L'opinion N°552
Du 07 au 13 mai 2008

Les nouvelles du grin

Banni de son village par une fausse grossesse !

Le phénomène de la vie chère est partout d’actualité. Pas un seul regroupement d’hommes où on ne l’évoque pas. La vie chère s’invite à tous les rendez-vous. Le grin est touché par le phénomène mais pas de panique «on gère». Le thé est en tout cas, à la portée des grins. Or, c’est ce fameux thé qui les réunit.
De nos jours, le thé est démystifié. Ce n’est plus une histoire de Bobolais seulement. La plupart des villes du Burkina, Ouagadougou en tête, s’est laissé entraîner par le thé.
De plus en plus, les gens comprennent que le grin est un véritable lieu de détente gratuite. On y dépense moins et on y gagne en solidarité. Dans ces temps de vie chère, le grin apparaît comme une solution pour saper le moral de ce phénomène. La vie chère s’invite partout même dans les mariages.
Parlant de mariage, la grande famille des communicateurs en a célébré deux. Le premier a eu lieu le jeudi 1er mai au secteur 4. La mariée est la petite sœur de Vanessa Mariam TOURE. Elle a choisi un certain Moussa SIRIMA comme époux. Les deux tourterelles ont été unies par les liens du mariage selon le rite musulman.
La famille de feu Aguibou TOURE est très connue à Bobo. Ce fut un évènement grandiose avec une forte délégation venue de Banfora. Aguibou TOURE (Paix à son âme) était le président fondateur de l’AMAC (les amis de la musique afro cubaine). Plusieurs membres de l’AMAC dont le président actuel était à ce mariage.
L’autre mariage qui a eu lieu également au secteur 4 a concerné Abass Soufiane COULIBALY et Aïcha KIBORA. L’heureux époux est un as du micro. C’est l’animateur vedette du tour du Faso et de la plupart des tours en Afrique.
Il a le verbe facile et sait placer le mot juste.
Dimanche dernier, les musulmans se sont réunis dans la famille KIBORA à Koko pour sceller l’union entre Soufiane et Aïcha. Des noms qui ont émerveillé les imans chargés de célébrer le mariage. Ils ont souhaité que les deux amoureux soient dignes de ces deux noms qui sont très importants en Islam. Soufiane et Aïcha sont ainsi unis par les liens sacrés du mariage.
Le grin a été très actif au cours de ces deux mariages qui ont marqué le secteur 4 de Bobo. Les imans qui ont officié les mariages ont fait de bénédictions pour que la vie chère s’atténue un peu car : «Si la pauvreté s’accentue sans répit, la foi peut être ébranlée éperdument» ont-ils dit.

Il paye une combinaison à problème et gagne le gros lot

En ces temps de vie chère, il y a certaines personnes qui ont choisi le PMU’B comme le dernier recours de leur vie. Ces personnes, sans être de vrais parieurs, viennent se jeter dans le jeu au hasard et pensent pouvoir gagner facilement. C’est vrai que c’est un jeu du hasard mais il faut reconnaître que la constance dans le jeu est l’un des atouts des parieurs. C’est le cas de ce déflaté d’une entreprise de la place. Il est brusquement atteint sur l’aire du PMU’B sans crier gare. Il joue tous les jours mais la chance tarde à le sourire. Un jour, il a une altercation très violente avec la vendeuse du PMU’B.
N’ayant pas pu se maîtriser, il a laissé filé sa chance. Ce jour-là, il est arrivé au kiosque à quelques 15 minutes de la fin du jeu. Il énumère ses numéros. La bonne dame écoute puis écrit ce qu’elle a entendu. Lorsque le monsieur consulte le billet que lui a tendu la vendeuse, il se mit dans tous ses états pace qu’il n’a jamais parlé du chiffre 3 dans sa combinaison. La vendeuse s’est excusée et a annulé cette prise. Il écrit cette fois ses numéros sur un bout de papier et remet à la dame. Elle lui remet le billet avec la même erreur. Le monsieur est très fâché. Il croit que la bonne dame est décidée à lui barrer la voie qui mène aux millions. Il se met à l’insulter et à la mettre en garde parce qu’il n’est pas le genre d’homme à flirter avec les jeunes filles de son espèce. La vendeuse voulut s’expliquer mais l’homme ne lui laissa pas le temps.
Le parieur suivant qui attendait son tour a tout suivi. Il propose de racheter ce billet avec ce numéro 3 fétiche qui apparaissait à tous les coups même si la vendeuse croyait savoir que c’est un autre chiffre qu’elle a joué mais pas 3.
L’homme remit 300F et partit avec l’unique billet. C’est justement la combinaison inscrite sur ce billet qui a été l’unique gagnant du 4 + 1.
Notre inconnu s’en tire avec près de 15 millions francs CFA.
Le parieur déflaté après avoir vu la combinaison gagnante s’est empressé de venir s’excuser chez la vendeuse et demander les nouvelles de celui qui a racheté le billet. Mais la vendeuse ne connaissait même pas cet inconnu chanceux.
Au grin, les gens pensent que les parieurs déflatés ne devaient pas avoir cet argent c’est pourquoi il a agi ainsi d’autant plus que d’habitude il n’est pas aussi nerveux que ça.
Le sage du grin conclut le débat par cette réflexion du professeur Joseph Ki-ZERBO : «Certes, tout n’est pas prévisible (même par les wackmen). Pourtant, c’est celui qui essaie de programmer l’imprévisible qui donne rendez-vous à la déesse chance…»

