne peut être construit. L’abandon de toute idée d’unilatéralisme au profit de politiques de solidarité entre les peuples revêt une importance cruciale dans le contexte de la globalisation. Volontariste et présent dans le monde voilà les deux caractéristiques de la diplomatie burkinabè.o.

Par Alpha YAYA

 

UPB
Que veut l’ANEB ?

Depuis un certain temps, le climat n’est plus studieux à l’Université polytechnique de Bobo-Dioulasso. Dans ce temple du savoir, des actions dignes de hooligans dopés sont privilégiées par certains étudiants pour résoudre leurs contradictions ou exprimer leur mécontentement. Maître d’œuvre de cette situation, l’ANEB.

Récemment, suite à la bagarre ayant opposé des étudiants de l’UPB, nous avons échangé avec un responsable de l’Université de Ouagadougou. Sa conviction est toute faite : les autorités sont très complaisants avec les étudiants.
«Dans la sous-région et même au-delà, dit-il, vous n’allez pas trouver un Etat qui «gâte» ses étudiants comme on le fait au Burkina. Ils dorment presque gratis dans les cités universitaires, ils mangent à 100F, vous n’allez pas voir ça ailleurs, ils ont l’aide et le FONER… et quand ils manifestent pour réclamer telle ou telle chose, l’Etat tremble et s’empresse de les satisfaire même si la revendication est saugrenue…». Des propos qui feraient certainement rougir les pensionnaires d’avant les années 1990 de notre université mais qui exposent avec simplicité la réalité des étudiants d’aujourd’hui, devenus comme les enfants chéris de la République qui se met en quatre pour satisfaire leur moindre caprice. En effet, pour nombre d’observateurs et témoins de l’évolution de la situation en matière de prestations diverses au profit des étudiants, ces jeunes gens sont vraiment gâtés même s’ils feignent de l’ignorer. Est-ce cette grande complaisance à leur égard qui leur fait croire qu’ils ont droit à plus que les autres des fruits de la croissance économique du pays ? En tout cas, ils sont nombreux les Burkianbè à le penser, qui ne comprennent pas cet élan d’hooliganisme qui gagne les campus où des «intellectuels» font obstruction de leur matière grise pour résoudre leurs problèmes à la force de leurs biceps et triceps. Des organisations estudiantines jadis reconnues pour leur forte inclinaison pour le débat d’idées et dont les militants avaient un honneur porté sur l’image de leader et de moteur pour la transformation qualitative de la société que doit présenter l’étudiant sont en train de devenir des regroupements d’individus ayant la violence à fleur de peau, nous n’allons pas leur faire l’injure mais ailleurs on les appelle des «loubards». Les récents évènements survenus à l’Université polytechnique de Bobo (UPB) sont illustratifs de ce nouvel état d’esprit des étudiants.

De la bagarre entre étudiants
Manifestement, les militants de l’ANEB section Bobo n’ont aucun respect pour les autorités et les textes qui régissent l’organisation des étudiants sur le campus. A la veille des élections des délégués des cités, cette association tient un meeting dans la nuit, ce qui n’est pas autorisé par les textes. Bien évidemment, les concurrents pour ne pas dire les adversaires, qui ne sont pas des «nez percés» ne pouvaient que se plaindre, faire des recours, preuves à l’appui, d’où la suspension des résultats par l’autorité. Ce dont ne voulait entendre parler l’ANEB qui se livrera à un travail d’intoxication, et engagera la bagarre sous le prétexte qu’un des siens a été agressé. Bilan : plusieurs blessés. Ces derniers posent plaintes. Le Directeur général du CENOU, Robert SANGARE, que nous avons rencontré est formel : «Il faut que l’enquête aboutisse, il faut aller jusqu’au bout», le CENOU est même prêt, dit-on à se constituer partie civile. Pour l’autorité du CENOU, il est temps d’arrêter d’être complaisant avec les étudiants qui se croient tout permis. Et avec juste raison dans la mesure où même si ces derniers ont des droits, ils ne doivent pas oublier qu’ils ont aussi des devoirs. Les étudiants doivent savoir qu’on ne peut se prévaloir de ses propres turpitudes pour exiger de l’autorité une conduite à son avantage. Voilà pourquoi une enquête doit situer les responsabilités afin que dans cette situation créée à l’UPB des sanctions soient prises pour l’exemple.

De la violation de la chambre froide du restaurant universitaire de Nasso
Des étudiants dignes de ce nom qui débouchent dans un restaurant, ouvrent les chambres froides, sous prétexte qu’ils sont à la recherche de viande et de poissons avariés, il y anguille sous roche, comme aimait à le répéter un ancien président de l’ANEB, aujourd’hui dans la vie active. Il y a manifestement une volonté de nuire, de troubler la quiétude sur le campus. Heureusement que cette volonté n’est pas partagée par la majorité des étudiants qui ont continué à fréquenter leur restaurant laissant ces militants zélés de l’ANEB s’étouffer avec les relents de leurs intrigues.
En un mot comme en mille, il est important que les militants ANEB de la section Bobo sachent ce qu’ils veulent sur le campus. Un temple du savoir ne saurait être un terrain de lutte où les muscles remplacent l’intellect. Il est temps que les étudiants reconnaissent que l’Etat fait des efforts pour améliorer leurs conditions de vie et d’études. Le financement de l’enseignement supérieur n’est pas intégré dans les perspectives des partenaires financiers, c’est l’Etat qui «jongle» pour faire ce qu’il peut. Dans quel pays a-t-on un plat au restaurant universitaire à 100FCFA ? Dans quel pays la chambre en cité universitaire est presque gratuite ? Dans quel pays l’aide et le FONER sont accordés aux étudiants respectivement 175 000FCFA et 200 000FCFA ? Avec un effectif de près de 50 000étudiants sur les campus, il faut reconnaître que les problèmes ne peuvent pas manquer.
Mais l’Etat fait de son mieux pour jouer sa partition. Il faut donc l’encourager par des actes citoyens au lieu de jouer au «Rambo» sur les campus.
L’ANEB qui dit lutter pour l’intérêt des étudiants devra commencer par «civiliser» ses militants si elle veut toujours conserver sa crédibilité auprès de l’opinion publique. Quant aux autorités universitaires et du CENOU, elles devront apprendre à sanctionner quand il le faut, pour servir d’exemple. Il est temps d’arrêter d’être complaisant sur certains comportements des étudiants sous prétexte qu’on veut préserver la quiétude. N’oublions pas que les étudiants d’aujourd’hui seront les détenteurs de la destinée de notre pays, demain. Il faut savoir ce qu’on veut. Ainsi que le dit l’adage, «toutes les fleurs de l’avenir sont les semences d’aujourd’hui». A méditer.o

Par Ben Alex Béogo

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