Des principes directeurs pour le respect des droits des populations
Les 24 et 25 avril 2008, l’Organisation pour le renforcement des capacités de développement (ORCADE) a tenu un atelier sur «le renforcement des capacités sur les principes directeurs de l’Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE) pour les entreprises multinationales». Cet atelier a réuni des représentants d’organisations de la société civile, des députés, des syndicats, des journalistes et des représentants de l’Etat.
Moses KAMBOU, Directeur exécutif de ORCADE
Le contexte justificatif de cet atelier part du principe que la politique minière du Burkina Faso est d’attirer les investisseurs et «faire de ce secteur le pôle de développement de l’économie nationale». Ce qui en principe participe du souci de développement et de la création de richesses au profit des populations. Là où le bât blesse, selon les organisateurs de cet atelier de formation, c’est la négociation des contrats qui ne prennent pas en compte l’application du contenu des principes directeurs de l’OCDE et surtout le volet de la responsabilité sociale et sociétale des entreprises. Ces principes directeurs qui sont une sorte de codes moraux sont des recommandations qui visent à faire en sorte que les activités des exploitants miniers s’exercent en harmonie avec les politiques des gouvernements pour le respect des normes et lois applicables dans la protection des droits de la population. C’est la méconnaissance de cette disposition et son droit d’usage en cas de violation de celle-ci qui ont motivé l’ORCADE en appui avec l’OCDE Watch d’informer et de former les acteurs de divers niveaux et couches sociales. Pour permettre à ses partenaires au niveau local de suivre le respect de ces principes et pour collecter des informations afin de porter plaintes, l’ORCADE a pris l’option avec l’OCDE Watch d’engager des actions de plaidoyer pour que ces principes soient rendus contraignants au niveau des Nations unies.
Les responsables de la formation au cours de l’atelier sur les principes directeurs de l’OCDE
D’où un travail d’éveil, de conscientisation, de formation et de mobilisation de la société civile. Pour ce faire, le directeur général du suivi des ONG qui a salué l’initiative de ORCADE et IRENE (Pays-Bas), a qualifié cet atelier d’original, ce qu’il présente comme le type de séminaire qui convient et qui malheureusement manque pour les OSC de nos pays en développement pour permettre de s’informer et de se former afin d’assurer la mission de veille et d’accompagnement des populations. Durant les 48 heures de travaux, la première journée a consisté, par des exercices pratiques, à doter les participants d’outils nécessaires afin de leur permettre de réagir face à des situations similaires. La deuxième journée a réuni élus locaux, syndicats, autorités des ministères des Finances et des Mines pour différents exposés et témoignages. Ces différents exercices ont été assurés par Marie Caroline CAILLET, Aloys LIGOULT (SHERPA), Moses KAMBOU, (ORCADE), prince Albert KUMWANBA (ACIDH), Issaka YAMEOGO (représentant des populations des sites miniers), Bassolma BAZIE (CGTB). Des échanges qui ont traduit tout l’intérêt du sujet porté sur le cadre législatif et juridique, des exemples de bonnes pratiques de certains dont OREZONE et également ceux qui malheureusement ne tiennent pas leurs engagements. Les députés Nestor BASSIERE et Fancani NIQUIEBO ont, en tout cas, dit prendre bonne note et même que des questions orales pourraient interpeller qui de droit sur la question des droits des populations dans les zones d’exploitations minières. Pour Moses KAMBOU, directeur exécutif de ORCADE, il faut «davantage mobiliser les communautés affectées par les activités minières, les OSC, les syndicats, les ONG et les journalistes pour construire des alliances sur les questions de commerce et d’investissements au Burkina Faso».
Par Issoufou MAÏGA