Banni de son village par une fausse grossesse !
Certaines traditions ont la vie dure dans nos contrées et il existe des interdits qui font beaucoup de malheureux dans ce monde dit moderne. Il en est ainsi de cette histoire plutôt risible qui a valu à André d’être banni de son village.
Sékou et André sont de grands amis qui habitent ce village de la commune de Bagré dans la région du Centre-Et. Sékou, natif du village, venait d’entrer en deuxième noce avec Pendo, une jeune fille à lui promise depuis un certain temps. Le nouveau polygame qui languissait d’entrer en possession entière de sa deuxième femme dont les mensurations lui faisaient des jaloux dans le village était à présent heureux de voir ses vœux exhaussés mais quel ne fut pas son étonnement lorsqu’il constata que celle-ci portait une grossesse de deux mois. En tout cas, cela n’était pas de lui d’autant que, sachant Pendo sa «propriété» quoiqu’il advienne, il s’était gardé de la «toucher» croyant ainsi garder au frais ou au chaud (c’est selon) le fruit défendu pour le grand jour.
Ainsi donc, Pendo arrivée chez Sékou était déjà grosse de deux mois. On ne tarda pas à connaître l’auteur de ce forfait et Sékou n’en revenait pas. En effet, c’était son meilleur ami André qui l’avait cocufié ! Comment cela était-il arrivé ? Eh bien, très simple. Les domiciles des trois protagonistes de cette histoire ne sont pas très éloignés l’un de l’autre et les relations étaient vraiment des plus conviviales.
André vivait un moment de «célibat», sa femme ayant rejoint un site aurifère de la région où elle faisait de bonnes affaires en vendant des médicaments. Pendo, la future épouse de Sékou qui vivait encore chez ses parents non loin de chez André, était souvent sollicitée par ce dernier pour lui faire à manger. Ce que, très confiant, Sékou ne trouva pas déplacé. D’ailleurs, il lui arrivait de partager le plat de Pendo avec son ami André. Hélas, le diable est passé par là et André, comme envoûté, au lieu de se contenter de manger les plats concoctés par Pendo, s’est cru devoir aussi l’honorer en tant que femme. Ce à quoi les deux tourtereaux prirent goût à l’insu de tout le monde et ce qui devait arriver, arriva.
La grossesse de Pendo maintenant déclarée et son auteur connu, entrèrent en jeu les coutumes du village. Ce que André a fait est interdit, «Kissamè» disent les mossi et celui-ci devait quitter le village s’il ne voulait voir son compte réglé par les mânes des ancêtres ; autrement dit, il risquait la mort pour avoir forniqué avec la femme de son meilleur ami jusqu’à l’engrosser. André cependant n’entendait pas les choses de cette oreille, car lui n’avait rien à voir avec cette tradition. D’ailleurs, il ne croit qu’en Christ et depuis cette menace, il était devenu assidu à l’église du village. Quand les sages du village lui rappelaient la sentence, il répliquait invariablement : «tond teenda zezu» (nous, nous croyons en Jésus). Pour dire que cela ne l’engageait pas.
Un jour vint où André piqua une grave crise de maladie et fut évacué totalement évanoui dans un centre de santé. Lorsqu’il fut en état de comprendre ce qui lui était arrivé et que son état se fut amélioré, André, pris de peur, s’enfuit du village, y laissant même femme et enfants. Sékou, lui, était déjà depuis un certain temps en Côte d’Ivoire avec sa dulcinée, Pendo, car pour rien au monde il ne l’aurait abandonnée. Cependant, dès leur arrivée au bord de la lagune Ebrié, loin des traditions de leur village, le mari de Pendo qui portait la grosse de André fut allité par un grave palu et il lui fut conseillé de repartir dare dare au village car il avait enfreint à la coutume. En effet, il semblerait qu’il ne devait partir du village tant que son ami de «rival» y serait. Sékou ne se fit pas prier et rappliqua vite au village où il trouva André déjà parti en «exil».
Comme par enchantement, il recouvra tous ses esprits et consentit que Pendo aille en consultation prénatale au CSPS du village. C’était sa première visite dans un poste de santé depuis que sa grossesse s’était déclarée. Après les examens, la sage-femme apprit à Pendo qu’elle souffrait d’un mal dont les manifestations étaient l’absence de menstrues, le gonflement du ventre…
Point donc de grossesse pour Pendo et c’est Sékou tout heureux qui accueillait sa jeune épouse à la maison pendant que André le mauvais ami, quelque part très loin du village est en train de méditer sur son sort ne sachant pas encore qu’il avait été trahi dans sa relation coupable par une fausse grossesse !

"Le petit fakir, toujours dispo"

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