L'opinion N°552
Du 07 au 13 mai 2008

Nation

Pourquoi la FEDAP/BC

fait- elle peur ?

Rarement la naissance d’une fédération d’associations apolitiques n’a autant suscité de commentaires et même de critiques, allant des plus légitimes au plus farfelus. Est-ce l’essence de cette fédération qui est à la base de tous ces bruits ou est-ce une volonté de la noyer avant même qu’elle ne commence véritablement ses activités de soutien au président du Faso. Manifestement, bien que apolitique, la FEDAP/BC fait peur dans le milieu politique et dans certains médias où elle est présentée comme un futur parti politique.

L’Union fait la force, dit-on. Une leçon bien comprise par la multitude d’associations qui a vu le jour et dont le dénominateur commun est le soutien au président du Faso et à son programme. Elles ont donc décidé de fédérer leurs actions. En lieu et place d’actions dispersées, souvent même désordonnées, elles ont opté pour l’ordre, la synergie et la convergence des efforts. L’objectif on le sait, est le même pour tous soutenir le président du Faso dans sa mission.
C’est ainsi qu’en octobre 2007, verra le jour la FEDAP-BC (Fédération associative pour la paix et le progrès avec Blaise COMPAORE) avec pour président Gaston SOUBEIGA. Elle reste ouverte à toutes les associations apolitiques qui savent que d’une manière ou d’une autre elles peuvent contribuer au développement et à la promotion des actions du président du Faso pour la paix et l’essor socioéconomique du pays.

Des bruits pour rien
Un des «charmes» de la démocratie burkinabè, est qu’elle consacre effectivement la liberté d’expression et d’opinion. Empruntant donc ce «boulevard constitutionnel» de la libre expression, ils sont nombreux ceux qui se sont donnés à cœur joie dans leur sport favori. Ainsi, on apprendra que la FEDAP/BC est une «fabrication» de M. François COMPAORE, frère cadet du président du Faso. On apprendra aussi qu’elle a vu le jour pour s’opposer au CDP, parti au pouvoir. Certains iront jusqu’à y voir des manœuvres contre des individus ciblés.
Enfin, et c’est l’idée la plus saugrenue et la plus répandue : la FEDAP/BC, fabrication de François COMPAORE, sera dans un futur proche un parti politique dirigé par ce dernier. Ce qui lui permettra de briguer la magistrature suprême. Une imagination bien fertile qui n’a rien à envier aux plus grands charlatans qui écument nos contrées pour le plus grand malheur des naïfs en tous genres qui se font anarquer à tous les coups. Leur «savoir imaginer» ne s’arrête pas à ce niveau.
Ils continuent en affirmant que le fait que des opérateurs économiques et pas des moindres soient des présidents d’honneur de la FEDAP/BC confirme le fait que c’est François COMPAORE qu’on veut mettre en orbite pour succéder au président du Faso et patati patata !
Quelques extraits de parutions de certains hebdomadaires pour permettre de mesurer l’étendue de la machination et les raccourcis utilisés pour accréditer des analyses aussi bancales qu’empreintes d’une volonté manifeste de nuire : «… Depuis un certain temps, la FEDAP/BC que l’on présente comme l’arme de destructions trouvée par Blaise COMPAORE pour remplacer le CDP procéde à la mise en place de ses démembrements dans les régions du Burkina…», (In L’Indépendant N° 764 du 29 avril 2008).
«Si cette organisation (FEDAP/BC) dont il est évident pour tous les observateurs de la scène politique, qu’elle est née sous l’instigation de François COMPAORE, le conseiller de son frère de président lance maintenant des activités, cela semble s’inscrire dans une stratégie politique savamment goupillée…» (In Bendré N° 493 du 28 avril). Un peu plus loin dans le même article de l’hebdomadaire en question écrit : «Bref, l’essentiel est là, François COMPAORE pourrait être, selon les circonstances candidat en 2010 ou en 2015.
Et c’est peut-être là qu’il faut situer la fébrilité actuelle du FEDAP, fébrilité qui s’inscrit dans la mise en orbite de leur parrain et le refus de laisser «Les questions touchant à la vie et l’avenir de la nation» aux professionnels de la politique. Un bel euphémisme pour ne pas dire le congrès pour la démocratie et le progrès CDP. A croire que le CDP est devenu gênant ou inutile pour son fondateur…»
Comme on peut le constater la FEDAP/BC donne des insomnies dans certains milieux politiques et leurs relais dans le monde de la presse Au point que les derniers se cachent sans retenue épiloguant dans des débats surréalistes sur la succession du Président COMPAORE. Mais à quoi riment tous ces bruits autour de la naissance de la FEDAP/BC ?
A l’analyse, les différentes élucubrations et autres «convictions» sur la naissance de la FEDAP/BC ont des objectifs non avoués qui transparaissent malgré tout si on «gratte bien». En effet, des différentes sorties médiatiques sur la question, des noms reviennent de manière récurrente : le CDP, la FEDAP/BC, François COMPAORE et dans une moindre mesure, Blaise COMPAORE. La matraque médiatique autour de ces noms répond à une logique propre au milieu politique. Une logique guidée par une volonté manifeste de créer de la suspicion, pour ne pas dire des oppositions entre les différents acteurs. Ainsi la FEDAP/BC et François COMPAORE sont présentés comme des opposants au CDP et «le CDP est devenu gênant ou inutile pour» Blaise COMPAORE.
Des «fantasmes» qu’on souhaiterait vivement voir se réaliser. Dans cette vaine, ce serait un réel plaisir pour eux si le CDP venait à se déchirer, ce qui fragiliserait le pouvoir et le mettrait un peu plus à leur hauteur de moins intellectuels.
Quant à la probable candidature de François COMPAORE en «2010 ou en 2015», même si cela relève d’une vue de l’esprit, il n’en demeure pas moins que, jusqu'à preuve du contraire, François COMPAORE est un citoyen burkinabè et peut s’il le veut être candidat comme tout autre citoyen burkinabè. Dans la même dynamique, si la FEDAP/BC veut devenir un parti politique, non seulement elle en aurait le droit mais ne viendrait certainement pas demander leur avis.
Dans tous les cas, les «mis en cause» sont suffisamment responsables pour comprendre les velléités déstabilisatrices qui se cachent dernière certains écrits sur la FEDAP/BC. Si elle fait déjà peur, c’est qu’elle compte. Et le président du Faso, ne demande pas mieux.

