On comprend dès lors pourquoi, c’est le silence radio total au niveau de Me Bénéwendé SANKARA et autres, qui en d’autres temps et circonstances avaient abondamment exploité les points flous des précédentes décisions pour se fendre en conférences de presse et autres déclarations polémistes. C’est dire que cette fois-ci, il n’y a rien à dire, du moins rien qu’ils puissent exploiter pour pourfendre la IVe République et s’adonner à leur sport favori de fabulations. Les conséquences juridiques et de droit des dernières décisions sont sans appel et confortent le Burkina Faso dans ses positions. Particulièrement celle d’assumer pleinement son histoire et toute son histoire.
Après 5 années de pérégrinations dans les arcanes du Haut-commissariat aux Droits de l’Homme de l’ONU, l’Affaire Thomas SANKARA est pour ainsi dire au terminus ! En effet, par ses décisions prises au cours de sa 92e session tenue du 17 mars au 4 avril dernier et notifiées au Burkina Faso le 21 avril, le Comité des Droits de l’Homme y a mis un terme en donnant quitus à l’Etat burkinabè, pour les réponses qu’il lui a données et en réaffirmant que ses décisions et recommandations ne sont pas susceptibles d’appel.
Finis donc les va et vient entre le Comité et les différents protagonistes de cette Affaire et les passes d’armes entre ceux-ci. Quelles leçons tirer de cette Affaire qui n’a que trop longtemps défrayé la chronique, fait les choux gras de certains médias et donné du grain à moudre à certaines chapelles politiques et certains alchimistes du droit, qui, curieusement, sont subitement devenus aphones.
Terminus donc ; et tout naturellement tout le monde descend ! C’est le moins que l’on puisse dire à la lecture des dernières décisions du Comité des Droits de l’Homme de l’ONU qui renvoie ni plus ni moins les plaignants à l’Etat burkinabè dont il «se félicite de la réponse… concernant la suite donnée à ses constations». Point n’est besoin d’être féru en droit pour comprendre qu’il rejette les appréciations et les invectives de Mariam SANKARA et Cie et s’en tient au droit et à l’éthique. On comprend dès lors pourquoi, c’est le silence radio total au niveau de Me Bénéwendé SANKARA et autres, qui en d’autres temps et circonstances avaient abondamment exploité les points flous des précédentes décisions pour se fendre en conférences de presse et autres déclarations polémistes. C’est dire que cette fois-ci, il n’y a rien à dire, du moins rien qu’ils puissent exploiter pour pourfendre la IVe République et s’adonner à leur sport favori de fabulations. Les conséquences juridiques et de droit des dernières décisions sont sans appel et confortent le Burkina Faso dans ses positions. Particulièrement celle d’assumer pleinement son histoire et toute son histoire. Ceux qui ont jusque-là confisqué l’épisode du 15 octobre 1987 devront en être définitivement dessaisis, puisque le seul espace qui leur restait pour faire illusion vient de leur être fermé.
Dans ses décisions de mars 2006, le Comité avait demandé au gouvernement de montrer la tombe de Thomas SANKARA à Mariam SANKARA et ses fils. Eh bien, le 15 octobre dernier, elle était sur les lieux avec fort renfort de publicité et de militants du sankarisme. C’était même l’événement-phare des 20 ans commémorés par les siens. Cette requête est de ce fait tombée d’elle-même. Déjà que chaque année ses amis s’y retrouvaient, n’était-ce pas un indicateur sérieux de là où se trouvait le corps de Thomas SANKARA ? Il y avait donc une mauvaise foi manifeste et quand on pense que c’est au détriment d’un mort, on mesure jusqu’où certains peuvent aller.
Sur la question du certificat de décès à corriger, il était déjà apparu qu’il s’agissait d’une vulgaire manipulation de l’opinion publique et du Comité puisque, de certificat de décès, il n’en avait jamais existé avant celui établi d’autorité en mars 2006 par l’Etat. On le sait, les certificats de décès sont des actes d’état civil établis à la demande des ayants droit par des Officiers d’état civil, or le document querellé n’était pas établi dans de telles conditions.
S’agissant de la question de l’enquête sur les circonstances de la mort de Thomas SANKARA, le Comité est clair «…le recours recommandé par le Comité ne faisait pas expressément mention d’une telle enquête». D’un ! De deux, selon la législation nationale qui reprend en la matière des dispositions universelles, la prescription est de dix ans puisqu’il ne s’agit pas d’un crime contre l’humanité. Donc l’Etat burkinabè ne peut pas de nos jours ouvrir d’enquête sur les circonstances du décès de Thomas SANKARA survenu le 15 octobre 1987, il y a donc 21 ans. Ce n’est pas parce qu’il s’agit de Thomas SANKARA qu’il faudrait délibérément violer la loi d’autant plus que tout le monde sait ce qui s’est passé ce 15 octobre 1987. Par ailleurs, s’il y a des reproches à faire et des responsabilités à situer sur cet aspect du problème, c’est du côté des ayants droit du défunt et de leurs conseils qu’il faut regarder.
En effet, on peut raisonnablement s’étonner qu’ils aient attendu au point de risquer la prescription pour poser le problème. C’est comme si 10 années durant «justice pour Thomas SANKARA» était leur dernier souci ! Le Comité des Droits de l’Homme se conforme donc tout simplement au droit en la matière et l’on comprend qu’il ait voulu expressément trancher sur la question pour éviter des interprétations tendancieuses et politiciennes de ses constatations. Quant on sait que c’était le principal point de ralliement de tous ceux qui gravitent autour de «l’Affaire SANKARA», on comprend le désarroi des professionnels qui en vivent. Assurément ils vont devoir trouver autre chose d’autant que sur le chapitre des dédommagements préconisés par le Comité, l’Etat burkinabè était déjà largement en avance.
En effet, le Fonds d’indemnisation des victimes de violences en politique a déjà étudié le dossier Thomas SANKARA et alloué près de 44 millions aux ayants droit. Il est allé plus loin en liquidant la pension militaire du défunt. La Nation a même fait de Thomas SANKARA un héros national.
Au total le Burkina Faso a satisfait à toutes les requêtes du Comité et a corrigé toutes les éventuelles violations du Pacte international des Droits civils et politiques et du Protocole facultatif relatif aux droits de l’homme. De l’avis général des spécialistes, rarement un Etat a ainsi assumé ses responsabilités devant le Comité. Le Burkina Faso en tire une légitime fierté tout en indiquant aux grands comme aux plus petits de cette planète tout l’intérêt qu’il y a à respecter les règles internationales auxquelles chacun a souscrit. Quant à l’Affaire Thomas SANKARA, on peut dire que tout est bien, qui finit bien.
D’ailleurs, il y a longtemps que le peuple burkinabè regarde dans une toute autre direction. (lire aussi dossier)
Par Cheick AHMED
cheickahmed001@yahoo.fr