Par Ben Alex Béogo.

Alimentation
Donnons une chance au riz local

Le monde entier souffre de la flambée des prix des produits de première nécessité et il est de bon ton que les consommateurs changent les habitudes de consommation pour faire face à la nouvelle donne. Cette alternative appelle le Burkinabè à avoir plus de considération pour les produits locaux. Ainsi, le riz local qui connaît en temps normal une mévente du fait de l’envahissement du marché par des riz de moindre qualité mais moins chers, ne connaîtra meilleure occasion pour sa promotion. Les acteurs de filière sauront-ils la saisir ?

Comme c’est le cas dans la majorité des pays africains, le riz est devenu l’aliment de base des Burkinabè. Au Burkina, il a supplanté des céréales comme le mil et le maïs. Plus de trois cent mille tonnes de riz seraient consommées chaque année dont plus de 2/3 de la quantité sont importés notamment de pays asiatiques (Taïwan-Inde-Thaïlande-Chine-Vietnam). Ce qui incontestablement occasionne une hémorragie de devises dont devrait se passer un pays comme le Burkina Faso. C’est pourquoi de la part des autorités, d’énormes efforts sont consentis pour réduire cette dépendance en matière de riz. Depuis quelques années la production locale de riz connaît un intérêt particulier. Outre l’aménagement de périmètres irrigués et autres bas-fonds, le riz a bénéficié d’une action gouvernementale dans la recherche des semences améliorées et leur mise à la disposition des producteurs dont beaucoup ont été formés aux nouvelles méthodes. (11 738 producteurs et 6313 productrices ont été formés). Les rendements de riz atteignent aujourd’hui quatre tonnes l’hectare. L’Etat a mis en place 14 décortiqueuses et 28 batteuses sur les sites de production pour la transformation de riz paddy.
L’attention particulière accordée à la production de riz a donné des résultats très appréciables. Dans la vallée du Sourou, 1600 ha de périmètres irrigués permettent de produire 12 800 tonnes de riz par an. Le barrage hydro-électrique de Bagré produit, selon certaines sources, 10% du riz burkinabè. Le projet Riz pluvial qui se cultive dans des bas-fonds de moindre importance apporte un plus à la production nationale de riz. Entre 2002 et 2007, la production burkinabè est passée de 89 104 tonnes à 189 176 tonnes soit une moyenne annuelle de 111 387 tonnes. Une quantité loin de pouvoir satisfaire la demande.
Le déficit est grand et le Burkina aura besoin, pendant longtemps encore, de l’apport extérieur pour satisfaire ses besoins.

Une situation internationale favorable

En principe, les magasins de riz local devraient se vider rapidement compte tenu de la forte demande. Que nenni ! Le riz burkinabè connaît de façon paradoxale une mévente qui oblige les producteurs à le brader dans des foires commerciales à Ouagadougou. Les raisons invoquées seraient son coût d’achat qui serait élevé et sa qualité nutritive. C’est vrai, à cause du soutien à la production et de la main d’œuvre très bon marché en Asie, le riz importé des lointaines rizières du Vietnam, de Thaïlande, de Chine… revient moins cher au consommateur que celui du Sourou et de Bagré. Toutefois, il faut reconnaître que la conjoncture internationale présente incite à plus d’optimisme pour la conquête du marché local par le riz local. En effet, les pays fournisseurs de riz au Burkina, qui sont par ailleurs parmi les plus peuplés au monde subissent aussi les effets du changement climatique qui entraîne une baisse de leur production. Pour satisfaire aux besoins de leurs populations et éviter les manifestations, certains à défaut d’interdire l’exportation de leur production, ont fortement réduit les quantités. C’est dire que l’accès de plus en plus difficile à ce riz d’importation le rendra plus cher, ce qui se ressent déjà sur le marché, sans compter qu’avec la rigueur observée dorénavant dans la gestion des importations au Burkina, il est évident que l’application de la vérité des prix ne sera pas pour arranger les choses pour le riz venant d’Asie si les importateurs opéraient loyalement, ce qui évidemment favorisera le riz national qui deviendra moins cher sur le marché.
Est-ce à dire que la flambée des prix est une chance pour la production locale de riz ? Les acteurs de la filière en tout cas l’espèrent fortement pour une juste récompense de leurs efforts.

Par Ahmed NAZE

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